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Allemagne, le renouvelable à mi-chemin...

28 Mars 2014 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie

Une fois de plus,la vieille loi du capitalisme est à l'oeuvre. Il faut accumuler le capital. Non dans les fonds diverses; mais dans du solide. Aujourd'hui, l'électricité renouvelable est à mi-chemin de la production d'électricité par le lignite et le charbon, en Allemagne.
Ceux-ci ont produit en 2013, 286 TWh et le renouvelable 147, soit 23 % du total de l'électricité produite (629 TWh) et 51 % de l'électricité produite par la houille et le charbon. Pas mal.

Depuis 2000, la production provenant du fossile évolue très peu, passant de 291 (houille + lignite) + 55 TWh (pétrole + gaz) soit 346 TWh à 286 + 76 soit 362 TWh, en progression de pas même 5 %, le renouvelable, lui, passe de 38 à 147 TWh, soit + 288 %.

Le nucléaire, lui, s'effondre, de 43 %.
Mais les chiffres ont un autre intérêt. La remontée du charbon est liée à la forte baisse au niveau mondial du coût du charbon.
Mais comme le miracle du schiste à l'air d'être terminé aux USA, la proportion de gaz utilisé remonte. Vladimir va être content.

Ce sont d'ailleurs des quantités marginales qui avaient fait baisser le prix du gaz, et la proportion de houille utilisée pour produire de l'électricité remonte aux USA.

Pour le gaz, l'utilisation est liée à 3 choses : le chauffage 1/3, la production industrielle 1/3, la production d'électricité 1/3. Pour la charbon, 90% sert à la production d'électricité.

La seule utilisation qui avait du mou, et qui pouvait absorber un léger surplus de gaz, c'était la production d'électricité, car dans le domaine, il y a beaucoup de capacités surnuméraires, et en Amérique du nord, c'est particulièrement vrai pour les centrales à gaz.

Les électriciens ont donc tiré parti au maximum du gaz de schiste, "switchant" l'usage du charbon.

Mais la volonté du gouvernement de voir remonter les prix du gaz, en vendant quelques cargaisons va les renvoyer vers le charbon.

Les centrales à charbon mises en service correspondent à des projets d'avant 2008, et il apparaît que ni le charbon, ni le nucléaire ne sont rentables désormais. Il n'y a plus de projets pour les centrales à charbon ou à lignite.

Une autre ligne est intéressante, c'est de savoir combien de pétrole est utilisé actuellement pour produire de l'électricité. C'est de plus en plus marginal.

Et d'ailleurs, pour répondre à un lecteur, c'est là qu'on voit la spécificité du pétrole, et notamment l'impact iranien, alors que les autres énergies connaissent une forte élasticité, l'élasticité du pétrole est faible désormais, et se tasse vers le haut.

Pour le renouvelable, on voit clairement 3 vagues : l'éolien, à partir de 2000, la biomasse à partir de 2005, le photovoltaïque à partir de 2009.

Les difficultés rencontrées récemment ne sont pas des difficultés structurelles. Simplement la rythme de l'investissement bouscule des rentes de situation, et répond aussi à une vieille loi du capitalisme, qui s'appelle le surinvestissement. D'abord parce qu'un investissement "frais", coûte cher, et tire les prix vers le haut, contrairement au retard technique, qui permet, dans un premier temps, une détente, et qu'ensuite, à des investissements, dans un marché étal, doivent correspondre des désinvestissements.

En creusant, on peut voir que la mise au rencart de la moitié du nucléaire a été, non pas une mesure conjoncturelle, liée à Fukushima, mais une mesure structurelle, finalement destinée à faire de la place.

La retombée dans une crise de l'investissement, donne un précieux renseignement : il faut encore faire de la place. Sans doute résoudra t'on ce problème en fermant les plus vieilles centrales thermiques.

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A
Le gaz de schiste et la crise ont tués les grosses exportations d'Hydro-Quebec vers les USA :<br /> http://fr.wikipedia.org/wiki/Hydro-Qu%C3%A9bec#Rendement_financier<br /> voir dernier paragraphe.
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L
Ce que l’on voit surtout dans les graphiques de répartition de l’énergie électrique allemande, c’est la croissance molle en données brutes des énergies renouvelables, qui ne sont venues en fait que combler le manque lié à l’arrêt du nucléaire. Et vu la difficulté pour trouver des lieux d’implantation rentables, il y a peu de chances pour que l’on assiste à une envolée de la production. <br /> Deuxième point qui ne doit pas être éludé concernant ces énergies « fatales » : leur production doit en permanence être équilibrée par des moyens plus aisément pilotables. En clair, si le vent souffle plus fort pendant une heure, la rentabilisation maximum du procédé éolien fait qu’une autre source doit s’effacer pendant ce temps ; ce rôle est actuellement dévolu en Allemagne au thermique classique. A partir de là, il est facile de comprendre que la production éolienne rencontre à un moment une limite en production relative ; il est moins facile de comprendre que la limite est assez basse et que si le voisins seront d’accord pour aider les idéologues, ils le feront payer, au prix très fort.<br /> Autre effet induit concernant le prix (salaud de prix, pourquoi rien n’est gratuit dans ce monde mal fait ?!), si l’on ne peut nier que tout ce qui est produit par le vent ne l’est pas par du fossile ou du nucléaire, il reste à faire admettre à la population que pour produire un, il faut construire deux et que pour cela, et bien ma brave dame, il faut payer…<br /> Hélas oui, tout n’est pas aussi simple, il ne suffit pas de rêver que les moulins vont initier une nouvelle révolution industrielle, pardon, verte. Il n’est qu’à constater en France le ras-la-casquette croissant du nombre de ses habitants qui, ayant trouvé cela joli au début et ô combien bon pour la planète après un bon conditionnement médiatique, commence à comprendre l’escroquerie. Surtout ne dévoilons pas que leurs factures d'électricité comprennent un pourcentage intéressant destiné à financer du vent, encore non rentable (et ça ne s'arrange pas). <br /> Un jour, on nous fera payer l’air que nous respirons disait les anciens en riant. <br /> Nous approchons, le vent est payant.<br /> <br /> Cordialement
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L
sorry : &quot;disaient les anciens&quot; !
B
A propos de la France :<br /> 1978 : dette publique équivalent à 72,8 milliards d'euros, soit 21,2 % du PIB.<br /> 1981 : dette publique équivalent à 110,1 milliards d'euros, soit 22 % du PIB.<br /> 1986 : dette publique équivalent à 249,3 milliards d'euros, soit 31,1 % du PIB.<br /> 1993 : dette publique équivalent à 515,4 milliards d'euros, soit 46 % du PIB.<br /> 1997 : dette publique équivalent à 752,5 milliards d'euros, soit 59,5 % du PIB.<br /> 2003 : dette publique de 1004,9 milliards d'euros, soit 63,3 % du PIB.<br /> 2007 : le nouveau Premier ministre, François Fillon, déclare : &quot;Je suis à la tête d'un Etat en faillite&quot;.<br /> Chaque année, pendant cinq ans, François Fillon a rajouté un étage de dette publique supplémentaire.<br /> 2007 : dette publique de 1211,6 milliards d'euros, soit 64,2 % du PIB.<br /> 2008 : dette publique de 68,2 % du PIB.<br /> 2009 : dette publique de 79,2 % du PIB.<br /> 2010 : dette publique de 82,4 % du PIB.<br /> 2011 : dette publique de 85,8 % du PIB.<br /> 2012 : dette publique de 1841 milliards d'euros, soit 90,6 % du PIB.<br /> 2013 : dette publique de 1925,3 milliards d'euros, soit 93,5 % du PIB.<br /> <br /> http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/03/31/les-mauvais-chiffres-de-la-dette-et-du-deficit-public-en-france_4392605_3234.html
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R
21 minutes de vidéo pour TOUT comprendre<br /> https://www.youtube.com/watch?v=_gXsDYN6zWI
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R
21 minutes de video pour tout régler<br /> pourquoi faire compliqué <br /> https://www.youtube.com/watch?v=_gXsDYN6zWI
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L
Autre sujet <br /> l'évolution du prix des terres agricoles <br /> je viens d'entendre (? ) que le très grand socialiste et très grand ministre de l'économie <br /> michel SAPIN posséde une ferme de 430 Hectares<br /> Malheureusement ( pour un très grand ministre ) , pas de chance , ses terres perdent de plus en plus<br /> de leur valeur ( pour son patrimoine de grand socialiste )<br /> <br /> Heureusement pas UN SEUL branleur du fisc , dans l'ensemble du pays <br /> ne s'est aperçu de cette perte incessante de valeur patrimoniale <br /> ( qui perment d'éviter l'impôt )<br /> <br /> comment évolue donc ce prix des fermes actuellement en France ? <br /> Merci<br /> PS je suis très inquiet pour ce tres grand ministre .<br /> <br /> Davis GmBH n'est pas le nom ,ni l'abréviation de l'allemagne !
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D
Bon article dont je retiens que le photovoltaïque reste le nec plus ultra. Vous oubliez de mentionner son corollaire à savoir la batterie. Et c'est là que le bat blesse car à ce jour les systèmes sont à la fois peu performants et chers (j'ai un vélo elec pour aller au boulot et je connais donc les contraintes de cette énergie). Mais l'état de l'art des technologies devient exponentielle donc on devrait trouver à terme la panacée (compromis poids prix durabilité). Ce sera le coup de grâce pour les rentiers du pétrole et du nucléaire. Je retiens également que peu de gens comprennent que la crise vient essentiellement du prix du pétrole alors que la réalité c'est : un prix élevé, des guerres energetiques plus fréquentes (irak, syrie, venezuela, etc), des balances commerciales plombées par le coût de l'energie (france, uk, us, italie, esp, etc...) sauf Chine, GmbH deux gros producteurs de charbon....<br /> Une fois dit cela, j'ai du mal à me projeter dans le futur, je suis à peu près certain que le nuke va disparaitre (avant ou après une cata en France), pour le reste...<br /> Bref Patrick, c'est comme avec la politique, tout le monde est bon sur le diagnostic, mais personne n'est bon sur les solutions.
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