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Ukraine et art de la Guerre...

10 Avril 2014 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Politique

L'Ukraine s'agite dans l'est, le sud, et le nord est. Le "pouvoir", ou plutôt le "non pouvoir" qui règne à Kiev est simplement incapable de faire face.

Simplement parce qu'il n'a pas de légitimité, et pas ou peu d'armée. Quand on veut fonder une "garde nationale", c'est qu'on n'a pas confiance dans ses propres troupes et qu'elles sont insuffisantes. Il faut dire que le budget militaire ukrainien est de l'ordre de 1.5 milliards de $, que les troupes sont mal payées, quand elle le sont, et qu'à tous les étages règne la corruption, ne serait ce que pour vivre.

De plus, 60 000 hommes, même si ce chiffre est atteint, c'est très court pour un pays pareil.

Ajoutons à cela que la plupart des soldats sont russes ou russophones, et que même ceux qui étaient originaire de l'ouest, en Crimée, ont largement rejoint l'armée russe, où la solde est 4 fois plus élevée.

Mais le plus important n'est pas là. Poutine est en train de construire une alternative. La politique à long terme du jeu d'échec est visiblement une chose qui échappe totalement aux occidentaux.
Le débouché du pétrole russe, c'est désormais prioritairement la Chine. Bientôt, il est sera de même pour le gaz.

Staline avait lancé le "socialisme dans un seul pays", ou construction d'un état industriel indépendant, desservi par le chemin de fer. Une politique de long terme, ça se construit avec le long terme. Avec les pipelines et les passeports russes, largement distribués.

En même temps, il agit lentement et prudemment. La Crimée était vitale, militairement et politiquement, le reste de l'Ukraine russe piétine d'impatience de voir arriver l'armée russe, ou d'adhérer à la Russie, et il risque de les désappointer, ou de rendre encore plus fort ce désir d'adhésion. D'autant que les provinces périphériques n'ont le choix qu'entre la répression et l'adhésion à la Russie... (Paul Craig Roberts), et je pourrais rajouter, des privations à foison. A part une minorité de la population, nul ne trouvera cette perspective réjouissante.

En tout cas, ce qui était une décision venue d'en haut, se transforme en une demande de plus en plus pressante de la base, qu'il peut présenter à son propre peuple, échaudé par l'empire soviétique, où les états périphériques étaient largement abreuvés par les ressources du centre.

Donc, le désir d'union est de plus en plus impératif chez les russes et russophones d'Ukraine, ce qui emportera sans doute l'avis des russes de Russie.

Pour ce qui est du prix du gaz, il est curieux aussi de voir les occidentaux critiquer la hausse (80 %), du prix du gaz russe, alors que la condition "d'aide", est déjà une augmentation sur le marché interne de 120 %. Il faudrait leur expliquer la loi de l'offre et de la demande, puisqu'ils ne la connaissent pas, et que si eux, bénéficient de contrats à long terme, ce n'est pas le cas de l'Ukraine.

La crise de 2007 a été PRECEDEE en Europe, par la chute des quantités de pétrole et gaz disponible, et si il y a une possibilité vérifiable, c'est qu'en cas de montée de la tension, la fin de livraison du gaz russe mette l'Europe à genoux en quelques semaines. Même - 20 ou - 40 %, c'est ingérable dans le cadre actuel, et avec une population actuelle, totalement habituée à une énergie abondante et encore bon marché.

Dans l'absolu, on peut vivre avec une température de 13° à l'intérieur, et c'était souvent largement le cas il n'y a que 40 ans. Plus problématique sera de faire fonctionner les centrales thermiques, et les raffineries.
Comme la population est habituée à l'abondance, nul doute d'ailleurs, que la consommation d'électricité bondirait, et que les appareils d'appoint de chauffage seraient ressortis des cartons...

Mais, côté occidental, comme au temps de Thorez ("Jamais le peuple français ne fera la guerre à l'URSS"), je pense aussi que jamais le peuple français n'aura la moindre envie de confrontation militaire, quand aux citoyens US, c'est le même topo.

Désormais, le citoyen US est las des roulements de tambours et des poitrines bombées. Comme le dit le site Zérohedge, le gouvernement livre des véhicules blindés... à des municipalités...

Vu ce qu'en ont fait les résistants afghans et irakiens, on se demande si c'est une bonne idée. Surtout si la municipalité n'a plus les moyens d'y mettre les 200 litres de pétrole au cent. Dame, c'est qu'un véhicule de 25 tonnes, ça boit. Donc, logiquement, le véhicule devrait commencer à rouiller tranquillement, être sorti une fois par an, et qu'un véhicule à l'abandon, et immobile, une simple bouteille d'essence (coût : 1 euro), peut le détruire.

A l'instar de la population Ukrainienne, les occidentaux n'ont pour leur population que répression et privation en vue...

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