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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 16:51

La question de la viande est finalement, très simple. vendu 100 au consommateur, elle est achetée 10 au producteur.

On a voulu augmenter le prix payé au producteur, en le répercutant, bien sûr, sur le consommateur. Manque de bol, ça n'a pas fonctionné.
Parce que les énarques qui nous gouvernent ont une connaissance très succinte des circuits économiques qui existent dans ce pays.
Les prix sont fixés, librement, par la loi de l'offre et de la demande. Et qu'on peut bien aller voir le prince en son château, il ne peut contrarier cela, dans un contexte de libre circulation des marchandises, et de sanctions et contre-sanction russes, qui encombrent le marché intérieur.
Quand bien même cela aurait fonctionné -la hausse des prix-, on se serait heurté à un autre problème.
C'est la paupérisation. Les grecs mangent beaucoup moins de viandes, et si la situation n'est pas si catastrophique dans le reste du continent, on y a aussi atteint un "peak meat", que ne ferait qu'accélérer une hausse du prix.
Les agriculteurs y ont aussi une part écrasante. Ils ont totalement délaissé la vente directe. Celle où il est habile de faire de la qualité et de vendre à 80, au lieu de 10.

Mais cela, c'était chiant. Je me souviens d'une conversation il y a une trentaine d'année. Un retraité demandait un veau à un de ses amis paysan. Honnête, Il lui a dit de le prendre où il le voulait, mais pas chez lui. Nourri à l'ensilage, les vaches partaient à 3 ans à l'abattoir, avant d'avoir des cancers. le lait était alcoolisé ( à 0,5°), au sortir du pie.

Ce paysan est toujours vivant, retraité, peste contre les "assisté" (alors qu'il l'a toujours été), et deux de ses enfants ont repris la ferme, et sont sur endettés, et continuent à produire de la merde, craquant toujours pour le dernier modèle de machine, vivant sous perfusion du crédit A...

Ils en sont conscients, mais n'ont pas l'énergie pour en sortir. Vaut il mieux vendre 200 veaux bradés à 10, ou 40 à 80 ? La réponse est évidente. En attendant, ils survivent pratiquement sans salaire, toujours à cours, confondant chiffre d'affaire et bénéfice.
La responsabilité, aussi, des conjointes qui ont bien voulues se marier à des paysans dans les années 1970, a été écrasante. Pas question de se casser un ongle.

Pourtant, il y avait une demande. Mais l'esprit de lucre consistait à vouloir vendre 110 en direct, la même merde.

Dans l'esprit survivaliste, ces paysans là, ne sont pas mieux armés pour un crash économique que les autres qui ne conçoivent pas la vie sans la grande surface.

Ils dépendent bien trop, peut être encore plus que les autres, des énergies fossiles. Ce sont plus des mécanos que des agriculteurs...

La population, de manière globale, n'est plus armée pour la survie. Elle est désormais entièrement dépendante du système économique, et, dans le pire des cas, de l'aide sociale.

La population des années 1930 et 1940 n'était pas si éloignée du monde agricole. Elle en avait la mémoire et la pratique du jardinage.

Maintenant, la personne avisée va au "super carrouf géant", et se baisse ou se hausse sur les pieds, va voir derrière. L'hyper adapté, lui, se contente d'attraper ce qui est à la portée de la main, jugeant sévèrement le précédent, condamne la publicité, alors que le précédent la lit pour voir les bonnes occases...

Bref, le "culte du cargo", dans toute sa splendeur. A la différence des papous qui attendent vainement les cargos, eux, ne savent pas du tout survivre si le cargo ne vient pas.

Quand aux mesures d'aides, elles sont ridicules : de l'aspirine administrée à un cancéreux...


Bref, pour résumer, le système est incapable de garder les gens vraiment indispensables à sa survie. La plupart des "actifs", ressemblent beaucoup aux guignols élyséens et matignonesques : des manipulateurs de symboles, sans aucune utilité, mais très nocifs...

Rien d'étonnant, donc, que les mesures d'abattages des loups soient massivement rejetées, elles indiquent une époque. Celle où le nuisible est préféré à l'utile.

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Published by Patrick REYMOND - dans Economie
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commentaires

Caribou 27/07/2015 09:54

"oui mais le bio c'est pas la solution, c'est trop cher " etc...
n'empêche que pour des gens qui ont pas la solutions ils s'en sortent bien.

AMAP viande, poulet ... je connais très bien. C'est plus cher qu'en supermarché et tout va directement dans la poche des producteurs.
Résultat: ils en vivent correctement (tous au dessus du smic mais tous sous les 2 000 net / mensuel)
Plusieurs ont claqué la porte au nez des supermarchés et sont bien plus détendu depuis.

et le consomateur ? Et bien il mange bien mieux. Moins de viande certes, mais vu la différence de qualité y'a pas photo. Je préfère un bon morceau que 2 dégueux (pour gueu)

Quel belle assiduité à médire sur un système, vente direct, amap et autre systèmes alternatif ... bouh que c'est mal !
et en plus les salauds ils ont le sourire !

stephan 24/07/2015 13:26

C'est l'objectif! L'effondrement est necessaire. 98% de la population ne sont plus qu'un fardo pour les "1 - 2%" hyper adapte. La purge est proche!

simplet 24/07/2015 13:04

Réponse à MJ:

Tomates belges produites par un "consortium de maraîchers" dénommé F******A, le nom de son terroir du nord belge.
Probablement lié directement ou indirectement à un puissant syndicat paysan/agro-alimentaire.
Comprenant comme membres les familles parmi les plus riches du nord belge.
Avides de subsides régionaux, nationaux et européens.
Le soleil pour ces tomates, c'est le pognon européen.
Les prix défiant toutes concurrences. Moins cher que les tomates hyperpesticidées.
Y a pas que les tomates. Tous les légumes de soleil : allez hop sous serre.

Bien des scandales dans ce milieu opaque. Dans tous les secteurs que cette mafia gère.
Viandes sur pied ou abattues, sous produits, etc... que du bon.

Très attaché à la com. Image présenté la plus clean et verte possible.
Comme d'hab.

david 24/07/2015 09:20

Salut Patrick
Bon résumé de la situation.
Je retiens 2 choses : Les agriculteurs sont devenus des salariés de l'UE via la PAC. Maintenant que les subventions diminuent, ils se mettent à gueuler alors que lorsqu'on fermait les usines (à cause de la compétitivité...), ils n'en avaient rien à foutre. Le libéralisme, Ok mais pour les autres
Deuxio, vous avez pointé le + gros pb des "anti" système : Les femmes. En effet, ces dernières sont les 1eres victimes consentantes du libéralisme, elle privilégie les winners (bobo surdiplomés à l'ego sans faille, consommateur de signes ostentatoires que sont les bagnoles, la déco et les voyages) à l'homme ordinaire. Donc par mimétisme, tout le monde tend à se boboiser par instinct de reproduction. Le + drôle c'est que cette idéologie tend à donner à la femme un statut d'objet. Et un objet, ça s'achète, ça se consomme et ça se jette après usage dans une société de consommation. Mais vous comprenez, un "SUV" c'est sacré !
Bref, je pense que ce système est d'une redoutable efficacité pour broyer une société traditionnelle et rendre l'homme hors-sol. Et cette fuite en avant possède une inertie très forte car jusqu'à présent, ça fonctionne tant bien que mal. Mais tant que les femmes ne changeront pas de sujet, ce sera mal barré. Je comprends mieux le rôle donné à ce genre dans les religions comme l'islam, je dirais qu'il s'agit de laisser le dragon dans sa cage. Bref le combat permanent de la tradition contre la modernité est sans fin. Patrick, je crois connaître votre camp.

Julie 27/07/2015 10:24

Vous ne devez pas en fréquenter beaucoup des femmes pour écrire des bêtises pareilles, ça sent le frustré.

Les femmes sont comme les hommes, elles craquent plutôt pour les specimens du sexe opposé à la plastique musclée et irréprochable. J'ai un parent loin très loin du bobo (ancien para) elles tombent toutes cuites dans ses bras.

Ah et puis pour les 4X4 les premiers acheteurs sont les agriculteurs.

La Gaule 25/07/2015 12:35

Votre commentaire est très pertinent, David, mais à mon avis avec quelques bémols.
Les femmes sont en effet des victimes consentantes du libéralisme, cela d'autant plus qu'elles ont une inclinaison naturelle à faire jouer LA CONCURRENCE -technique efficace d'éveil à la jalousie- pour mieux ferrer celui qu'elles ont envie de piéger.
La condition toutefois est que le système libéral leur donne -en prime de la présumée indépendance matérielle- ce que recherche fondamentalement (j'ai presque envie de dire biologiquement, et cela quoiqu'elles en disent) une femme dans une relation -LA SECURITE.
Autrement dit, votre bobo sur-diplômé n'aura le vent en poupe que tant qu'il pourra assurer le rôle premier du grand chambellan. Soit veiller à la pérennité du petit nid, à temps partiel ou à temps plein suivant que la belle a une ''vie socioprofessionnelle riche'' (c'est ce qu'on dit) ou moins.
Le problème est que l'évolution du système rend le spécimen rare et cher. Par cher, j'entends que la concurrence impitoyable du marché de l'affectif joue aussi dans ce cas là dans l'autre sens. Course sans fin à la séduction et à l'astreinte existentielle de rester jeune et belle. Tout commence même à la ménopause n'est-pas ? Sinon il y a toujours la ressource de payer pour se faire tringler par un gigolo exotique aux antipodes.
Pour le commun des mortels -les gens ordinaires comme vous dites- cela part carrément en eau de boudin. C'est caricature du schéma dominant à tous les niveaux, autrement dit comment prendre le train de la glorieuse révolution sexuelle en marche avec un revenu de smicard tronqué et dans un contexte de chômage de masse. Il suffit de jeter un œil sur ce qui se dit sur les sites de (rêves de) rencontres pour se dire que cela n'est pas gagné !
Les pédés ont un temps rusé avec le système, en réalisant la synthèse improbable des deux exigences affectives première de l'homme, la SATIETE (les hommes ont la tête pleine de leur organe dit savoureusement le psychiatre Aldo Naouri) et l'ESPACE soit l'aventure et la multiplicité des rencontres. A leur manière ils ont ainsi ressuscité le harem à l'échelle du garçon coiffeur.
Mais cela relève déjà du passé depuis qu'ils se sont mis à rêver de mariage néo bourgeois, et que cette escapade sociologique ne pouvait marcher qu'avec des sujets jeunes -les deux facteurs étant indissolublement liés. Tout le monde sait -surtout les jeunes qui arrivent derrière- que cette génération a très très très mal vieilli (il faudra un jour que je vous transmette ma photo, pour voir la gueule que j'ai le matin au saut du lit -et je vous dis pas l'haleine).
Tout ceci a d'ailleurs été bien mieux analysé que moi par le grand couillon de Soral dans son Misère du Désir -son bouquin le plus vrai à mon avis.
Je crois donc à votre encontre que ce système est plus une MALADIE de la majorité des hommes et des femmes (une peste?) qu'un état stabilisé, et qu'un effondrement économique les en guérira, tant est forte chez tous et toutes la nostalgie d'accorder leurs exigences contradictoires autrement.
Sur l'Islam surtout, je crois que vous êtes dans l'erreur. Il y a effectivement volonté de mettre le 'dragon en cage' chez les fondamentalistes islamiques de tout poil, mais ce fondamentalisme est-il réellement un retour à la tradition ? N'est-il pas plutôt -sous un masque séculaire- un autre visage de la modernité mondialiste et son idéologie perverse, ce que pensent des gens aussi différents que Marcel Gauchet et Jean Michel Vernochet. J'ai envie de vous dire que Daech c'est le coran plus les films pornos -et peut-il en être autrement pour une officine manipulée par la CIA.
Et comment ignorer que la première guerre des civilisations aujourd'hui -féroce, inexpiable- oppose ce modernisme rétrograde à un autre islam, encore chargé de spiritualité (dont on peut penser ce qu'on veut) et surtout enraciné dans une vieille civilisation emprunte de traditions populaires -deux conditions nécessaires à ce que cet islam connaisse une évolution équilibrée à son rythme.
Ce qui nous chiffonne en fait -et épouvante certains- est que les universités iraniennes sont autant féminisées que les nôtres, et que cette société en particulier pourrait évoluer vers un matriarcat inédit, où les femmes pourraient trouver leur place sans avoir besoin de montrer leurs cuisses et servir de faire valoir anatomique pour des pubs de produits alimentaires.
C'est ce que je me disais hier dans un transport en commun, assis face à une jeune femme à demi voilée et au visage magnifique et paisible (on a beau aimer les trous de balle, la beauté féminine reste le grand mystère). Qu'est-ce que l'on en a à branler, dans le fond, de son tissu ? Un dragon en cage cette fille ? Et si c'était moi le vieux dragon mal encagé ?
Je vous demande de relire ce texte de Thierry Meyssan dont j'avais déjà donné le lien ici. Il est pour moi essentiel sur le sujet qui nous occupe.
http://www.voltairenet.org/article187173.html
Je vais gratter, bon week-end.

Bigre 24/07/2015 00:27

"Rien d'étonnant, donc, que les mesures d'abattages des loups soient massivement rejetées, elles indiquent une époque. Celle où le nuisible est préféré à l'utile."

Mine de rien vous avez mis le doigt sur l'essentiel. Bravo, je retiens cette phrase.

MJ 23/07/2015 23:20

on s'en fout, on n'a qu'è manger des insectes !!!
treve de plaisanterie, les agris n'ont rien compris, et quand ils se mettent à vendre ne direct ils sont% au dessus du prix du supermarché local %8
meme pour le bio ou du moins les produits de reelle qualite il devraient (et peuvent) se placer à 80%. mais ils ne le font pas.
et qu'on ne me parle pas des qques un qui le font, ils sont dans l'épaisseur du trait, pas significatifs.
c'est l'été et je trouve des tomates poussees en Belgique chez le marchand. y aurait il plus de soleil là bas ?
à une ^poque on pouvait acheter tous les produits de saison le long de la route. tomates, haricots, fraises, pommes de terre, etc. le prix etait bon, la qualité etait là. mais le pécore n'avait pas appris à l'école que son meilleur engrais était un gros credit à la banque...
alors maintenant, plus de vente directe où tout le monde trouve son compte, l'agro industrie on appelle ça.
remarquez Renault ne vend pas ses voitures devant l'usine.
la boucle est bouclée.

Lorialet 25/07/2015 13:23

La vente directe est pas mal, mais ne fait pas tout.
En bio le prix de production du cochon est supérieur actuellement à celui de vente. Les miracles de l'importation...
Moi je suis maraicher, j’achète à mon collègue du cochon, en directe, mais il m'explique que s'il passe par les abattoirs et qu'il tente de vendre la viande ensuite il devrait en demander un prix qu'il trouve prohibitif.

De notre coté ma compagne et moi on est en vente directe. Donc chiffre d'affaire minuscule, marge correcte. Le problème c'est que même en vente directe, comment vous faites pour jouer contre des patates à 10ct le kilo.
Alors bon on a la qualité, le goût, les apports nutritionnelles de notre coté, mais faut pas rêver on n'est toujours inexistant face au super marché. J'en discutais avec des collègues, le jour ou l'importation s'arrête, au niveau départementale les gens ne mangent plus de fruit ou de légume. Il n'y en aura pas assez, tout simplement...
Et on est sur une zone bien rurale...
Ce n'est pas pour rien que les meilleurs acheteurs sont ceux qui ont ou ont eu un jardin, ils ont encore du goût, et savent que les saisons ont un impacte sur ce qui pousse...