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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 19:10

Il y a des gens qui font les clowns, sans le savoir, et qui baladent avec des grenades dégoupillées, sans le savoir non plus.
Emmanuel Macron, perdu dans son petit monde, est de ceux-là.

Bien sûr, il pense qu'ils faut détruire le statut, pour pouvoir virer des charrettes entières. Notamment dans les plus fragiles, les collectivités locales.

Moins la surface financière est importante, plus la charge en personnel est grande.

Bien sûr, 70 % des sondés approuveraient la mesure. (les 30 % ne l'approuvant pas sont les fonctionnaires).

Mais, comme ce type n'a rien dans la tête, c'est pour ça qu'il est devenu banquier d'affaire et ministre, il n'a pas songé aux conséquence.
Je les ai souvent citées.
Le monde du libéralisme économique libre échangiste (là, ça fait porno, et c'est bien ça), ne peut tenir politiquement, qu'en ayant de grandes cohortes de personnes totalement épargnés par ses effets : fonctionnaires, retraités, catégories dont le nombre s'est considérablement accru sous Pompidou et Giscard. Commencé timidement sous Pompidou, cette inflation a connu son maximum sous Giscard. Sans cesser par la suite.

J'ai appelé ces gens là, retraités et fonctionnaires, les "cosaques sociologiques du régime", chargés, par leur vote, de faire tenir ce si sympathique régime, qui ne leur veut, à eux, pas de mal.

Après, ce sont les fonctions publiques territoriales qui ont pris le relais. La FPT est de création récente (1983), et voulait étendre les zones d'emplois protégées, et accessoirement, tuer le PCF (on ne se refait pas). Les maires, qui avaient auparavant une grande latitude de gestion, n'en ont plus eu que pour l'embauche. Ce dont ils ne se sont pas privés, UMP, comme PS. Après tout, le clientélisme, ça les connait.

Comme le PCF était largement un parti d'employés communaux, la création de la FPT a largement rompu le lien d'utilité avec le PCF. Une fois titulaire, ma foi, la carte du parti n'était plus nécessaire. On peut dater de ce jour l'effondrement électoral du PCF.

Alors, fera t'on des "économies", avec la réforme du statut, comme le sous-entend Macron ? Réponse : pas un rond. Même pire, ça coûtera encore plus cher. On virera, on sous-traitera, etc, enfin, les réponses habituelles du libéralisme.

Comme les virés ne disparaitront pas sous terre, il faudra les indemniser, et faire des appels d'offres, qui, comme dans le privé, s'avéreront à terme, plus coûteux que de le faire soi-même.

Surtout, on ne remplacera pas la mentalité des politiques en place. Ils sont largement héréditaires, habitués d'un train de vie dispendieux. Et je les vois mal tailler dans leur clientèle électorale. Puis, comme me l'a dit le maire, tout nouvel arrivant vient le voir pour lui demander :

- où est la crèche (municipale, c'est moins chère),

- puisqu'il n'y en a pas, quand est ce qu'elle ouvre ? (réponse : jamais).

En bref, les chers Zadministrés veulent tout un tas de choses, et, de préférence, toujours plus... C'est comme cela qu'un maire montre son "dynamisme".

Privez aussi l'école de son instituteur, vous verrez les levées de boucliers.

Mais, on peut aussi objecter que la fin du statut ouvrirait aussi des boîtes de pandores, multiples, et feraient goûter biens des délices fort coûteux aussi. Licenciement sans cause, harcèlement, etc, toujours onéreux...

Mais ce qui m'a fait le plus marré, c'est cet employé municipal qui était pour. Lui, sans doute, pensait il, qu'il ne risquait rien, parce qu'il travaillait. Ce pauvre type n'a rien compris au film.
Moi, on m'a appris, il y a bien longtemps déjà, que toute communauté humaine de travail est constitué de 4/4, (et j'ai vu que c'était largement vrai),

- le premier1/4 travaille bien plus que la moyenne,

- le second 1/4 travaille un peu plus que la moyenne,

- le troisième 1/4 travaille un peu moins que la moyenne,

- le quatrième 1/4 ne fait rien.

Les restructurations, elles, virent indifféremment bon et mauvais, hyper-actifs et hyper-passifs, que ce n'est même pas ça qui fait la différence. Le seul critère, finalement, c'est de réduire le nombre, et qu'être "bon", ou "mauvais", n'entre pas en ligne de compte.

La fonction publique souffre surtout de n'être pas gouvernée, et encore, ça dépend des lieux et des hommes, mais, les "gestionnaires", ne veulent pas de conflits. Ou alors, quand il y a conflit, c'est souvent du harcèlement, répréhensible pénalement.

Comme je l'ai déjà dit, Macron, travaille finalement, au bulldozer, comme d'autres, pour ouvrir une voie royale à MLP et au FN. Laquelle réagit habilement : «C'est un faux débat qu'il lance sur le statut des fonctionnaires, aujourd'hui le vrai débat c'est le chômage». Et la précarité.

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Published by Patrick REYMOND - dans Politique
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S10 25/09/2015 13:41

En bon agent rothchild, macron fait très bien le travail que ses maîtres lui ont confié.
Toutes autres considérations lui passent au-dessus.
Après, toutes les considérations évoquées ici sont vraies, bien sûr, et elles ne manqueront pas d'ajouter de l'huile sur le feu :-)
C'est peut-être ce qui est voulu, ordo ab chaos, allez savoir ;-)

La Gaule 25/09/2015 13:12

Marrante et judicieuse votre typologie du travail, mais elle est trop axée sur le quantitatif pour poser complètement le problème.
Vous oubliez que le qualitatif est la marotte obsessionnelle du management moderne et qu'elle dégouline de haut en bas de la chaîne de production, éclaboussant au passage autant le secteur public que le privé (plus peut-être vu le nombre de cadres dans les structures administratives publiques qui sortent du grand nulle part des écoles de commerce).
Plus prégnant dans les grosses boîtes que dans les petites, on en relève pas moins ses petites crottes sur le chemin balisé par la moindre PME, surtout dans le secteur des services et cela de manière volontiers cocasse.
Ce management est un ciseau à deux branches, faites par définition pour diverger, lesquelles ne se rejoignent que pour cisailler l'équilibre nerveux due la ressource humaine, entendez le pékin qui bosse pour sa croûte.
Il s'agit d'une part de valoriser le spontané, le créatif, le fluide, et donc la réponse en temps réel aux flux (jargon signifiant qu'il ne faut pas hésiter à plonger dans l'eau froide même s'il n'y a personne à sauver), tout en figeant d'autre part le spontané le créatif le fluide etc. dans des carcans procéduriers normatifs qui auraient faits saliver les petits chefs des bureaux de Courteline il y à cent vingt ans.
Il en résulte un étrange salmigondis psychologique où l'extraversion obligée doit être corrigée en permanence par l'introversion, l'imprévisible devant produire du prévisible procédurier lui-même destiné à être remis en question par l'imprévu dans une sorte d'accouchement névrotique perpétuel.
Le salarié modèle post moderne est un chien fou qui s'efforce d'aboyer à la même tonalité en courant sur la pelouse, tout en se demandant chaque matin s'il ne devrait pas changer sa tonalité d'un demi ton. Son manager est un maniaque qui a pris conscience que son propre langage résultait de l'habitude et du machinal. Cette routine le met mal à l'aise et l'agace, c'est pour ça qu'il fait courir son chien.
Vu sous cet angle, votre typologie ne tient plus bien la route. Le ''mec qui bosse'' peut très bien être un cadre brasseur de vent faisant tout et rien (''laissez tomber ce que vous faites, j'ai autre chose de plus urgent'' lui dit dix fois par jour son supérieur hiérarchique) et s'épuisant dans le flou artistique. Les deux quart intermédiaires sont majoritairement des aigris qui s'enferment dans leurs procédures de travail pour mieux penser à autre chose, le temps que les dites procédures n'ont pas encore ''évolué''. Celui qui bosse un peu moins est alors celui qui a l'imagination la plus fertile.
Quant au ''branleur'' du langage commun, il est assez équilibré pour économiser son énergie dans des situations imprévues et suffisamment malin pour contourner les procédures qui le fatiguent. Il (elle) a par ailleurs d'autres attributs physiques et psychologiques qui lui permettent de se rendre utile et d'être dans les petits souliers du supérieur Machin. C'est pour ça qu'on le tolère ad æternam.
Sans vouloir romancer la chose, j'ai observé jadis (dans un grand établissement public de recherche où j'ai sévi de longues années dans les soutes de la DRH -soit un poste d'observation privilégié) que c'était ce dernier cas de figure -le plus décalé- qui pouvait ponctuellement s'avérer être le plus efficace précisément en cas de rupture de routine.

Mais bien sûr que le problème du travail ne réside plus dans toutes ces nuances parfois plaisantes, parce que la logique du capitalisme financier fait que le travail humain est DE TOUTE FACON cet emmerdeur qui empêche -de haut en bas et de long en large de la chaîne de production- de créer de la valeur en rond pour l'actionnaire.
Finalement, quand vous réfléchissez, l'idéal managérial décrit plus haut, ce salarié que l'on peut brancher et débrancher, programmer et reprogrammer à volonté au gré des flux, et qui donne une réponse optimale à chaque connexion, ce n'est pas tout bonnement le robot ? Je prends ainsi très au sérieux la thèse de Charles Sannat sur la disparition du travail humain au profit du travail robotique, non pas parce que je la juge techniquement plausible ou certaine, mais parce qu'elle correspond à l'évidence à un idéal mythique recherché à demi mot par les élites actuelles.
Dans la logique économique qui est la nôtre le problème n'est donc plus de se demander si tel ou tel emploi est encore viable économiquement (branlette frénétique pour intello libéral cruellement fou), puisque ce dont tout le monde rêve et souhaite A L'EVIDENCE, c'est plus de travailleur du tout. En quelque sorte une économie de l'offre qui pourrait se passer de la demande.
La question de savoir si ce vaste programme n'est pas autre chose qu'un symptôme lambda de la déraison contemporaine -sur laquelle j'ai disserté (astiqué mon membre selon certains) fortuitement ici par ailleurs- ne sera de toute façon pas posée.
Il en découle bien sûr que toute réponse à la nouvelle problématique du travail basée sur son exportation (délocalisation) ou son importation (''migration'', puisque la nouvelle grammaire a banni également l'existence du préfixe) en revient à réduire ce type travail à sa dimension purement sociale, soit politique.
Comme cela a été dit maintes fois ici, il ne s'agit que d'un acte de guerre sociale, qui devrait normalement recevoir une réponse du même type.

koupa 25/09/2015 09:14

j'ai pas compris cet histoire de Macron, il existe déjà une " loi de dégagement des cadres " de 1940, elle suffit pas à faire ce qui est dans son titre (explicite) ?

anecdote réel que j'aime bien, mon épouse institutrice, toute nouvelle et remplaçante, qui prend un poste dans une banlieue chic parisienne juste après l'élection de Sarkosy (commune ou il avait fait un score très très élevé)... Une classe avait été fermé, poste d'enseignant supprimé. Dialogue parent / prof:
- Mais pourquoi elle a été supprimé ? les autres classes vont être surchargé ?
- Il faut diminuer le nombre de fonctionnaire Monsieur, non remplacement d'un départ en retraite sur deux.
- Mais mais.. oui mais pas chez nous ! c'est pas pareil là !
- Ba si...

Dany 24/09/2015 22:31

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-opep-prepare-toi-a-un-autre-boom-petrolier-americain.aspx?article=7177809570H11690&redirect=false&contributor=Oilprice.com.

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