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Syrie : aplanissement systématique...

1 Décembre 2015 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Politique

En 1914, on parlait du rouleau compresseur, mais il n'était pas là. En Syrie, l'aplanissement systématique du pays est en cours et en bonne voie.

Si les villes contrôlées par les rebelles avaient vu fuir la plupart de leur population, soit vers l'étranger, soi vers les zones gouvernementales, certaines villes, notamment proche de la frontière israëlienne, n'existent plus, complétement et totalement écrasées, avec une efficacité maximum.
On croyait avoir tout vu avec les bombardements US, guère respectueux ni des infrastructures, ni des vies, mais là, il y a la communication en moins, et la rage froide en plus.

Les Kurdes du YPG avancent nettement, nettement soutenus par l'aviation russe. Si le PKK irakien est largement soutenu par le couple US/Israël, la situation est totalement différente en Syrie et au Kurdistan turc, où les USA voulaient ménager leur allié turc, et soutenir, mais pas trop, le YPG, pour la même raison...

L'armée syrienne avance aussi, mais moins nettement. Qu'en conclure ? Les russes prennent le temps de la préparation et ont l'art du camouflage de leurs intentions. Mais il est clair que l'armée syrienne est rééquipée de matériel récent.

Pour Ankara, l'affaire de l'avion abattu tourne à la débandade. L'avenir est gros et lourd de risque. Les dirigeants turcs n'avaient rien compris. Les Différents dirigeants kurdes des différents pays ne veulent pas d'un kurdistan uni. Ils veulent chacun le leur, et peuvent se contenter d'une autonomie très large, qui les protègent des autres dirigeants kurdes. Parce que si le kurdistan était uni, il n'y aurait qu'une seule caste de dirigeants. L'histoire qui les a séparé depuis si longtemps a crée des entités difficiles à réunir.

La zone d'exclusion aérienne dont on parlait a été crée, mais elle est russe, et appuyée par des S400, auquel personne n'a envie de se frotter.

On voit aussi la stupidité et la propagande. Certains, en occident, avait dit que l'armée syrienne était tombé à 50 000 hommes (en gros, des alaouites plus un petit chouia). Si cela avait été vrai, la Syrie de Bachar El Assad se serait réduite à l'alouitistan, le long de la côte, car cela aurait voulu dire que les rebelles de tous poils auraient été 4 fois plus nombreux, ou alors, que les alaouites sont des dieux de la guerre...

Raccah voit sa démolition systématique se continuer. Le message est là aussi clair. On ne peut pas empêcher les pertes humaines (l'airbus du Sinaï) chez soi, mais il faut que l'ennemi se dise qu'il y a un prix à payer... Chose notablement différente chez les occidentaux, dont le leitmotiv est l'indemnisation des victimes (mais pas trop quand même)...

Pour ce qui est de la Turquie, elle est certainement entré dans une phase d'autodestruction. La Turquie actuelle avait été dessinée par Ataturk et ses victoires aux sortir de la grande guerre. Mais la question kurde a pris une autre dimension depuis l'affaire du Sukhoï, et, à mon avis, la Turquie a toutes les chances d'imploser et de se morceler. Les kurdes n'ont finalement, qu'à se féliciter de la stupidité des dirigeants turcs, dans l'affaire du Sukhoï. D'autre part, la stupidité est aussi à l'égard d'autres tranches de la population. Le prix de l'alcool a notablement augmenté, et certaines populations, les alévis, pratiquaient à l'égard de la consommation d'alcool, un régime tout à fait tolérant...

Sans doute, dans les prochaines semaines, les opérations au sol vont elles s'accélérer...

Côté saoudien, on a aussi une inquiétude. Enfin, plutôt, on l'a perdu. La chute de Damas, prévue dans les prophéties, augurerait la dislocation du royaume saoudien...

On peut penser ce que l'on veut de ces prophéties, mais dans un moyen orient très religieux, cela a une importance certaine, surtout vis-à-vis d'un régime aussi sclérosé que la dynastie saoudienne. Si cela était arrivé, le régime (saoudien), aurait sans doute immédiatement suivi dans la tombe celui de Damas.

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La Gaule 01/12/2015 11:42

La Turquie est en voie de dislocation mais peu importe puisque le prochain mot d'ordre des occidentaux ne sera plus « Bachar doit partir » mais bien « Erdogan (ou son fils, ou son frère, ou son sosie) doit rester ».
Tout porte à croire que pour eux (nous) la prochaine ligne bleue des Vosges -après le fiasco Syrien magistralement orchestré par les russes- sera la Turquie.
En témoigne la réactivation soudaine de la lubie turque (je n'y croyait plus je le confesse) par l'Union Européenne mais pour des objectifs déclarés non plus économiques cette fois mais bien géopolitiques. Le but n'est pas seulement d'étendre maintenant le « grand marché européen » de zéro vers l'infini, mais de faire de la Turquie une tête de pont de l'occident et une ligne Maginot dans la guerre désormais ouverte contre les russes.
Dans ces conditions que la Turquie se libanise (guerre plus invasion ingérable de réfugiés -que les immigrationnistes à tête de champignon demandent aux libanais se qu'ils pensent de l'étouffoir que constitue le tsunami de leurs « frères » syriens) n'a que peu d'importance puisque cette guerre sera désormais NOTRE guerre et, en plus, c'est l'Europe qui en assumera une part substantielle à tout niveau.
Quand Juncker déclare que les trois milliards d'Euros généreusement offerts à la Turquie par le chômeur européen et son ex employeur seront « étroitement contrôlés » il ne fait rire que lui et Erdogan, vu ce que l'on sait de la collusion dans ce pays de l'état officiel avec l'état profond militaire et maffieux.
Quant aux petits soldats sans uniforme, les réfugiés marrons (« migrants » pour les shootés aux droits de l'homme et au Grand Tout Global) et leurs compagnons de route à faux nez mais à vraies bombes, il sera plus simple désormais à M. Erdogan de fabriquer à la louche des vrais passeports turcs plutôt que des faux passeports syriens dans une imprimerie d'arrière cour.

http://www.eric-verhaeghe.fr/journal-de-guerre-leurope-se-soumet-a-erdogan/

Conclusion ? Il ne s'est rien passé depuis les deux dernières guerres mondiales. La « crise » organisée des migrants (futurs gibiers de pogroms), comme l'accord scélérat et infernal passé entre Mutti (mère abusive dans le jargon des invertis schleus) et Al Erdogan, sont deux actes de guerre commis par l'Allemagne et la Turquie, deux ennemis séculaires de la France.
Avec, of course et as usual en arrière plan, nos zamis zaméricains toujours prêts à nous délivrer des rus... pardon... du totalitarisme -et hourra pour l'Arabie saoudite !