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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 16:50

Ou de Chavez à Chavez. Vous savez, ce Chavez fraÎchement élu qui se voulait être un "Tony Blair", sud américain au sourire photogénique.

En réalité, quand on écrase certains ennemis, finalement, on déblaie la voie à des pires. Mossadegh fut écrasé par la CIA; les services secrets britanniques et la répression anti-communiste. Jusqu'à ce que l'on s'aperçoive qu'on avait crée un ennemi pire, parce qu'avec lui, c'était la position morale qui prévalait, et avec lui, on ne discuterait pas. On plierait.

Il n'était pas prêt à transiger, plus il était dur, plus les adhésions autour de lui s'aggloméraient. Quand on parlait de "dynastie légitime", en Iran, lui pensait et disait que c'était la dynastie Kadjar.

Et plus la répression était forte, notamment les milliers de tués dans les manifestations, plus l'opposition se durcissait.

Bien sûr, on n'en est pas là. Mais la répression économique continue sans fléchir, et nos dirigeants "responsables", nous mettrons couches de libéralisme après couches de libéralisme. Même si nous le vomissons.

Tant qu'on trouve des fonctionnaires et des retraités pour voter bien.

Mais, hier et demain ne se ressemble pas.

Les pisseurs de copies, appelés journaleux, eux, sont dans l'instant "COP21", et de la "prise de conscience", ce qu'il fait qu'ils prennent leur inculture pour des tendances, et leurs formatage pour du libre arbitre.

Aux nouvelles énergétiques, qu'on nous dit issues de la COP, on peut citer :

- la fermeture définitive des centrales à charbon godons. La vérité, c'est que ces centrales sont très vieilles, et que pendant la période thatchérienne, on en avait construit fonctionnant au gaz, bien plus modernes. Ils désinvestissent, avec ou sans COP, et les auraient mis de toute façon, au rencart, comme en Allemagne, où elles ferment par dizaines. Et où elles fermeraient à plus grande allure encore, si les pouvoirs publics ne bridaient le mouvement.

-En Afrique du Sud, "prise de conscience" aussi, selon les journaleux. Selon l'organe de propagande appelé "Le Monde", en réalité, malgré son charbon, qui là-bas est en abondance, et qui produit 90 % de l'électricité, la vérité est ailleurs.

Les coupures de courant y sont si fréquentes que l'inhabituel, c'est plutôt quand il est là. En plus, il faudrait massivement investir dans des centrales, et le côté rentabilité économique étant aux abonnés absents, malgré la défaillance de la production, le monde capitaliste s'abstient donc... Pour ce qui est du charbon, c'est un des rares endroits où il est de bonne qualité, noir (anthracite) et non brun, et demandé à l'export. Il est bien connu que les autorités locales préfèrent le business lointain, au fait de subvenir aux besoins de la population. (Tient, j'ai déjà vu ça quelque part).

De plus, avec l'effondrement des prix de l'éolien et du solaire, le peu d'entretien que cela demande, le fossile n'y est simplement, plus compétitif. Le choix politique du pays est, là aussi, antérieur à la COP21, mais on lui en attribue le bénéfice.

D'ailleurs, c'est la débandade du secteur minier sud africain, qui licencie par dizaines de milliers.

- Le BDI (Baltic dry index), indice du fret de la mer du nord, indique aussi une crise profonde. Il est tombé à 471, ce qui indique qu'il est plus efficace économiquement de ne pas faire voguer les flottes, voir de les couler...

- la mondialisation se porte très mal. Les flottes de super tankers errent en mer, faute de débouchés. Malgré la "reprise", et la "baisse du chômage", en Europe. Le collapsus de la demande est donc là. Ils errent malgré le fait que le fret ne vaut plus rien.

- L'Inde joue avec la COP. Elle veut des financements, en agitant la menace charbon. Qu'elle n'actionnera jamais. Important 30 % de ses besoins en charbon, et gaspillant pour cela de précieuses devises, ce n'est qu'une menace archaïque, et qui, de plus, ne cadre pas avec le déroulement des révolutions industrielles. Les dernières partantes, partent du plus moderne, et non du plus archaïque. Cela s'apprend (ou s'apprenait) en Fac d'économie. L'unité de PIB britannique, qui nécessitait 3500 kilos de charbon, n'en nécessitait plus que 1400 pour les deux suivantes, allemandes et françaises. Partir dans le charbon serait totalement archaïque. Si quelques centrales, démontées en occident et modernisées seront mises en service, cela n'atteindra jamais les projections. Surtout que les parités de coûts solaire/éolien/charbon, sont déjà une réalité, ou que la différence est désormais minime, avant de devenir une différence à l'avantage du renouvelable. De plus, doubler sa production de charbon en 5 ans, c'est complétement invraisemblable. Le charbon ne s'extrait pas comme ça. Multiplier par 30, par contre, sa production d'électricité solaire, c'est dans l'ordre du possible.

De même, l'inde se mettra dans la même situation que la Chine, si elle veut charbonner à tous va. Ce secteur s'effondrera économiquement, et n'aura plus que des mines non rentables.

C'est le facteur coût du renouvelable, en plein effondrement, qui va faire s'effondrer l'économie fossile classique. Le coût des installations locales devient compétitif, et économise le coût des lignes, et le métal qui y est affecté.

Engie rejoint de même, le groupe des grandes entreprises qui tirent un trait sur l'électricité fossile et nucléaire.

En France, on dispose quand même encore de quelques pom-pom girls, défenseurs du nucléaire.

Mais, comme les autres sont tous des cons, la Chine rejoint le groupe des attardés, qui veut passer à la quasi totalité en renouvelable. c'est bien la preuve qu'elle ne croit même pas que ses gisements de charbon puissent perdurer longtemps.

La COP21 fut simplement une coûteuse et inutile grand messe.

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Published by Patrick REYMOND - dans Energie
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