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L'agonie terminale de l'Arabie...

30 Décembre 2015 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie

La Monoville appelée "Arabie séoudite", est visiblement en phase terminale. Ses réserves en devises sont tombés à 286 milliards d'euros, contre 400 en 2013.

A cette allure, ce n'est pas dans 5 ans que les caisses sont vides, mais bien plus tôt. Et en ce qui concerne ses placements, c'est "l'effet Nauru" qui va prévaloir.

Les placements "miracles", se révéleront vite être de la pacotille de bas étage, de la verroterie sans valeur.

Voulant déstabiliser la Russie, pour son soutien à Damas, c'est l'ensemble de l'économie mondiale qui est déstabilisée, et, passé le magouillage des statistiques, c'est l'affreuse vérité qui prévaut : le monde entier est rentré en récession/dépression/effondrement.
Bien sûr, certains pays sont plus atteint que d'autres. Le Venezuela a vu ses classes dirigeantes anti-chavistes attiser le feu.

Mais le problème de l'Arabie séoudite est bien plus grave encore. Si la Russie est diversifiée, si le Venezuela a existé sans pétrole, et pourrait exister sans lui, l'Arabie est totalement dépendante de celui-ci, et on a vu l'effet de la déplétion pétrolière sur la Syrie.

La seule production séoudienne, c'est le pétrole et un peu de gaz. Il n'y a rien qui existe sans lui, et tous les nationaux, à 95 %, sont fonctionnaires. Les 5 % restants étant souvent des entrepreneurs, dépendants, eux aussi, des commandes publiques, et de l'argent redistribué.

Le problème est donc pire pour cette Arabie. Les Venezueliens peuvent vivre de leur lopin, comme les russes l'ont fait. Le milieu naturel de l'Arabie ne permet pas de faire vivre plus de 4 millions de personnes. Sans pétrole, ils vont dessécher sur place.

L'économie est totalement extravertie et ne produit rien. 90 % de ses exportations sont du pétrole, et le reste, souvent des produits industriels fortement consommateurs d'énergie. Le royaume, dans les années 1990 était autosuffisant en matière alimentaire. Puis, l'épuisement des ressources hydriques firent tomber la production à zéro.

Les années de contre-choc pétrolier virent prix et production s'écrouler. En Arabie aussi. Mais comme elle était le 52° état, elle pu passer la crise. Aujourd'hui, les liens sont distendus, voir antagonistes, la population a nettement augmenté, le pays est en guerre avec nombre de ses voisins, et des habitudes dispendieuses ont été prises.
Jadis aussi, la diplomatie séoudienne était prudente et habile.

Pour les négateurs du pic oil, c'est noël. Mais très vite, ils devraient déchanter. La baisse très rapide des prix fait baisser très rapidement l'investissement qui fera baisser très vite la production, sans compter le toujours possible incident politique majeur, qui coupe la moitié des 10 millions de barils produits.
Il est clair que dans un contexte de crise, 12 des 30 millions d'habitants repartiraient très vite. Ce sont des immigrés, et s'il n'y a plus ni vivres, ni eau...Ou un état de guerre...

L'ère du pétrole bon marché n'est pas venu. Est venu le temps de l'incertitude, du désordre et du chaos.

Sans doute, l'Arabie a des marges de manoeuvres importantes. Son budget sécurité, visiblement, est à l'image de l'occident : cher et pas du tout efficace. Ils devraient consulter leurs voisins iraniens, très inspirés par les russes, pour faire pas cher et burné.

L'Arabie séoudite est une création américaine, et Ryad, une autre Las Vegas dans le désert, elle aussi. Comme l'autre, elle devrait périr très rapidement, faute de ressources.

L'austérité, de plus, n'aura aucun effet. Cela n'infléchira pas la tendance structurelle du royaume a consommé ses propres ressources d'énergie, pour des besoins désormais incompressibles, et n'aura pas d'effet sur le montant des exportations. En auraient ils, que cela ne ferait qu'accélérer l'encombrement du marché pétrolier mondial... Et faire baisser, encore plus, les prix...

Pour ce qui est de la baisse des prix dans le monde, il faut rappeler que le prix actuel, c'était un prix vu comme un plafond inimaginable il y a seulement 15 ans. C'est bien encore, une hausse, mal amortie, mais une hausse quand même. Mais les pays bénéficiaires s'y étaient habitués. De plus, aucun pays n'est en dehors de l'économie globale.

L'effondrement sera donc global, et ce n'est pas l'Arabie qui a des chances de s'en tirer le mieux.

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D
concernant Vegas, j'avais lu, qu'il faut que le lac Meade baisse encore d'1.5 mètre pour que la ville ne soit plus approvisionnée en eau. Et comme le niveau baisse depuis 50 ans, la fin de Las Vegas est proche. Je dirais 2-3 ans maximum. Plus la sécheresse en Californie, cela va faire des centaines de milliers de réfugiés à l'intérieur des US dans quelques années.
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L
Concernant les marges de manœuvre de l'Arabie, le temps lui est peut-être plus compté qu'on ne le pense, ce qui précipiterait le Grand Collapsus pour Tous. <br /> L'attitude oscillante entre le franc lâchage et l'ostracisme gêné dont la Turquie fait désormais l'objet de la part des américains depuis l'affaire du bombardier russe abattu le donnerait à penser -l'Union Européenne elle ne compte plus que pour du beurre, sa juste place.<br /> C'est Observatus Politicus (Chroniques du grand jeu) qui avait émis cette hypothèse machiavélique il y a quelques mois. En tout cas, si elle se concrétisait, preuve en serait que Machiavel a fait un bébé du côté de la Moscova. <br /> En terme de pétanque on appelle cela un joli carreau. Plomber la Turquie et l'Arabie du même mouvement en faisant d'une pierre deux coups<br /> <br /> http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/10/a-quoi-jouent-les-americains.html<br /> <br /> Une chose est sûre, les russes ont changé de braquet, tout en laissant clairement entendre qu'ils n'ont pas besoin de s'enliser dans un quelconque « bourbier » syrien -le rêve crapoteux des occidentaux qui en sont restés à l'âge du Vietnam et de l'Afghanistan- pour lancer le contre la montre.<br /> <br /> http://lesakerfrancophone.net/semaine-11-de-lintervention-russe-en-syrie-seloigner-du-gouffre/<br /> <br /> Le retrait prudent de l'invincible armada américaine sur les lignes arrière du conflit est un autre signe qui ne trompe pas, des fois que les turcs et/ou la faction hystérique de l'état profond américain, et malgré toutes les mises en garde susurrées par l’administration Obama, ne fassent « une connerie » et une grosse. <br /> De celle qui risquerait de déchaîner la colère de l'ours et envoyer par le fond quelques plus beaux spécimens de l'infrastructure sanitaire flottante de l'US Army.<br /> Profil bas donc, il se trouvera bien quelques Hollande et Merkel, le chéquier de leurs contribuables en poche, pour aller consoler le fou d'Ankara dans son illusion de toute puissance universelle. L'essentielle restant que la guerre civile déchaînée par le sultan dingue chez lui soit exportable chez ses alliés européens. <br /> Situation inextricable qui donnera à nos zamis zaméricains l'occasion de venir une fois de plus « nous sauver » (aucun problème logistique, avec tous les aéroports qui poussent en France) et nous mettre une bonne fois pour toute sous tutelle administrative. <br /> Après la signature du TAFTA, l'on ne voit pas pourquoi notre histoire commune ne connaîtrait pas une telle fin heureuse et... forcément multiculturelle.<br /> Dans l'immédiat, il est clair que les russes sont en train de prouver à l'Otan qu'ils ont pris une avance décisive sur ses armées, en étant notamment capable d'aveugler complètement leurs systèmes de surveillance. <br /> Ils peuvent désormais faire ce qu'ils veulent en Syrie face au flot de matériels classiques que l'occident déverse sur ses alliés islamistes, et la surprise pourrait intervenir d'ici quelques semaines, lorsque le bourbier attendu se révélera en bonne voie de devenir une place nette.<br /> (Cela est établi par Thierry Meyssan dans la deuxième partie de cette passionnante vidéo, dont quelqu'un a déjà donné le lien ici).<br /> <br /> http://metatv.org/thierry-meyssan-jean-loup-izambert-gearoid-ocolmain-sur-les-attentats-de-paris-meta-tv<br /> <br /> Nous sommes face à une guerre par procuration en cascade, dont chaque marche cause un peu plus de dégât à l'équilibre du monde jusqu'à l'effondrement du château de cartes -mais ne pas oublier que les cartes c'est nous, les joueurs et le croupier se tenant en dehors du tapis.<br /> Comme le conclut le Saker, il est probable que le foyer incandescent va à nouveau se porter sur l'Ukraine, avec un élément qui restait jusqu'à présent en suspens et que j'ai souvent rappelé ici.<br /> L'alliance du froid (l'hiver, le vrai, semble avoir débarqué aujourd'hui sur l'Europe de l'est) et de la pénurie provoquée d'électricité pourrait provoquer une catastrophe inimaginable sur les dix neufs centrales nucléaires qui tournent encore vaille que vaille en Ukraine.<br /> (lien suivant : même si je reste toujours prudent sur les visions apocalyptiques de Dimitri Orlov).<br /> <br /> http://lesakerfrancophone.net/19-jour-de-noel/<br /> <br /> L'accident qui pourrait pousser la Russie à sortir de sa réserve défensive depuis le début du conflit au Donbass pourrait bien être celui-là. Il est impossible qu'ils ne réagissent pas (et qu'ils n'aient pas prévu ce scénario catastrophe) à la perspective d'un nouveau Tchernobyl multiplié par dix à leur porte.<br /> Alors s'ouvrirait le fossé béant dont rêvait depuis si longtemps certains docteurs Mabouls du pentagone entre la Russie et l'Europe. <br /> Ce serait le meilleur des cas, celui de l'intervention à temps des russes, l'autre étant beaucoup plus redoutable pour toutes les parties en présence.
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B
D'autres pays du Golfe, aussi touchés que l'Arabie Saoudite par la baisse des prix du pétrole, lui emboîtent le pas. Aujourd'hui, c'est au tour du Sultanat d'Oman :<br /> http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/12/30/97002-20151230FILWWW00122-petrole-oman-prend-des-mesures-d-austerite.php<br /> <br /> Bientôt le tour du Qatar ?<br /> <br /> En tout cas, c'est savoureux de voir le "FMI exhorter les monarchies du Golfe, tout comme les pays producteurs de pétrole à l’image de l’Algérie, à restructurer leurs économie" :<br /> http://www.elwatan.com/economie/le-petrole-sonne-le-glas-des-subventions-30-12-2015-310998_111.php<br /> <br /> Changement d'époque en effet !
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B
12 millions de réfugiés supplémentaires en provenance d'Arabie ?<br /> Pas de problème on a de la place. Bienvenue chez nous dans le pays des droits de l'homme. On a pas de pétrole mais on a des migrants. La voilà la bonne idée qui va nous épargner la débâcle.
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