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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 17:25

310

Et vlan, le BDI (Baltic dry index), a atteint le seuil fabuleux de 310. Moralité : déjà qu'il est plus coûteux de louer une ferrari qu'un cargo, bientôt, on va passer à la twingo...

Aux USA, royaume du soi-disant plein emploi, les magasins de vente au détail se ramassent et ferment par centaines. Donc, les 70 % du PIB, affecté à la consommation se sentent mal, eux aussi.

Bientôt, le commerce reviendra à ce qu'il était avant, aux temps de Scarlett, un vague local, appelé "General Store", tenu, bien entendu, par un type appelé "général", et qui vous proposera tout le bric à brac qu'il aura pu récupérer, à prix imbattables (de toute façon, vous n'aurez plus un rond), mais ces magasins seront aussi rares que pittoresques.

Par contre, ils ne manqueront pas de locaux, aussi gigantesques que superflus. A l'image des caterpillar, qui par endroits, se vendent quelques centaines de dollars, ils ne vaudront pas grand chose, non plus. Et avec les impôts, ils auront une valeur négative.

Pour ce qui est des sombres connards, on peut citer les présidents de banque centrale, prévenant de QE "illimités", traduction du "le fric va disparaitre", et on comprend mieux le devenir de certaines monnaies.
En effet, quand il n'y a plus de fabrication, la valeur de ce qui n'était devenu qu'un torche cul, prend une valeur inouï. La monnaie du biafra circule toujours et est clairement acceptée, et le dollar confédéré, même faux, vaut la peau du cul.

A la fin de la guerre civile, il fallait 1.5 dollar billet us, pour faire 1 dollar or, et 53 dollars confédérés pour faire ce même dollar or. On voit que, grâce à une politique habile, ils ont rattrapé leur retard, et même dépassé les confédérés, avec la même cause : ils ont voulu faire des guerres qui visiblement les dépassaient...

Pour en revenir aux magasins, il faut noter aussi que souvent, la fermeture de certains ne provoque pas de regain d'activité aux survivants, et que ceux-ci, continuent de décliner. La colonne vertébrale du système est donc cassée.

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Published by Patrick REYMOND - dans Politique
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commentaires

Helios 07/02/2016 04:47

Bon rétablissement

La Gaule 04/02/2016 12:10

Bonjour les durs,

De retour avec mes considérations anecdotiques, n'ayant pu me tenir assis devant un clavier depuis une quinzaine de jours -repos strict allongé et marche lente en boitillant de rigueur.
A propos de colonne vertébrale cassée c'est donc la mienne qui a durement été éprouvée, suite à une bagarre avec un intrus à mon boulot et une chute brutale -bien en phase avec ce blog donc- sur l'arête d'une marche d'escalier avec mon interlocuteur dans mes bras (chabadabada).
L'autre s'est tiré, brave jeune abruti énervé (même pas « typé », il y en a qui vont être déçu) désinhibé par l'alcool et destiné à rejoindre la cohorte des assassins du samedi soir que connaît bien Reymond, s'il lui prend la fantaisie d'emprunter la voiture à papa.
Bilan, écrasement du nerf sciatique et fracture partielle de l'isthme de la cinquième lombaire, pas trop grave mais cela aurait pu être pire.
Le reste est révélateur en diable de l'air morbide du temps. J'avais eu une pensée écrite au nouvel an pour le personnel des urgences dans les hôpitaux, et j'ai pu vérifier à cette occasion que chaque fin de semaine qui s'écoule -cela s'est passé un samedi après minuit- est pour eux un remake du nouvel an.
Belle illustration aussi du phantasme sécuritaire qui accable, comme tous les gens biens, ouverts et raisonnables le savent, les français abrutis de frilosité par la propagande nauséeuse et complotiste financée par la cinquième colonne de Black, Mortimer et Poutine.
J'ai donc passé la nuit sur un brancard, dans un couloir d'hôpital d'une grande ville un début de week-end, à observer le film. Rien que du gore et du noir c'est noir.
Il y avait un type hébété entre deux âge sur l'attelage précédent le mien, qui s'était pris un coup de tournevis dans la poitrine pour une cigarette refusée -il avait été amené juste avant moi par les mêmes pompiers qui m'ont ramassé.
Plus loin, un autre réconfortait son parent (ils se ressemblaient) assis au bord de son brancard, en anglais. J'ai pensé au début que celui qui était assis était juif puisqu'il semblait porter une kippa. Un incident ethnique? En fait non. Un gus de religion indéterminée qui s'était simplement ramassé un coup de bouteille sur le sommet du crâne par un passant (?), laquelle lui faisait comme une coiffe sanguinolente.
Une grosse fille hirsute, mal fagotée et l'air un peu simplette faisait les cent pas en se tenant l'entre-jambe et en gémissant « j'ai mal au cul, j'ai mal au cul, fait chier j'ai mal au cul ». « Oui on va s'occuper de vous » lui lançaient en l'évitant les soignants qu'elle croisait épisodiquement.
L'impression générale que donnent les dits soignants est celle d'être peu nombreux -il y a de longs moments où l'endroit semble comme désaffecté, une espèce de hangar à blessés- et toujours pressés.
Certains (es) ont la démarche caractéristique des gens déjà fatigués au milieu de la nuit et qui dosent leurs efforts pour aller au bout.
Personne n'a l'air de vous voir, sauf quand votre nom retentit quelque part et qu'une personne en blouse débarque pour faire la tournée des brancards et savoir si vous êtes là -cela m'arrivera au bout de deux heures et demi.
Un très jeune homme, presque un gamin, se présente comme externe et m'examinera avec le concours d'une infirmière après la mise en fiche et les inévitables renseignements bateaux (vous prenez des médicaments etc.).
Il note que j'ai une tension élevée (19/11) et je lui dis que c'est fâcheux car j'ai une branche de l'artère cervicale complètement bouchée par un athérome. Il me dit ok, on va vous donner quelque chose. En fait, ils m'oublieront et je me débrouillerai seul -j'ai toujours du Loxen 50 sur moi, que j'avalerai avec une ampoule de sérum physiologique qui traînait au fond de ma sacoche.
« On va vous faire aussi des radios » m'annoncent-ils. Après quoi je réintègre mon couloir sur mon machin roulant, au même endroit qu'avant.
Le temps passe et j'ai soudain une furieuse envie de pisser -le Loxen fait son effet. J’alpague une infirmière qui vient chercher des gants dans un placard à côté de ma couche. Une belle gamine au teint rose et l'air timide.
« J'ai envie de pisser, vous n'avez pas un ustensile pour ça ? » je lui demande sans détour. Elle prend l'air embêté et me répond que non il y en a pas « en-bas » (sic). Je lui dit, mais en rigolant « Je fais comment alors. Je me pisse dessus ?». « Il y a des WC un peu plus loin, mais normalement vous ne devez pas vous lever avant les radios » elle me dit, de plus en plus embêtée. « Vous allez m'aider » je propose « Et on va essayer d'y aller, d'accord ? ». « Bon, d'accord »
Elle, ce doit être le genre altruiste qui ne sait pas dire non, une future mal- mariée, mais ce n'est pas le moment d'évoquer le sujet. Elle baisse le roulant et m'aide à me lever. J'ai l'impression qu'un pitbull géant m'a chopé par les reins, mais ça va, et j'arrive à avancer en m'appuyant sur elle. Arrivé aux chiottes elle me demande si je pense y arriver tout seul. Je lui dit oui, à regret, en observant ses mains fines (porcherie quand tu nous tiens). Je pisse. Bonheur.
En sortant, je constate que mon ange gardien a déjà été appelé à d'autres tâches et je regagne mon brancard tout seul comme un grand, mon pitbull dorsal ayant sensiblement relâché son étreinte, ce qui est bon signe. « Vous y êtes arrivé tout seul, super ! » j'entends derrière moi. C'est mon ange qui est revenu et je lui fais le signe de la paix en m'allongeant. Elle se sauve.
Survient un jeune mec barbu et pâle comme un linge avec une main gonflée comme un gant de boxe et le petit doigt quasiment perpendiculaire à la tranche de sa main. « Vous avez été agressé ? » Il me demande but en blanc. Je lui dis oui et il me répond que lui aussi, « pour une cigarette » il ajoute (décidément, il vaudra bientôt mieux se trimballer avec des louis d'or plutôt que des clopes).
« Je me suis défendu » il dit en me montrant sa pogne qui ne ressemble plus à rien. Je pense à ce que nous avait dit le prof de self défense quand j'étais plus jeune : « Evitez de taper avec les poings nus si vous ripostez, il n'y a que les boxeurs qui savent le faire sans risquer de se péter la main. Servez-vous plutôt de vos coudes ».
« Vous avez envie de parler de votre agression ? Je peux rester près de vous vous savez ? » Me demande le barbu l'air angoissé. Cela se voit qu'il a surtout envie de parler de la sienne et je juge bon de ne pas l'envoyer promener. Au bout d'un moment je me rends compte qu'il ne se parle en fait qu'à lui-même, et qu'en plus du coup sur la main il a surtout pris un coup dans le sifflet.
Ce mec sort visiblement d'un état de choc (mes lointains souvenirs d'études d'infirmier) et je m'étonne que personne ne lui ai filé quelque chose pour qu'il s'allonge et décompresse. Il me dit son prénom, Aurélien, Fabien, Sébastien, Félicien, ou je ne sais quel prénom connoté années quatre-vingt, et brusquement me tourne les talons pour faire les cent pas dans le couloir.
Puis il revient et se présente à nouveau comme si c'était la première fois que l'on se voyait. « Vous avez envie de parler de votre agression ? » il demande à nouveau. Je lui réponds mais un peu crispé, que non, cela ne me dérange pas. Le même manège va durer une bonne heure, avant qu'il ne revienne vers moi d'un pas décidé.
« C'est trop long, je m'en vais » Il me dit. Puis il répète nerveusement « c'est trop long, trop long, trop long, alors moi, hop ! » et il fait un bras d'honneur vers la sortie. « Vous n'allez pas partir avec une main pareille, attendez quand même un peu » je lui dis. « Non, non, non et non » il dénie, et il se barre. Avant de sortir du couloir, il doit se rappeler de moi et se retourne pour me faire signe, avec son gant de boxe et son doigt de travers. Il a l'air de celui qui part en voyage, sur un quai de gare, souriant, la vie est belle...
Survient l'épreuve de la radio -il a fallu que me mette sur le flanc, torture- à cinq heures passées. Cela fait plus de quatre heure que je suis là. Puis l'on m’évacue dans un coin sinistre juste éclairé par la verrière qui me sépare d'un couloir et qui fait comme un écran d'ombres chinoises quand quelqu'un passe devant.
Il est pas loin de sept heure quand une très jeune femme se pointe avec un papier à la main. Elle se présente, une interne sans doute. « Bon vous n'avez rien de cassé » elle me dit (en fait une radio plus pointue quelques jours plus tard montrera que si) « Je vous ai fait une ordonnance pour des antalgiques. Rentrez chez vous et reposez vous ».
Je lui dis qu'il s'agit d'une agression sur un lieu de travail et qu'il me faudra un certificat pour justifier d'un accident de travail et éventuellement porter plainte. De toute façon je suis censé reprendre le boulot dans un demi-douzaine d'heures à peine, ce qui ne me semble physiquement guère possible.
« Ah... oui, c'est vrai » elle soupire. Elle a l'air épuisée et je n'ai pas envie d'incendier ce pauvre rouage d'une machinerie qui a visiblement l'air de tourner comme elle peut, sur deux roues plus une cale. Je pense que mon médecin de ville ouvre ses consultations dans moins d'une heure et je décide que le salut se trouve de ce côté. J'ai de toute façon envie de fuir.
« Bon, si rien n'est cassé je me tire » je dis simplement. Je me lève et laisse la souris en blouse blanche en plan. J'ai maintenant l'impression d'avoir un fer rouge des lombaires à la cuisse, mais j'arrive à marcher. Il y a un sas de sortie et j'appuie sur le bouton de la porte à glissière. Le type derrière la cabine d'entrée m'ouvre sans me regarder. Un rhinocéros avec un chapeau pointu sur la corne serait passé qu'il ne l'aurait pas remarqué.
J'ai pensé prendre un taxi et ai opté finalement pour le tram, pensant que ce serait plus facile de rester debout dans la rame que de m'asseoir plié dans une bagnole. Bon calcul, à part que les vibrations et les secousses du train étaient intenables. Je n'avais rien dans le ventre et ai cru tourner de l'œil.
J'ai vu mon toubib et ai obtenu les papiers adéquat plus des ordonnances pour des examens complémentaires. Le commissariat n'étant pas loin, j'ai décidé d'aller porter plainte dans la foulée, car il y a une permanence pour ça le weekend. Je me suis arrêté à la boulangerie juste avant l'hôtel de police et j'ai acheté une pile de gâteaux que j'ai commencé à dévorer en payant. La vendeuse a pris mon fric du bout des doigts en ayant l'air de me prendre pour un dingue.
J'ai poireauté encore deux heures -vingt huit heures que je n'avais pas dormi- sur une chaise dure avant d'être reçu par Madame le brigadier (la brigadière ?) qui a enregistré ma plainte.
Plutôt bienveillante la dame. Elle ne m'a pas caché que dans le secteur la moitié au moins de ce genre de plainte était classé sans suite et que ce serait de toute façon à moi de contacter le procureur de la république pour me tenir au courant (quelques jours plus tard un avocat de mes relations me dira carrément que l'idéal judiciaire en l'espèce serait que je sois sur un fauteuil roulant).
Sur le chemin du retour, en boitillant, je me suis mis à compter les merdes de chien, preuve que mon écran psychologique se mettait en veille.
Il y a beaucoup de merdes de chien sur les trottoirs le samedi, surtout à Grenoble (pas grave, les montagnes sont belles). C'est la matinée détente où les proprios exhibent les bêtes, après une dure semaine consacrée au travail et à l'épargne.
Quand je serai en retraite, il faudra que je fabrique des petits drapeaux européens avec des cures dent pour les piquer dans toutes les crottes de clébard que je rencontre. Comme ça, vu l'ampleur de la tâche qui m'attend, je ne verrai pas la mort arriver.
Reymond s'inquiète pour le devenir des magasins, vision de hangar désaffecté à l'appui. Un hangar cela se démonte facilement. Mais quid d'un hôpital ?
Un peu de rock pour conclure, cela faisait longtemps. En regardant cette vidéo j'ai enfin compris à quoi servait ce machin bruyant qui nous a tant fasciné. Il s'agit tout simplement de la danse macabre frissonnante qui accompagne notre ère de fausse prospérité et de vrai effondrement, et promise à ce titre au même oubli. Les danses macabres étaient immensément populaires au temps de la grande peste. Mais quelle histoire de la musique évoque aujourd'hui les danses macabres ?

https://www.youtube.com/watch?v=ESR_vM6xoKY

(Pour les afficionados, version « garage band » des canadiens Guess Who en 1965 ; L'original était de Johnny Kidd en 1961, reprise par Vince Taylor en 1962).

See You folks.

Alain 06/02/2016 21:18

Témoignage de notre bien étrange condition humaine.

dizemanov 04/02/2016 09:50

04/02/2016, 09H50
BDI = 303

http://www.bloomberg.com/quote/BDIY:IND

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