Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 23:38

La firme Peabody, plus gros producteur de charbon au monde, s'est placée sous protection du chapitre 11 des faillites.

La firme, fondée il y a 133 ans par Francis S. Peabody, avec un capital de 100 $ deux mules et une remorque, est lessivée.
En cause, le marché de l'électricité, qui consomme moins de charbon et déclasse les centrales, mais surtout, la consommation de charbon sidérurgique, en nette chute, et qui révèle une crise aigu du secteur de l'acier, crise qui ne demande qu'à s'aggraver, quand les chinois réduiront la surproduction de leur acier.

Il y a eu, d'autre part, l'impossibilité de vendre quelques actifs que ce soit : personne n'en veut. Là, une clause écologique répandue : le devoir de réhabilitation des sites. Et comme personne ne sait combien de temps et si les mines vont continuer à être exploitées, il faut se rendre à l'évidence : ça ne vaut plus rien, c'est une valeur négative.

Tombée à 801 millions de tonnes (short tons de 907 kilos), la consommation de charbon devrait encore décroitre à 752. A mon avis, pas du tout humble, c'est encore très optimiste. Quand la production mensuelle tombe à 50 millions de tonnes, et que les stocks sont pleins, il n'y a pas d'intérêt à produire. Quand à une "remontée", en 2017 à 778 millions de tonnes, cela relève de la masturbation de méninges.

Les centrales thermiques fermées ne rouvriront pas.

L'erreur manifeste de gestion a été commise en 2011, quand Peabody a racheté pour 5.1 milliards, des mines australiennes (Macarthur), fournissant du charbon métallurgique à la Chine).
Comme pour EDF, le mirage de la mondialisation leur a coûté cher.

Ils n'ont pas retenu la leçon de Rockfeller. S'il avait réussi à prendre le contrôle total du marché du pétrole, c'est en rachetant à coup d'actions de la standard oil, pas en sortant des liquidités.

Mais, autre nouvelle, le feu de paille du pétrole de schiste se termine.

La production de pétrole devrait passer, selon l'agence de l'énergie US, de 9.4 millions de baril en 2015, à 8.6 en 2016, et 8 en 2017.

"U.S. crude oil production averaged an estimated 9.4 million barrels per day (b/d) in 2015. It is forecast to average 8.6 million b/d in 2016 and 8.0 million b/d in 2017, which are both 0.1 million b/d lower than forecast in last month's report. EIA estimates that crude oil production in March 2016 averaged 9.0 million b/d, 90,000 b/d below the February 2016 level. "

On peut donc admirer, la performance de la FED et de son quantitative easing, qui a réussi à foutre un bordel monstrueux dans le marché de l'énergie, à couler tout le monde, y compris ses copains, et accélérer notablement la crise de dislocation du système.

Partager cet article

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article

commentaires

EnPassant 14/04/2016 09:25

Rip les bank
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/04/14/97002-20160414FILWWW00039-5-banques-us-ne-resisteraient-pas-a-une-crise.php

EnPassant 14/04/2016 09:00

http://www.latribune.fr/technos-medias/donnees-personnelles-le-nouvel-accord-entre-l-ue-et-les-etats-unis-fait-jaser-564154.html

Horzabky 13/04/2016 18:52

"La production de pétrole devrait passer, selon l'agence de l'énergie US, de 9.4 millions de baril en 2015, à 8.6 en 2016, et 8 en 2017."

C'est juste le pétrole de schiste américain, mais c'est justement le pétrole de schiste américain qui avait empêché la production mondiale de pétrole de baisser...

Bon, eh bien, à force de se dire que c'était inévitable, on y est. Le Pic Pétrolier a été atteint en 2015. Il faudra sans doute atteindre fin 2016 ou début 2017 pour en être tout à fait sûr, mais à mon avis ça ne fait pas de doute. Le pétrole conventionnel a atteint son pic en 2006, et le pétrole de schiste et les autres pétroles non-conventionnels ont retardé le pic mondial jusqu'en 2015.

Gail Tverberg l'avait prévu : "The production of all energy products declining rapidly after 2015."

En pratique, ça veut dire quoi ? Au mieux le déclin, d'abord lent, puis de plus en plus rapide, et inexorable. Au pire, l'effondrement économique (une expression qui semble devenir de plus en plus fréquente, ces temps-ci). Il n'y aura pas de reprise économique, c'est fini, fini de chez fini. À l'horizon 2100, nous ne serons certainement pas 7 milliards. Bon, j'arrête là, je peux me tromper, on ne sait jamais !

Présentation

compteur

Recherche

Catégories