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L'empire craque...

30 Juin 2016 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Politique

L'historien Paul Murray Kendall dit de Louis XI qu'il devint un temps, Charles le Téméraire. Tout de suite après sa mort, en 1477, Il passa une période où il abandonna sa politique de négociation à long terme et de mûrissement pour devenir aussi sauvage, belliqueux et sanguinaire que son illustre cousin.
Cette période fut courte, il revint à ses habitudes, de négocier plus que de guerroyer, et qui donne de meilleurs résultats, et PMK en tira la conclusion qu'il s'était livré à un cannibalisme -mental-, où le vainqueur s'empare de la force, mais aussi des défauts et des travers de son ennemi.
Erdogan a capitulé. Il a présenté ses excuses pour l'avion russe abattu. Ne parlons même pas des clauses secrètes.

Dégâts économiques, perte de confiance politique, et craintes pour sa propre sécurité ? Tout cela est possible et constitue un mix évident.

Mais, quelques jours après le Brexit, il indique aussi un éloignement de l'empire. La politique, abandonnée hier, de "zéro problèmes avec le voisinage", était habile, et était réellement, une politique de reconstitution impériale de bon aloi. La guerre civile était la marque du téméraire, et comme pour lui, il y eût la bataille de Beauvais. Et les autres. Toutes aussi sanglantes et inutiles, épuisants ses ressources et créant ses ennemis.

On eut, ensuite, la guerre en Syrie. Soyons juste, Erdogan n'a sans doute pas été celui qui a allumé le baril de poudre. Les occidentaux s'en sont chargés, les arabes s'en sont chargés. Les israëliens s'en sont chargés. Il n'a, sans doute, fait que suivre, peut être en trainant les pieds.

La voie de réconciliation avec Moscou indique un changement important. Comme le changement de ton israëlien. Comme les relations avec l'Arabie.
Un certain nombre de régimes auraient ils compris qu'un jeu avec une puissance tutélaire bénigne, valait mieux que le jeu avec les fous de guerre de Washington, qui étalent son incompétence, en même temps que son impuissance et sa décadence ?

Il vaut mieux traiter avec Moscou, qui tolère des régimes, plutôt qu'il ne cherche à les renverser. LA grande pensée de la politique étrangère, étant très bien résumée par Pierre Laval en 1935, lors de son altercation avec Blum. Pour lui, l'Italie fasciste était un "régime transitoire", qu'il fallait tolérer, un temps, non pas par sa puissance, elle ne l'était guère, mais pour éviter les ennuis. Une alliance avec l'Allemagne Nazie, par exemple...

Quelles sont les clauses secrètes, donc ? Sans doute, l'arrêt de la porosité avec la frontière syrienne. l'opération est un échec, c'est certain. Il est sûr que la Turquie a perdu dans cette histoire, beaucoup, et notamment un capital de sympathie, d'admiration, et une considération qui ne sera jamais retrouvé.

Les turcs, pour les voisins, sont redevenus ottomans.

L'influence russe, aux USA même est loin d'être négligeable, et la lutte d'influence menée, peut être très habile, ils n'ont pas les gros sabots US.

Poutine est aimé des conservateurs, appuie autant qu'il le peut, Trump, réclamé par les afro-américains, et on ne doit pas oublier les années 1930. A cette époque, des quartiers de NY voulaient rejoindre l'URSS...

A Moscou, au moment du Brexit, la vodka devait couler à flot. Le levier d'influence est largement brisé. Une fois disloqué, avec l'OTAN, ce sera plus compliqué, beaucoup plus, de dicter sa loi à 27 pays à la fois...

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