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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 15:43

ou, on finit le travail ?

« Les transactions se concentrent dans à peine 3 000 communes. Ailleurs, c’est le calme plat et des maisons peuvent rester trois ou quatre ans sans trouver preneur »

Joliment dit pour une période où les taux d'intérêts sont modiques (on parle en moyenne de 1.55 %).

C'est à peu près le phénomène que j'avais décrit. Dans tous les endroits démographiquement stables, la folie de la construction qui avait atteint même ces limbes, se retourne contre tout le bâti antérieur.
D'abord parce qu'il ne correspond plus aux besoins, mais cela, même des villes le voient, avec des HLM abandonnées, à côté des listes d'attentes interminables. Ces immeubles, qui contentaient tout le monde dans les années 1950 et 1960, son déphasés. Pas assez de parkings, pas d'ascenseurs, une chambre par gamin...

Fini le temps où une famille vivait dans le F3 ou le F4, voir le F2. On n'a peut être pas de quoi payer, mais on veut son confort.

Pour ce qui est de l'ancien, il est victime d'une défaillance de la demande, et il faut le reconnaitre, de sa vétusté. Quand l'ancien meurt, la paupérisation commence, et le bout de la paupérisation, c'est le vide.
Surtout, que même vide, invendable et inlouable, les prétentions du vendeurs sont carabinées. Bien sûr, si sur certaines, le rapport qualité prix y est, ceux sur lesquels il n'y est pas, sont souvent au même prix.

Le gag comique d'ailleurs, je l'ai vu récemment. Les panneaux "terrains à construire à vendre", perdus dans une forêt de maisons à vendre ou à louer. Population, en très légère hausse, mais des constructions ont été ces 15 dernières années, en hausse plus vives encore.
Si l'on rajoute la désindustrialisation, et la fin de ces petites entreprises campagnardes du bâtiment, le tableau est complet.

Mais cela confirme aussi le diagnostic de pic pétrolier. Les régions périphériques sont abandonnées/sacrifiées au maintien momentané des grandes agglomérations. On concentre ce qu'on peut, pour pouvoir jouer encore un instant, monsieur le Bourreau.

Rien n'a changé, on fait périr en premier, le plus faible, ou on le délaisse. Pour les grandes agglos, on fera encore des Notre Dame des Landes, même si c'est inutile.

Les endroits où l'immobilier se porte encore bien, c'est facile à reconnaitre. C'est ceux ou on casse et ou on refait des trucs inutiles, mais coûteux.

En même temps, on maintient un nucléaire ancien, parce que finalement, le système n'a pas d'autre solution à proposer qu'à continuer comme avant.

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Published by Patrick REYMOND - dans Politique
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commentaires

Max 07/08/2016 22:47

Un autre article superbe dans le Figaro : (Décidément on est gâté ces temps-ci)
http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/08/05/31001-20160805ARTFIG00239-olivier-rey-le-discours-sur-les-droits-de-l-homme-est-devenu-fou-12.php

Sébastien 07/08/2016 13:15

Je ne peux que rebondir sur cet article pour faire remarquer que ce phénomène fait partie intégrante de la sub-urbanisation derrière laquelle tous les maires ont cherché à courir pour avoir leur Z.A.C. hideuse en bord de route avec toute la merditude moderne. Tout cela pour ramener des sou-sous dans la po-poche et financer je ne sais quel projet surement très utile et indispensable.
Tout ce que vous/nous avions annoncé si on allait au bout de leur logique, que les maires ne voulaient pas voir (forcément, avec la patate qu'ils ont au milieu de la figure). Il s'agissait ni plus ni moins que d'une fuite en avant qui masquait l'arrivée inéluctable du mur.
D'ailleurs, il n'y a pas que les villages périphériques des villes qui soient concernés, mais les villes elles-même, avec leurs si enviés "quartiers" qui ont repoussé ces zones encore plus loin géographiquement. Nombres de villes moyennes dont le centre s'effondre, avant que, tel le galet dans l'eau, l'onde ne se propage aux autres zones déjà fragilisées et n'attendant que de se désintégrer comme des fruits mûrs. Le maintien/entretien de chaque zone demandant des investissements sans-fin pour cancer la misère, le petit jeu de domino consistera à deviner quels seront les premiers pions sacrifiés. Les conséquences, électorales ou tribales font évidemment partie du forfait.

Max 06/08/2016 21:42

Un article intelligent dans le Figaro (Quoique pas tant que ça, on n'y parle pas de surnatalité):
http://www.lefigaro.fr/sciences/2016/08/05/01008-20160805ARTFIG00225-dette-ecologique-pourquoi-allons-nous-vivre-a-credit-a-partir-de-lundi.php

CORSICANSPY 08/08/2016 13:25

Sur l'immobilier et sa gestion, venez visiter Toulon, son centre ville "haussmanien"
qui tient encore un preu,a coup de renovations-remise aux normes modernes,pour "sortir" un 80m2 a 400000 euros.
Sinon, allez visiter "Chicago", c.a.d la basse ville de Toulon, desert rénové depuis les années 90 par les pouvoirs en place, et toujours désert, vu l'état malgré tout calamiteux du bati, l'absence d adaptation a l usage automobile, et malgré tout un "Environnement social" que personne n a pris en compte.
La nostalgie des bars à matelots, c est fini. restent des gourbis en chantiers,squattés parfois,avec des zombis qui tournent.
Plus un commerce ouvert, des rideaux baissés, et des digicodes neufs au pied d immeubles clos. C est triste comme fin.