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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 14:51

Certains pensent que le pétrole est inépuisable. Ou du moins en grande quantité. Si l'un est faux, l'autre est indubitablement juste. Mais là n'est pas la question.
Le problème du pétrole restant, c'est qu'il est cher, parce qu'il a un EROI (TRE : taux de retour énergétique), bas. très bas.

On pensait qu'il fallait simplement augmenter le prix, pour trouver sans cesse plus. C'est vrai, jusqu'à une certaine limite, qu'on peut penser se situer à 20 $ le baril.

Le prix "bas" actuel est à 50 $. Il peut monter raisonnablement jusqu'à 90-100 $.

Dans un cas, le producteur souffre, dans l'autre, le consommateur.

Mais l'élément névralgique, c'est le TRE. Aux origines, il était au rapport de 1 à 100. C'est à dire qu'on dépensait 1 baril pour en sortir 100. Et encore. Oncle Billy, quand il a foré le premier puits, avec sa pelle, sa pioche et son peu de matériel fabriqué grâce au renouvelable de l'époque, était sans doute dans un rapport de 0 à 100.

1973 a été une nouvelle norme. Celle ci serait un TRE de 1 rapportant 10.
Maintenant, ce TRE est il lui même le meilleur qu'on puisse obtenir, le plus mauvais étant 1 pour 3.

Et à ce tarif là, il n'y a qu'une utilisation qu'on puisse faire à long terme, c'est l'usage militaire, et encore, très mesuré. Pas celui qu'on connait actuellement.

Adolf réussit à produire jusqu'à 10 millions de tonnes de pétrole par les usines de carburant synthétique, qui pratiquaient l'hydrogénation de la houille. C'est peu. Très peu pour une économie contemporaine, cela consommait une montagne de houille, précisément de l'anthracite, qui n'est plus guère disponible aujourd'hui. La houille pour l'électricité, c'est du brun, beaucoup plus médiocre.

Bref, le rendement décroissant par excellence, qui fait qu'un jour, cette énergie devient obsolète. Je vous laisse découvrir le terreplatiste. Quantité infinie ??? L'idiotie même. la terre n'est faite que de pétrole ?

D'autant, que, dans le même temps, un autre TRE, lui, s'envole, exactement pour la même raison que toujours, le progrès technique. Le TRE du solaire bat celui du pétrole désormais. 1 pour 7, dans le pire des cas, battant toutes les énergies, 1 pour 14 dans le meilleur, même avec 10 % perdus dans le stockage, ça ne remet pas en cause la donne principale. Elle écrase les autres. Tout le reste n'est que combat d'arrière garde. Ou de mauvaise foi. Prendre des données de 1998, ou de 2008, par exemple.

Les rendements décroissants, et l'impasse civilisationnelle se manifeste dans d'autres signes. New York vient de construire 3 nouvelles stations de métro. Il aura fallu 90 ans, il y aura 220 000 passagers chaque jour, et il faut en attendre : aucune amélioration.  C'est pour aller loin dans une ville congestionnée. Mais ce n'est pas poser le problème de la bonne manière ; c'est parce qu'il y a le métro que la ville est congestionnée. C'est une des causes du problème, pas sa solution.

Ce qui n'empêche pas Paris de vouloir doubler le sien. On veut ajouter l'ingérabilité  à l'ingérabilité, la complexité à la complexité. Il arrive un moment où le système trop complexe ne fonctionne plus.
Dans le cas des grandes villes, le problèmes de l'eau va devenir... insoluble. Eaux usées et eau potable. Il sera très amusant à Paris de vouloir traiter la pollution de 250 000 foyers supplémentaires.

A Flint, la crise de l'eau n'en finit pas. Et pour cause, elle ne peut pas finir, sans la destruction pure et simple de la ville. La population est prise entre abandon et empoisonnement, de la part d'une bande de copains-coquins, que le conflit d'intérêt n'effrayait guère. On ne veut ni indemniser les victimes, ni réparer les dégâts, la solution la plus simple, c'est le déplacement de population, et la destruction de la ville. Cela, visiblement, on le voudrait bien, il reste que personne ne veut l'avouer, ni le payer.

Ce genre de crises finira par toucher les villes centres, comme elles ont touchées la Rust belt et la partie jadis unioniste (La Nouvelle Angleterre, et le nord du fleuve Kentucky, perdent leurs habitants, à mon avis, surtout les zones urbaines où règnent l'insécurité et le mélange racial.

Bizarrement, ce sont les endroits les moins peuplés qui gagnent encore, et l'ouest, ainsi que le sud. La Virginie occidentale, pleure ses habitants et son charbon, le Wyoming aussi, l'Alabama, paie ses problèmes récurrents.

Rien d'étonnant à ce que Trump ait percé dans le nord, la perte de population indique une sévère crise.

La population des USA augmente, mais moins, l'immigration baisse, preuve aussi que le pays n'est plus aussi attirant. Il faut être un gauchiste idiot et sans imagination pour rêver un transfert éternel de population.

Pétrole, villes, états, se développent, jusqu'au jour où ils ne se développent plus. Il y a bien longtemps qu'ils ont dépassé leur optimum, et les politiques publiques qui veulent encore les accroître, sont idiotes. Elles ne préservent pas de l'effondrement, elles l'accélèrent. DSK disait qu'il fallait plus d'immigration pour qu'il y ait plus de croissance. c'était complétement idiot. Mais venant de sa part, tellement normal.

Un système qui ne sait pas brider son appétit, pour ménager sa survie, ne mérite pas de survivre.

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Published by Patrick REYMOND - dans Energie
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commentaires

L'apres 22/12/2016 11:54

Pour revenir au Calexit. Oui la Californie a besoin du reste des USA ou du moins de ses états voisins de l'Est pour ses approvisionnements en eau notamment. En revanche, les USA ont besoin de la Californie pour manger des fruits et légumes ainsi que pour mettre des amandes a l’apéro. Même le Canada a besoin de la Californie pour se nourrir, en tout cas pour le moment.
"California also produces around 70% of the fruit and tree nut, 55% of the vegetables, 10% of the cotton and about 30% of the rice produced in the USA (USDA, 2015)."
Illustration des problèmes de centralisation. En France, on a la même chose avec le lait, le beurre et les cochons en Bretagne. Aujourd'hui c’est un échec au vu des suicides et faillites d'exploitations.

EnPassant 22/12/2016 16:14

c'est encore plus compliqué que cela, la californie fait massivement de l'Amande mais a tellement utilisé de produits qu'ils ont, comme chez nous, niqué les abeilles.
Résultats ils sont obligés d'en importer de tous les USA et de l'étranger.
le pb de date pas d’aujourd’hui d'ailleurs cf déjà en 2011
http://www.lesechos.fr/14/04/2011/LesEchos/20912-046-ECH_la-californie-malade-de-ses-abeilles.htm

EnPassant 22/12/2016 09:54

Nearly 3,000 US Communities Have Lead Levels Higher Than Flint
http://www.zerohedge.com/news/2016-12-21/nearly-3000-us-communities-have-lead-levels-higher-flint

Illinois Is Losing 1 Resident Every 4.6 Minutes
http://www.zerohedge.com/news/2016-12-21/illinois-losing-1-resident-every-46-minutes

Horzabky 21/12/2016 23:14

"Je vous laisse découvrir le terreplatiste. Quantité infinie ??? L'idiotie même. la terre n'est faite que de pétrole ?"

J'ai regardé la vidéo sur le lien que vous avez donné :
http://www.politiques-energetiques.com/interview-prix-petrole-nicolas-meilhan

Ce bon Monsieur Meilhan n'est pas si terreplatiste que vous le pensez. Il prévoit le baril à 90 dollars 'd'ici la fin de l'année". Il a dit ça en juin 2016. C'est raté. Pour 2017, en revanche, personne n'en sait rien. Meilhan dit aussi qu'il n’est pas sûr que l’on puisse dépasser à nouveau le maximum de production de novembre 2015. Ce qui est une façon prudente de dire qu'on a passé le pic pétrolier en novembre 2015.

On verra bien, début 2017, si la production mondiale de pétrole à augmenté, stagné ou diminué en 2016. Gail Tverberg prévoyait une diminution globale en 2016, on verra si elle a eu raison. Si c'est le cas, cela voudra dire que le pic pétrolier a effectivement eu lieu en 2015.

Meilhan dit aussi (vers 7'50" de la vidéo) qu'on est déjà en déficit. La demande dépasse l'offre. Mais, ce qu'il ne dit pas, c'est que beaucoup de consommateurs potentiels ne peuvent pas payer au-delà d'un certain prix, d'où les baisses du prix du baril après qu'il a dépassé un certain niveau. La consommation baisse lorsque les consommateurs les plus pauvres n'ont pas assez d'argent.

Imaginons que le prix des voitures double du jour au lendemain. Beaucoup de gens ne pourraient plus en acheter, et l'on parlerait alors de "surproduction d'automobiles" puisque la plupart des voitures ne trouveraient pas d'acquéreur et pourriraient sur les parkings des usines... Alors même que la majorité des foyers n'auraient pas de voiture. C'est un peu ce qui se passe quand le pétrole approche les 100 $ le baril.

Si le pétrole était gratuit, chaque habitant de la planète en consommerait autant qu'un Américain. C'est tout simplement impossible, il n'y en a pas assez dans les entrailles de la Terre. Les Ethiopiens n'auront jamais le niveau de vie des Californiens. Ils peuvent se consoler en se disant que les Californiens du futur non plus...

"Quantité infinie" est une expression stupide, évidemment. J'espère que c'est une façon maladroite de dire : "On trouvera toujours du pétrole si on y met le prix, par exemple mille dollars pour extraire un baril. Évidemment, à ce prix-là, le mode de vie moderne aura cessé d'exister."

Une fois passé le pic pétrolier, l'économie mondiale commence à partir en vrille, et on se dirige assez vite vers le "cloaque comportemental". Crises économiques sans issue, famines, migrations massives, guerres, etc. Ça commence déjà, quand on y regarde de près. C'est bien triste, mais même les étoiles finissent par mourir, alors notre civilisation moderne...

M. Reymond, vous avez écrit : "c'est parce qu'il y a le métro que la ville est congestionnée"

En tant qu'admirateur de la prouesse technique que constitue le métro parisien, j'ai failli me récrier : sans le métro, les embouteillages seraient tels que Paris ne pourrait pas fonctionner. Puis je me suis souvenu du bordel monstre pendant les grèves des employés du métro, en 1995, et je dois admettre qu'il y a du vrai dans ce que vous dites. Je me souviens que le premier jour de la grève, il m'a fallu cinq heures pour faire 20 km en voiture, depuis la banlieue.

L'agglomération parisienne est un dinosaure de onze millions d'habitants, qui commencerait à compter ses morts en cas de panne de courant généralisée qui durerait plus de deux trois jours.

Le métro doit atteindre la ville de Seine-Saint-Denis où j'habite, sans doute vers 2040 (je rigole...). Du coup notre bon maire a décidé de construire de nouveaux logements pour héberger plusieurs milliers d'habitants de plus. L'un des concepteurs du projet l'a dit à votre humble serviteur. Évidemment, ces milliers d'habitants supplémentaires seront là bien avant 2040, probablement dans les cinq ans. J'ai posé la question : quid des emplois et des écoles, alors que dans notre bonne ville le taux de chômage est le double du taux national, et les écoles sont saturées ? Réponse : les gens travailleront à Paris. Pour les écoles, on verra.

Les Romains disaient que Jupiter rend fous ceux dont il veut la perte. Apparemment, Jupiter veut la perte des Franciliens... J'exagère, il y en a un qui n'est pas fou, c'est notre bon maire. Il est le président de la société qui construit les nouveaux logements. Lorsque les constructions seront achevées, il pourra prendre sa retraite à la campagne avec un joli pactole...

EnPassant 21/12/2016 19:40

Le diésel c'est pas bon faut le virer
http://www.automobile-sportive.com/news.php?page=2025-la-fin-du-diesel-20161221

mais quand il n'y aura plus de voitures/camions/bus kesconvafaire du diésel, le boire ?

Max 21/12/2016 21:28

En attendant le gazole on est obligé de l'importer, et d'exporter notre essence raffinée alors croyez-moi, on n'en est pas encore là.

Max 21/12/2016 18:26

C'est pour cela que le malthusianisme prend tout son sens aujourd'hui, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, il y a un moment ou il faut savoir s'arrêter. Certains parlent du grand remplacement mais aujourd'hui le plus gros problème c'est le grand entassement, partout dans le monde on voit des pays ou des villes qui sombrent dans le chaos à cause d'une trop grande concentration de population. La région parisienne s'enlaidit de jour en jour, on n'arrête pas de construire à tout va, la moindre friche disparaît à grande vitesse. Les embouteillages deviennent systématiques, les transports en commun sont saturés, la pollution se développe. Tous les zyvas chauffeurs de VTC se rendent compte que leur métier est sans avenir (Et pour cause, sans numerus clausus le métier ne peut que se déprécier). Je crois qu'il faut être totalement inconscient pour croire à un avenir radieux pour notre planète.

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