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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 16:49

Quelle est la différence essentielle entre certains gouvernants, exécutants, et autres ? C'est que certains respectent les procédures, les autres s'en contrefoutent.
Il y a eu un précédent dans l'histoire de France. Louis XIII chercha un glaive pour se débarrasser de Concini. Après avoir approché plusieurs personnes, la conclusion que son conseil en tira, c'est qu'il fallait trouver quelqu'un qui ne respecte pas les formes. Les procédures, les usages.
L'état américain n'a pas manqué de personnes voulant réformer le Pentagone. Donald Rumsfeld fit un discours célèbre. Mais le principal problème est celui d'agir à l'intérieur du système.
Personne n'a voulu que le Pentagone devienne la pétaudière qu'il est devenu, où l'on peut perdre tranquillement la trace de milliers de milliards.

Le seul problème, c'est que des tas de gens bien intentionnés ont voulu faire le travail à l'intérieur du système et des normes, que souvent, ils ont partiellement réussi, souvent en créant eux mêmes d'autres normes et systèmes jusqu'à en faire un machin complétement ingouvernable et indirigeable.

Alexandre devant le noeud gordien. Au bout de la dérive, on n'essaie pas de modifier, il faut trancher, sec, d'un coup.

L'épée d'Alexandre, aujourd'hui, c'est le tweet. Trump, en twittant à tout va utilise son épée, créant la panique, justement parce qu'il ne respecte pas les formes, qu'un système a complétement verrouillé.

En Attaquant le F35 par tweet, l'attaque a été complétement irrésistible. Certains nous parlent "d'autre Europe", c'est le même problème. Le machin n'est pas réformable.  Ils ont tout verrouillé, à double-triple tours, dans tous les niveaux.

L'aéroport Notre Dame des Landes, fait aussi parti de ces projets tellement verrouillés qu'ils en sont rouillés. On ne fait même plus cela parce que ça a le moindre intérêt, mais parce que la procédure a été respectée...

Mais, indépendamment de tous les éléments éparses, le principal problème d'un système verrouillé, tient à ce qu'il crée tous ces espaces de contrôles, qui finissent par le paralyser et ossifier le système, parce qu'il n'avoue pas le problème.

La croissance n'existe plus, l'énergie nécessaire pour le maintenir décroit, et il va s'effondrer, parce qu'on ne veut pas reconnaitre le problème et se dire que la commodité du système que certains ont toujours vécu, ne peut être maintenu.

Pour moi, dès 2006, le principal problème de la  bulle immobilière n'était pas l'immobilier. Quand l'heureux pavillonneux n'a pas, n'a plus l'argent nécessaire, ou plus la capacité d'endettement nécessaire, pour faire le plein de sa bagnole, le lotissement a un problème. Surtout si la norme était passée au SUV à 20 litres au 100. A ce stade là, le banquier a aussi un problème. L'heureux pavilloneux n'a pas la possibilité de rembourser, soit, juridiquement, il peut faire banqueroute (USA), soit, il ne peut pas et fait la banqueroute de fait (Espagne, dette étudiante US), et contribue à entasser les familles, parfois sur 4 générations, dans des pavillons ne supportant pas d'hypothèques. L'autorité politique, à travers son infrastructure, a aussi des problèmes. Infrastructure inutile, vieillissante, inadaptée...

Le schéma mental ancien, d'ailleurs, n'a pas pris une ride. Une petite baisse récente du prix du carburant fait que l'US américain, retourne, au "normal" : le gros véhicule, très gourmand.

Il n'y a pas de salut dans la réforme. Il n'y a de salut que dans l'élagage. Elaguer le F35, élaguer NDDL, élaguer l'Union européenne, parce que, intrinsèquement, ces systèmes sont autophages et autocentrés, sans intérêt pour qui que ce soit. Non seulement, ça n'a aucun intérêt, mais cela consomme des ressources irremplaçables, qui auraient été utiles ailleurs.

Cela contamine aussi les esprits. On fait l'analyse de la défaite de Clinton. Elle connaissait le système électoral US. Pourquoi faire campagne, alors, dans des états gagnés, comme NY ou Californie, qu'elle ne pouvait perdre ?

L'accessoire au lieu du principal, le principal oublié pour une fanfreluche de plus en plus pesante et contrainte. Et même plus elle même, une fanfreluche, mais une statue de plâtre, sans attrait, ni solidité. Mais pesante. De plus en plus.

L'argent, en lui même, est un marqueur. Un thermomètre. Il dit à notre société que les prix sont inadaptés aux contraintes naturelles, de plus en plus difficile.

Paris était embouteillé avec ses voitures à cheval, ravitaillé par son fleuve, et sans métro. Le métro est apparu, permettant à la ville de s'étendre, mais elle n'est pas moins embouteillée, apoplexique, bien que ravitaillée par fleuve, autoroutes, voies de chemins de fer, aqueducs, etc... Elle est simplement devenue plus grande. Avec beaucoup plus de problèmes.

Bon, que cela ne vous empêche pas de passer en famille, de bonnes fêtes. Loin du caractère commercial, c'est une occasion unique, souvent, de se retrouver.

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Published by Patrick REYMOND - dans Politique
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Horzabky 26/12/2016 08:30

"Paris était embouteillé avec ses voitures à cheval, ravitaillé par son fleuve, et sans métro."

Au 18e siècle, les Parisiens se chauffaient au bois, et le bois était amené par la Seine et la Marne, depuis les régions voisines. Mais on n'utilisait ce bois que pour faire cuire la nourriture, parce qu'il était impossible de faire venir par la Seine assez de bois pour chauffer les pièces comme on le fait actuellement. D'où l'habitude de dormir dans des lits à baldaquin (qui sont comme une petite tente au milieu de la pièce, ça garde la chaleur), de porter robes de chambre, bonnets de nuit, etc : il faisait aussi froid dedans que dehors, alors on se couvrait. L'habitude aussi des chaises à haut dossier, qui protègent des courants d'air. Passons sur l'hygiène : les bains chauds, c'était pour les très riches. Pour les pauvres, c'était pas de bains du tout. D'ailleurs, il n'y avait pas de salles de bains.

À méditer pour l'avenir, lorsque les puits de pétrole et les mines de charbon seront épuisées ou que les ressources seront devenues hors de prix. En attendant, profitons de Noël dans nos logements bien éclairés et bien chauffés, avec eau courante, etc. C'est un luxe qui est tout sauf éternel.

FMK 26/12/2016 04:48

Merci pour votre blog Patrick , votre intelligence elliptique et votre originalité , ainsi que celles de certains commentateurs ,. Bonnes fêtes .

Phil 25/12/2016 17:56

Un article intéressant sur la pseudo opposition syrienne qui n'existe que financée (fonctionnaires) par les états du golfe, la Turquie et les USA. Retirez la Turquie de Syrie (qui a peur des Kurdes) et la pseudo armée syrienne libre disparait car détruite par les salafistes et les djihadistes.
Après pourquoi lutter contre la salafisme en France (interdiction de prêche dans les mosquées) et pas en Syrie ? Pourquoi s'opposer aux djihadistes qui commentent des attentats en France et pas en Syrie ?
Fabius, qui s'est caché au conseil constitutionnel et y pantoufle, mériterait d'y être rattrapé par l'opinion publique. Mais comme à chaque fois, il sera "responsable mais pas coupable" de la perte totale de crédit de la diplomatie française.

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/12/23/apres-alep-le-desarroi-de-l-opposition-syrienne_5053350_1618247.html

Le Gaulois libre 25/12/2016 12:16

Il serait intéressant de faire le bilan de ce que l’on a la fâcheuse habitude de nommer : le progrès.

L’évolution scientifique apporte un progrès qui est toujours momentané, mais qui est rapidement rattrapé par le problème auquel il était sensé apporter une solution, que trop souvent nous avons cru définitive.

Prenons l’agriculture. Il y a un siècle, et même moins, un paysan ne faisait pas faillite, car il n’achetait qu’avec l’argent en poche, Et même avec une exploitation d’une superficie extrêmement modeste, au regard de celles d’aujourd’hui, il parvenait, même modestement, à vivre et à nourrir sa famille. Puis le progrès moderne est arrivé, la mécanisation et la productivité ont considérablement augmentées, avec pour corolaire le recours aux crédits, aux banquiers et la mise en quasi servage des exploitants agricoles, qui, maintenant peuvent faire faillite pour cause d’endettement forcé et obligatoire pour faire une agriculture intensive, et toutes les saloperies qui vont avec.

Est-ce que nos agriculteurs sont plus riches et plus heureux que nos anciens culs-verts ?

Que nenni mon Prince ! Aujourd’hui, une majorité bosse pour perdre de l’argent tous les jours, cause prix inférieurs aux coûts de production. De nombreux agriculteurs sont obligés de prendre un autre travail, en plus du leur, ne serait-ce que pour faire bouffer leurs familles, et d’autres encore sont condamnés aux minima sociaux, comme le dernier des glandeurs de l’urbanité, alors qu’ils triment sept jours sur sept, et en faisant au moins deux fois trente-cinq heures par semaine.

Pour cette catégorie de la population, le progrès moderne n’est rien d’autre qu’un retour aux pires conditions du servage tel qu’il sévissait au Moyen Âge.

Il faudrait quand même que l’on finisse par se poser la question : à qui profite véritablement le progrès ? Et accessoirement : est-ce vraiment un progrès.

On peut faire la même analyse entre ceux qui vivaient en milieu rural, et que le progrès moderne a amenés à vivre dans un univers totalement pollué et déshumanisé du milieu urbain...

Phil 24/12/2016 22:40

Merci pour le blog et bonne fête à tous ses lecteurs.

Abdel 24/12/2016 20:58

Bonnes fêtes Patrick,

Le Pere Noel m' a apporte "L'essence du Christianisme" de Ludwig Feuerbach.

Cela serait bien que vous refassiez une compil comme la derniere fois de livres (bien Braudel et son ouvrage "La Méditerranée )

Bonne Fetes

Max 24/12/2016 20:06

Bonnes fêtes Patrick, et ne vous inquiétez pas trop du système politique, mieux vaut un système pourri que pas de système du tout, on l'a vu avec la leçon de la Syrie ... Le mieux est l'ennemi du bien.

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