Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 09:27

Les grandes compagnies pétrolières sont à l'agonie, par leur propre faute et simplement leur faute. Certes, le prix du pétrole a baissé (il remonte depuis), mais le problème principal n'est pas là.

" même si le chiffre d’affaires, les bénéfices et aussi les cours de bourse des pétroliers s’est amélioré, leur structure financière s’est paradoxalement beaucoup fragilisée ". Pourquoi ?

" ces grands industriels sont très gourmands en cash. Il leur sert à alimenter leur activité régulière, leurs projets d’investissement et d’exploration, et aussi et surtout payer leurs dividendes, essentiels pour conserver un actionnariat stable. "

En matière de gestion, on a toujours appris que le dividende, c'était simplement SI on pouvait. Cela n'a jamais été une obligation, ni un devoir. De plus, la portion affectée aux dividendes est devenue gargantuesque. De quelques centaines de millions de $, l'exigence en la matière est passée à quelques dizaines de milliards de $, chaque année, bien sûr.

Le capitalisme, dans cette optique, a complétement disparu. il reposait sur "le plaisir de l'accumulation", et Rockfeller a constitué la Standard Oil, pratiquement sans sortir un sou. Il rachetait les raffineries, et tout ce qu'il pouvait, en actions de la Standard Oil. Les grands capitalistes de la fin du XIX° siècle n'aimaient pas trop l'endettement, et préféraient avoir des comptes en banque bien garnis.

D'ailleurs, ceux qui ont survécus aux longues périodes, ce n'étaient pas les endettés, c'était ceux qui avait du gras sur le bide. En France, on a vu la différence, dans les années 1930, entre Renault et Citroën. Renault a passé la crise sans entrave, Citroën a pris le bouillon. L'un avait des dettes, l'autre des avoirs.

On commence à voir des craquements dans des états producteurs. Le Mexique, qui vient d'augmenter fortement les prix, le Nigéria, dont la production devient insuffisante, et la guerre à l'état endémique dans le Delta, s'aggrave. Depuis le début de l'exploitation du pétrole au Nigéria, c'est une guerre ininterrompue, dont la phase la plus célèbre a été la guerre du Biafra.

La Norvège, elle, veut interdire la voiture à essence, sans doute pour la raison qu'elle ne sait pas quoi foutre de l'électricité, et que son pétrole se raréfie.

On peut se demander pourquoi l'Arabie séoudite a joué un tel jeu, en pompant à toute berzingue. L'équilibre du marché n'était pas loin, et il aurait sans doute été plus profitable au pays de réduire sa propre production pour vendre à un prix nettement supérieur que de voir le prix se détériorer et tomber si bas. Là aussi, une ignorance crue des évidences économiques.

Dernier point à signaler, chez les capillotractés, à savoir un article paru sur le blog de Paul Jorion. On y apprend que la révolte syrienne est 100 % interne, et dû au peuple syrie, vent debout contre la dictature.

Le fumage de moquette est évident. On voit mal des entités colossales jeter dans le bouillon des milliards de dollars, des dizaines de milliers d'hommes et un armement colossal, rien que pour faire partir Assad et instaurer la démocratie ?

L'énergie est un motif solide, très solide, pour des confrontations armées virulentes. De plus, l'armée d'un dictateur, uniquement préoccupé de son maintien au pouvoir ne tient pas une guerre de 6 ans. Il faut un motif pour combattre aussi longtemps. Les premiers signes d'essoufflement de l'armée Syrienne, concomitante à l'intervention russe, n'ont été visibles qu'au bout de 5 ans. Et pas contre une population armée de pétoires, mais de mercenaires disposant d'un stock d'armes de l'OTAN dernier cri.

Sans doute, au départ, y avait il un mécontentement populaire. Mais après quelques mois de guerre et la gueule des "résistants", nul doute que le régime avait récupéré de sa popularité auprès de la population.

Paul Jorion, d'ailleurs, qui s'autoproclame prophète : « Comment j’ai pu prévoir la crise des subprimes avec pas plus de données que n’importe qui ». Le problème, c'est pas d'avoir des données, c'est de savoir les interpréter. Moi, rien qu'avec une, le prix de l'essence, j'ai su qu'on allait à la catastrophe.

Il faut dire que je me suis livré à une étude poussée ; allant à la pompe tous les 15 jours, j'ai pu constater, en son temps, la poussée des prix. Et le fait qu'il y avait des gens, qui ne pourraient pas suivre. Simplement parce que leurs finances étaient déjà tendues à l'extrême, ce qui est le cas pour 60 % de la population. N'avoir pas le choix entre épargner, et tout affecter aux dépenses, ça s'appelle la pauvreté. Bien entendu, les dépenses de survie dépendent de l'état de la civilisation où vit. Certaines paraissent indues vu d'ailleurs, mais il est difficile, aujourd'hui, en France, d'aller travailler sans voiture.

Ce n'était pas très compliqué, contrairement à ce que dit Paul Jorion, de voir que la plupart de nos contemporains vivent sur le fil du rasoir, et qu'il n'en faut pas beaucoup pour les faire tomber. Les seules marges de manoeuvre, souvent, consistent à geler les dépenses de logements, en l'achetant. Au prix d'une petite chose appelée endettement.

Monsieur Jorion n'a pas fondamentalement regardé, au départ, la base de notre société, l'énergie.

Partager cet article

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article

commentaires

nobody 08/01/2017 13:47

paul jorion est belge, ce qui n'aide pas, vu plaisanterie mise à part, il est esayiste, et au dela de sa capacité à fantasper devant microdoft word, est chercheur associé du Programme Interdépartemental "Human Complex Systems" :

http://escholarship.org/uc/hcs

californie, donc democrate. donc... la suite logique des choses est qu'il vend la soupe que lui servent ceux qui le subventionne.

la réalité de la Syrie c'est de dégager ceux qui ont dit non en gardant la ressource pour que l'occident puisse dépecer comme à l'accoutumé et maintenir ses rentes.

on fait la même chose en afrique depuis très longtemps.

Max 08/01/2017 13:17

"On peut se demander pourquoi l'Arabie séoudite a joué un tel jeu, en pompant à toute berzingue." : Tout simplement parce que leur démographie se développe à toute berzingue aussi. Il faut bien loger les nouvelles familles, donc payer leur logement, leur clim, leur nourriture, etc. C'est une fuite en avant.

Sclavus 09/01/2017 10:52

"On peut se demander pourquoi l'Arabie saoudite a joué un tel jeu, en pompant à toute berzingue." Putain, on dirait un disque rayé ; même un perroquet aurait trouvé mieux ; Tu veux savoir pourquoi mon gars? Tout simplement parce que le petit royaume de chameliers auxquels le bon dieu a transformé les fessiers en diamant brut (pour les gratifier ou punir je n'en sais rien) n'est rien d'autre qu'un protectorat - vulgaire, inverti, larbin, invertébré... - plus qu'aucun autre de l'empire USA. Et comme tel il a accepté une mission plus ou moins suicide dans la guerre que celui-ci livre depuis qqs années à la Russie ; c'est très simple - basique même - et à la portée de tout esprit normalement articulé ; mais toi avec ton éternelle monomanie: trop nombreux etc. tu continues à t'enfoncer dans une espèce d'autisme ; je n'ai pas envie de t'emmerder - excuse pour la violence de ma réaction - car il m'est arrivé de trouver des trucs intéressants dans tes commentaires, mais de grâce sors un peu de cette bulle car si elle peut être valable pour beaucoup d’endroits, c'est complétement ridicule dans le cas des chameliers pourvus de culs en diamant-brut ; ces crétins pourraient se nourrir exclusivement d'or 24K pour des dizaines de génération à venir sans réussir à passer par leur tube digestif les richesses que leur procure la rente pétrolière ; bien-sûr celle-ci partira comme une fumée en deux-trois tours de magie de Wall-street mais ça c'est une autre histoire.

logique 08/01/2017 13:13

il y a encore des gens qui lisent Jorion ? ils y en a qui ont vraiment du temps a perdre :)) :))

Abdel 08/01/2017 13:10

J ai arrêté de lire Paul Jorion, son co-blogueur M. Leclerc était le dernier que je lisais.

Pour la Norvège, je reste scotché sur cette histoire de STEP qui pourrait en faire la batterie de l' Europe. Les Pays-Bas et le Danemark poussent dans ce sens. Le NorNed , le câble électrique sous-marin le plus long au monde , en ait un exemple.

Déjà les britanniques via le North Sea Network vont stocker leurs énergies renouvelables en Norvege.

Et bien sûr, le gaz et le pétrole norvégien freinent les norvégiens dans cette voie :

https://www.letemps.ch/economie/2012/06/19/cet-or-noir-tue-or-blanc-norvege