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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 14:08

Il faut rappeler les fondamentaux. Certains n'ont pas compris que les HLM, ça n'était pas fait pour les pauvres.
Les salauds de pauvres, ça vit dans des habitats dégradés, publics ou privés. Quand les pauvres accèdent aux HLM, c'est que les autres n'en veulent plus.

Quand on démolit à un endroit, c'est pas pour reloger des pauvres, c'est pour les éjecter.

L'organisme d'HLM veuille à son équilibre financier, et il lui faut une clientèle majoritairement solvable, pour qu'il puisse l'assurer. Il lui faut un bien suffisamment amorti, donc suffisamment vieux, pour loger la misère du monde, à un coût acceptable pour ses finances. D'ailleurs, quand les HLM logent des gens qui ont des moyens, la musique est loin d'être la même.
J'ai vu ça sur la réhabilitation de grands ensembles des années 1950-1960, et je peux en retracer les grandes lignes.

La partie I, la plus haut de panier socialement, le mieux étudié, le plus agréable, avait été réhabilité sur fonds propres, c'est à dire, avec l'argent des loyers des 3 tranches, accumulé au long des années. On avait très peu augmenté les loyers, pour ne pas faire fuir la clientèle.

La partie II était mal foutue, socialement un peu plus bas, mais composée de gens qui travaillaient. Elle a été rénovée avec des "prêts pas trop aidés" de l'époque, ou pour tout dire, des prêts franchement chers. Mais qui donnait droit à l'APL. Les loyers ont doublés, après la réhabilitation. Total, tout le monde s'est barré, là les pauvres sont venus et quelques années plus tard, 60 % du quartier était détruit, puis reconstruit, en résidentiel (cher).

La partie III était vraiment le grand ensemble des années 1960, partie que l'organisme HLM n'a jamais réussi à remplir, tellement la population partait vite, sitôt arrivée. Elle a été réhabilitée, et en conséquence, s'est vidée encore plus vite qu'elle ne faisait. Le vivier, c'était l'immigration, qui était virée de l'ancien qu'on détruisait ailleurs à grande allure. Aujourd'hui, ce quartier est détruit à 90 %. Le logement des pauvres, c'est le très social, et c'était d'entrée, le quartier de relégation avec accompagnement social renforcé. C'était souvent, à l'époque, la colonie d'alcoolo, et le but des travailleurs sociaux, c'était surtout d'éviter la reproduction sociale avec les enfants, et souvent cela marchait.

Le logement, fut il social, obéit à une loi économique. Il doit dégager du profit. Même s'il bénéficie d'un financement avantageux, il ne peut échapper à cette règle. Quand aux pauvres, pour eux, dans le pire des cas, il y a le prêt subprime et le mobil-home. Il en a de la chance ce salaud de pauvre. Il est en vacances toute l'année.

De toute façon, la construction, sociale ou pas, souffre d'une tare aujourd'hui : contrairement aux années 1960, il n'y a pas d'armée de réserve de locataires ou d'aspirant propriétaires désireux de se loger. A l'époque, on pouvait choisir facilement quand on était bailleur.

Le logement, c'est comme les filles. A un âge, elle choisit qui veut. A un autre, qui peut. A un autre, qui reste.

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Published by Patrick REYMOND - dans Immobilier
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commentaires

simplet 11/02/2017 12:22

entame de billet terrible et cruelle, mais tellement vraie!
Sans doute qu'en plus ils puent, car on ne les voit jamais s'exprimer, tenir la plume ou le micro. De temps à autres devant la caméra pour criminaliser un adversaire politique.
C'est bon qu'à quoi un pauvre? Hormis authentifier la mascarade démocratique que sont les élections.

La Gaule 11/02/2017 10:33

Je ne comprends pas bien la conclusion : "Il n'y a plus d'armée de réserve d'aspirants locataires et propriétaires aujourd'hui".
Si, il y a de fait et potentiellement une marée humaine venue d'ailleurs dont des esprits malades voudraient tirer partie en faisant financer leurs aspirations par ceux déjà en place, lesquels n'arrivent déjà pas à joindre les deux bouts pour payer leurs clapiers lugubres et souvent insalubres.
Dans la terminologie officielle, les premiers sont des victimes et les deuxièmes d'odieux nantis égoïstes.
Tout le reste de votre (super) billet d'ailleurs le montre.

Philoupe 11/02/2017 08:42

De tous les sites ecoalternatif tu es quand meme le meilleur. Je me poil a chaque foid. Merci des le matin cela fait du bien.

Piotrr 10/02/2017 22:56

"La partie III était vraiment le grand ensemble des années 1960, partie que l'organisme HLM n'a jamais réussi à remplir, tellement la population partait vite, sitôt arrivée."

Pas trop d'accord avec taon raccourci historique du grand ensemble de 1960,
Ces grands ensembles neufs se sont parfaitement bien remplis dans les années 1960, c'était merveilleux pour des gens qui sortaient des taudis des centres anciens d'après-guerre : du neuf, de la lumière, une salle de bain équipée, un chauffage central et des ascenseurs qui marchaient, et même des vides-ordure sur le palier, des parkings pour la bagnole et des gardiens pour entretenir et assurer de petit services.... Byzance !
puis les gens en ascension sociale sont passés au pavillon individuel et ils ont été remplacés par d'autres locataires, mais un peu moins cossus. Les choses se sont dégradées au fil des ans : il a fallut faire des économies, sur les gardiens, suppression des vides-ordures (puisque c'était les gardiens qui les entretenaient) puis dégradations et petites incivilités et l'ascenseur en panne tous les mois.
Puis on s'est aperçu que, quand même, la dalle pleine de 0,18 et le refend en béton de 0,14 c'était salement bruyant si tout le monde ne fait pas attention....C'est pas du tout isolé thermiquement et les charges ont tendance à monter bien plus vite que l'ascenseur. Les familles de travailleurs "normaux" ont petit à petit été remplacées par des familles nombreuses d'immigrés. On s'aperçoit alors -mais un peu tard- que ces immeubles sont horriblement mal conçus pour une mixité heureuse puisqu'ils empilent en vertical dans la même montée les même types de grands logements pour grandes familles. Là les gens "normaux" sont tous partis et que reste t'il ?

Les organismes HLM en sont parfaitement conscients mais ils ont été obligés de louer à des populations homogènes dans leurs même pb de manque de ressources, de trop de grandes familles au même endroit, de trop d'immigrés entassés au même endroit. Dans les commissions d'attribution des logements il y a les élus qui ont leurs obligés et leurs quémandeurs à loger, le Préfet qui met le couteau dans le dos des gestionnaires pour qu'on loge "tout le monde".....
Et on arrive ainsi à des dizaines de Molenbeeck dans chaque région.

simplet 11/02/2017 12:28

l'intégration de masse dans sa plus belle réussite! quoi, n'est-ce pas sous les instructions de nos kapos?

BA 10/02/2017 15:51

Vendredi 10 février 2017 :

Affaires Fillon : huit Français sur dix n'ont pas été convaincus par la défense du candidat, selon un sondage Odoxa pour France Info.

Après deux semaines de silence, François Fillon, au cœur d'une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, s'expliquait face aux Français, lundi 6 février. Mais cette conférence de presse n'a pas eu l'effet escompté : quatre jours plus tard, 79% d'entre eux avouent ne pas avoir été convaincus par la défense du candidat Les Républicains à la présidentielle, selon un sondage Odoxa pour France Info. Les sympathisants de droite ne font d'ailleurs pas exception (61%).

Pire, les trois-quarts des Français (74%) et la moitié des sympathisants de droite (53%) ont désormais une "mauvaise opinion" de l'ancien Premier ministre.

"L'ex-favori des sondages a chuté de 29 points depuis novembre auprès des Français, et de 15 points à droite depuis le 27 janvier dernier après les premières révélations du Canard enchaîné", pointe Gaël Sliman, le président d'Odoxa.

http://www.francetvinfo.fr/politique/francois-fillon/francois-fillon-accelere-sa-chute-8francais-sur-10-n-ont-pas-ete-convaincus-par-sa-defense-selon-un-sondage-odoxa-pour-franceinfo_2055369.html