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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 12:52

Et de ce que disais Braudel... Ce qui est le plus productif, et le plus rentable, c'est l'exploitation minuscule où tout est fait à la main, bien entendu, avec un outillage minimum, variable suivant les époques.

La ferme du Bec Hellouin a simplement appliqué ce que des ingénieurs agronomes ont étudiés sur une très longue période, après guerre, au Japon et en Allemagne, pendant presque toute leur vie, soit, 60 à 70 ans.
Ils cherchaient une alternative à l'agriculture existante, et l'on trouvé. Seulement, c'est tombé dans le désert bien longtemps. Surtout, d'ailleurs, parce qu'il y avait des opportunités de carrières ailleurs.
Mais le fait que la micro-parcelle fasse vivre des familles entières n'a rien d'étonnant. Sinon, aucun de nous ne serait là.

Le rendement décroissant commence avec le cheval, le boeuf, et culmine avec l'agriculture indexée sur le fossile. Là, on ne produit pas la moitié des calories consommées en énergies.

Contrairement à ce que disent les réactions, ce n'est pas parce qu'ils vendent deux ou trois fois plus chers les produits, c'est simplement parce que les dépenses sont très basse.

Dans mon département rural, j'ai eu bien des exemples, anciens, comme ce plombier qui me racontait pourquoi il n'avait pas repris la ferme de son père :

- "la première année, je bouffais pas, et je me ré-endettais,

- la deuxième année, je bouffais encore pas, mais je ne me ré-endettais pas,

- la troisième année, je ne bouffais toujours pas, mais je commençais à me désendetter". Bien entendu, le rachat des parts de ses frères et soeurs était absent du plan de financement établi par le crédit (je vous laisse deviner le deuxième mot).

Il faut savoir que pour un agriculteur, tripler ou quadrupler le prix, c'est encore le vendre moins cher qu'au super-primou géant (encore merci à G. Lagaffe).
Ceux que je connais exerçant actuellement, sont parfaitement conscient de leur course à l'endettement, mais sont piégés dans le circuit...

Un troisième, né en 1920, que j'avais rencontré en 1987, lui, disait que ses fils, en gaec, avaient commis l'erreur de se couper de la clientèle. Sa femme faisait des fromages, les vendaient, et d'après ses dires, apportait 80 % des ressources du ménage. Lui travaillait, finalement, pour lui permettre de les faire...

Comme je l'ai déjà dit, dépendre de l'extérieur pour son approvisionnement, c'est mortel, comme dans le cas de l'Egypte (à 80 %), et de la Tunisie (à 20 %). Réduire cette dépendance à zéro, ou à 20 %, c'était, dans les deux cas, faisable, et salutaire.

Le cas cubain est exemplaire, et n'a été, finalement, que l'image sud américaine de la transition post soviétique. C'est bien la parcelle individuelle qui a constitué la bouée de sauvegarde de l'espace post soviétique, comme le disait Voltaire, et comme on l'a remarqué dans la grande dépression du XIV° siècle. "Les vilains mangeaient des herbes". Les herbes désignent le produit des jardins...

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Published by Patrick REYMOND - dans Economie
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commentaires

Parmentier 01/03/2017 00:45

La ferme du Bec Hellouin est une arnaque : ses promoteurs vivent des stages qu'ils proposent ; les stagiaires paient et en plus travaillent gratuitement sur l'exploitation.
...mais ce sont des as du marketing.
Voir http://arpentnourricier.org/peut-on-vivre-de-la-permaculture/
et surtout une critique de terrain détaillée :
http://afis-ardeche.blogspot.fr/2012/09/humanisme-notre-visite-chez-des.html#more

francomusso 27/02/2017 20:20

Les petites exploitations ne correspondent pas à la doxa qui veut la mort des petits au profit des
gros, au pretexte de rentabilité, de production et d'exportation; c'est à dire les trois mamelles
qui abreuvent les copains comme cochons.
En conséquence ces gens sont des fous dangereux et divers réglements et taxes permettront
de les tuer (ah ... si ils pouvaient se suicider ...) puisque de nos jours on ne peux malheureusement
plus suicider de force les gens ou les interner de force.

Lorialet 27/02/2017 20:13

En fait la ferme du Bec Hellouin n'est pas le bon exemple. Enfin elle l'est pour faire manger sa famille, mais sans plus.
Dans le maraichage, bio, un truc que l'on dit souvent est que la permaculture est une excellente idée pour les jardins. Mais que dans nos métiers, ceux qui en vivent le font grâce à des formations / livres / conférences / main d’œuvre gratuite qu'ils drainent.

Mais bon 1.4 hectares sans dette, en vendant principalement aux restaus parisiens étoilés et en proposant des stages rémunérés, ben toutes les méthodes de cultures seraient rentables.

Après c'est bien qu'ils diffusent des méthodes plus respectueuses de culture. Mais franchement faire de la patate en permaculture est impossible, idem pour des bottes de radis, ou de la mâche...

Maintenant oui on peut vivre, enfin survivre, avec peu, si on ne mécanise pas trop et que l'on n'a pas de grosses dettes. Ma compagne et moi sommes sur moins d'un hectare, mais tous les collègues maraicher que je connais ont plus, et souvent leur moitié a un autre métier pour que l'argent rentre.
Ce qui ne veut pas dire que chaque année soit positive, même pour ceux qui travaillent au cheval. Le légume se vent tellement rien ...

Sur la permaculture je préfère http://bdpalsace.fr/tiki-view_articles.php là ils en parlent comme le bon moyen de faire manger sa famille. Mais pas pour en vivre.

simplet 01/03/2017 15:12

Quelques réflexions désordonnées à ce sujet:

Dans un proche avenir, ceux qui pourront faire manger leur famille, seront considérés comme des privilégiés.
Constat des grandes révolutions: les petits agriculteurs qui s'auto-nourrissent, ont toujours été considérés comme suspects et cibles de beaucoup d'attaques.

Le jardin ouvrier a aussi nourri et compensé les insuffisances pécunières. Un membre du couple rentre de la monnaie, l'autre rentre la bouffe. Cela se pratique depuis... fatigué.

Reverrons nous aussi les brigands chauffer les harpions des fermières pour dérober le magot, le cheval, le boeuf ou simplement de quoi se nourrir?

Que signifie aussi "pour en vivre"? ( j'ai bien compris à quoi vous faites allusion, mais sera-ce encore nécessaire après le grand nettoyage qui s'annonce?)

Ce qui est certain c'est que tout ce qui est produit sans frais sur sa terre, en sauvera plus d'un.

Abdel 27/02/2017 16:34

Prenait le RER entre Düsseldorf et Cologne, il y en a partout , même entre les résidences : les jardins ouvriers ou "schrebergarten"

https://ohgodmywifeisgerman.com/2015/04/13/living-in-germany-an-american-expat-is-horrified-to-discover-the-truth-behind-german-schreber-gardens/schrebergarten-schreber-gardens-koln-germany-2/

raleur !! 27/02/2017 16:22

Là Patrick , vous êtes à coté de la plaque !
manier le stylo du comptable vous a dérangé l'esprit !

Travailler à la main ?
En une heure je coupe avec ma tronconneuse sthill , les buches pour me chauffer pendant une semaine et cela avec un demi litre d'essence soit 0,70€ !
le prix de 200 g de pain , à peine de quoi survivre une journée au régime de buckenwald !

Le vrai problème est de trouver la recette de la soupe qui permet de digérer les déchets de bois et sciures pour en extraire l'alcool méthylique par distillation !

Si quelqu'un la connait , je suis preneur !
l'alcool de bois peut tourner un moteur, c'est juste une question de réglage et d'accepter une perte de puissance !
Depuis que je me chauffe au bois je comprend pourquoi les vieux sont passés au fioul y'a 60 ans !!
De plus ils sont passés au charbon vers 1800, par pénurie de bois pour alimenter Paris, et ce bois ne servait que pour la cuisine et la boulangerie !

simplet 02/03/2017 21:04

@Râleur
En v'là encore un qui cause que cela devient gênant
Un bûcheron m'a dit...
D'abord, la filière bois est très diversifié et il est très rare pour ainsi dire jamais qu'une personne fasse le tout: estimer, acheter sur pied, abattre, débarder et commercialiser.
Sauf les très, très grosses boîtes (qui partent souvent en fumée) ou les groupements forestiers( les propriétaires)
45euro/m³ correspond grosso modo au prix d'abattage et débardage ( du moins en feuillus durs, exploitation facile, peu de ravins, pentes et pas de câblage). pour le peuplier, c'est moins, mais des volumes beaucoup plus important et facile d'accès.
En plus, le prix du bois. Étant très variable en fonction de l'essence, diamètre, qualité et découpe estimée. Idem en résineux.
150m³/jour correspond à une mise à blanc( toujours en feuillus) soit 6.750euro pour une journée de travail abatteuse. un bûcheron à pied peut tomber 70m³ jour avec sa Still sans mise en stère ou sans affouage, soit 1.190 pour une journée à la Still. Le plus dur est de faire de la stère...qui est laissé aux bûcherons d'outre frontière. Trop dur et mal payé.
Quand à la stère de chauffage en feuillus, le prix moyen est de 60€ départ fendu ou franco en 1.00m.
Si ce sous-traitant s'est trompé dans son estimation, il ne peut s'en prendre qu'à lui même.
Souvent les bûcherons et débardeurs gagnent mieux et plus que les marchands qui endossent tous les risques: financiers, cautions, commerciaux et surprise, surprise sur les rendements.
Quand à votre colline pelée, elle reprendra de l"allure dans une dizaine d'années, si le proprio est sérieux ou si c'est l'ONF qui n'a pas d'intérêt à laisser à l'abandon ou que les terres s'en aillent.
Pâte à papier: bois livré ne peut servir à rien d'autre.
Palettes: résineux petits et maigre ou des tombants de scie non exploitable pou autre chose.
Avez vous déjà assister au sciage. Allez-y, cela vous indiquera beaucoup de chose. depuis l’écorçage jusqu'à l'empilage.
Il n'y a aucune perte en bois, même pour les sous produits.
BAVs

raleur !! 01/03/2017 20:51

@simplet
A 45 € le stere , mieux vaut le vendre que l'acheter !
Autrefois un bucheron gagnait sa vie en coupant deux stęre par jour, aujourd'hui son petit fils de cinquante ans doit en couper 200 dont 150 pour payer son abateuse de 28 tonnes .
Source : le bucheron qui a ravagé la colline en face chez moi, on aurait dit Verdun, les trous d'obus et l'odeur de charogne en moins !!
Et tout cela pour faire de la pate à papier et des palettes en n'utisant que les troncs , les branchages restant au sol ainsi que les autres essences écrasées par la chute des pins.
Un gachis monstrueux et pourtant non rentable. L'abatteur a jeter l'éponge pour prendre un autre chantier !

simplet 01/03/2017 15:19

Le bois chauffe trois fois: quand on le coupe, quand on le rentre et quand on le brûle.
S'il vous faut une heure pour couper 2 stères de bois, il vaut mieux l'acheter.

Les vieux sont vite revenus au bois quand ils le pouvaient, surtout après 73. Beaucoup de communes rurales gardent les affouages pour les citoyens. Coût du bois= zéro.

Ce ne sont pas les feux, cuisines et boulangeries qui ont usés les forêts proches, mais les guerres et la Royale. Encore en 14-18, les teutons ont saignés à mort des forêts dans le Nord pour rendre praticables les charrois et tranchées. Merci les schpoens.

EnPassant 27/02/2017 14:34

ça relève du decodex ou de la lèse majesté cet article non ?
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/macron-un-peu-plus-pour-les-pauvres-beaucoup-plus-pour-les-riches-648596.html