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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 14:20

Pour répondre à un internaute, on a oublié le sens latin de peste. Cela veut dire simplement, "maladie contagieuse", alors que la peste, dans notre langue d'aujourd'hui, veut simplement signifier Yersinia Pestis. On parle de peste aviaire, porcine, alors que cela ne désigne pas du tout la même chose. Henri II parlait de "maladie de peste", en parlant de la réforme. Cela donne une indication plus nette sur le sens. Quelque chose de contagieux.

Sans compter les maladies restées mystérieuses, comme la suette anglaise.


Toute maladie touchant l'espèce humaine agit de façon quasi identique. Elle pratique la sélection naturelle, comme dans les films catastrophe, où on voit des familles survivre, on ne sait pas pourquoi.
Dans le cas de la peste noire, le 1 % absolument résistant à la contamination. On a retrouvé pendant la pandémie de sida, des seuils identiques de résistance chez les prostituées d'Afrique Noire.

On a aussi des gens qui, en tombant malade, arrivent à dominer la maladie.

Et puis il y a le plus spectaculaire, les décès rapides et fulgurants. Il est à mon avis, difficile de penser que les pestes de - 500 av JC,  de + 600, celles de 1347-1352, soient strictement les mêmes. Si les épidémies de grippe secouent la planète, c'est que ces pandémies viennent d'un virus très changeant, instable.

En outre, passé le premier choc, la deuxième génération est plus résistante. Elle additionne les malades survivants, leurs descendants à qui ils ont transmis leur immunité acquise et les individus absolument résistants, dont la proportion a doublé ou triplé, comme pendant la peste noire. L'agent responsable perd en virulence au cours des générations, soit que son hôte s'habitue, soit que lui même varie. Ou les deux.

Les bouffées épidémiques observées sont liés à un mode de propagation fragile, et au fait que certaines épidémies n'agissent pas comme elles devraient. Elles tuent trop, et trop vite. C'est le cas de la fièvre Ebola.

Donc, des maladies épouvantables, ont pu devenir des maladies chroniques, ou des maladies enfantines, sans conséquence.
La conquête de l'Amérique a donné une caisse de résonance extraordinaire à la question.

Les empires ont été abattus par les épidémies amenées par les conquérants, plus que par leurs armes. 

La population mexicaine (Anahuac), passe de 25 millions, en 1517, à 1.5 million, un siècle plus tard, et sa reprise démographique a lieu à partir de 1700. La chute est d'ailleurs encore plus sévère qu'il apparait, le Mexique des espagnols de 1600, était beaucoup plus étendu. Ce qui est vraisemblable, c'est le passage de 50 millions à 1.5. Braudel dira que la population est remplacée progressivement par l'élevage.

Des maladies bénignes, pour les européens, sont souvent très virulentes, et se manifestent sans incubation.

En échange, une syphilis virulente est envoyée dans l'autre sens, une syphilis épouvantable, où la chair se détache des os... En 1511, elle a fait son tour du monde.

Aguirre (surnommé, "El Loco"), et ses compagnons décrivirent une Amazonie très peuplée, et une brillante civilisation. On ne les crût pas, parce qu'ils étaient des rebelles, et que les suivants ne trouvèrent que la jungle, sans doute, les populations avaient fortement déclinées avec les maladies amenées par l'expédition, et qu'entre temps, la jungle avait tout avalé.
L'expédition de Ponce de Lèon dans le sud de ce qui deviendra les USA décrit aussi un monde très différent de ce que trouveront les suivants.

La conquête de l'Amérique fut rendue possible par son effondrement démographique et son effet démoralisateur sur les civilisations organisées. La guerre bactériologique par excellence : avoir des soldats immunisés, contre des populations non immunisées. Un effondrement de 90 % semble avoir été la norme.

L'Afrique sera l'exemple inverse. La conquête européenne bute sur le caractère très malsain du continent, jusqu'au XIX° siècle, où la différence technologique devient trop importante. Mais là aussi, les mouvements de troupes et de populations seront très meurtriers, du fait des maladies qu'elles occasionnent...

Le commerce, le contact, tout ce qui fait la société "ouverte", est potentiellement prometteur d'épidémies. Comme disait Pasteur, il y aura une prochaine grande épidémie, mais l'espèce humaine est aussi plastique que résiliente. La lèpre a perdu sa virulence du moyen âge, ou a t'elle jamais existé ? Peu importe.

Personnellement, je pense simplement qu'elle a acquis une virulence qu'elle n'avait pas, que celle-ci a duré un certain temps, avant qu'elle régresse dans une norme et un bruit de fond plus bas. Le but de ces organismes vivant, c'est de se propager sans tuer leur espèce hôte. Alors, une épidémie considérée comme "sur le déclin", s'est adapté aussi à son milieu. Elle y vit, sans le détruire, ou en en détruisant le moins possible.

 

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Published by Patrick REYMOND - dans Actualités
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La Gaule 08/03/2017 15:43

@ Valuebreak
Suite à nos digressions sur mon commentaire à propos de la lèpre
http://lachute.over-blog.com/2017/02/chute-libre-de-la-production-de-charbon-en-chine.html#anchorComment

Bigre ! Bien sûr que vous êtes au cœur du sujet, celui qui revient à se demander au bout du compte s'il ne faut pas mettre à la poubelle toute la science pasteurienne dans laquelle nous baignons depuis plus de cent cinquante ans.
Je n'ai moi même pas franchi ce pas, sans doute parce que le positivisme médical m'a formaté comme tout un chacun béotien, avec en plus le poids d'être passé dans les mains didactiques de l'institution hospitalière (un monde à bien des égards fascinant mais qui me révulsait par bien d'autres côtés, raison pour laquelle je ne m'y suis pas attardé).
Je tiens donc à garder un pied en dehors et un en dedans sur la question, tant le territoire qui s'ouvre m’apparaît inconnu et... Sulfureux.

D'abord quelques anecdotes impressionnistes en vrac.

Une réflexion de Laborit (Henri) gravée dans ma mémoire, un jour lointain où on lui avait demandé ce qu'il pensait des premières grandes lois anti-tabac (j'ai connu le temps où fumer comme un pompier dans les trains de banlieue était un droit imprescriptible), lui-même étant grand fumeur : «Pourquoi voulez-vous que le tabac vous fasse du mal si vous êtes bien dans votre peau ».
Et une autre du même : « Je ne connais pas de meilleure raison de vivre que la maladie ».

Je peux illustrer cette dernière réflexion par un exemple personnel. J'ai connu quelqu'un -un ami de 400 coups de mes vingt piges- qui a fait partie de la première fournée des « contaminés du sida » (on va dire ça comme ça par commodité) au début des années quatre vingt.
Il a développé par la suite sur ce terrain tout un tas de pathologies lourdes (hépatite C, tuberculose, maladie de Hodgkin) et de thérapies attenantes à terrasser un mammouth, auxquelles il a miraculeusement survécu.
Ben oui ! A ce jour, il est toujours en vie...
Sa personnalité était intéressante. Force de la nature et « flambeuse », toujours sur la brèche face à la transgression, qu'il s'agisse de la violence et de la délinquance (taulard récurrent), du sexe et de la drogue.
Par ailleurs authentique prolo issu d'un milieu très pauvre ayant finalement trouvé un équilibre social en faisant des chantiers aux quatre coins du monde malgré ses « maladies » (la mondialisation ne faisait que commencer et les gosses pauvres des pays riches pouvaient encore échapper à leur cambrousse et/ou leur barre d'immeuble).
Je me suis simplement demandé si, au delà des symptômes répertoriés, il n'avait pas survécu à tout ça d'abord parce qu'il était en parfaite santé !?
Une question dont j'avais trouvé un écho dans cette vidéo d'un médecin éclairé -François Plantey- vidéo que j'avais déjà récemment mise en ligne ici :

https://www.youtube.com/watch?v=79qSYdILg-8

A peu près à la même période, l'aurore radieuse des années quatre vingt, j'avais été frappé par un autre exemple tout aussi troublant mais sur un autre registre.
Un ami homo bien typé dans l'époque. Accroc au sexe mais hanté par la culpabilité de l'être, avec en arrière plan l'image statuaire commandeuse de sa mère défunte, il était passé sans transition du petit monde homo pépère de la cambrousse Guyanaise (la population a quadruplé depuis) aux folles nuits parisiennes de l'époque (Palace, Bains douches & Cie) pour des raisons professionnelles.
Il n'y survécut pas trois ans.
L e tableau clinique un peu avant sa mort était incertain, selon même ce que lui disaient les toubibs à ce moment là. Peut être cadrait-il avec les 29 ( !?) symptômes dont vous parliez avec ironie.
Réputé séropositif, mais avec tous les signes d'une hépatite B qu'il avait contractée dix ans auparavant -il semblait pourtant en avoir parfaitement récupéré, ce grand type à peine trentenaire au physique et à la prestance de basketteur- et qui aurait été réactivée par la présence du HIV ? Circonvolutions de langage et grand flou médical objectif en fait.

Pour en revenir à des considérations générales sur les grands fléaux microbiens ou assimilés, je vais à nouveau être très scolairement positif afin de laisser la porte ouverte à toutes les hypothèses -ce que j'avais aussi suggéré à Patrick Reymond.
Je distingue au moins trois aspects derrière tout ça, certains parfaitement cadrés et d'autres moins ou pas du tout.
1)
L'aspect pasteurien pur, soit un germe bien précis est égal forcément à une maladie bien précise.
Sur cette règle simple, il a été admis que la virulence de la maladie variait suivant la résistance et le facteur immunitaire propre à chaque individu.
Plus récemment, mais avec déjà bien des réticences, a été prise aussi en compte la notion de « terrain » individuel, et en grande partie sur l'observation que ces terrains pouvaient s'exclure mutuellement
(par exemple le terrain dit « neuro-arthritique » excluant le terrain cardio-vasculaire, les deux excluant le terrain endocrinien etc.).
La notion de terrain collectif, relatif suivant les collections d'individus (notez les euphémismes), s'est imposée ensuite avec plus de réticences encore, précisément parce qu'elle avait eu un temps le vent en poupe pour des raisons idéologiques évidentes.
Je n'écarterai pas l'aspect pasteurien d'emblée comme vous semblez le faire (?). D'abord parce que je me méfie des solutions trop simples et radicales pour tout ce qui touche au vivant.
Je le relativise et le ravale à l'échelon de facteur essentiel pour certaines maladies et non déterminant pour d'autres -pour la lèpre au moins nous serons sans discussion d'accord.
Pour le SIDA, votre hypothèse est d'emblée séduisante, puisqu'elle recoupe des observations que j'ai faites moi-même, mais d'autres pistes en dehors de la thèse officielle ont été empruntées qui n'excluent pas pour autant la thèse pasteurienne.
J'ai par exemple pris très au sérieux en compte la thèse réputée « complotiste » (trop facilement dite complotiste parce que je ne vois pas en quoi une erreur médicale de masse relèverait du « complot » -on en a vu d'autres).
Cette thèse énonce qu'une énorme bourde aurait été commise dans la fabrication des vaccins anti-polio utilisés pour les campagnes massive de vaccination menée contre cette maladie en Afrique équatoriale dans les années soixante.
En gros, la moelle épinière des grands singes qui aurait servi à la composition de ces vaccins aurait été contaminée par un virus très voisins du HIV1, lequel aurait ensuite muté chez l'être humain. Pour le détail, voyez le film suivant :

https://www.youtube.com/watch?v=VFAKJx7cQ6Y

Sur ce socle factoriel seraient éventuellement intervenus les autres aspects esquissés ci-après.
2)
L'aspect purement commercial -voire vénal- guidé par le seul intérêt lucratif et inhérent à la civilisation occidentale dominante depuis au moins un demi-millénaire.
Il est plus que jamais déterminant durant cette séquence historique et le dernier exemple évoqué dans le paragraphe précédent le montre.
Je constate par exemple que l'hécatombe qui a accompagné la peste de 1732 à Marseille -dernière manifestation de masse en France de cette maladie- a eu ce facteur comme cause première.
Les mesures prises une fois le fléau identifié ont été en effet très élaborées pour l'époque, et cela bien avant toute considération pasteurienne sur la nature du mal.
Mise en quarantaine militaire de la ville avec création d'un « no mans'land » hors les murs où les habitants pouvaient au moins venir se réfugier et camper, cloisonnement strict des quartiers et des îlots d'habitations contaminés, activation de brigades de soins, de ravitaillement, de désinfection (la chaux vive et l'enfumage à la poudre à canon étaient des méthodes rustiques mais efficaces), éradication de tous les animaux « à poil » (l'on avait deviné que quelque chose se jouait à ce niveau), concentration et enfouissement des dépouilles, tout cela était cohérent et efficient.
Ferait-on mieux aujourd'hui ?
Pourtant le fléau est passé, ravageur dans les mêmes proportions (pires?) que les siècles précédents, cela parce qu'à la base on l'avait laissé s'installer en ville pour des histoires de gros sous -une cargaison contaminées avait quand même été débarquée pour être vendue, suivant les gros intérêts pécuniaires locaux en jeu.
De ce point de vue on a rien appris, si vous considérez également que le premier argument mis en avant au moment de l'épidémie aviaire H1N1 était de savoir si cela allait nuire à la « belle santé » des compagnies aériennes !
3)
L'aspect du STRESS somatique. Il est aujourd'hui bien pris en compte sur le plan individuel par l'institution médicale, qui le fait rentrer dans les facteurs de résistance à la dynamique de nuisance de la maladie.
Cela depuis le développement de la psychologie clinique et des thérapies attenantes -d’inspiration freudienne ou non- et l’essor réel de la médecine psychiatrique moderne -grâce notamment à des pionniers comme Laborit.
Chacun d'entre nous sait aussi combien un état dépressif ou anxieux nous rend plus disponibles aux affections passagères courantes tel que la gastro entérite ou la rhino-pharyngite banale.
Il demeure par contre un continent inconnu sur le plan du stress COLLECTIF, autant par les médecins que par les historiens d'ailleurs, ces derniers refusant souvent de faire le lien entre des faits collectifs de masse dont il est pourtant évident qu'ils rentrent forcément en résonance.
C'est sur cet océan que vous avez lancé hardiment votre barque, alors que moi, l'armateur, je vous observe prudemment à quai avec ma longue vue, vous lorgnant vous éloigner avec envie.

J'avais écrit sur ce blog un long commentaire sur la peste à propos des questions essentielles que soulevaient Spicer et Naphy dans leur petit bouquin (« La peste noire »).
Les deux auteurs soulignaient d'abord que l'épidémiologie officielle de la maladie nommée « peste bubonique » ne correspondait pas à sa vitesse de propagation lors de la première grande vague de 1348, laquelle s'est achevée 3 ans plus tard après avoir décimé l'intégralité du continent européen.
Dans le tableau contemporain de cette forme de peste (il en existe quatre autres connues, la pneumonique qui se transmet directement par gouttelette aérienne infectée, la forme entéropathique détruisant l'appareil digestif, la forme scepticémique qui s’installe et tue en 48 h par invasion générale, et la forme atypique assez proche de la grippe), il faut un agent vecteur -la puce du rat- un hôte intermédiaire -le rat- qui doit en principe trépasser pour que le vecteur aille se gorger ailleurs soit sur l'hôte final l'être humain (Albert Camus avait donc fort justement fait précéder son épidémie de peste par une épizootie de rats).
L'issue létale (dans au moins 30 pour cent des cas) se produit en une dizaine de jours (12 maximum) depuis l'incubation.
Cela aurait donc supposé qu'en 1348 et 1351 des hordes de malades pesteux se seraient répandus sur le continent, poursuivis de près par des troupeaux de rats infectés. Le tout dans le but de se refiler les puces dans les délais requis par la faculté.
Cela, de simple bon sens, ne colle pas (Patrick Reymond n'écartait pourtant pas l'hypothèse. Il faut dire qu'en plus d'être un as du tir au poing, notre Patrick reste un grand espoir du demi-fond français).
Les médecins ont tourné l'objection en avançant que la peste bubonique aurait muté en forme pneumonique, de propagation directe beaucoup plus rapide.
Le problème est que rien dans les témoignage du temps -et dieu sait si les clercs dans leur grande épouvante et leur désir de repentance ont écrit sur le sujet- ne permet de valider médicalement une telle hypothèse.
Tout au plus peut-on dire que les fièvres qui décimaient les populations ne correspondaient qu'imparfaitement au tableau classique de la peste bubonique. En plus de la présence attestée des bubons, il était en effet souvent question dans les témoignages de « grandes tâches rouges » qui évoqueraient plutôt le choléra (mais celui-ci ne donne pas de bubons ?).
Spicer et Naphy avait donc formulé à partir de là deux hypothèses sur la nature et le devenir de cette finalement bien mystérieuse affection.
A)
Il ne s'agissait pas de la peste mais d'un anthrax, maladie multi-vectorielle et à forme clinique complexe, qui frapperait l'humanité dans un intervalle de sept à huit siècles correspondant à des grands cycles de civilisation. Par immunité collective acquise le fléau finirait par s'estomper, pour mieux renaître tel le phœnix au terme d'un autre cycle.
Hypothèse très pessimiste (brrr) si l'on considère que le délai de sept siècles est bientôt écoulé, et que notre mode de civilisation conquérante est en train de battre de l'aile.
B)
Il s'agirait bien de la peste mais sous une forme particulièrement virulente et à contamination directe contre laquelle les européens se seraient là aussi auto-vaccinés au fil du temps.
Hypothèse à peine plus optimiste que la précédente si l'on admet que ce type de virulence ne reviendra pas (?).

Il manque bien sûr à ce bref résumé ce que nous (vous surtout) esquissions plus haut, à savoir le rôle essentiel qu'aurait pu jouer le stress collectif dans la diffusion de la maladie, ce qui nous met en porte-a-faux avec la rationalité contemporaine qui ne veut voir dans les grands fléaux épidémiques qu'une cause microbienne stricte .
Ce rôle était d'ailleurs implicitement contenu dans votre objection à ma vision apocalyptique de la basse Normandie pestiférée inspirée de la thèse de Guy Bois.
Mais j'avais peut-être d'ailleurs raison contre vous si l'on considère l'ensemble des facteurs de stress qui ont accompagné et décuplé le grand fléau. Hantise de la famine certes, hantise de la guerre (civile ou non) et de ses maux certes, mais dont nous imaginons mal l'ampleur dans les esprits et le comportement pétris d'irrationalité du temps.
Froissard en rendait compte à sa manière dans ses chroniques lorsqu'il évoquait le suicide si fréquent des paysans, généralement par pendaison, et dont il disait que la corde qui pendait les malheureux était une manière de rétablir le lien avec le ciel, ce ciel qui les avait abandonné.
Guy bois faisait également allusion à cette dimension méconnue dans un autre de ses ouvrages (remarquable) « la grande dépression médiévale », dépression prise non pas seulement dans sa signification économique, puisqu'il soulignait l'importance de l'imaginaire de mort et de terreur qui avait envahi toutes les représentations artistiques durant cette période de « l'effondrement » du Moyen Age.

Vous savez que je recherche toujours dans la musique populaire ce qui peut refléter les questions graves du temps.
Pour la peur et le stress qui nous hante tous, ceci est une sorte de chef-d’œuvre de ce genre mineur (peut importe celui qui l'a faite, finalement les artistes en tant que sujet m'indiffèrent, ils ne sont grands que par ce qu'ils font).

https://www.youtube.com/watch?v=fC_OgQnf7Qs

En vous remerciant pour votre attention et surtout votre contribution.

valuebreak 11/03/2017 08:38

synchronicité ....
le dernière fiche de lecture de M. Drac porte sur les rôles respectifs du cerveau profond et du cerveau conscient, dits systèmes 1 et 2. remplacez dans son discours le terme de "biais cognitif" par "biais cognitifet sa conséquence : la somatisation" .... et ... ça nous fera de quoi discuter ...

valuebreak 08/03/2017 20:10

Bjr La Gaule ...
Réponse prolixe, à votre habitude ... je la survole et l'étudierai soigneusement dans un deuxième temps, selon mon habitude à moi, et d'emblée, j'entrevois chez vous ce que j'avais déjà perçu, à savoir qu'il est bien difficile de renoncer à tout un vécu d'apprentissages exogènes admis sans discussion par tous et toutes, nos proches y compris alors que la petite voix du simple bons sens résonne faiblement mais constamment de ce simple message : "y nous prennent pour des c.... ou quoi ?". Mark Twain disait que s'il est facile de tromper un homme, lui faire reconnaître qu'on l'a trompé relève de l'impossible ...
Juste pour le fun, une anecdote sur L. Pasteur, dont je pense effectivement qu'ils nous a aiguillé sur une voie bien malheureuse; lui et ses laudateurs ont un karma effroyable ...
voici une citation de Wiki, sur la vie du grand homme : "Ses études sur les maladies des vers à soie, menées de 1865 à 1869 à la demande de Napoléon III, triomphent de la pébrine mais non de la flacherie et ne permettent pas vraiment d'endiguer le déclin de la sériciculture. Pendant ces études, il demeure à Pont-Gisquet près d'Alès. Durant cette période, une attaque cérébrale le rend hémiplégique. Il se remet, mais gardera toujours des séquelles : perte de l'usage de la main gauche et difficulté à se déplacer ..." En fait échec complet après 5 saisons de recherche, au point "qu'il fut assailli par les pierres que les habitants lui jetaient de tous côtés " (Pasteur, de Pierre Darmon) ... comment Pasteur évite t'il une sixième saison d'échec et de jets de pierre ? En devenant hémiplégique ... plus de déplacement possible ... Beau pied de nez de la psychosomatique à son plus grand négateur ...
Et je pourrai développer sur l'intérêt pécuniaire du grand homme .. à faire plonger la sériciculture ... cherchez du côté de la rayonne ...

Bon, donc je prend le temps de vous lire en détail ... et de creuser la question de la peste ... ça me demandera quelques jours ... Vous pouvez m'écrire à fusainbleu@gmx.fr ou continuer ici, à votre guise ...
Portez vous bien ...

valuebreak 07/03/2017 19:16

en réponse à La Gaule, sur la lèpre :

Je sais, c’est une discussion sur la lèpre … et je m’apprête à parler du Sida Quel rapport direz vous ? je ne vous ferai pas le coup facile des Sidaîques lépreux modernes, mais les analogies entre les deux sont suffisamment nombreuses pour que je choisisse de parler de l’un avant l’autre. Donc, dans une deuxième partie, je reviendrai sur la lèpre.
Sida … début des années 80 ... un jeune homosexuel de Los Angeles qui dort mal et qui est donc stressé, fatigué, amaigri et sujet à des poussées de fièvre inexpliquées est hospitalisé. Incapables d’un diagnostic, les médecins le transfèrent dans un hôpital universitaire pour des examens plus poussés. Là on constate qu’ « il a perdu la quasi-totalité de ses lymphocytes T4 » qui, selon la théorie officielle, sont « dans le sang » et coordonnent la lutte du système immunitaire contre les infections de microbes. On en informe le patient qui est alors paniqué et dont le stress est décuplé. Quelques semaines plus tard, le jeune homme éprouve de grandes difficultés à respirer. On diagnostique une grave pneumonie.
le médecin-chef, le Dr Michael Gottlieb cherche d’autres cas analogues. Il en découvre deux. Il s’agit aussi de deux homosexuels. De là à conclure qu’on se trouve devant une « maladie » propre aux homosexuels non identifiée qui se transmettrait par le sexe, il n’y a qu’un pas, aussitôt franchi. En 1981, le premier patient meurt des suites de sa pneumonie, bientôt suivi par les deux autres. Le Dr Gottlieb (amour de Dieu !) va appeler ce qui n’est pas encore le Sida le GRID, Gay Related immune Deficiency et qui, merci à la grande presse, ne va pas tarder à être identifié comme la « maladie des homosexuels », aussitôt réputée, par la chrétienté rigoriste américaine comme le châtiment divin bien mérité par les homos …
il va s’en suivre une terreur panique dans toute la communauté gay des grandes villes américaines puis mondiale, dont les membres les plus affaiblis par une vie de bâton de chaise (ah, les poppers autrement dit le nitrite d’amyle, synthétisé, Cocorico, par un français, Jérôme Balard, celui du métro, ça fait bander toute la nuit certes, mais ça vous fatigue un bonhomme vite fait …) vont développer initialement un sarcome de Kaposi, c'est-à-dire un cancer de la peau …. Oui, la même peau que La Gaule dégommait à la râpe chez les pestiférés … les homos tranquilles, en couple régulier à la vie pépère, s’en tirent sans égratignure …
Notons que GRID, ça sonne comme Greed, et que ça va attirer l’attention des faiseurs de fric … qui vont s’empresser de réclamer de la thune pour étudier cette nouvelle chose, puis déclarer que c’est super dangereux, hyper contagieux, donc décrocher de plus gros budgets, qui permettront de décider que non en fait, c’est le plus grand danger de tous les temps, que c’est pas seulement homo, mais aussi hétéro, pas seulement américain mais mondial … etc … Du coup, on le rebaptise Sida, élargi à 29 symptômes au lieu des 2 initiaux … bref Jackpot planétaire ! et crise d’angoisse planétaire itou ! Quand on va prétendre avoir fabriqué un test détectant le Sida, ce sera le bingo absolu. R. Gallo est multimillionnaire aujourd’hui … et ce n’est pas le seul … j’ai dit prétendre … Abbot, le fabricant du test Western Blot écrit dans sa notice : « Le test de surveillance impliquant HIV-1 n’est pas censé être utilisé comme test de surveillance du HIV ni comme test de diagnostic pour confirmer l’infection par la présence du HIV » Si, si …. Pour en finir avec ça, vous saviez que si vous êtes diagnostiqué séro po, il vous suffit de refaire l’analyse ailleurs, à l’étranger par ex, pour ne plus l’être ? Si, si …

Bon, résumé : le Sida, c’est la somatisation d’une angoisse absolue s’exerçant sur une population stressée puis élargie à l’ensemble des gens. La cata mondiale n’ayant pas eu lieu, la peur recule et le Sida aussi….
La lèpre (nous y voilà), ça fonctionne pareil …
Les 13è et 14è siècles sont les périodes d’apogée de la chrétienté au sens où nous l’entendons aujourd’hui, de même que notre époque voit l’omniprésence de l’imagerie dans la science médicale. Si l’on doit reconnaître un trait saillant à la chrétienté, c’est celui de s’être créée en opposition au paganisme antérieur, et d’en avoir fait l’ennemi à abattre par tous les moyens. La mission accomplie, que font les païens devenus minoritaires, marginalisés, chargés de tous les pêchés de la terre ? hé bé, ils se planquent, ils se taisent et ils subissent. Et ils somatisent … quoi de mieux que de dessécher soi même inconsciemment sa propre peau de manière à ce qu’elle apparaisse déjà brûlée, et que donc les prêtres n’aient plus à la brûler eux mêmes dans les tourments tout en promettant les flammes infernales et éternelles ? Magnifique stratégie de survie et de fait, la durée de survie du lépreux auquel on fout la paix est remarquable. Ne vous étonnez pas La Gaule que vous ne puissiez attraper la lèpre, c’est juste que ni vous ni personne ne croit plus aux flammes éternelles de l’enfer ….même pas peur, quoi ….
Evidemment, les profiteurs du camp de la chrétienté ont font main basse sur les biens matériels, « soignent » à prix d’or et se construisent des positions sociales … Greed …. Tous les R. Gallo du monde étaient déjà incarnés à cette époque …
Evidemment aussi, les causes physiologiques attribuées à la lèpre sont tout aussi vaseuses que le HIV jamais isolé depuis les années 80. Une approche intéressante est que tant qu’il est confiné dans sa trouille du bûcher à venir, le cerveau inconscient du païen insensibilise tout ou partie de sa peau en détruisant ses propres capteurs sensitifs dermiques ….réflexe de survie là encore. Quand la phase de terreur s’estompe, le cerveau profond s’attelle à la réparation de ces terminaisons nerveuses, sous le couvert d’une isolation préalable de la couche externe de la peau … Prolifération du derme, la lèpre, donc. Ce qui signifie que les mycobactéries lépreuses sont des agents participant à la réparation en boulottant les débris des anciens axones et des cellules intradermiques remplacées. Elles font le ménage par le vide, et laissent la place pour la création de nouvelles cellules aidées par … les virus … Réparation donc, et non pas destruction, avis aux amateurs d’antibiotiques … si la terreur revient, le processus de réparation est interrompu … si elle se retire ; il redémarre ….
Le parallèle avec le Sida est ici plein et entier : opprobre généralisée = insensibilisation de la peau organe du contact, tentative de réparation = Kaposi, annonce du verdict médical = sur stress, inquiétude des proches, idem …. La descente en LLL chère à m’sieur Reymond …

Je terminerai avec la litanie du Bene Gesserit :
« Je ne connaîtrai pas la peur car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi. »

Jazzman 03/03/2017 18:56

Donc l'immigration c'est la faute de la Turquie. Ah bon.
Moi j'aurais plutôt dit que c'est la mise en oeuvre du plan Kalergi, mais on dirait que Michel Drac n'en a pas entendu parler malgré sa vaste culture...
Pourtant en 2010 Angela Merkel a été lauréate du Prix Coudenhove-Kalergi, et en 2014 c'était Jean-Claude Junker, ça ne derait pas passer inaperçu.

La Gaule 04/03/2017 15:52

T'es verni. Maintenant ils font des appareils auditifs couplés à des lunettes.

lecteur 03/03/2017 07:29

De façon simplette nous avons été dressés a penser humain virus et bactéries comme entités distinctes ce qui est faux. Je crois que notre génome contient 40% de génome viral acquis au cours de l'évolution.
Notre microbiote pèse 1 a 5 kilos les pestes sont des cycles nécessaires régulant la vie humaine et animale
Les grandes pestes régulent les aberrations des sociétés.
La peste noire de 543 régule après la baisse de l'Empire romain ( je n'écris pas chute ' ce ne fut pas vraiment une chute )

La peste de 1348 régule l'essor du aux essarts des 3 siècles precedents


La grande peste de 20?? Réguler à la folie actuelle

La Gaule 03/03/2017 02:28

1)
L'hypothèse d'une mutation brutale d'une maladie n'est jamais à écarter.
Je l'avais fait jadis concernant la peste (je crois que je vais réécrire à gros traits ce que j'avais dit à l'époque, cela me prendra moins de temps que chercher cette aiguille dans la botte de foin de vos archives) en émettant l'idée que le mode de contamination avait pu devenir multi-vectoriel au lieu de mettre en cause la seule puce du rat.
Pour la lèpre, je suis parti de l'hypothèse que la maladie était d'une virulence égale à celle que nous connaissons depuis en gros cent cinquante ans, et qui semblait comparable à celle que décrivaient les grands anciens dont Hippocrate.
Mais rien n'interdit en effet de penser que la maladie a pu connaître en Europe une mutation brutale et transitoire par le jeu de l'immunité collective acquise.
Si un spécialiste en maladies infectieuses passe par là, son avis sera le bienvenu...
2)
En bornant mon sujet au Moyen-âge, j'ai évité de parler du grand spécialiste de ce que l'on pourrait appeler la géopolitique des maladies microbiennes, j'ai nommé Jared Diamond.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jared_Diamond

Plus particulièrement dans cette ouvrage ci :

https://www.youtube.com/watch?v=ESR_vM6xoKY

Jared Diamond pense en effet que l'immunité acquise face à certaines grandes maladies de masse fut l'un des avantages essentiels qui a permis aux européens d'étendre leur domination sur le reste du monde.
Et cette immunité a été acquise à l'origine par les animaux spécifiques que les européens ont domestiqués et avec lesquels ils sont restés en contact étroit.
C'est ainsi qu'ils ont pu développer des résistances à des maladies devenues des épidémies de par le nombre et l'omniprésence de ces animaux.
D'où choc microbien et hécatombe lorsque les européens ont débarqué dans des zones ou ce processus immunitaire n'avait pu s'opérer.
D'où aussi la difficulté de pénétration des européens dans des territoires frappées de maladies endémiques, parce que ces maladies sont véhiculées par des animaux sauvages ne permettant pas l'acquisition d'une telle immunité.
Je conseille d'ailleurs la lecture de cet article sur la question avec une interview de Jared Diamond.

https://traces.revues.org/5227

Oui, Pasteur avait plus que jamais raison sur la probabilité d'une autre très grande épidémie à venir en occident, d'autant plus que d'aucuns font tout pour favoriser le brassage de masses considérables de populations comme des apprentis sorciers, et au mépris des grandes leçons de l'histoire sur les catastrophes biologiques que ce genre de confrontations ont déjà amenées.
3)
Cela m'amène à la dernière vidéo de lecture de Michel Drac, à mon avis la meilleure qu'il a faite depuis le début de l'exercice, à propos du livre « La huitième plaie » écrit par le pseudo « Stratediplo » .

https://www.youtube.com/watch?v=62kYzjbwEXU

Michel pense (à raison à mon avis) que les récents flots migratoires qui se déversent sur l'Europe depuis quatre ans ne sont pas plus liés à des motifs économiques qu'à des raisons géopolitiques impliquant le jeu trouble de la Turquie.
Ils proviennent bien d'une volonté organisée de l'Union européenne (et de ses mentors connus) qui redoute une réaction violente des peuples continentaux contre ses dogmes, et souhaite reprendre la main de manière autoritaire en favorisant des troubles interethniques sur tout le continent.
La possibilité d'un nouveau choc microbien fait-elle partie du plan ? Pas sûr, ou alors les apprentis sorciers concernés ont une foi trop aveugle en leur pouvoir de manipulation.
En tout cas la seule guerre qui soit certaine à l'horizon est bien celle des microbes.
4)
En relisant mon texte sur la lèpre, je me suis aperçu que j'avais rédigé bien malgré moi une espèce de brûlot anti-chrétien et presque anti moyenâgeux de surcroît, ce qui n'était absolument pas mon but.
Parler de maladie nous renvoie au côté gris de l'histoire, là ou le blanc et le noir se fondent dans l'humaine et trop humaine condition, et là où les civilisations les plus brillantes montrent leurs failles.
La chrétienté triomphante du beau Moyen-âge a résolu ses contradictions de manière contrastée, souvent avec bonheur et bienveillance, et tout aussi souvent par le fer et le feu, loin des évangiles.
On fait pas ce qu'on veut, comme disait ma grand mère en m'emmenant à la messe.

lecteur 02/03/2017 22:15

Les virus et bactéries s'incorporent aussi dans notre génome nos mitochondries. Notre ADN est en très grande partie viral. Il s'agit de l'élément normal de la vie et les pestes ' épidémies mortelles ' pandémies sont la normalité '' normale''. Ce qui est anormal est une courte durée de temps actuelle ' un petit pet a l'echelle de l'humanité. Et ce n'est qu'un mini décalage temporel et temporaire

lecteur 02/03/2017 22:10

Il faut aussi avoir une vision sur le temps long qui dépasse l'échelle de vie humaine ou de quelques générations. Il faut imaginer que la vie de bactéries ou virus peut avoir son propre cycle sinusoïde sur des courtrs périodes de cycle de 1000 ans ' des périodes moyennes de 10 ooo ans par exemple pouvant n'être qu'un seul battement cardiaque pour bactérie 'et des périodes de 100 ooo ans et même un million d'années