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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 08:32

On veut dénigrer le Venezuela, mais pas avec les bons arguments.

Le socialisme, nous dit on, fait baisser la production de pétrole. Il faut leur rappeler que le pic pétrolier Venezuelien a eu lien en 1970, et qu'il y a eu un pic secondaire en 1997, et que le pays se débat dans les affres du yoyo pétrolier depuis presque 50 ans, avec soit une monnaie forte, soit des épisodes d'hyperinflation.

Il est bien connu d'ailleurs, que le libre échangisme néo-libéral fait littéralement repousser les champs pétroliers. J'ai juste là ?

Le fait de l'importation de brut léger en provenance des USA, est lié d'abord à la géologie : le brut importé, c'est souvent du condensat, que les raffineries US ne savent pas traiter (tiens, on ne taille pas les USA ?), et qui est nécessaire à l'extraction des bruts lourds, notamment de l'Orénoque.

J'attends du journaliste qu'il nous fasse le même article sur le Mexique... Avec les importations de brut léger en moins, parce que le Mexique n'a pas les bruts lourds de l'Orénoque. Le journaliste peut aller aussi leur expliquer comment l'extraire, ça sera encore mieux, et ils le décoreront aussi sec.

Quand à commercer avec son meilleur ennemi, pendant toute la présidence Chavez, les ventes de pétrole se sont faites essentiellement avec les USA.

Le gros problème du Venezuela, c'est d'avoir subi de plein fouet une "Dutch disease", ou maladie des champs pétroliers, qui détruit le reste de l'économie.

Dans le même temps, l'évolution démographique a fait passer la population de moins de 12 millions (1970) à 31 (2015), ce qui est nettement différent, même si maintenant, la transition démographique s'achève au Venezuela.

Les pourcentages de population urbaine, et les volumes sont nettement différents. 3.2 millions de ruraux en 1970, contre 8.7 d'urbains, contre 3.1 de ruraux et 29 millions d'urbains en 2015.

L'agriculture, n'a pu se développer, avec le poids de l'histoire, les grandes latifundia héritées de l'époque coloniale, et jamais ou peu cultivées, que les grandes familles s'acharnaient à détenir, alors que selon le droit en vigueur dans bien des endroits en Amérique latine, il n'existe pas un droit de propriété, mais un droit d'usage. Théoriquement, si l'usage n'est plus, les terres sont réputées appartenir à l'état. C'est un état de fait issu de la conquête, et non du chavisme. Le roi d'Espagne n'aliénait que temporairement ce qui lui appartenait.

Les tentatives de réformes agraires n'ont pas manquées, bien avant la Chavisme, et si la période chaviste a vu la production locale notablement remonter, il est clair qu'elle partait aussi de très bas. Et les sicaires (tueurs) des latifundistes savaient aussi très bien contrarier les tentatives de réformes agraires.

Pendant des années, de 1950 à 2000, la principale occupation des gouvernants a été le court terme avec la manne pétrolière, et ses aléas. Les politiques de long terme n'ont visiblement jamais été leur fort, les périodes de surévaluation de la monnaie tuaient la production locale, les périodes de forte inflation engendraient des importations, jusqu'à ce que le niveau zéro fut presque atteint.

L'Ayatollah Komeiny traitait le pétrole "d'or du diable", et sa manne, comme une malédiction.

Donc, les idées simplistes, des simplets, n'ont pas cours, et ce n'est pas la vérité. Qu'elle que fut le gouvernement du Venezuela, il serait en crise. La production pétrolière chute, les prix aussi, et comme dans bien des cas, c'est la seule ressource. Mais il est vrai que dire, "c'est la faute au socialisme", c'est dans l'air du temps, et ça ne nécessite que deux neurones, et aucune culture économique. 

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Published by Patrick REYMOND - dans Energie
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