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SUPPRESSION DE TAXES...

21 Juillet 2017 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Politique

Les gens n'aiment pas les taxes. Normal. Mais les gens aiment bien les contreparties. Les routes en bon état, l'indispensable crèche (municipale, bien sûr), l'enlèvement des ordures ménagères, la salle des fêtes, la piscine, etc...
Tout ce qui est devenu la norme depuis 1945, et qui ne l'était pas avant. En 1939, seule l'électrification avait fait l'objet d'une politique globale.

L'eau dans les maisons, c'est après, et les toilettes généralisées, ce sont les années 1970. Parce que cela entrainaient beaucoup de travaux.

Alors, tout le monde semble approuver l'abolition, à 80 % de la taxe d'habitation, fausse bonne idée. Parce que, de toute façon, c'est bien le contribuable qui paiera. Ou pas. On peut très bien voir une compensation qui n'évolue pas. Et des communes de plus en plus désargentées, et des communautés de communes, idem. Quand aux fusions, comme je l'ai déjà dit, ça  rapportera que dalle.

Le maire des années 1930, souvent rentier, ou communiste, n'embêtait pas les gens. Mais il ne fallait rien lui demander. Parce que, des fonds, il n'y en avait pas, et que les budgets existants, étaient réduits à rien. Souvent, le personnel municipal était inexistant, ou presque, réduit au simple secrétaire de mairie et au cantonnier. Le secrétaire de mairie étant fréquemment aussi l'instituteur.

A l'époque de Napoléon 1°, tous les rapports le confirment, 80 % des maires ne valaient rien, avec des degrés variables dans le néant, mais on n'avait personne pour les remplacer. En ce qui concerne les maires rentiers, du XIX° siècle, ils étaient un peu meilleur, parce qu'ils avaient plus d'éducation. Ils savaient  lire, écrire et compter, et les registres montrent l'amélioration.

La suppression de la taxe d'habitation acte un fait. La population se paupérise. Au XIX° siècle aussi, l'indigence était la règle, et le rapport à l'impôt, ambivalent. On était fier de le payer, signe de réussite et de bourgeoisie, tout en s'en plaignant. D'ailleurs, le passage du suffrage censitaire à l'universel s'est fait avec l'élargissement de l'assiette fiscale. On peut se demander si le passage de l'universel au censitaire n'est pas aussi acté dans cette réforme.

Le niveau des maires devient catastrophique, particulièrement en matière financière. Et le problème des investissements n'est pas particulièrement celui des autorités locales. C'est le système qui est vicieux. Quand le maire paie 20 % des travaux et le département, l'état, la région, l'Union européenne, le reste, c'est un pousse au crime. Si, sur 5 millions de travaux, la municipalité payait réellement 5 millions, la prudence serait de mise. Quand on en paye 1, c'est plus difficile de résister.
Bien entendu, les exigences ont changés. Salle des fêtes, piscines, sont des équipements aussi incontournables que gouffres financiers. On peut y rajouter la crèche, moins gourmande en capitaux, mais plus gourmande en frais de fonctionnement. Et il faut rajouter tous les porteurs de sébille, d'une aptitude extrême à dépenser l'argent, mais jamais à en gagner...

On peut d'ailleurs donner un satisfecit aux rares maires FN. Ils ont sabrés les subventions, d'autant plus avec plaisir qu'elles étaient "de gôôôôche", le plus souvent, (et de gôôôôche très colorée), et largement levé le pied sur les travaux. Comme Podemos en Espagne, "n'ayant pas l'expérience du pouvoir", ils se sont désendettés, en levant le pied sur les travaux, grands et petits...

Le problème, donc, n'est pas le maire en lui même, mais celui qu'on met en fonction. Sa culture, ses a-priori, ses vaches sacrées, en un mot. Quand un maire trouve normal d'avoir 200 euros de frais financiers par contribuable, c'est là le problème.

D'une manière générale, les maires ruraux, faute de moyens, le plus souvent, se sont montrés les plus prudents. C'est pour cela qu'on veut fusionner les communes, et créer des communautés de communes, pour continuer une fuite en avant inutile. Toute création de nouvelle entité, crée une entité non endettée. Parce qu'elle n'en a pas eu le temps. Et à la place  de ruralité peu endettées, des ruralités qui soient très endettées.
Pour ce qui est des communes urbaines. Elles vont avoir de gros problèmes. Elles devront tailler dans les missions et les effectifs. Mais les maires ne sont pas forcément les responsables. Ils ont été le reflet d'une époque exigeante. Les seuls maires responsable, sont ceux qui n'ont pas lus les formules d'intérêts, dans les offres de prêts Dexia.

Une idée pour redresser Baltimore : le maire devrait créer un stage de gestion, pour villes dans la merde noire.

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B
ma commune 1100 habitants en milieu très rural.. on en est à 2 ascenseurs...qui ne coutent pas cher car subventionné. Le probleme est qu'on ne sait pas pourquoi il y a 2 ascenseurs puisqu'on aurait pu faire sans...
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A
je suis conseiller municipal d'une commune rurale de 500 h<br /> la salle des fêtes pas si coûteux que cela , a permis les activités périscolaires <br /> ce qui est coûteux est tout ce qui échappe au contrôle du conseil ; syndicat scolaire qui construit un ensemble scolaire neuf avec tous le fonctionnement qui va avec et les communes se retrouvent avec des locaux inoccupés et difficilement vendable .<br /> ;études de PLUI , de zonages d'assainissement , de captage d'eau potables , d'enfouissement de réseaux divers et variés de zone d'activités etc qu'i faut recommencer régulièrement comme par hasard , car les crédits pour réalisation sont manquants .<br /> A coté l'entretien des routes , c'est cher mais au moins on sait ce qu'est devenu l'argent..
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M
Les jeux olympiques du travail au Japon :<br /> <br /> http://www.20minutes.fr/sport/2107931-20170721-stades-jo-2020-apres-avoir-atteint-limite-physique-mentale-ouvrier-japonais-suicide
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S
Le problème des taxes foncières et d'habitation est l'assiette de référence. Complètement obsolète, sans rapport avec les ventes/acquisitions moyennes et sans coefficient multiplicateur/réducteur basés sur les doublons/triplons de "services" accessibles sur quelques km2. Comme l'impôt avec ses niches fiscales, la CSG provisoire qui dure avec des taux exponentiels sans explication et une palanquée de taux de TVA (ou d'exclusions) que même les énarques ne comprennent plus. Bref, bricoler des mesurettes sans queues ni têtes n'a jamais fait une politique fiscale sérieuse.<br /> Le problème des maires est qu'il y en a trop sur trop peu de place. Donc le gâchis se voit, surtout s'il n'y a aucun audit ET indépendant ET contraignant, au sens "une bêtise" "une amende". Que ce soit dans la gestion des marchés publics, les équipements, les POS/COS/PLU, les permis de construire, etc...
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