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LA BONNE QUESTION...

12 Septembre 2017 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Politique

" Patrick
Je me suis bien marré quand vous rappelez quelques évidences sur S. Plaza. Mais je ne serai pas si dur avec les branleurs dont je fais partie. En effet, à qui la faute si avec le pétrole, on est passé de 80% de paysans à 2%. Que doivent faire les 75% d'inutiles, se tourner les pouces ?
La nature a horreur du vide crée par l'excédent d'énergie et le progrès technique. Alors on remonte dans la pyramide des besoins. Au sommet il y a le besoin de reconnaissance dont S. Plaza est un promoteur. Avec la fin du pétrole, il restera le progrès technique et les techniques de culture doivent permettre de nourrir les 100% avec maxi 15%. Il restera donc toujours des branleurs à occuper
Moi, je suis contrôleur de gestion, j'ai une utilité toute relative car la plupart des usines sont parties en Chine. Mais on me paye bien pour bidouiller des tableaux et des analyses powerpointisables par les "managers". Je suis un gueux mais un gueux bien payé. Je fais partie des pseudo winner car j'ai pu m'acheter une maison en région lyonnaise (une fortune pour ce que c'est) mais que faire d'autres, élever des chèvres ? "

Félicitation à ce lecteur (David), qui n'est pas bégueule comme certains, et reconnait que son travail, finalement, n'est que très marginalement utile (version optimiste), voir totalement nuisible (version pessimiste).

En réalité, la question, c'est que "l'économie est l'art du choix, et tout choix est politique".

On a glorifié le travail, alors qu'au moyen âge, le travail c'était pas ça. Si les récoltes étaient un coup de bourre, le reste de temps, c'était la société du loisir, genre Corée du nord, comme le dit Alain Soral. Tout le monde travail, 44 heures par semaine, mais peu et sans être stressé.

Dans une société très peu ouverte économiquement, le plein emploi est facile.

60 à 80 jours de fêtes au moyen âge, et les 3/4 de l'année, pas grand chose à faire. Une économie reposant sur la culture de plantes, ça n'occupe pas beaucoup. Ce qui tient du temps, tout le temps, ce sont les bêtes. Et les bêtes, un gros troupeau, au moyen âge, c'est 5 ou 6 bêtes, mais pour cela, on a des valets.

C'est un choix qui a été fait au sommet de la société. Au lieu d'avoir beaucoup de temps libre, et des hommes au bistro, il a fallu les déporter en ville.

Mon cher David, vous avez été complétement avalé par le système. Et incapable de vivre sans lui, sans carte bleue, et tout un tas de choses, dont on peut se demander l'utilité. Non que je vous en blâme, mais c'est un constat.

Le problème, c'est que perdurer dans ce système va être de moins en moins possible, au moins sous cette forme. L'agglomération lyonnaise est incapable de vivre comme toutes les grandes villes à moyen-long terme, du moins, avec son importance actuelle.

Le choc pétrolier, ça s'appelle le chômage, et celui qui s'y retrouve, le sent passer. Ce qui est en cause, c'est le système économique basé sur les échanges, et les échanges, sur le pétrole.

Quand les usines en Chine n'auront plus de clients, et les marchandises plus exportables, que restera t'il ?

Le choix entre la société "du travail" (mais pas pour tout le monde) et la société du loisir est un choix politique, qui a vu des affrontements sévères, notamment, les guerres dites "de religion", du 16° siècle. Les protestants, étaient ceux qui voulaient la régression sociale absolue, pour mettre toutes ces feignasses au travail, pas des gens innocents voulant prier comme ils voulaient. C'était la moitié des 10 % les plus riches, les plus aisés, les plus nobles, de la population française qui voulaient écraser les 90 % autres...

Comme on disait à l'époque, ils auraient écorchés un pou, pour en avoir la peau.

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Nam 12/09/2017 22:33

Je suis comme David, je suis un gros branleur dans une grosse boite à Paris, bien payé en échange de m'ennuyer au travail. Comme David, j'ai acquiert des logements (en région parisienne) : j'ai commencé par ma résidence principale à Paris intra-muros, que j'ai agrandie en 2015, et maintenant j'acquiers des logements avec ma compagne pour les mettre en location. Ce n'est pas que financier, cela me permet de "vibrer", sinon qu'est-ce qu'on s'emmeeeeeerde dans ces grosses boites ou je "travaille"!!!

francomusso 12/09/2017 15:43

Le travail n'existe que depuis la révolution industrielle. Avant la vie comprenait des activités dans lesquelles étaient toujours conjointe l'utile et l'agréable. Aujourd'hui l'utile comme l'agréable sont des "produits" qui s'achètent et se vendent. C'est tout le problème. Et actuellement c'est le grand truc sociétal, il faut à nouveau que toute activité associe utile et agréable. Et pour cela il faudra supprimer tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la bourse. Et ça .... c'est pas près d'arriver.

Popeye 12/09/2017 14:29

Moi aussi je ne suis qu'un "manipulateur de symboles" (il me semblait avoir vu l'expression chez Dumézil et ses trois fonctions Prêtre / Guerrier / Producteur mais en fait je ne la retrouve pas)
Sans forfanterie, je touche ma bille en Excel ou Powerpoint.

Mais je me soigne.

J'ai aussi un vrai potager, un vrai verger, une vraie cheminée (en fait un poêle...) qu'il faut alimenter avec des vraies buches que je débite avec une vraie scie et un merlin non moins réel.
J'ai déjà tué, vidé dépecé cuit et mangé un lapin. Pareil pour une poule (Il faut remplacer au préalable l'étape "dépecé" par "plumée" dans le logigramme, pour parler riche et Powerpoint)

Je saurais tout à fait être un membre de l'ordre des "laboratores"
Et précision à l'usage de ces malfaisants qui ne voudraient se résoudre à aucune des contraintes de l'un ou l'autre de ces trois ordres : si nécessaire, j'ai les compétences (et le minimum de matériel indispensable...) pour faire partie des "bellatores"

Ano 12/09/2017 21:16

Vous négocierez votre place d'esclave auprès de la racaille lyonnaise après la rupture de normalité inéluctable. Il est trop tôt maintenant pour en parler. Avez-vous commencé votre initiation à l'Islam ?

(Je plaisante, quoique... Vous avez mis les mains dans la terre et le sang, allez jusqu'au bout du raisonnement : abandonnez ce mode de vie qui sinon sera votre mort. Il n'y a plus d'Etat à part pour taxer et rembourser la dette. Réveillez-vous ou il sera trop tard pour vous. Après tout on est 50 millions de fds, c'est déjà trop. Alors que Darwin oeuvre. Capiche l'ami ? ;) )

La Gaule 12/09/2017 13:46

L'inflation des « bullshit jobs » est dans la logique que font les marxistes -lesquels ne racontent pas que des conneries- de la dynamique du capital.
La loi d'airain du capitalisme est la baisse tendancielle du taux de profit, laquelle est compensée par le machinisme (transformation du travail vivant en travail mort et véhicule de la valeur travail limitée par la seule usure de la machine), faux-semblant paradoxal qui fait croire au bout du compte aux béotiens (et à pas mal d'économistes) que la croissance du taux de profit est exponentielle.
Marx fait par ailleurs la distinction entre la domination formelle du capital et sa domination réelle (ce qui découle du livre I du Capital).

La domination formelle correspond aux premiers stades du capitalisme -première révolution industrielle incluse- et elle implique une valeur absolue donnée aux rapports de domination de classes : exploitation absolue du travailleur par le producteur propriétaire et paupérisation absolue du travailleur.
La révolution protestante et son projet d'exploitation absolue (Dieu n'était pas contre, of course), à laquelle fait allusion PR, fait bien évidemment partie de ces étapes obligées du capitalisme.

La domination réelle correspond à l'accélération du machinisme et à sa sophistication (ce qu'un Dimitri Orlov appelle la « fête de la technostructure » et un Philippe Grasset le « déchaînement de la matière »), ce qui n'exclue pas le recours à des formes de domination formelle exotiques dans des pays dits « en voie de développement » au Bangladesh et ailleurs.
Avec la domination réelle les rapports de domination de classe deviennent relatifs.
Ce sont ceux qui, après le passage au stade du « plein emploi », arrive à celui de la fameuse « crise », celle que nous connaissons aujourd'hui et qui perdure depuis quarante ans (un paradoxe amusant qui ne fait même pas rire les économistes lesquels manquent généralement d'humour).
C'est le stade où les « bullshit jobs » de maîtrise dont il est question chassent toujours plus les anciens jobs basiquement productifs (un processus qu'a bien analysé Gail Tverberg) en les convertissant soit en d'autres bullshit jobs à leur botte -par exemple les emplois de tourisme- soit en déchets du travail (situation de chômage).
Dans la logique marxiste purement économique, c'est également un fait très difficile à comprendre pour le béotien moyen (généralement un chrétien zombie) que le déchet du travail chômeur en occident est dans une situation pire que l'esclave travailleur du Bangladesh dans l'écrasement du taux de profit.

Le discours officiel de synthèse (super-structurel toujours selon les marxistes) interdisant tout questionnement à ce sujet s'appelait encore « économie politique » dans les années soixante dix du siècle dernier, c'est-à-dire qu'il restait encore perméable à la critique vulgaire -celle de PR, la mienne et les autres -un hurluberlu comme Jorion inclus.
Depuis trente ans, le même discours s'est auto consacré en « science économique » dans des murs de forteresse érigés à grand renfort de modèles mathématiques -une dérive que l'on peut observer d'ailleurs dans bien d'autres domaines.
C'est-à-dire tout bonnement qu'il se veut sans réplique, ce qu'en bon français on appelle un dogme révélé -Bon Dieu, quand tu nous tiens.

Le stade ultime du capitalisme serait donc la falaise du taux de profit, causée par le caractère incompressible de certains de ses facteurs, le facteur énergétique en premier lieu.
C'est ici où je coince mes patins de frein avec PR, car il ne fait pas de doute pour moi que les classes dominantes au sein de la domination réelle tenteront de sauver leurs meubles en régressant vers des formes encore inédites de domination formelle -le schéma de la décomposition de l'empire romain où des sociétés du beau Moyen Âge- ce qui implique une anticipation et un contrôle de l'effondrement, dont je suis persuadé qu'il anime les sujets de conversation en aparté dans des endroits comme Davos.
Sous cette éclairage, l'immigration massive des zones de domination formelle vers les zones de domination réelle de l'empire s'explique fort bien.

Tous ces concepts sont magistralement développés par un spécialiste du genre dans la vidéo qui suit (magnifique faciès d'intello marxiste, humm... Il ne lui manque que la mini-jupe).

https://www.egaliteetreconciliation.fr/Francis-Cousin-Marx-critique-de-Malthus-sur-la-loi-de-surpopulation-47488.html

Le sujet de cette vidéo n'a qu'un rapport indirect avec le nôtre ici (mais tellement facile à établir) puisqu'il s'agit des théories fort contestables de Malthus.
J'invite donc notre compagnon de route Max à méditer sérieusement sur ce qu'il y est rappelé, entre autre que « les lois de population n'ont pas une logique de développement autonome mais sont gouvernées par les lois d'aliénation du capital ».
Un démographe comme Todd tend à établir une certaine autonomie de ce type, même s'il n'évacue pas le contexte économique et sans jamais savoir s'il donne la primauté à la première ou au deuxième (puisqu'il a une fâcheuse tendance à dire tout et son contraire).

Le hasard a voulu que je prenne connaissance de cette vidéo en même temps qu'un texte de Charles Gave sur la dénatalité en Europe, et que là aussi la relation est pour moi d'évidence.

https://leblogalupus.com/2017/09/06/europe-demographie-la-peste-blanche/

En bon libéral conservateur l'ami Gave fait remonter implicitement cette dénatalité à 68 et à l'affaissement des mœurs que cette année politique fatidique impliquerait.
S'il avait lu le vieil Alfred Sauvy (il l'a certainement lu mais son inconscient chrétien zombie l'a placardé) il se serait rappelé que l'effondrement de la natalité en France datait de la première moitié des années soixante.
En donnant 68 comme le berceau de la chose, il met simplement la charrue avant les bœufs.
Sinon, son texte a le mérite d'évoquer une autre évidence cachée ; à notre stade de domination réelle du capital, la fonction de l'immigré est moins de remplacer les hommes et les bébés que de remplacer la femme, laquelle a remplacé l'un et l'autre à la suite des années soixante.
La « féminisation de la société » (laquelle a produit entre autre des La Gaule) n'avait pas d'autre fonction.
La tolérance que manifestent maintenant les élites occidentales (toutes des bonnes femmes où des bonhommes sans enfant) vis à vis des viols de leurs femmes par des immigrés est simplement un signal fort du changement de régime de domination.
L'occidentale a bien mangé son pain blanc.
Charles Gave constate après d'autres qu'au train au ça va, le remplacement des populations sera accompli à mi-parcours du siècle.
Il ne dit pas que c'est bien ou que c'est mal. En bon libéral il constate.
Tu parles Charles !

David 12/09/2017 11:45

Patrick
Effectivement, il est toujours difficile pour un pekin comme moi de sortir de la matrice. Heureusement, je suis issu de basse extraction donc j'essaye de ne pas pêter plus haut que mon cul...
Sur les protestants, c'est vous qui m'avez initié à cette incongruité de l'histoire. Ce qui est bizarre, c'est que les mouvements de conversion ont été concentrés chez les riches, j'en conclue que cette idéologie était celle qui les arrangeait le plus. Je me suis toujours demandé pourquoi des gens s'étaient convertis du jour au lendemain pour une religion qui officiellement est très proche du catholicisme. Pourquoi changer alors ?
Et bien comme toujours le diable est dans les détails. Pouvoir jouir sans entrave de son argent et de son ego est une tentation humaine mais un peché grave pour les Kto et un libre choix pour les protestants. Leur lecture à la carte de la Bible les a mis à l'abri d'une cohérence d'ensemble qu'ils appelent le dogme. Le pasteur est bien plus souple que le curé. C'est ainsi que le monde protestant est un galaxie d'Eglise où il est difficile de s'y retrouver.
Bon pour moderer mon propos, je connais pas mal de kto patrons qui sont plus porté par leur standing que par leur foi. On ne peut pas servir deux maîtres !

baretous 12/09/2017 10:04

votre raisonnement est vrai quoique un peu caricatural. Ils avaient le temps car TOUT prenait du temps n'ayant aucun moyen mécanique avec un travail tres physique. Si bien qu'on faisait la sieste en gardant les brebis par exemple :). Etant en quasi autarcie, leur temps "libre" servait à fabriquer les ustensiles dont ils avaient besoin en utilisant tout ce qu'ils avaient sous la main. J'ai encore une cuillere a soupe taillée dans la masse ou une cloche dont le battant est un os....Ils étaient des as du recyclage .Dans mon village il y a encore des témoins vivants.De ceux qui devaient faire 10 km à pied avec leurs animaux pour aller les vendre "en ville" et autant si ils ne les avaient pas vendu...Ce qui méritait quelque repos .L'espérouquere (enlever les feuilles des épis de maïs) était l'occasion de réunions festives mais c'était encore du travail.

Mais je comprends votre raisonnement et le partage.

Sébastien 12/09/2017 13:40

Ils ne s'ennuyaient certes pas. Exemple: le village des Bories en Provence. C'est pas du Plazza! Et ça tient toujours. Ils n'avaient sans doute pas de permis de construire. A se plier en quatre comme idée tout en regardant ces constructions.
Pour en revenir à la transition, elle va être douloureuse. Je l'anticipe mentalement et psychologiquement depuis des années. Matériellement, encore un peu léger, mais je n'aurai pas à courir comme un fada moyen du tertiaire le moment venu. Bien que précaire désormais, je vis encore dans un relatif confort et j'aurais sans doute du mal à l'abandonner. Enfin, c'est ce que je crois. Je pense que je n'aurai pas le temps d'y penser justement le jour J, je serai bien trop occupé.
Elever des chèvres, probablement pas, des poules et des lapins oui, avec le pote-âgé, et des voisins bienveillants j'espère. Une mare à côté avec des canards, des poules d'eau et des grenouilles. De la vigne aussi. Mais il n'y en aura pas pour tout le monde.