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SYRIE : OFFENSIVE TOUS AZIMUTS

19 Septembre 2017 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Politique

Des forces du régime, tant à l'ouest, qu'à Deir Ezzor. L'armée syrienne attaque au nord et au sud, mais aussi de l'autre côté de l'Euphrate, en dédaignant visiblement la partie de Deir Ezzor que détiennent encore les jihadistes.

Enjeu principal pour la Syrie, s'emparer des puits de gaz et de pétrole de la région, plutôt que de les laisser aux SDF, et aux américains. On voit d'ailleurs l'agonie de la défense de l'armée islamique, et par contre, sa grande résilience contre les SDF (Kurdes des syrians defence force) soutenus par les américains.

Raqqah n'a toujours pas été prise, malgré la longueur du siège et du fait qu'il ne doit pas y avoir encore beaucoup de jihadistes en état de combattre...

Visiblement, la "ligne rouge", à ne pas franchir (la ligne de l'Euphrate), n'a pas l'air d'impressionner beaucoup l'armée syrienne. La force de persuasion américaine n'est plus ce qu'elle était.

Par contre, en Corée (du sud), les armes nucléaires tactiques s'amoncellent. Les services secrets nord coréens (fort bien fait et compétents), les estiment entre 1 500 et 5 600, ce qui dépasse largement de quoi anéantir la Corée du Nord, mais s'adresse plutôt aux russes et aux chinois...

Il existe donc de grandes chances que ceux-ci ne voient pas cela d'un bon oeil et aient, eux aussi, un doigt sur la détente assez chatouilleux. Ils n'hésiteraient sans doute pas à vitrifier complétement la dite Corée du sud.

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Phil 19/09/2017 23:22

Comme c'est étrange : les gentils rebelles empêchent l'armée de combattre Daesh.
Mais bon, on n'en attendait pas moins de ces merdes.

https://fr.sputniknews.com/international/201709191033125675-syrie-opposition-barrages-euphrate/

aetius320 19/09/2017 18:26

J'aurai eu une question pour le taulier ou un commentateur avisé.
C'est tous les évènements guerriers actuels qui m'ont donné cette idée.

Que vaudrait pour un pays moyen mais d'un bon niveau technologique
, et qui voudrait dissuader une intervention du camps du bien,d'avoir
une flotte défensive de Mig-21 (oui oui, celui de 1960) armée de bon
missile air-air et d'un module de guerre électronique dernier cri (russe au hasard)
indépendant du fonctionnement mécanique du reste de l'engin ?

Je me demandais cela pour savoir, si pour quelques milliards, ce pays
pourrait s'équiper de suffisamment d'avion à 10 millions pièces tout compris
pour submerger des systèmes d'attaques basés sur des F-18, F-35 et F-22.

La Gaule 19/09/2017 17:52

En Syrie, l'Evolution des évènements cadre visiblement bien avec la causerie de rentrée de Michel Drac sur le livre de Thierry Meyssan « Sous nos yeux ».

https://www.youtube.com/watch?v=Fd-QLO99RAI

C'est long -pas loin de 2h30- mais cette longue analyse n'est pas inutile, ne serait-ce que pour mieux cerner le personnage Meyssan.
Il s'est dit ici que TM était le robinet par où s'écoulait un flot à haut débit de conneries, ce que ne contredirait pas Drac.
Mais à la nuance de taille près que lui, identifie une foule d'éléments intéressants dans le torrent et qui s’avèrent souvent être en phase avec la réalité.
Le problème avec Meyssan, comme cela est dit aussi, est que même lorsque ses informations finissent par être vérifiées, il reste toujours dans le flou quant à la preuve des faits et à ses sources.
Michel Drac rappelle aussi -ceci expliquant beaucoup cela- que TM est probablement un agent sous influence irano-syrienne, et qu'il a failli plusieurs fois y laisser sa peau, notamment en Syrie en 2011... Noyez le poisson donc, noyez le poisson, il se trouvera toujours bien quelqu'un pour le récupérer.
Parmi une foule d'éléments tangibles, j'en retiens particulièrement trois pour ce qui nous occupe généralement ici.

1)
Les limites de ce que l'on appelle désormais savamment sur le net les guerres de quatrième génération (ou troisième bis , je ne sais plus, on a du mal à suivre).
Soit les scénarios concoctés dans les officines guerrières occidentales interlopes mêlant opérations militaires classiques, guérilla tout terrain et plus particulièrement urbaine, propagande à usage interne et externe des pays ciblés et utilisant tous les moyens de communication modernes, manipulation des foules au service de pseudo-révolutions dites colorées, pour ne citer que les ingrédients à gros traits du cocktail.
Thierry Meyssan considère que ce type de guerre vise plus à instaurer un chaos permanent ad æternam qu'à prendre le contrôle total du pays, les firmes multinationales qui en extraient les matières premières y trouvant leur compte.
Il se trouve précisément que les limites de ces manipulations complexes et tordues sont la rémanence et la résilience des états nation ciblés, lorsqu'ils ont un long passé historique de cohésion politique et sociale derrière eux.
Avec l'atout que ces états nation ont maintenant tendance à faire front commun contre les visées de l'impérialisme anglo-saxon. C'est ainsi que la Syrie a reçu un appuis décisif de la Russie.
Logiquement, l'opération a alors complètement foiré pour la Syrie, état de tradition militaire quasi prussienne ce qui avait assuré une certaine cohésion de ses composantes ethniques.
Il est maintenant certain que l'état et son chef sortiront considérablement renforcés de l'épreuve, que l'occident tente autre chose ou non dans la même veine qu'elle a tenté jusqu'à présent.

2)
La vraie nature de Daech. Michel Drac met au crédit de TM ce qu'il avoue ne pas avoir compris sur le moment tant cela lui paraissait incongru.
Il s'agit de la facilité inouïe avec laquelle Daech a pris en charge avec rapidité la totalité des structures d'un véritable état, y compris et surtout la fonction militaire.
Il n'y a qu'une explication plausible à ce fait, preuve par neuf ou non ; Daech est un projet exogène mûri de longue date et dont il est parfaitement impossible de penser que ses composantes hétéroclites et dispersées dans l'espace ont pu le mener à bien en moins de deux ans !
La sponsorisation totale de l’événement par les seuls états du golfe voire (hypothèse plus improbable) de la Turquie, ne peut être en fait qu'une piste tronquée.
Daech est avant tout une armée d'occupation supplétive de l'armée américaine et ses alliés français et britanniques.
Que d'aucuns en tirent les conclusions qu'ils veulent sur certains événements ultra-violents ayant eu lieu en France...

3)
Le grand perdant de cette sombre histoire, et plus encore que son tuteur américain, serait précisément la France, dont la longue litanie des coups fourrés crapoteux rend franchement mal à l'aise à la simple écoute.
Il faut considérer que les gens qui sont derrière cette grande saga des salopards, sont les mêmes qui généralement poussent des cris de putois dès que l'on évoque la France coloniale d'hier et d'avant hier.
Apparemment, l'excellence morale dont ils se prévalent contre les crimes d'hier ne les a pas immunisés contre les barbaries d'aujourd'hui.
Un détail d'importance au passage. Thierry Meyssan confirme que la filière privilégiée du recrutement des djihadistes en France est bien la prison.
Il faut donc quelques bonnes raisons pour s'y trouver...

4)
J'ajouterai que les apprentis sorciers des guerres de quatrième génération connaissent probablement très mal la problématique des empires en terre d'Islam, tel que l'a exposée récemment l’historien français Gabriel Martinez Gros, lui-même s'inspirant des écrits de l'historien arabe du 14ème siècle Ibn Khaldoun.

https://www.herodote.net/Fureurs_islamistes_et_defaite_de_la_paix-article-1662.php

L'islam est bien la religion des réprouvés, ce en quoi elle a pu prendre la place du communisme (comme l'a dit récemment PR, sauf que j'ai du mal à y voir une preuve du recul de l'athéisme, au moins dans le secteur considéré !), et le jihad est son moteur essentiel ; celui qui va permettre à ces réprouvés d'investir par la violence les anciens empires dont ils constituent la périphérie au départ.
Pour se maintenir au pouvoir et combattre l'ascension des réprouvés, les élites des empires ont alors recours au mercenariat, soit la tentative de se concilier une partie des réprouvés en les utilisant à leur propre solde.
Tentative qui se solde toujours par un échec, puisque les « réprouvés-mercenaires » finissent par s'emparer du pouvoir.
L'islam en tant qu'idéologie de cohésion sociale subit alors une mutation, puisque les mercenaires au pouvoir entendent avant tout jouir des fruits de leur prédation réussie sur l'empire.
C'est l'islam populaire de la paix (de l'amour pour nos poètes sociétaux) qui accompagne l'indéniable épanouissement d'une grande civilisation tout en rejetant ses propres réprouvés sur ses marges.
Mais l'entropie propre aux empires arrive en fin de cycle, généralement marqué par une corruption généralisée et un affaissement des mœurs, et les nouveaux réprouvés reprennent alors le flambeaux originel de l'Islam, celui qui est habité par l'exigence essentielle de la guerre.
Les déboires actuels de l'empire occidental en terre d'islam ne sont qu'une nouvelle illustration de cette mécanique sans cesses répétée, puisque les occidentaux ont cru à leur tour pouvoir manipuler sans risque les nouvelles cohortes de réprouvés sur le sentier du Jihad.
Gabriel Martinez Gros souligne au passage que l'occident a connu une évolution différente parce que le christianisme n'a pas investi le pouvoir central par la violence -à commencer par le premier d'entre eux dans la chronologie, celui de l'empire romain.
Lorsque la chrétienté a elle-même connu une crise profonde à la fin du Moyen-âge, elle a su trouver un second souffle en renouant avec les symboles de violence propres à son histoire lointaine, celle de l'antiquité gréco-romaine.
Et ce le fait est que la remise au goût du jour de cette histoire là, au moment de la renaissance, a coïncidé avec les convulsions sanglantes du schisme protestant, ainsi qu'avec l'assaut général réussi de l'occident contre le reste du monde.
Mais l'occident aujourd'hui -surtout dans sa version européenne- n'est plus qu'un ectoplasme hanté par le remord de sa réussite passée et qui cherche son salut dans l'eau bénite tiède d'un christianisme à la remorque d'une pensée qui n'est plus qu'une sorte de « jihad économique ».
Soit la volonté de puissance mais au meilleur rapport coûts / bénéfices, et si possible à l'abri de l'interface technologique.
Tout cela ne sera peut-être pas suffisant pour contrer les nouveaux fanatiques de la guerre sainte, lesquels se foutent comme d'une guigne de nos catégories morales rétro-chrétiennes, rehaussées au goût du libéralisme économique obtus (idiot utile, le pape ? Plutôt un idiot inutile).
Seul le renforcement d'états nations puissants (l'Iran, la Syrie et sans doute le Hezbollah) et en voie de sécularisation, semble être capable de dompter la bête jihadiste sur les ruines du rêve califal.
Quant à l'Empire, le nôtre, nul doute qu'il va tenter autre chose, comme un éléphant cacochyme embarqué vers un mirage dans le désert.
J'y reviendrai, il y a tellement de choses à lire et à voir en ce moment...

Archibald 19/09/2017 20:38

Commentaire intéressant et poussant à la réflexion. Merci.