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DE BARCELONE AU KURDISTAN...

25 Octobre 2017 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Politique, #Energie

Contrairement à ce que me dit un lecteur, Barcelone n'est pas un précurseur. Ce n'est une tête de dragon, c'est une queue de dragon.
Pourquoi ? Parce que Barcelone (et sa banlieue), c'est 5 millions d'habitants, sur 7.5 de la Catalogne.

Les catalans ne veulent plus payer pour ces feignasses d'espagnols. Pas pour être indépendants. Pour être encore meilleurs larbins de l'empire européen. Pas de quoi faire rêver. Et transférer l'austérité sur l'Espagne restante, pas pour la faire cesser.
En plus, il n'y a aucun mérite à la réussite catalane. Dans une économie ouverte, un port facile d'accès avec un marché intérieur largement captif, ça n'est pas un modèle, c'est de la géographie. Géographie qui faisait qu'en 1710 Barcelone était plus proche de la Sicile que de Madrid, et qu'en conséquence, ils préféraient l'empereur d'Autriche, à Felipe V.

Donne énergétique, donc, essentielle. L'Espagne est difficile à conquérir, comme la Russie, eu égard à sa géographie. Les romains mirent trois siècles à la conquérir, et les Arabo-musulmans n'y arrivèrent jamais, et s'aperçoivent que le pays en question était pauvre, que les villes qu'ils abandonnaient étaient coûteuses et rapportaient peu. Le réseau fluvial espagnol ne permettait pas l'exploitation du pays. Ni la navigation interne à une échelle économiquement rentable. Masse continentale impressionnante, l'Espagne est, comme bien des pays "meilleure dans la guerre que dans la paix".

Franco, comme Staline, savaient que la répression ne gagne qu'un moment. Il engagea donc des grandes travaux pour les transferts d'eau et l'irrigation, dans un pays largement gagné par le stress hydrique.

Pour dire la difficulté, l'arrivée de la flotte d'argent en provenance d'Amérique fut transféré de Séville à Cadix, parce que cela était beaucoup plus facile que de remonter quelques kilomètres...
Il va s'en dire, que si Barcelone est avantagé pour les transports maritimes, et sa proximité avec le marché français, l'eau, l'énergie électrique, le fluide, quoi, vient d'Espagne. Sans lui, il n'y a tout bonnement pas d'économie catalane. Madrid peut simplement faire mourir Barcelone de soif, dans le noir.

Ou du moins, ramener Barcelone à des années lumières en arrière. Et casser complétement l'économie catalane. C'est pas la starteupeeeeeeeeeuh qui y changera quoi que ce soit, ladite fichera son camp dans des endroits où il y a de l'eau et de l'électricité.

Rapport avec le Kurdistan ? Exactement le même. Le Kurdistan qu'on voit sur les cartes est une masse montagneuse, sans fleuve, avec une énergie rare (au moins aux temps historiques pré-pétroliers), des vallées isolées, des entités politiques qui rejoignent cet isolement relatif et divisent un peuple...
D'ailleurs, même les dirigeants kurdes se méfient du voisin kurde. Ils préfèrent être premiers et autonomes dans leur Syrie et Irak respectifs que Xième et indépendants, dans un plus grand état.
Déjà, César le disait à un de ces généraux, qui riait de voir des villageois se disputer la primauté dans leur toute petite principauté montagnarde, mais indépendante, ou nominalement dépendante... "j'aimerais mieux être le premier ici que le second à Rome".

Ces principautés, ça coûte cher à conquérir, ne rapporte rien. Mais ce ne sont pas des ports. Le village gaulois d'Astérix est mal placé. Il n'aurait jamais été en bord de mer. L'état central préfère lui imposer une souveraineté légère et nominale. La preuve par la Tchétchénie. Le deal. A la longue, d'ailleurs, le calcul fonctionne. Le petit village indépendant l'est de moins en moins.

Les kurdes n'ont jamais eu la force, ni l'unité pour atteindre leur but. Quand l'un d'entre eux réussi, comme Saladin, il abandonne vite ses anciens fiefs, pour des nouveaux, plus rentables, plus faciles.

Si leur caractère remuant est célèbre, il ne débouche jamais sur rien, pour des questions énergétiques. Les états environnants sont toujours plus forts que ces tribus, qui peinent à mobiliser et concentrer leurs forces, et n'ont pas toujours les mêmes objectifs.

Les avantages, ou plutôt ici, les désavantages comparatifs, sont ici éclatants. le clan Barzani, adepte de referendum et d'indépendance, a vite déposé les armes, devant un état aussi faible que l'état irakien. Il a suffit que le clan Talabani n'ait pas la même politique et pas les mêmes objectifs.

Economiquement, ce sont des zones qu'une simple sécheresse aussi, peut détruire ou décimer...

On oublie l'importance de l'économie réelle.

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Lion de Mont 26/10/2017 11:56

C'est l"Iran qui dirige les combats contre les Kurdes. L'armée irakienne n'a pas les moyens pour combattre.

Phil 25/10/2017 21:07

Tiens en parlant d'économe réelle (pétrole) et de course pour récupérer cette ressource. Les américains se jouent des kurdes (ils leur vendent des armes pour récupérer du pétrole) et veulent se positionner face à l'Iran (vous savez ceux qui n'ont pas l'arme nucléaire).

https://southfront.org/oil-race-in-syria-and-iraq/

bozi lamouche 25/10/2017 20:57

c'est surtout l'explosion éventuelle de la belgique qui donnera le top départ de la séparation...le coeur de l'ue !!

Horzabky 25/10/2017 20:02

La Nouvelle-Zélande va interdire la vente de biens immobiliers aux étrangers non-résidents.

https://www.rt.com/business/407740-nz-bans-home-sales/

Peut-être certains se souviennent-ils de ce que j'écrivais ici l'an dernier : si j'étais riche, j'irais m'installer en Nouvelle-Zélande, c'est là qu'on aura le plus de chances de survivre lorsque l'économie mondiale s'effondrera.

Ils ont été si nombreux à avoir la même idée que moi (et les moyens de la mettre en pratique) que les Néo-Zélandais trouvent que ça fait trop. Encore une porte qui se ferme...

Quand on commence à vous dire qu'il n'y a plus de place dans les canots, c'est inquiétant...

L'apres 26/10/2017 09:16

Pour survivre entre riches oui. Pour un prolo, je pense qu'il aura plus de chances de survivre en Corée du Nord car l’État est fort.
La Nouvelle-Zélande est un pays de l’océan Pacifique et pourtant il a une histoire guerrière...Les riches auront peut être les moyens de se protéger sans État. En revanche, les classes populaires seront sans État dans un pays de tradition tribale, les centaines de tribus maoris vont probablement se reformer et s'affronter pour les ressources restantes.
En Corée du Nord, l’État est fort même avec très peu de ressources, il y a des chances que cet État puisse maintenir l'ordre en cas d'effondrement global.

serge 25/10/2017 16:58

Se rappeler le projet de transfert d'eau Rhône-Barcelone devant permettre à Barcelone et à la Catalogne de bénéficier des eaux du Rhône. C'est dire...
Et, comme d'hab, ceux qui disent qu'ils rapportent plus à la communauté qu'ils n'en coûtent, en général interprètent les chiffres suivant leur lorgnette. Comme chez nous les fonctionnaires ou les derniers chiffres du chômage. Donc quand l'Espagne va leur ré-expliquer ce qu'est une dette d'Etat péréqué par région (et celle de l'Espagne est maousse costaud), l'obligation de lever des impôts forts lourds pour se payer une armée (privilège d'un Etat), une banque centrale et une administration pour lever l'impôt (re-privilèges d'Etat) qui risque de ne pas être léger, il risque d'y avoir de légères dissensions.
Si, en plus, la France ferme la ligne frontalière d'avec la Catalogne, il se peut que certains la trouve mauvaise.
Donc un mauvais choix au mauvais moment.