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UNE FOI MOURANTE...

30 Octobre 2017 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Politique

En réalité, comme le dit Todd, toutes les périodes révolutionnaires sont précédées d'une cessation, et d'un recommencement.
On cesse de croire en quelque chose, et une foi de remplacement va se mettre en place.

C'est la foi dans le libéralisme qui est rejeté. Pour revenir à la question Catalane, le principal argument des élites catalanes, c'est l'économie. Sans doute, certains membres du peuple catalan ont ils soif de liberté. Mais le combat, dans ce cas, est, par essence, mauvais.

Si on veut déclarer une indépendance, on ne choisit pas de se mettre immédiatement sous la coupe de Bruxelles. Comme indépendance, il y a mieux. Dire dans ce contexte qu'on veut être indépendant, c'est de la débilité mentale profonde.

Je me rappelle le referendum de 2005. J'avais fais le contradicteur, dans une réunion publique, à un européiste convaincu.

"L'Europe, c'est la paix". Dans ce cas là, il fallait m'expliquer le conflit nord irlandais, le pays basque, et même la Corse, qualifiées par l'ONU de "conflits de basse intensité". Mais conflitS, quand même. J'avais fait remarquer la Yougoslavie, la Pologne, dans l'UE, et toujours très désireuse d'en découdre avec Moscou... J'avais été très Thorezien. je lui avais demandé s'il était désireux de faire la guerre à la Russie ? Moi pas. Froid dans la salle... De même, la question de "tenir tête aux américains", c'était complétement idiot. Il y avait 4 fois plus de pays européen en guerre en Irak (Portugal, Espagne, RU, Italie, Pologne, Pays-Bas, Danemark, Roumanie, Bulgarie, rep. Tchèque, Slovaquie, Estonie, Lettonie, Lituanie...) que de pays qui avaient refusé d'y aller.
J'avais donc fait remarquer que si on avait pris la décision, à la majorité, Belgique, Allemagne et France, ceux qui refusaient, auraient été en Irak.

Clair, non ? Il ne faut pas prendre ses désirs pour des réalités, même si la plupart des contingents étaient des contingents de politesse politiquement correct.

Les élites catalanes indépendantistes ne recherchent en aucun cas la liberté, sauf celle du commerce.

Le catéchisme et le cerveau, ce sont deux choses différentes.

"Comme ses voisines européennes, l'Espagne a renoncé à offrir à ses citoyens un horizon démocratique commun, pour leur imposer une pure gestion de la globalisation et de ses conséquences".

Le seul problème, à mon avis de taille, c'est que la Catalogne "respectable", et "indépendantiste", veut faire la même chose...

La démocratie est un mode de gestion des dissensus. Pas l'établissement d'un consensus intouchable.
La remise en cause chez les catalans indépendantistes, au moins les chefs, faites excuse, elle ne se voit pas, elle n'existe pas.

La seule chose que risque de devenir la Catalogne indépendante, c'est un vacuum.

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Horzabky 31/10/2017 10:05

@Dimezanov

Superbe analyse de Natacha Polony !

Dimezanov 31/10/2017 07:17

Les musiciens ont continué de jouer très longtemps sur le pont du Titanic.

Dimezanov 31/10/2017 03:25

La consultation sur le site du Figaro étant réservée aux abonnés, je me permet de mettre en,ligne le texte intégral de l'excellente chronique de Mme Natacha Polony qui nous parle de la faillite complète de nos états-nations à travers une analyse de la crise européenne et hispano-catalane :"il n’est de démocratie possible que comme expression d’un «demos», d’un peuple, dans le cadre d’une loi fondamentale qui organise les modalités de cette expression. Un peuple, c’est-à-dire une communauté politique rassemblée par une volonté de dessiner un destin commun et par ce qu’Ernest Renan appelait un «legs de souvenir».".

Natacha Polony : «Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes»
http://ac.matra.free.fr/FB/20171027polony.pdf
http://www.cjfai.com/eventmaster/blog/2017/10/29/natacha-polony-droit-peuples-a-disposer-deux-memes/

CHRONIQUE – Comme ses voisines européennes, l’Espagne a renoncé à offrir à ses citoyens un horizon démocratique commun, pour leur imposer une pure gestion de la globalisation et de ses conséquences.

Nos politiques assistent, dans une sorte de stupeur gênée, à la dislocation d’un État européen voisin, et leur silence ne fait que souligner l’absence totale de réflexion, d’un bout à l’autre de l’échiquier, sur ce qui structure et perpétue les communautés politiques. La Catalogne et l’Espagne se déchirent, et rien. Pas un mot. Tout au plus une déclaration contrainte d’Emmanuel Macron assurant Madrid de son soutien, au nom de la solidarité entre États et de la peur diffuse d’une contagion.

Il est pourtant parfaitement aberrant de tenter un quelconque parallèle entre la configuration espagnole et nos indépendantismes tapageurs. D’abord parce que l’Espagne est une monarchie composée de multiples nations dont l’histoire n’a pu être effacée par la volonté centralisatrice du franquisme. Ensuite parce que l’actuelle catastrophe s’explique très largement par la façon dont le parti de Mariano Rajoy a volontairement mis à bas le consensus voté en 2006 dans le respect absolu de la Constitution par les Parlements catalans et espagnols.

Mais au-delà de l’analyse des responsabilités (que les médias français seraient bien inspirés de rappeler, en évoquant par exemple le mensonge effarant du gouvernement de José Maria Aznar et Mariano Rajoy en 2004, faisant accuser les Basques d’ETA des attentats de la gare d’Atocha pour espérer remporter les élections ; n’importe quel homme politique est disqualifié à vie par un tel cynisme), la question est bien de comprendre pourquoi les Catalans ne savent plus articuler leur identité catalane avec leur hispanité. Simple question d’égoïsme fiscal? L’explication est tellement tentante. Mais alors, que dire de l’Allemagne et de son obsession de ne pas payer pour les voisins européens? Car tel est bien l’enjeu: il n’est de démocratie possible que comme expression d’un «demos», d’un peuple, dans le cadre d’une loi fondamentale qui organise les modalités de cette expression. Un peuple, c’est-à-dire une communauté politique rassemblée par une volonté de dessiner un destin commun et par ce qu’Ernest Renan appelait un «legs de souvenir».

«C’est bien tout le paradoxe des sociétés libérales que de déployer un individualisme sans bornes, de détruire toute transmission culturelle au nom de la liberté de se construire soi-même, pour s’étonner ensuite de la fragilisation des liens d’appartenance»
Pourquoi une part du peuple catalan ne se reconnaît-elle plus comme une composante du peuple espagnol? Pourquoi les peuples du continent européen ne sont-ils pas effleurés par l’idée de se considérer comme un peuple européen, malgré les proclamations et les injonctions de certains de leurs dirigeants? Le sentiment de partager avec son voisin davantage qu’une promiscuité fortuite est le produit d’une histoire et d’une organisation sociale. Et c’est bien tout le paradoxe des sociétés libérales que de déployer un individualisme sans bornes, considéré comme le stade ultime de l’émancipation, de détruire toute transmission culturelle au nom de la liberté de se construire soi-même, pour s’étonner ensuite de la fragilisation des liens d’appartenance et de leur recomposition à travers des identités essentialisées. Ce n’est pas seulement un affaiblissement des États-nations que provoque cette idéologie de réduction des individus au statut de monades réduites à leur dimension économique, c’est également, en réaction, une aspiration à des liens communautaires sans lesquels l’être humain ne peut s’accomplir pleinement.

L’Espagne n’est pas seulement un État dont une part des dirigeants n’a pas tout à fait soldé le passé franquiste, et dont la Constitution porte la trace des compromis qu’il a fallu accepter pour que l’armée veuille bien permettre la transition démocratique, elle est aussi une nation qui, comme ses voisines européennes, a renoncé à offrir à ses citoyens un horizon démocratique commun, pour leur imposer une pure gestion de la globalisation et de ses conséquences économiques et humaines. Faut-il s’étonner de voir des gens se rêver enfin un horizon démocratique, l’espoir de recommencer à zéro, dans un nouveau pacte national? Ce qui n’empêche pas les illusions, puisque chacun met dans ce pacte ce qui convient à sa vision du monde, les troupes de Carles Puigdemont aspirant à s’inscrire dans un espace économique européen qu’ils plébiscitent, quand la CUP imagine une société décroissante et antilibérale.

Mais si la situation française n’a rien à voir, il n’est pas anodin que la Corse ait vu la victoire, aux élections récentes, des nationalistes, tandis que le FN faisait un score parfaitement dérisoire. La colère, le sentiment de dépossession démocratique qui minent la confiance entre les peuples et leurs gouvernants incitent à imaginer de nouveaux liens démocratiques, plus proches, plus vivants. Cette aspiration-là est noble, tant qu’elle articule les strates identitaires et n’exclut pas au nom d’une identité essentialisée.

Dans ce contexte, le rôle des politiques est d’imaginer les formes d’organisation démocratiques qui rendront aux citoyens la pleine possession de leur destin plutôt que de les enfermer dans des Constitutions et des traités dont l’unique but est de les maintenir dans le droit chemin.

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Natacha Polony

Journaliste



Source :© Le Figaro Premium – Natacha Polony : «Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes»

L'apres 30/10/2017 19:51

Les commerces ferment aussi dans la pourtant très commerçante Hollande, terre mercantiliste.

https://www.lesechos.fr/monde/europe/030802828255-ca-se-passe-en-europe-aux-pays-bas-les-centres-villes-se-vident-de-leurs-commerces-2126224.php

Enfin amis travailleurs et cotisants, rassurez-vous, les régimes de retraites pourront peut être revenir a l’équilibre en 2070 ou même 2050 en étant optimiste. D'ici la l'effondrement aura fait du chemin et je doute que la situation économique permettra de sauver les systèmes de retraites.

https://www.lesechos.fr/economie-france/social/030796870156-retraite-des-fonctionnaires-le-choc-du-papy-boom-2126007.php

Sébastien 30/10/2017 18:49

De toute façon, cette Catalogne est idiote puisque Bruxelles les ponctionnera comme les autres pour redistribuer l'argent dans les zones dites "pauvres". L'Allemagne refuse de le faire, que croit donc les indépendantistes? Que Bruxelles rase gratis? La Catalogne dans les choux! (je n'ai pas pu résister).

serge 30/10/2017 17:33

La Catalogne est, malheureusement, dirigée par des politiques, au sens primaire du propos. Soit de la gueule et pas d'idée. Ce que ne comprennent pas les dits indépendantistes, comme nos corses ou nos natifs de DOM-TOM-COM, est qu'une indépendance, comme tout projet qui veut réussir, doit s'organiser en conséquence, à savoir de gérer son autonomie financière, son approvisionnement en divers produits, que ce soit énergétiques et alimentaires, sa sécurité. Et cela se pense très très en amont. Essayer de faire croire que l'on est contributeur positif à un budget en dette de plus de 100% et que, par une légère magie d'un vote de partisans probablement tous payés par l'Etat, on va régler cette incongruité en claquant la porte (type môme fâché qui boude...) laisse fort pantois. En pensant naturellement que ceux autour, à qui on a fait un bras d'honneur, vont continuer à verser des subventions/aides pour favoriser l'envol de cette jeune et sympathique nouvelle république (musique lyrique...).
Une indépendance se prépare et quand le cellier est plein, les munitions disponibles avec autre chose que des pétoires et les gens briefés à vivre quelques temps difficiles mais passagers car organisés, alors là, oui, banzaï. Et si tous ceux qui y pensent font de même, les pouvoirs centraux risqueront d'y regarder à 2 fois et la couche du dessus, l'UE en l'occurence pour nous, commencera peut-être à arrêter de nous prendre pour des cons. Une indépendance dans la gentillesse, type vivrensemble, n'existe pas.

abdel 31/10/2017 10:41

Exact Serge, une independance se prépare.

Dévelloppez une industrie pour ne pas être une colonie. De Gaulle avait developpé une industrie pétroliere (Elf ) et spatial (fusée Asterix ) pour ne pas dépendre des américains.

N' oublions pas qu' en pleine crise grec, les compagnies pharmaceutiques ne voulaient plus fournir les médicaments sans payer comptant.

Preparez une indépendance , c' est comme se sentir en etat de siège. La Catalane produit des génériques ? A t elle des rafinneries et fournisseurs de pétrole pret à la suivre ? Est elle indépendante electriquement ? etc etc .....

http://www.politique-actu.com/osons/sante-grec/144213/

dizemanov 31/10/2017 09:59

Outre que si l'on veut appliquer efficacement le principe de survie colective de Nicholas Georgescu -Roegen "
« L'humanité devrait progressivement réduire sa population à un niveau qui lui permettrait de pouvoir être nourrie par la seule agriculture biologique. »,

alors, "l'immense avantage de niveaux de décision politiques d'échelon proche et "identitaire" c'est la visualisation directe et non biaisée des problèmes, sans échappatoire ...... plus question de se défausser sur une métropole, un centre décisionnel, un hinterland ou un ailleurs mythique quelconque.",

comme le dit le lecteur eiffel6730/10/2017 10:00 http://lachute.over-blog.com/2017/10/catalogne-independance.html
"Je trouve bien dommage que sur ce blog, où les analyses excellent, vous ne compreniez pas que le véritable enjeu pour cette population catalane, n’est pas économique mais POLITIQUE."

en effet,
"La colère, le sentiment de dépossession démocratique qui minent la confiance entre les peuples et leurs gouvernants incitent à imaginer de nouveaux liens démocratiques, plus proches, plus vivants. Cette aspiration-là est noble, tant qu’elle articule les strates identitaires et n’exclut pas au nom d’une identité essentialisée.
Dans ce contexte, le rôle des politiques est d’imaginer les formes d’organisation démocratiques qui rendront aux citoyens la pleine possession de leur destin plutôt que de les enfermer dans des Constitutions et des traités dont l’unique but est de les maintenir dans le droit chemin."
Natacha Polony