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RENOUVELER LES CADRES...

10 Décembre 2017 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Politique

Comme je l'ai dit, la Doxa dit que Staline a facilité l'invasion allemande en décimant l'encadrement de l'armée rouge.

S'il l'a bien décimé, ça n'a en rien facilité l'invasion, parce que dans une guerre, les cadres expérimentés le sont, mais pour la guerre précédente, et surtout ceux de l'armée qui ont gagné la guerre précédente.

L'armée de la révolution privé de la plus grande partie de ses officiers s'en est bien remise. Ses officiers d'artillerie d'origine plus populaire étaient restés.
Les officiers prussiens qui commandaient en 1914 étaient totalement éliminés avant la fin de l'année, comme pas mal d'officiers français "limogés", par Joffre, et pas au sens figuré, il les avait muté à Limoges, pendant que trop nuls du bas de l'échelle se faisaient tués par l'ennemi ou étaient éliminés par leur troupe.

Ne parlons même pas de l'armée française de 1940, où les cadres ont toujours été déphasés dans leur grande majorité, parce qu'incapables de s'adapter. L'armée -épurée- de 1944-1945, elle, bien que dix fois moins nombreuse, a été capable de faire la guerre éclair, sans doute bien mieux que les américains et les anglais.
Les cadres expérimentés d'une guerre naissent pendant cette guerre.

Ou remettaient en cause les dogmes la guerre précédente. Les généraux chouchous de Hitler, étaient Rommel et Paulus. Deux marginaux de la guerre précédente (venus des corps francs pour Rommel, et rentré dans l'armée par accident pour Paulus, qui ne s'appelait pas VON).

Joukov, lui, et l'armée de Sibérie, avait été formés par la bataille de Kalkhin Gol, menés par des nippons présomptueux. D'ailleurs, à cette époque, Joukov cumulait aussi les fonctions de commissaire politique, ce qui indiquait un haut degré de confiance de la part du Kremlin. Et pour Khalkhin Gol, il ne faut pas oublier, non plus les interventions directes de Staline de de Vorochilov, et la logistique impressionnante mise en place par Joukov.

Contrairement à ce que disait Khrouchtchev (selon lui, Staline examinait les opérations avec un globe terrestre. Ce qui est contredit par tous les généraux de la Stavka), Staline avait un très bon niveau intellectuel et n'était pas qu'un furieux. D'ailleurs, pour se hisser au pouvoir, il faut aussi savoir séduire.

Il faut aussi, que si au départ, le niveau tactique de l'armée allemande dépasse celui de l'armée soviétique, au niveau stratégique, la Stavka la bat systématiquement.

Sans compter que la guerre d'hiver a aussi conduit à une nette réorganisation, qui a sans doute aussi, conduit à l'échec de Barbarossa.

Autre élément à prendre en compte, les stocks soviétiques, en matière d'armement, très importants (le fusil pour 6 soldats, c'est sous Nicolas II), les russes vendent beaucoup de Mosin Nagant d'avant 1939 en état neuf. Ils n'ont même pas servis pendant la grande guerre patriotique. ces stocks permettent des levées en masse de milices ouvrières et paysannes, composés de soldats qui savent se servir de ces armes (le service militaire leur a appris).

Le nombre de blindés soviétiques des années 1930, est aussi très importants (24 000), même s'ils sont démodés (Chars BT ou bistro tanki, chars rapides, qui écraseront les nippons à Kalkhin gol), en attendant les KV (chars lourds tueurs de chars, 100 en juillet 1941 à la bataille de Smolensk) et les T34 (chars "moyens", selon la classification russe, "lourds" suivant la classification allemande : 600 à Smolensk).

Si l'offensive allemande enregistre des progrès rapides, au départ, c'est :

1) Par supériorité numérique en effectifs, (4.5 millions avec les alliés, contre 1.5 millions soldats soviétiques à la frontière et 3 sur la ligne Staline), les russes montent la contre offensive de Smolensk, avec moitié moins d'hommes que les allemands, mais les premières orgues se Staline, les chars T34, les terrifiants KV (qui tombent souvent intacts aux mains allemands, carburant et munitions épuisés) et une artillerie abondante.

2) La différence, entre est et ouest pour ce qui concerne les réseaux de transports ferroviaires (denses et cohérents à l'ouest, contre lâche mais cohérents à l'est).

3) La prise de guerre des allemands en Europe de l'ouest, qui se sont emparés de nombreux camions. 600 000 camions en juin, la moitié ont péri en décembre, victime de la poussière, des routes (ou plutôt de leur caractère frustre), de la boue, de la neige et de l'hiver, et bien sûr, détruit dans les combats.

4) Militairement, les combats retardateurs de l'armée rouge, qui, s'ils coûtent chers en effectifs, en matériels, montrent que l'armée allemande a du mal à déborder les soldats soviétiques. Du moins, tant qu'ils ont des munitions.

5) La résistance de la "forteresse héros", de Brest Litovsk, qui va repousser les premiers assauts, absorbant de nombreuses troupes, les 17 000 des troupes d'assauts, les 100 000 chargés de boucler la forteresse, et les 300 000 qui sont retardés. L'échec stratégique est ici évident. Si la capitulation de la poche de Minsk apporte 300 000 prisonniers, 300 000 ont pu s'échapper de la poche, et renforcer les renforts venus de Moscou, et qui vont livrer la bataille de Smolensk (qui dure deux mois !).

6) Avec la Bataille de Smolensk, il est clair que la guerre éclair est perdue. Elle dure en effet deux mois, et marque le premier redressement de l'armée rouge.

7) Le manque de véhicules d'accompagnements dans l'armée rouge qui paralyse l'action des nombreux blindés.

8) La supériorité de la luftwaffe, qui dispose de 3 fois plus d'appareils modernes que l'URSS (1500 contre 500, plus 8000 appareils démodés).

9) Sur la frontière, le peuplement non russe, et le caractère récent de l'annexion. Les Juifs sont souvent les seuls qui répondent à la mobilisation, notamment à Bialystock. Beaucoup de soldats soviétiques de nationalité juive (on est d'une certaine nationalité en URSS, mais citoyen soviétique), d'ailleurs trouveront leur famille anéantie.

10) Les soldats allemands sont aguerris, pas les soviétiques.

En décembre, devant Moscou, les allemands, usés en effectifs et en matériel se retrouvent avec les paramètres inversés : ils ont un réseau de transport, en face d'eux, qui est dense et cohérent, et eux disposent d'un réseau non adapté, lâche et souvent détruit.

De plus, le retour des troupes sibériennes, font changer la nature du combat : l'armée rouge dispose de la supériorité numérique, de la supériorité qualitative et quantitative en matériel, y compris aérien, avec des nombreux aéroports dans la région de Moscou, et surtout, pour la première fois, de troupes aguerries, et non de tout venant, fraichement levées.

Les troupes allemandes, qui n'étaient motorisées qu'à 30 %; le sont encore moins. Les nombreux camions saisis en France, c'est à dire adaptés à un réseau en bon état, ont péri en route.

D'ailleurs, l'amenuisement des forces allemandes se voit en 1942. L'offensive n'est possible que sur une section de front très étroite, et non la totalité, et Stalingrad se voulait comme le lot de consolation, d'une campagne dont les objectifs apparaissaient comme ratés.

Là aussi, les tares allemandes se voient : approvisionnements insuffisants, en hommes, munitions, mais aussi simplement denrées alimentaires. Les soldats allemands souffrent de la faim avant le bouclage de la poche.
Le même phénomène se produit qu'à Khalkhin Gol. Le soldat nippon est supérieur et aguerri, mais en Mandchourie, la chaine logistique est mieux assurée côté soviétique (navettes de 5000 camions), et pas du tout côté nippon, qui se contentent de faire le maximum : aligner du fantassin.

Combien en ont ils alignés ? Sans doute beaucoup plus qu'ils n'avouent. L'estimation de 30 000 est vraiment basse. Sans doute peut on multiplier vraisemblablement par 3, certains disent par 10. Les dépôts nippons en Mandchourie étaient vidés, et il existait une nombreuse population nipponne. Et les états majors se contrefoutaient de leurs pertes...

Il faut dire qu'ils misaient sur l'agressivité de l'infanterie. Côté soviétique, les erreurs commises ne le sont plus. L'armée du Kwantoung, se contentera d'accuser les officiers de couardise.

Camouflage et dissimulation ont permis aux soviétiques d'écraser les nippons. Mais côté allemande, ce camouflage et cette dissimulation ont encouragé à l'agression, en faisant apparaitre les forces soviétiques, comme beaucoup plus réduites qu'elles n'étaient.

Bref, il faut oublier les propagandes quand on veut étudier l'histoire...

 

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M
Allez , pour le plaisir.<br /> de mémoire , le Klementi Worocilov soit le KW 52 ( ou KV 52 , au choix ) , craint par les allemands meme ceux du corps blindé avec le fameux " Tigre " .<br /> Et pour évoquer le féminisme de Bon Aloi , celui des femmes russes qui , non seulement très belles et les voir arriver avec leur diversité, des 4 coins de la Russie dans une gare de Moscou est un plaisir sans pareil , se sont illustrées avec un courage hors du commun dans différentes armes de l'armée soviétique , exemple qui inspire ces jeunes filles d' une institution militaire , objet de l'admiration de Gérard Depardieu .<br /> C'est avec elles que j'aimerais bien parler de féminisme .....<br /> Pas de masturbation intellectuelle ( expression italienne populaire et commune ) .
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