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Le dépôt de bilan de GM ou "Hourra, Hourra pour l'union soviétique"

1 Juin 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie

La  boucle est bouclée, les gouvernements, américains, celui du satellite canadien, les syndicats, ont pris possession de ce qui reste de GM (c'est à dire, pas grand chose), laissant la portion congrue aux créanciers, et encore plus congrue aux ex-actionnaires.
Pour ceux-ci, cela peut aussi s'appeler, comment tout croquer, par une politique idiote et insane.
Bien entendu, on ne peut écarter, d'un revers de manche la "politique" industrielle, si on peut appeler ça ainsi, ou plutôt la "non-politique" industrielle des dirigeants de la firme, qui, il n'y a pas si longtemps disait que les gens se moquait de ce qu'ils mettaient dans la voiture (en essence).
1989-2009, il n'a pas fallu 20 ans au capitalisme libre-échangiste pour suivre dans la tombe le capitalisme d'économie dirigée.
Bien sûr, pendant que tout allait bien, il n'était pas question de partager. Les employés GM auraient leur assurance santé et leur assurance vieillesse, et pendant longtemps, cela a été un calcul gagnant.
Seulement, avec la décrue des effectifs, atteignant à peine le 1/10 des glorieuses années, ces dépenses se sont avérées être du plomb, le ciment que la mafia coule aux pieds de ceux qu'elle veut jeter dans le fleuve.

En réalité, quelle leçon retirer de l'histoire, celle d'il y a 20 ans, et celle d'aujourd'hui ? C'est qu'il ne faut pas perdre le sens braudelien du long terme.
Bien sûr, l'usure des positions de marché de GM fut long, contrarié, mais de 1980 à aujourd'hui, elle était passée de 45 % à 20 % en parts de marché.
Il lui fallait gagner de l'argent, par véhicule.
On méprisait les petits modéles économes, les véhicules électriques, l'avenir pour l'immédiat.
Mais, comme dans le cas de l'URSS, la réalité est têtue.
Il n'y a que le premier pas qui coûte, GM, Chrysler, ensuite qui ? Toyota demain ?  Bien d'autres suivront. A l'image de Bouton, ce sont les premiers de classe qui se ramassent ?
GM, Chrysler, c'étaient les plus malades, les plus archaïques au niveau technique, mais surtout dans leurs idées économiques. La réalité ne correspondait pas à leurs dogmes ? La réalité a tort !
"Government Motors" est né. "
L'administration n'a vraiment aucune envie de conserver des parts du capital d'entreprises au-delà de la période strictement nécessaire et s'attachera activement à s'en débarrasser aussitôt que cela sera possible  "
Sans l'aulne d'une mauvaise pensée, on peut dire que la plupart d'entre nous serons morts, quand GM sera dénationalisé. Si, bien entendu, il en est un jour question.
La réponse arrive bien tard.
2/3 des gisements de pétrole ont entamés leur déclin, et il est rapide, bien plus que prévu. Les nouveaux gisements, brillent par le ridicule de leur réserve, de l'ordre de la centaine de jour de consommation planétaire.
Ils ne seront atteints, que par des exploits technologiques couteux, s'ils le sont jamais. La paupérisation, le vieillissement, fait que cette industrie risque d'être passé directement du développement au déclin, sans passer par le stade maturité.

Bien entendu, aussi, la totalité des secteurs industriels suivront. C'est le capitalisme qui a commencé, lui même, son déclin. Quand Braudel parlait de New-York, il parlait de cette foultitude de petites activités qui étaient la base, l'essence, l'esprit du capitalisme, ces petites activités, qui piétinent et régressent depuis trente ans, au profit de conglomérats, de monstres dont on voit qu'ils étaient en phase terminale de leur vie.
Il leur fallait grossir, devenir toujours plus gros, pour devenir obligatoire. Pour devenir rentier de situations.
Mais sans payeurs, plus de rentiers. Les petits sont rincés, lessivés, à bout.
Les firmes qui se croient éternelles, s'aperçoivent qu'elles sont mortelles et même pire. Comme les obéses, elles souffrent, plus que la moyenne, de tous les maux de l'obésité.
Si l'on regarde la fin de l'union soviétique, et la fin actuelle du système, les historiens du futur trouveront plus de points communs que de différences.
Hypertrophie militaire, hypertrophie administrative et occupationnelle, déclin des activités productives, déclin des ressources faciles et bon marché.
Le dixième de la population nord américaine vit avec des food-stamps, le délabrement délibéré des structures de santé font le lit de la prochaine pandémie.

Il n'y a pas à dire. La victoire de l'économie de marché est totale. Elle a même eu la peau de l'économie de marché. Il n'y a plus de marché, que la fonction publique généralisée. Nous sommes en 1917.
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E
POint de vue que je partage sur mon blog<br /> www;penseeunique.fr<br /> Sincèrement<br /> Eric
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A
Ce qui me frappe dans cette crise de l'automobile et que Patrick souligne, c'est que la déplétion pétrolière est totalement occultée. Tout comme est occultée la production d'uranium qui elle aussi, risque de connaître très bientôt quelques petits soucis.
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R
ous m'avez inspiré un billet. Merci.<br /> http://max-la-terreur.blogspot.com/2009/06/bruce-dead-in-my-cadillac.html
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7
Simplement excellent !<br /> Les américains sont devenus des obèses à l'image de leur société.<br /> Des alternatives existent...
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