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le vent d'une autre époque...

28 Juin 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie

C'est le vent d'une autre époque qui nous pousse, dit la chanson.
Des nouvelles significatives de l'éolien arrivent.
Le petit éolien se répand. C'est encore discret, mais écrasant aux USA.
Pour la France :
"
Le potentiel du marché Français s’élève à 250 000 éoliennes, où l’on recense en France, 750 000 maisons possédant un terrain de plus de 1000 m2, et 500.000 exploitations agricoles.   "
250 000 éoliennes, cela peut paraitre beaucoup. Mais le nombre de moulins en tous genres au 1°janvier 1800, en France, s'élevait à 500 000.
Moulins à eau et moulins à vent, tout ce qui était exploitable était exploité.
Cela règle, par exemple, le sort de certains mythes : "Loire, dernier fleuve sauvage"...
La sauvagerie s'est réimplanté au 19 et 20° siècle. Sur les cartes postales du début du siècle dernier, on voit que chaque fleuve était doublé de réseaux d'eau, bien entretenus, sans une herbe et en parfait état de marche.
Le prix peut paraitre rebutant. 19 000 euros pour certains modèles. On met 47 ans à l'amortir.
Quand, on a eu, comme moi, la CHANCE, de visiter le Danemark (et surtout, d'en revenir), on sait que cette période d'amortissement peut être notablement écourtée : l'électricité y est trois fois plus chère. Quand vous louez, on ne prend pas le relevé de compteur pour l'eau, mais pour l'électricité...
Pour les USA, le problème de vétusté général du réseau (comme de tous les réseaux, d'ailleurs) est sans doute l'explication.
Le caractère aléatoire nous fait remonter au XVIII°siécle. La première ville industrielle française, Saint-Etienne, vivait au rythme, non du charbon, mais du renouvelable et de ses moulins à eau. Comme la rivière qui l'alimente (le Furan) était très aléatoire, l'activité se calquait sur ses caprices. Cela n'empéchait pas la ville d'être réputée pour ses produits depuis le XVI°siècle.
D'ailleurs, quand des travaux ont lieu et remettent à jour l'ancien lit du Furan, aujourd'hui couvert, les témoins sont assez ébahis des dimensions de l'ouvrage.

Donc, retour, assez prévisible, avec l'épuisement du fossile, à une civilisation du renouvelable, pas si lointaine que cela.
Dernière nouvelle : le gisement géant Cantarell a eu un nouvel accès de faiblesse. On y parle de forer à l'horizontal pour extraire ce qu'il est possible d'extraire, en attendant, cet hypothétique regain, la production journalière est tombée en dessous de 3 millions de barils jour (tout compris). Une première depuis 20 ans...
"
Augustin Mouchot, 1869 : « Si dans nos climats l’industrie peut se passer de l’emploi direct de la chaleur solaire, il arrivera nécessairement un jour où, faute de combustible, elle sera bien forcée de revenir au travail des agents naturels. Que les dépôts de houille et de pétrole lui fournissent longtemps encore leur énorme puissance calorifique, nous n’en doutons pas. Mais ces dépôts s’épuiseront sans aucun doute : le bois qui, lui, cependant, se renouvelle n’est-il pas devenu plus rare qu’autrefois ? Pourquoi n’en serait-il pas de même un jour d’une provision de combustible où l’on puise si largement sans jamais combler les vides qui s’y forment ?[…] On ne peut s’empêcher de conclure qu’il est prudent et sage de ne pas s’endormir à cet égard sur une sécurité trompeuse ».  "

Photo : source.
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K
Permettez une remarque à moitié hors sujet.<br /> <br /> ce matin je lisais "métro" dans le tram (ahahah) et les pages intérieur m'ont étonné.<br /> <br /> reprennez celui du jour, le bandeau de gauche (page 4 ou 6) 3 articles de suite, façon brève, pour parler dez 3 citées différentes ou des policiers on été victimes de guet-apens avec force caillassage et "mortier à feu d'artifice".<br /> <br /> bon bref, mon idée n'est pas de lancer un débat sur les banlieu mais je constate:<br /> <br /> - ça chauffe ces derniers jours<br /> - un mois normale la police dénombre plusieurs centaines de voitures brûlé sur l'ensemble de la france (bref c'est jamais très calme)<br /> - on sait que des émeutes de banlieu qui dérapent ça peut dégénérer en 1 mois de chaos (certe localisé)<br /> <br /> question:<br /> ne croyez vous pas que les conditions économiques peut favorable ces derniers temps, ajouté à (insérer ici votre sensibilité politique/philosophique concernant les "jeunes de banlieu") ne soit propice à un bordel annoncé même si ignoré ?<br /> <br /> question subsidiare: je m'avance un peut, mais je suppose les personnes classé "émeutiers" dans ce genre de cas comme peut politisé. Voir comme une masse de gens violent motivé pour brûler et casser avec une vague préférence pour ce qui représente l'état.<br /> Cela peut il débouché sur quelque chose ? (sous entendu un bordel plus grand)<br /> <br /> Pour conclure je donnerais une prévisions à la louche:<br /> quand il y a moins d'argent dispo ce sont les moins riche qui trinquent en 1er. Les pauvres sont plus nombreux en banlieu dite "sensible". Et une masse de gens qui prennent d'assaut un supermarché (juste pour bouffer) je le voie arriver en premier lieu dans les banlieu déjà sujette à là violence (avant levallois, par exemple).<br /> <br /> Je répère ici mon intention de ne pas rentrer dans un débat sur la banlieu, les jeunes, l'immigration ou autres, juste un constat et une possible évolution (avec des pincette je ne suis pas md Irma)
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A
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre site et pour vos articles très intéressant<br /> <br /> le regard est un message étonnant qui ne peut être<br /> décodé uniquement par des mots ...<br /> <br /> A+ de vous relire , sincère salutations A.S
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P
<br /> Merci.<br /> <br /> <br />
N
Il ne faut utiliser des batteries qu'en appoint: l'essentiel du stockage doit se faire par des bassins de retention d'eau. On pompe l'eau lorsqu'on a un excédent d'élec et on la fait redessendre sur des turbines lorsqu'on a besoin d'utiliser l'éléc. L'état DOIT investir dans les bassins de rétention d'eau pour stocker l'énergie potentielle.
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P
<br /> c'est le pas de deux entre le danemark et la norvége. L'un a l'hydraulique, l'autre l'éolien. L'éolien sert souvent à recharger les barrages norvégiens.<br /> <br /> <br />
G
L'éolien, pourquoi pas. Mais il faut d'abord réduire sa consommation électrique personnelle. Une éolienne bien foutue a une durée de vie raisonnable, mais il reste le problème des batteries. 3 ans, c'est correct. 5 ans, c'est beau. 10 ans, c'est mort de chez mort.
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L
(merci au camarade patrick de m'avoir fait découvert cet augustin mouchot !)<br /> <br /> <br /> shahinshahsiennes salutations ;)
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L
éoliennes privées : d'accord (à condition de pas les pinturlurer de couleurs vives atrocement laide tout ça pour sauver quelques piafs)<br /> <br /> éoliennes géantes : gaspillage héonté, saccage vandaliste du paysage (et coup d'instllation des éoliennes bien supérieur à leurs dix premières années de production...sans compter les réparations ultérieures)<br /> <br /> Quant aux barrages, ils bloquent le limon fertile, appauvrissent les fleuves et les rivières, diminue la production de poissons d'eau doucle.<br /> <br /> Non non, non, nucléaire, éoliennes individuelles, petits moulins à eau en bois (bucolique et efficace),et investissement sur le solaire, le reste, c'est bullshit et laideur
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G
une crise née de la déflation salariale, par Michel Rogalski<br /> 19 juin 2009<br /> <br /> L’économiste Michel Rogalski constate « la faillite d’un mode de croissance et d’un mode d’accumulation : endetter les gens après les avoir appauvris. » Pour lui, « l’économie d’endettement mise en place depuis 25 ans », rendue nécessaire pour compenser la déflation salariale née de la mise en concurrence mondiale, a mis fin au « compromis implicite qui régnait sur un territoire donné entre travail et capital et qui faisait en sorte que la grosse firme puisse écouler la marchandise produite auprès de consommateurs disposant d’un pouvoir d’achat suffisant. »<br /> <br /> <br /> <br /> Par Michel Rogalski, Économiste, CNRS-EHESS (extrait)<br /> <br /> Cette crise que bien peu ont vu venir, notamment parmi ceux qui avaient prophétisé un peu hasardeusement la « fin de l’Histoire », trouve son origine dans l’économie d’endettement mise en place depuis 25 ans à l’échelle du monde et qui favorise ceux qui ont un excédent d’épargne et pénalise ceux qui n’en ont pas. C’est également vrai de la dette publique. Avant d’être un transfert intergénérationnel c’est une ponction réalisée dans l’instant présent par les riches sur le dos des pauvres et qui participe donc à l’aggravation des inégalités. Bref, on a forcé les pauvres à s’endetter alors qu’on savait bien qu’ils ne pourraient pas rembourser. C’est la faillite d’un mode de croissance et d’un mode d’accumulation : endetter les gens après les avoir appauvris.<br /> <br /> Ce modèle de développement s’est répandu dans le monde occidental depuis la période Reagan/Thatcher. C’est celui de la déflation salariale. Partout le partage de la valeur ajoutée entre profit et salaires s’est fait au détriment des seconds alors même que la proportion des salariés était croissante. Cet appauvrissement des familles s’est doublé de leur endettement nécessaire au maintien du système. L’extrême diffusion des cartes de crédit aux États-Unis a encore accentué le phénomène.<br /> <br /> Cette déflation salariale reflète la lente dégradation d’un rapport de force entre capital et travail qui mine l’ensemble des pays de l’OCDE. Elle accompagne la phase qui s’est ouverte au début des années 80 où l’on vit se mettre en place tout à la fois au Nord les politiques d’austérité et au Sud les plans d’ajustement structurel. Deux visages d’une même démarche qui aida fortement à la prise de conscience de solidarités à l’échelle du monde. Car au Nord, la victime des politiques d’austérité remettant en cause les acquis constitués comprend spontanément le sens des luttes de ceux qui, au Sud, combattent les politiques d’ajustement structurel imposées par le FMI. Il s’agit de luttes dont la convergence est d’emblée perçue et dont la disparité dans la situation des acteurs ne fait pas obstacle à leur mise en relation.<br /> <br /> Mais tout ceci ne fut rendu possible que grâce à la poussée d’une vague de mondialisation qui bouscula tout sur son passage. La déflation salariale s’obtint par la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle du monde en rapprochant capital et bas salaires que ce soit à coups de délocalisations ou par l’organisation de flux migratoires. Ainsi fut mis fin à un compromis implicite qui régnait sur un territoire donné entre travail et capital et qui faisait en sorte que la grosse firme puisse écouler la marchandise produite auprès de consommateurs disposant d’un pouvoir d’achat suffisant. Dès lors que l’horizon devenait planétaire, la firme multinationale pouvait s’émanciper du contexte social car seul comptait son chiffre d’affaires. Et s’il pouvait être réalisé à l’export, alors qu’importait la fermeture des bassins d’emplois et la montée du chômage.<br /> <br /> Le chiffre d’affaires devenant mondial on pouvait dégrader l’emploi, casser des secteurs d’activités, démanteler des territoires. Il s’agit de penser mondial en s’émancipant des réalités nationales. Ce libre-échange entre régions de niveau inégal n’organise pas une vraie concurrence entre entreprises qui doit se jouer sur la meilleure efficience technique, mais entre des régions et des pays, c’est-à-dire entre des environnements sociaux, fiscaux ou environnementaux. On théorisa ainsi qu’une rationalité mondiale qui accompagnait le phénomène ne pouvait être que d’essence supérieure à toute logique nationale. L’autonomie accordée aux banques centrales permettra à celles-ci de ne se préoccuper que des signaux des marchés - de préférence internationaux - et de s’émanciper de toute réalité nationale.<br /> <br /> Cette origine lointaine de la crise cristallise des désaccords car elle revient sur la lecture de 25 années de trajectoire et porte en elle une radicalité dans les mesures à mettre en oeuvre qui ne peut être partagée par tous. On comprend pourquoi le refrain que la droite n’hésite pas à entonner sur les excès du capitalisme de la finance, les mauvais entrepreneurs, les fraudeurs, et son appel à refonder un nouveau capitalisme, débarrassé de ces scories, et assis sur une nouvelle éthique sont autant de contre-feux lui évitant de soulever les questions bien plus fâcheuses de la déflation salariale et d’une libre concurrence sans aucun frein. C’est autour de ces questions nodales que se jouera le débat sur une véritable issue à la crise.
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