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Le Moyen-âge...

24 Juillet 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Politique

Décidément, "Tropical Bear" est une corne d'abondance.
Cette fois, ce sont les lecteurs.
J'ai vu que, visiblement, ils avaient une vision caricaturale du moyen-âge, et en tout cas, fort éloignée de la réalité décrite par Braudel, Contamine et autres médiévistes.
Période de stagnation économique ? Pas du tout. On discute des raisons et modalités de la croissance, perceptible dès le X° siécle.
La monnaie n'y est pas que d'or est d'argent. C'est, avant tout, des unités de comptes. Déjà le Denier de Charlemagne s'évapore, et le Sou, s'amenuise jusqu'à sa disparition dans les mentalités après 1914.
Louis Pergaud le montrera bien. Dans le monde paysan, on compte plus en sous qu'en francs (qui ne représente rien dans l'imaginaire), et c'est simplement l'inflation commencée en 1914 qui le fera disparaitre des conversations. Trop petit, les cinq centimes.
Les salaires ouvriers se comptent et surtout, se pensent en Francs seulement après 1917.
Le crédit existe déjà, et le 14° siècle vit un krach, au deux bout du monde, en Chine et en occident, dont on ne vit, jusqu'à maintenant, pas d'équivalent. "Messire Edouard", fait banqueroute, son royaume, l'Angleterre, en entier, même en comptant tout, ne valait pas les sommes qu'il devait.
Pour un siécle, le crédit expire en occident et se concentre sur l'Italie, à la suite du krach des Bardi et Peruzzi.  "
Les principales banques réussirent à survivre au-delà de 1340, uniquement parce que la nouvelle de leur mauvaise situation n'était pas divulguée "
Conséquence : une guerre pourra durer "100 ans". Elle est incompréhensible, si l'on n'y met pas la donne financière.
Elle, effectivement, n'est menée qu'à coup de "cash".
Et malgré sa situation, semble t'il désespérée de 1429, Charles VII en aura plus que le roi d'Angleterre. Ce royaume est pauvre, et la partie occupée du royaume de France, quasiment sans ressources.
Le dénouement se fera de façon très classique. Les états généraux de Langue d'oc, réunit au Puy votent les crédits de guerre dans une ambiance survoltée et inquiéte. Plus de 3000 écorcheurs battent la campagne, sans s'attaquer aux villes, châteaux et points d'appuis fortifiés, même très peu défendus.
La ville, elle même a 70 défenseurs. Ceux-ci sont haïs par le reste de la défense, les nobles et leurs propres soldats, qui sont environs autant.
Mais c'est la bourgeoisie, qui fournit une milice sans valeur, mais relativement bien armée, qui est la plus remontée : ses biens, à l'extérieur des murs, sont en train de partir en fumée.
Le constat est clair, il faut un plus gros caïman, pour croquer les caïmans : le roi.
Le reste on connait la suite. Le siège d'Orléans est, dans l'optique médiévale, déjà perdu pour le roi d'Angleterre. Une armée de secours, jetée dans la ville, même totalement inactive, n'a qu'à attendre qu'un autre ennemi défasse celle du roi d'Angleterre : le manque d'argent.
Le rôle de Jeanne sera de transformer un échec, en débâcle.
Point de vue technique, j'ai vu fonctionner, lors d'une inondation, un très vieux système d'expansion.
Il était très efficace, très bien pensé, de façon globale, très fonctionnel. Il est attesté au XII° siécle. On peut dire qu'on en est loin aujourd'hui, avec des interventions au coup par coup, toujours avec de gros moyens, mais toujours sans prévisions s'aucune sorte.
Parce qu'à tout point de vue, le moyen âge est une époque de techniques avancées.
La construction du château de Guédélon, avec techniques de l'époque, a permis d'en retrouver un certain nombre.
Elles étaient loin d'être sottes, et c'est plutôt ce début du XXI° siècle qui est très stérile.
Beaucoup de savoir faire ont été perdu ces 50 dernières années, notamment dans le domaine du bâtiment, au prix d'une
On ne sait pas comment on a construit les cathédrales, on découvre, ça et là, des techniques, notamment l'armature d'acier.
Mais c'est bien au moyen-âge qu'est née une profession : l'ingénieur.

Comment peut on oublier ce que l'on apprend à l'école. Les foires de Champagne, où s'échangeaient les biens et les papiers commerciaux, par million.
De tous temps, les colporteurs ont achetés à crédit, et ils sillonnaient le pays par milliers.
Dernier point, il existait en France environ 40 000 châteaux. Même si leur coût, comme on le voit pour Guédélon, est moins important que l'on ne croyait, il faut, quand même, pour assumer le coût de la construction, une économie en état de fonctionnement et une économie prospère (youp la boum).
De même, pour payer les équipements militaires de la noblesse, il faut un pays globalement riche. Un chevalier traine à la guerre le prix d'un blindé aujourd'hui.

Lectures conseillées : l'économie médiévale. ça évitera à certains, de dire des bêtises.
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E
Si vous en avez l'occasion il y a au CNAM une chaire d'histoire des techniques le CDHTE dirigé par André GUILLERME.<br /> http://cdhte.cnam.fr/<br /> <br /> Son cours sur l'eau et la ville médiévale est passionnant et fort instructif sur l'organisation d'une société, vue par le commun des mortels comme arriérée ,qui savait exploiter bien plus efficacement cette ressource qu'est l'eau que nos sociétés modernes.<br /> <br /> Un des buts du CDHTE est aussi de former des spécialistes dans la conservation des batiments car ils se sont bien rendu compte qu'on avait un peu facilement tendance à oublier des techniques au profits d'autres et que cela poserait des problèmes dans le futurs.
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J
"Oui, enfin quoique reviser l'histoire (plutot revisiter l'histoire) à la manière de patrick OK, mais il est indeniable que d'autres gens plus mal intentionnés revisent aussi l'histoire, donc attention aux termes employés!! "<br /> <br /> C'est extraordinaire !<br /> <br /> On a donc plus le droit d'opinion, plus le droit d'expression, et le terme "réviser" est interdit aux "mal-intentionnés".<br /> <br /> C'est hallucinant !<br /> <br /> Quelle imposture de décider qui est bien intentionné de qui ne l'est pas. On dirait Saint Just, le mal nommé, avec son pas de liberté pour les ennemis de la liberté.<br /> <br /> Que les choses soient claires, il y en a ras le bol des bobards en tous genres et des histoires à dormir debout.<br /> <br /> Si ça vous plait d'y croire, tant mieux. Mais ayez le courage du débat et des ARGUMENTS étayés par des PREUVES. <br /> <br /> Mais ça les preuves et les arguments, ça ne plaît pas, surtout quand ça ne va pas dans le sens voulu. Alors on créé des lois pour interdire le débat et enfermer ceux qui s'y prêtent ... et des roquets pour aboyer.<br /> <br /> Votre histoire n'est pas la mienne !!
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N
Oui, enfin quoique reviser l'histoire (plutot revisiter l'histoire) à la manière de patrick OK, mais il est indeniable que d'autres gens plus mal intentionnés revisent aussi l'histoire, donc attention aux termes employés!!
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P
<br /> tous les faits que je cite sont attestés et pas par moi.<br /> <br /> <br />
J
Comment ?<br /> <br /> L'homme des lumières (puisqu'au Moyen-Age, c'était évidemment la nuit), celui des droits de l'homard n'est pas l'homme parfait ?<br /> <br /> Mais, Patrick, vous révisez l'histoire ! C'est interdit !<br /> <br /> A l'école (de la république), on m'a dit que le seigneur était mauvais, qu'il affamait les serfs, qu'il aimait torturer sur la roue ... en gros, heureusement qu'il y a eu la révolution, avant les hommes étaient des animaux barbares.<br /> <br /> On m'aurait menti ?
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