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La question énergétique. 6 août 2009.

6 Août 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie

Je lis, ça et là quelques effets de la propagande ambiante.
La plupart des gens ont une idée fausse de la question énergétique : ils ne la voient qu'avec le prisme déformant du système qui l'a tellement chanté.
Pour remettre les pendules à l'heure, quelques idées reçues et quelques mises aux points.
Tout d'abord, le pic- oil apparait clairement depuis 2005-2006.
Plutôt en "plateau ondulé" qu'en pic, d'ailleurs.
Les réserves sont des secrets d'état, jalousement gardés. Les chiffres officiels ne veulent rien dire.
Sur l'origine du pétrole ensuite. Entre la théorie classique et la théorie abiotique (origine minérale et géothermique du pétrole), il y a une différence fondamentale.
La théorie abiotique provenant d'URSS ne pouvait donc qu'être fausse, comme la dérive des continents, inacceptable chez les culs-bénis et grenouilles de bénitiers US.
Manque de bol, les dernières observations, notamment de l'IFREMER sur la dorsale nord atlantique, mais aussi d'autres, plaident plutôt en faveur du pétrole abiotique.
Pour nous, cependant, ça ne changera rien, car si certains gisements semblent se remplir à mesure qu'ils se vident, ce n'est le cas de tous, loin de là.
De plus, on tape largement dans un stock, constitué au fil du temps. Les pétroles se trouvaient à quelques mètres au 19° siécle, on en est loin maintenant. On vide une réserve (de 0 à 1000 métres), sans savoir à quelle cadence elle se reconstituera.
Une chose est sure ; elle ne se reconstituera pas à hauteur de 85 millions de barils/jour.
Les entrées y sont incertaines.
Ensuite, sur ces 85 millions, une bonne partie a été trouvée par les géologues russes et soviétiques, à des endroits, où il était impossible qu'il se trouve suivant la théorie classique.
Conclusion ; on consomme un pétrole fictif ?
Conclusion terminale : sur quel flux constant l'humanité peut elle compter ? Ceci, bien sûr en prenant pour base la véracité (très forte) de l'origine abiotique du pétrole.
"
Ainsi, ce type de réaction catalytique, se produisant à haute pression et haute température, montre qu'il est possible de synthétiser des molécules organiques d'origine abiotique à partir des minéraux présents dans le manteau terrestre.  "

Deuxième chose, le nucléaire. On nous dit l' abondance de l'uranium sur terre, et même toutes les possibilités de le développer.
Problème technique, on se sait pas tout récupérer, on ne sait d'ailleurs pas exploiter certaines mines classiques.
Deuxième problème technique : l'immensité des budgets de recherches et d'investissements demandés cadre mal avec notre politique monétaire insensée.

Troisième chose : le charbon. Présenté comme le prédécesseur du pétrole (c'est vrai) et son successeur (c'est beaucoup moins sûr), la réalité est ailleurs.
S'il reste du charbon, et même beaucoup, on a DEJA beaucoup tapé dans les réserves exploitables, notamment, le noir (anthracite).
L'envol de la production masque certains problèmes : la dégringolade des qualités et les exploits techniques de plus en plus poussés que représente l'exploitation des gisements. Là aussi, on arrive et on bute sur des limites.

Quatrième point : le méthane. Peu de différence avec le pétrole finalement. Son pic, estimé à 30 ans après le pic pétrolier, a été observé à 5 ans.
Le tiers des gisements étaient en déclin l'année dernière et le déclin gazier est très rapide.
Pour mémoire, les 2/3 des gisements de pétrole étaient en déclin l'année dernière, cette année, c'est 75 %. (sur les 800 principaux, produisant les 3/4 du pétrole, le reste étant fournit par les 70 000 autres gisements).

Cinquième point, le plus important. Le secteur économique de l'énergie fonctionne comme tous les autres, en privatisant les profits et socialisant les pertes.
Les pertes sont socialisés lorsque les gisements s'appauvrissent assez pour n'être plus rentables économiquement pour le secteur privé.
Le secteur d'ailleurs, devrait revenir en entier sous la coupe des états. En effet, là aussi, les firmes ne savent pas vivre avec une demande en rétractation, et la demande peut se rétracter encore plus vite que la production.

Non pas que les délires de certains, notamment en région parisienne (tous en transports en commun) ait le moindre sens. La RP est simplement adaptée à une civilisation du pétrole et ne peut vivre sans. Pas tellement à cause des transports des habitants, mais en raison de l'approvisionnement qu'ils nécessitent par leur simple nombre et entassement.
Il y en a deux fois trop par rapport à la civilisation charbon et 4 fois trop, par rapport à la civilisation antérieure.
A signaler,  la paysannerie. En train de trinquer actuellement, pour cause d'usage immodéré de la moquette chez les allumés de la construction européenne.
Bien sûr, que dans le cadre de la civilisation pétrole, on peut avoir les haricots du kénya et le lait de Pologne.
Sans pétrole, c'est beaucoup plus dur. Il suffit de relire Braudel : le voyage de la nourriture, c'est récent. Avant, il était tout bonnement impossible de déplacer les subsistances. Les régions montagnardes ou perdues dans leurs immensités n'avaient pas de solution, seuls les ports évitaient ce genre de problèmes.

Dernier point et dernier délire : la taxe carbone. A signaler : la capacité éolienne a doublé en Chine en 6 mois, et le nombre de chauffe-eau solaires installés sera de 100 millions cette année, il en existe déjà 100 millions.
Rapporté à la population, cela voudrait dire qu'en France il y en a 5 millions et que 5 millions vont être installés. On a en exactement 100 000.
Les allumés des taxes en tous genres devraient méditer l'exemple et au lieu de vouloir taxer les citoyens, ou plutôt les serfs, en rétablissant dimes et corvées, devraient plutôt penser en termes d'équipements (la planification, vous savez, celle qui a existé en France entre 1945 et 1975, qui fait que nous ayons toujours un haut commissaire à la planification).
Les vieux, vous comprenez, ça pense comme ça a vécu, sans penser à neuf.
Bien sûr que la "bulle énergétique" a existé.
Maintenant, elle peut tout a fait partir dans l'autre sens. Il y a une différence très nette, entre une politique délibérée, la chinoise, et une politique crétine, qui se dit, "on va faire ça", sans penser une seule minute, aux conséquences, et encore moins, à leur étalement...
Les pays occidentaux, volontiers donneurs de leçon, notamment en matière climatique, à la Chine et à l'Inde, devraient adopter profil bas et s'inspirer de l'exemple, celui qui leur avait réussi au 19 et 20° siécle, en privilégiant les dépenses d'équipements.

Privilégier cette approche aurait évité les tristes pantalonnades sanglantes d'Irak et d'Afghanistan.
Réduire ses consommations, ne sera pas un drame si c'est organisé et délibéré, mais ce sera la délivrance d'une accoutumance.

"Pour amortir le choc qui se profile, il aurait fallu s'y prendre il y a 25 ans (à un moment où je ne savais même pas que le problème existait, je le reconnais bien volontiers), en instaurant à ce moment là une taxe carbone, qui du reste est toujours d'actualité pour éviter une partie de la facture "plus tard"]  ".

Résumé (à apprendre par coeur pour demain) :

Un con qui marche va toujours plus loin qu'un intellectuel assis.
Et un con qui marche pas va encore moins loin qu'un con qui marche.
Aujourd'hui, en matière d'énergie, il y a celui qui court, la Chine, et le con qui ne sait pas encore ce qu'il doit faire.
Je vous laisse deviner qui c'est.
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B
un petit raccourci de la politique énergétique dans "mon petit coin" du sud ouest<br /> <br /> a 2 km de chez moi, 2 anciens moulins a l'abandon situés sur un gave pyrénéen sur lesquels sans travaux gigantesques pourraient fournir de l'électricité ad vitam ( le canal d'amenée à curer et redresser, pas d'échelle à poisson à faire)<br /> <br /> et pas loin de là, une usine brulant du maïs ( 500.000 tonnes /an) pour faire du "bio" éthanol pour nos tas de toles chéries<br /> <br /> y aurait pas un chti probleme là ?
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B
Etats-Unis : les chiffres du jour (jeudi 6 août 2009).<br /> <br /> Semaine du 25 juillet : 560 000 inscriptions au chômage (moyenne mobile sur quatre semaines).<br /> <br /> Semaine du 1er août : 555 250 inscriptions au chômage.<br /> <br /> http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/economie/20090806.REU8484/baisse_plus_forte_quattendu_des_inscriptions_au_chomage.html<br /> <br /> Nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités-chômage :<br /> <br /> Semaine du 18 juillet : 6,241 millions d’Américains.<br /> <br /> Semaine du 25 juillet : 6,310 millions d’Américains.<br /> <br /> A part ça, tout va très bien, madame la Marquise (bis).
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B
Etats-Unis : les chiffres du jour (jeudi 6 août 2009).<br /> <br /> Les chiffres macroéconomiques. <br /> <br /> Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont chuté à 550 000 lors de la semaine du premier août, contre 558 000 la semaine précédente.<br /> <br /> http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=d2aefd42a165223e0ff6b6e673ff9146<br /> <br /> Conclusion : dans la semaine du 25 juillet, il y a eu 558 000 inscriptions au chômage.<br /> <br /> Dans la semaine du 1er août, il y a eu 550 000 inscriptions au chômage.<br /> <br /> A part ça, tout va très bien, madame la Marquise.
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