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Cristina lui a pêté la gueule...

30 Janvier 2010 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie

ça serait bien que ça en inspire d'autres.
Le président de la banque centrale argentine avait, un temps, préservé le mythe de son indépendance, simplement en acquiesçant aux demandes des politiques, qui donc, n'avait pas eu à mettre en pièce cette infaillibilité pontificale.

Là, le président de la banque centrale, déjà interdit de bureau par la force publique, a remis sa démission.
Il n'avait pas compris sa nullité et son inutilité intrinsèque. Sans personne qui soutienne sa position, il n'est rien, et aucun homme ou femme politique ayant atteint la magistrature suprême ne tolère un pouvoir sur lequel il n'a pas prise, mais qui lui dit aussi quoi faire.

L'engeance, se soutient entre elle, d'ailleurs, au mépris de toutes les règles de non-ingérence :
"
M. Redrado avait reçu le soutien d'homologues, dont les présidents de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, de la Banque centrale indienne Duwuri Subbarao ou de la Banque de France, Christian Noyer."

Mais le respect des règles n'étouffe pas ces zozos. Il est fort probable que la dernière levée de fonds grecque a été entièrement souscrite par la BCE, et ce, au mépris de toutes les règles et traités, et ceci porte un nom en droit, la haute trahison.

Comme la stupidité se joint à l'incompétence, ces dirigeants, en demandant des coupes sombres, n'ont pas compris une chose simple : dans l'organisation actuelle, ces déficits sont devenus structurels.
Vouloir les réduire, n'arrivera à rien, ou plutôt, si, à l'explosion sociale. Le problème économique est la baisse de la demande. Une nouvelle baisse des salaires et des prestations arrivera donc à une nouvelle baisse de la demande.
Et à la différence des politiques FMI en Afrique et en Argentine, notamment, c'est qu'elles ne touchent plus des économies périphériques, mais le coeur du système.

C'est donc l'économie mondiale qu'ils s'apprêtent à condamner à mort, et non à rééquilibrer les budgets.
D'ailleurs, l'intérêt de rééquilibrer les dits budgets est tout relatif. (ça sert à quoi ?), et en tout cas, en dehors de la plaque.
Pour réduire les déficits, il est surtout urgent de changer de système.
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S

La meilleure revue de presse du monde ? Ne cherchez pas elle est chez nous ; merci BA t’es formidable.


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A

Oui BA,
clair, net et précis. Et indispensable...
Cordialement
Amada
http://les-deboires-d-amada.over-blog.fr/


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B

Lionel Jospin a publié son livre "Le monde tel que je le vois" en novembre 2005.

Je n'aime pas du tout Lionel Jospin, mais les lignes que j'ai recopiées ci-dessus sont d'une très grande importance (à mon humble avis).

Dernière précision : les pages 162-166 que j'ai recopiées ci-dessus sont celles du chapitre que Lionel Jospin a intitulé : "Les prétentions d'une nouvelle aristocratie".

Ces pages sont claires, nettes et précises.


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A

Merci d'avoir mis cet extrait en ligne.
Fin de la naïveté. Ouvrir ses yeux et ses oreilles.
Pour en revenir à l'Argentine, il semble que l'Amérique du sud soit à la pointe du changement nécessaire : rendre aux Etats leur pouvoir sur la monnaie et leur fonction politique.
Point barre. Mais pour cela un groupe "neuf" doit émerger et agir.
Cordialement
Amada
http://les-deboires-d-amada.over-blog.fr/categorie-10866008.html


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T

Interessant passage de Jospin, un vrai coming-out à vrai dire.
Il est évident qu'ils connaissent la situation de notre pays, personne n'est naif, et leur responsabiltié est patente.


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B

Lionel Jospin, "Le monde tel que je le vois", Gallimard, page 162.


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B

L'avantage quand un homme politique part à la retraite, c'est qu'il peut écrire ce qu'il a vu. Il peut tout dire. Il s'en fout. Sa carrière est finie. Par exemple, Lionel Jospin a écrit en 2004 un
livre sur la nouvelle aristocratie. Extrait :

« L’un des traits les plus originaux de la période, dans le champ des structures sociales, et qui est aussi l’un des plus troublants, est l’émergence d’un nouveau groupe dominant. Bien qu’il soit
d’un type récent, il tend à emprunter certains traits des anciennes aristocraties. La France est bien moins républicaine qu’elle ne le proclame. Les inégalités sont nombreuses chez nous et les
traces des mentalités issues des longs siècles de l’Ancien Régime restent patentes. Pensons au corporatisme, fréquent dans le monde syndical, ou au féodalisme, qui imprègne les comportements de
certains hommes politiques et encombre le vocabulaire médiatique. Ah, ce mot de « fief » mis à toutes les sauces ! Nous nous voulons pourtant les héritiers des révolutions françaises et nous sommes
imprégnés par la culture d’égalité. Le terme n’est-il pas au cœur de notre devise nationale ?

Or le retournement opéré par cette nouvelle caste touche aux principes comme aux comportements. Sur le plan des principes, elle affirme le caractère fécond de l’inégalité. Elle n’entend pas
protéger ses privilèges en se tenant prudemment sur la défensive. Elle est sûre de ses droits et elle en revendique de nouveaux. Pourquoi se prend-elle pour une aristocratie ? Parce qu’elle
s’affirme d’une essence différente. D’où émerge-t-elle ? D’une alliance implicite entre des grands dirigeants d’entreprise, des financiers, des cadres élevés de l’industrie et des services,
certains hauts fonctionnaires de l’Etat et des privilégiés des médias.

Tout en invoquant le modernisme et sous prétexte d’adaptation à l’époque, ce groupe opère un retour en arrière pour adopter une vision des rapports sociaux qui s’inspire d’un passé lointain, dans
le sens où il distingue totalement son sort de celui des autres. Il est en quelque sorte le nouveau « groupe de prestige » (pour parler comme Max Weber) du monde moderne. Ce groupe enjoint aux
autres catégories sociales de faire des sacrifices, au nom de la compétition mondiale ou de l’équilibre de l’économie, mais ne consent pour lui-même à aucun effort ou renoncement et ne conçoit même
pas que la question se pose. Le discours des représentants de ce groupe oscille constamment entre l’insensibilité sociale et la bonne conscience idéologique.

Naturellement, ce groupe de privilégiés ne peut être simplement assimilé aux anciennes aristocraties : il ne fonde pas son essence distincte et ses droits particuliers sur le sang, le droit divin
ou la tradition. Il ne méconnaît pas les privilèges de la naissance et d’aucuns savent cultiver leur généalogie, mais, dans le discours public, il se réclame avant tout de la rationalité économique
et de l’« efficacité ». Bref, il a la raison pour lui.

Méthodiquement, il explique pourquoi les salariés doivent renoncer à tout excès d’espérance. Il faut inévitablement réduire les coûts de production face à la compétition mondiale et aux pays à bas
salaires. Il faut réduire la taille de l’Etat-providence pour diminuer les frais généraux de la nation. Le tout, nécessairement, pesant sur les salaires, l’intensité du travail et la protection
sociale de la masse des salariés petits et moyens. Bien sûr, il peut venir à l’esprit de demander à ces chantres du sacrifice ce qu’ils sont prêts, pour les besoins de la bataille économique, à
concéder eux-mêmes : sur leurs profits, sur des salaires très élevés, sur leur propre temps de travail, sur leurs nombreux avantages secondaires, sur leurs retraites spectaculaires ou leurs
indemnités fastueuses en cas de départ. Mais la rationalité économique a réponse à tout. On ne saurait toucher aux profits, imposer davantage le capital, limiter les salaires extravagants sans
décourager les initiatives et paralyser les énergies créatrices, sans provoquer des désinvestissements et des délocalisations d’entreprises ou encore sans entraîner des fuites de cerveaux ou de
talents. Des tentations aussi fâcheuses seraient antiéconomiques et nuiraient finalement à tous. Elles ne sauraient donc être envisagées.

Bien des membres des catégories professionnelles ou des milieux d’où émane ce nouveau groupe privilégié ont une conception de leur place et de leur rôle plus classique, moins avide et moins
arrogante. Il n’empêche : ce groupe a une perception aiguë de ses intérêts. Si la conscience de classe s’est émoussée ailleurs, ce n’est pas le cas pour cette sorte de caste, qui mêle les habitudes
de l’ancienne bourgeoisie et les réflexes neufs d’une couche conquérante. Elle défend systématiquement et sans la moindre vergogne ses intérêts. Elle le fait directement à travers ses
représentants, ainsi que l’a montré le cours offensif que l’ancien président du MEDEF a imprimé à ce qui fut le Conseil national du patronat français.

Cette nouvelle « aristocratie » sait aussi faire prendre en compte ses intérêts par d’autres. A la différence des pays où existent des groupes de presse autonomes qui tirent leur richesse et leur
développement de leur métier lui-même, nombre de médias audiovisuels ou de la presse écrite sont possédés en France par de grands groupes industriels (Bouygues, Lagardère, Dassault…) ou bien ont
ouvert largement leur capital à des groupes économiques ou financiers. On se doute que ces médias – au-delà des choix des journalistes eux-mêmes – sont globalement sensibles à l’idéologie et la
mentalité de ces milieux, et en diffusent largement les arguments dans le public. Ainsi, quand l’influence n’est pas directe, elle s’exerce par imprégnation et identification.

De plus, cette catégorie sociale est peut-être la seule aujourd’hui à se vivre comme internationale, ce qui lui donne une vision spécifique de la mondialisation. Ce n’est pas qu’elle soit mieux
structurée que d’autres. Après tout, il existe des organisations internationales de salariés, comme la Confédération européenne des syndicats. Mais ce groupe hégémonique a changé de culture par
rapport à la bourgeoisie traditionnelle. La bourgeoisie ancienne était patriote, parfois nationaliste, en tout cas, en France, protectionniste. La nouvelle caste se veut internationale, voire
transnationale. L’espace économique national n’est pas sa référence naturelle. Elle épouse au contraire l’univers et l’idéologie de la mondialisation capitaliste, car elle y trouve la justification
de son existence et de ses exigences. La ramener à une meilleure conception de son utilité sociale et à ses devoirs nationaux est une urgente nécessité pour l’équilibre de notre société, tant son
comportement et ses privilèges scandaleux commencent à provoquer de la colère dans le pays. »


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T

Cela n'empêche pas une révolution, bien entendu.


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T

Non, pas une aristocratie, mais une oligarchie.
Les mots sont importants.


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B

Oui, certes, mais ces "bons gros bourgeois" sont devenus une nouvelle aristocratie.


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T

"Les deux premiers aristocrates qui passeront à la guillotine"

Je m'insurge contre l'utilisation du terme "aristocrate".
Les aristocrates, du temps ou ils tenaient leurs rangs, allaient faire la guerre eux mêmes et payaient l'impôt du sang.
Ici, rien de tel, de bons gros bourgeois qui font la guerre par procuration.


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A

Quelqu'un connait-il le noeud gordien de Georges Pompidou ?

D'apres http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_N%C5%93ud_gordien, il y a dedans :

* le dernier chapitre, qui reprend le titre de l'ouvrage, reprend les précédents pour montrer que la complexification de la société est devenue telle que quelqu'un tranchera un jour ou l'autre le «
nœud gordien » : « Il s'agit de savoir si ce sera en imposant une discipline démocratique garante des libertés ou si quelque homme fort et casqué tirera l'épée comme Alexandre. »

Sur cette alternative, Pompidou se montre pessimiste : « Le fascisme n'est pas si improbable ; il est même, je crois, plus près de nous que le totalitarisme communiste. »

+++
Avec la main-mise des société capitalisques actuelles sur les gouvernements.
Je pense en particulier au secteur de la finance aux USA, je crois nous y sommes presque.
Il me semble q'une definition du fascisme est lorsque l'état et les entreprises ne font qu'un.
Il me semblait avoir une phrase de Mussolini sur cette definition, mais je n'ai pas trouver de source.


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B

Pas tous à la fois.

Procédons par ordre et méthode.

Ne les bousculez pas : il y en aura pour tout le monde.

Chacun son tour.

Les uns derrière les autres.

Les deux premiers aristocrates qui passeront à la guillotine :

1- Jean-Claude Trichet.

2- Christian Noyer.


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P

réformer raisonnablement le système est maintenant impossible : il est allé trop loin dans le grotesque. D'ailleurs c'est impossible car personne ni aucune organisation n'a plus de prise sur son
mouvement désordonné. Et puis le réformer reviendrait à ne pas supprimer ses tares qui le situent au niveau des nazis ou des staliniens : des pays ou des milliers de gens meurent de faim chaque
jour, d'autres ou des enfants travaillent 12h par jour, des écosystèmes dévastés, des chômeurs coexistant avec des forçats du travail, etc. Il est plus raisonnable d'en finir avec ce cauchemar !


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T

D'ailleurs, tenter de réformer un systéme irréformable a déjà été tenter.
Le précédent soviétique nous enseigne que cela n'est pas possible.


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T

Justement, pour éviter le chaos, il faut d'urgence reprendre notre destinée, au lieu de la laisser à des fous hostiles et incompétents.
Si nous laissons faire, l'écroulement total est certain.
Car si vous pensez que si vous êtes gentil et docile, vous éviterez le pire, vous vous trompez.


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E

@ 3 Piglets
tant qu'à faire je préferrerait éviter le chaos.
J'ai pas vraiment envie de mourir de faim.
Donc essayer de réformer le système avant l'effondrement.


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E

Super titre, ça c'est de la presse...

« D'ailleurs, l'intérêt de rééquilibrer les dits budgets est tout relatif. (ça sert à quoi ?), et en tout cas, en dehors de la plaque. »

En soit aucun problème à être en déficit, c’est de l’impôt sous forme d’inflation.
Par contre ce qui doit être sous contrôle c’est le train de vie de l’Etat. Cela veut dire que l’état ne peut pas utiliser ou consommer plus de x% des ressources lui-même. Il faut donc raisonner sur
base des ressources et des utilisations
Raisonnement par l’absurde :
L’état consomme 100% de l’électricité => conséquence …
L’état utilise 100% de la main d’œuvre => conséquence ….
L’état utilise 100% de l’eau => conséquence…
….

On pourrait arguer que cela ne pose aucun problème si les ressources sont correctement affectées. C'est-à-dire juste retour à la population. Un système communiste quoi.
(Notons que si les ressources sont confisquées par une oligarchie privée, se substituant de fait à l’état, la situation est encore pire. C’est le déjà le cas pour certaines ressources. Cela pose
des problèmes. Ces problèmes sont difficiles à cerner) Fermeture de la parenthèse.
J’y vois plusieurs problèmes :
Plus de liberté d’action. Et c’est essentiel.
Un seul acteur qui décide de tout. S’il se trompe c’est un méga problème.
Tue l’initiative individuelle, du moins l’initiative économique. Hors je crois que si il y a une chose à sauver dans le système actuel c’est ça.

Pour en revenir à l’histoire des déficits et de l’équilibre budgétaire, il me semble intuitivement qu’un trop grand déficit peut dénoter d’une trop grande captation des ressources pas l’état. Mais
être en équilibre budgétaire pour être équilibre budgétaire. C’est de l’orthodoxie digne d’un dogme religieux du 16ème siècle. Combien de ministres des finances ou du budget se sont-ils livré à une
réflexion du style c’est quoi un déficit ? Ils nous ressortent le sempiternelle refrain sur la dette que nous allons léguer à nos enfants ?


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T

Pour changer de systéme deux conditions :

1) que le précédent soit mort et bien mort.

2) changer les élites de l'ancien systéme décédé.

Pour l'instant, nous en sommes au premier point et ce n'est pas terminé.
Le second est moins gagné que le premier paradoxalement, car si nous n'avons aucun pouvoir sur la mort du mondialisme, le second nous rend responsable de notre destin.
Ne venons pas pleurer du manque de pouvoir sur notre destin si nous ne sommes pas capable de foutre un coup de pied au cul aux vampires d'en haut.


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T

Patrick: on se branle qu'ils fassent des erreurs.
Au contraire, nous voulons qu'ils en fassent le plus possible.
Si ils sont si stupides que cela, ils resteront pas longtemps à leurs places.

Qui veut que ce systéme se survive à lui même?
Pas moi et pas beaucoup de vos lecteurs.

La révolution tant désirée passera par une phase préparatoire ou les dirigeants font et feront des fautes de gestion.


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