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Feue la taxe carbone.

26 Mars 2010 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie

Madame se meurt, madame est morte, elle n'aura pas lieu. Pourtant, visiblement, la taxe carbone existe déjà. Entre l'augmentation totalement injustifiée du gaz, la TIPP, la taxe (pour protéger la production charbonière nationale) sur le fioul, elle est déjà amplement présente.

Jancovivi pousse son coup de gueule "les cancres ont eu le dernier mot". Mais dans ces cancres, il faut mettre Jancovici.
En effet, il raisonne mal. Ce qui fait le gros de la consommation mondiale, ce sont les 20 % de la population les plus riches, et à l'intérieur des pays riches, ce sont les 20 % les plus riches.
Donc, on est à côté de la plaque, clairement.

Etre DANS la plaque, c'est raisonner en comptable. Donc, comptable, je raisonne en comptable. Un chiffre d'affaire, c'est Q X P. Quantité par prix.
On peut agir sur les deux paramétres, au lieu d'agir simplement sur celui qui emmerdera le plus les pauvres, et qui, de fait, feront les frais de l'ajustement.

Il glorifie donc les mécanismes de marchés, qui systèmatiquement, font porter le chapeau et crever les petits.
Le combat est quasi éternel entre économie de marché et économie dirigée. On peut citer Marat déclenchant l'émeute contre l'assemblée nationale, pour le prix du pain, on peut citer aussi l'hiver 1709. Les intendants de Louis XIV se bougèrent pour éviter que la famine succéde à l'hiver atroce.
Et dans les deux cas, la manoeuvre réussie. La taxation du pain dura pratiquement deux siècles, et l'orge semé après l'hiver rigoureux fit une belle récolte, une des meilleures jamais vues depuis longtemps : le froid avait tué non seulement les gens, mais la vermine.

Le XX° siècle a mis en parenthése l'ajustement par les prix deux fois. Et deux fois durablement. Par les tickets de rationnement, et par l'usage soviétique de la norme. Dans une économie de rareté, pour être politiquement acceptable et acceptée, la rareté ne peut s'appuyer que sur le prix. Bien sûr, le marché noir existe, mais la délinquance existe toujours.
Dans la sphére soviétique, la norme est un mécanisme simple. Jusqu'à la norme, le prix est bas, puis il augmente très vite, jusqu'à devenir prohibitif.

Hors, dans le mécanisme de marché, le prix est dégressif. Plus vous êtes petit, plus vous payez.
En matière énergétique, plus vous êtes cochon, mieux c'est.

J'ai le regret de dire à M. Jancovici que le mécanisme de marché est hors de propos. Les 10 % les plus riches continueront à aller aux Maldives, les 90 % se serreront de plus en plus la ceinture au fur et à mesure qu'on descend dans l'échelle sociale.
Les riches paieront un peu plus cher, mais sans le sentir passer vraiment.

Dernièrement, j'ai vu des gens angoissés, pour leur mère, pas angoissée du tout. Elle consomme 5000 litres de fioul, dans sa maison -neuve- de 1968, avec une chaudière -neuve- de 1968. La maison est impeccable quand à l'aspect, mais c'est une poubelle énergétique.
Comme elle confond francs et euros, elle ne s'aperçoit de rien. Et ce comportement est généralisé.

Pour beaucoup de gens, la seule manière d'opérer et de leur faire prendre conscience, c'est le manque. Comme le manque va inévitablement arriver, et de manière sauvage, on en viendra tôt ou tard, à la norme, aux tickets de rationnement.
Pourquoi le nier ? Je rappellerais le vrai visage de la guerre (général Beauffre) : "le quotidien est atroce : pas de chauffage, pas de charbon, de l'électricité quelques heures par jour", en rajoutant, bien sûr, le manque de nourriture.
Mais, démographiquement, la guerre a eu UN avantage pour la France, à rappeler : en juin 1940, la ration de vin passe à 2 litres par mois pour un travailleur de force (rien pour les autres).  La mortalité causée par l'alcoolisme s'est effondrée.

Le constat doit être clair. Le problème énergétique est complètement insoluble dans l'économie de marché. Comme à l'époque de Marat, le mécanisme du marché nous amènera à La catastrophe. Il ne fonctionne que dans l'abondance.
On en a eu le goût avec les émeutes de la faim qui ont secoué le tiers monde il y a peu. Mais il faut bien se rendre compte que les émeutes du fioul, du carburant, de l'électricité sont plus que récurrentes et bien plus fréquentes...

Le paramétrage doit utiliser deux choses : le prix et la quantité, et surtout récompenser les gains d'efficacité ("le dépassement de la norme")...
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C
<br /> A propos, vous avez vu la dernière Sarkonnerie aujourd'hui ? Enorme.<br /> <br /> Cet imbécile a voulu faire son cacos à Bruxelles et a déclaré en conf de presse : la commission proposera en juin une taxe carbone... pour les biens entrants en Europe !<br /> <br /> 5 minutes et 12 secondes plus tard, une porte parole déclare que... personne n'est au courant. Le projet c'est une taxe carbone... entre les différents pays de l'Europe, car une taxe pour les biens<br /> entrants n'aurait pas le soutien (tu parles charles) des autres membres de l'Union etc.<br /> <br /> Comment peut-on être aussi irresponsable et agité du bocal ?<br /> <br /> Bref, Sarko a une fois de plus totalement pété les fusibles.<br /> <br /> La taxe carbone est morte, et c'est tant mieux.<br /> <br /> Sarko a bouffé son chapeau, sa culotte, et le tablier de la fermière.<br /> <br /> Ce girouettisme insensé (il y a encore 3 mois il nous jurait sur TF1 que la taxe carbone serait instituée en juillet) a du faire très mal à son (S)égo.<br /> <br /> <br />
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