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La Bérézina des élections régionales de 2010...

23 Mars 2010 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Politique

Il parait que la Bérézina fut une victoire française. Le seul inconvénient c'est qu'on y perdit une armée, oh, pas bien grosse, une petite armée de rien du tout.
C'est sans doute pour cela qu'on l'appelait la grande armée. Les nabots aiment bien ce qui est grand. C'est Napoléon qui l'avait baptisé ainsi.

Dans les annales, 2004 étaient déjà une fessée pour la majorité présidentielle, mais 2010, c'est encore pire.
En 2004, l'UMP était en majorité absolue dans 6 départements, et en tête dans 10 autres, avec les triangulaires.
En 2010, l'UMP obtient la majorité absolue dans 2 départements, plus un d' outre-mer, et la majorité relative dans 4 départements, plus un d' outre-mer.
Elle n'est même pas seconde dans le Pas de Calais, où elle laisse la place à Marine Le Pen.
C'est en outre, caricatural : la côte-d'azur, l'Alsace, le Cantal et les Yvelines.
En outre, le "triomphe" cantalou est il fort modeste : 51.04 %.

 Le PS n'est souvent pas en meilleur forme : sa majorité n'est souvent que relative en cas de triangulaire, et il a été carrément éjecté du languedoc, éliminé sans rémission au premier tour.
Pour le premier tour, les départements où le parti unique de la majorité arrivent en tête se limitent à 33.
C'est peu, très peu, et les avances étaient faibles.

Au total, au second tour, les résultats sont les suivants :

- inscrits :       43 354 968,
- abstention : 21 148 548,
- votants :       22 206 420,
- blanc et nul :  1 013 554,


- front de gauche        56 089,   soit    0.27 % des suffrages exprimés,        réellement :  0.13 %,
- PS                           738 454,   soit   3.48 % des suffrages exprimés,                "             1.70 %
- Divers gauche        715 625,  soit    3.38 % des suffrages exprimés,                "             1.70 %
- Union gauche      9 833 795,  soit   46.40 % des suffrages exprimés,               "           22.68%
- EE                           207 435,  soit      0.98 % des suffrages exprimés,               "             0.48 %
- MODEM                 178 852,   soit     0.84 % des suffrages exprimés,               "             0.41 %
- majorité Pres.     7 516 302,   soit   35.47 % des suffrages exprimés,               "           17.34 %
- FN                        1 943 643,   soit     9.17 % des suffrages exprimés,               "             4.48 %
- régionalistes          127 326,  soit      0.60 % des suffrages exprimés.               "             0.30 %.

49.20 % des électeurs ont votés. On assiste aussi à des tendances centrifuges fortes, comme elles ont toujours existé en période de troubles.
Les barons occitans se portent bien. D'abord Frêche, mais aussi Lassalle, qui sans doute est devenu indéboulonnables dans son fief et qui sans doute, à l'occasion fera beaucoup mieux.
Mais on peut citer aussi MS Royal dont le score dans sa région est trop fort pour être totalement honnête.
Les autonomismes portent différentes couleurs : rouge dans le Limousin, vert en Bretagne, sans parler des autonomistes corses.
Même le vote UMP en Alsace, en Côte d'Azur et dans le Cantal est plus porteur d'irrédentisme local que d'adhésion à la politique présidentielle.

Enfin,  le plus gros morceau : le FN perce dans le Nord-Pas de Calais, mais aussi dans le coeur du pouvoir : le bassin parisien.
Ses scores Rhône alpin et en PACA révélent aussi que les forces centrifuges travaillent ces deux régions.

Pour résumer : le bipartisme officiel vient sans doute de sonner l'heure de l'alternance. Le pouvoir en place est trop bling-bling, trop voyant, pour être respecté.
Mais les signes de rejet de ce pouvoir parisianiste et mondialiste se font de plus en plus forts. Partout par la montée de l'abstention, ailleurs par la montée des dissidences, soient incorrectes politiquement parlant comme FN ou Frêche, soient plus soft dans la vulgate politicienne : le rescapé Lassalle, la pestiférée Ségolène, EE en Bretagne, les rouges en Limousin. Même l'UMP Alsacien, à contre courant, est une marque de localisme.

Comme au temps du réferendum de 2005, Paris et sa région voit s'affronter les partis corrects de gouvernement, PS et UMP, dans un quand à soi qui en dit long.
Comme on ne change pas une politique qui perd, on va donc réformer les retraites et accentuer encore la dissidence.

Par rapport au premier tour, on observe un tassement de la Gauche en général, et un rebond de l'UMP. Mais ceci est assez classique en bipolarisation.
Mais l'avance était telle et le rebond si modeste que cela n'a rien changé.
Autrement, là aussi, c'est la bonne tenue du FN qui attire l'oeil. 2 223 800 voix au premier tour et 1943 643 au second, en n'étant pas représenté sur la moitié du territoire, c'est une performance remarquable.

Comme je l'ai déjà dit, en assistant au dépouillement dans une région où il n'avait pu se maintenir, j'ai pu constater personnellement que les bulletins FN étaient quand même particulièrement nombreux dans le vote nul.    
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