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La question de l'épargne

1 Janvier 2010 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie

charles ponziPour revenir à la question de l’épargne, que j’ai déjà amplement traitée, il est bon de remettre quelques points sur les i et quelques traits sur les barres.

Tout d’abord, « l’effet richesse ». Que l’immobilier flambe, ne fait pas dépenser plus. Ce sont les personnes qui se séparent de leurs biens qui alimentent l’effet richesse. Une vente immobilière, c’est l’occasion pour le vendeur de solder des emprunts et de faire quelques achats. L’acheteur s’endette. C’est uniquement là que se trouvait l’effet richesse.

Je n’ai jamais vu personne péter les plombs en se disant « ma maison a doublé de valeur ». Ce qui fait le volume de dépenses, ce sont les rentrées effectives, les salaires et non la spéculation intellectuelle de se dire « je suis plus riche ».

Pour parler d’épargne, dont le taux flambe dans le monde développé, il est nécessaire, là aussi de remettre les pendules à l’heure.

La baisse de l’immobilier, fait que certains américains ont une politique délibérée de faillite.

Explication : vous payez, par exemple 2 000 dollars de mortgage (emprunt-logement), puis, d’un coup, plus rien.

La procédure pour vous mettre à la porte prendra 9 mois (en moyenne) ; du coup, vous économiserez réellement, cette fois, 2 000 dollars par mois, soit 18 000 dollars en tout.

Cela vous permet de solder le découvert de vos cartes de crédit, et de passer de la carte de crédit à une carte à débit immédiat ou différé.


Le cérémonial typique du couple étasunien, où les parents sont dans la cuisine pour se demander comment ils vont payer les factures, disparaît. Après, ils vont aller en location, et payer beaucoup moins, de 500 à 1000 dollars (le marché de la location souffre aussi énormément), souvent pour un confort équivalent.

Gain sur une année : de 12 000 à 18 000 dollars. Et la sensation agréable de ne plus rien devoir à personne.

Résultat : le taux d’épargne américain passe de la zone négative à + 5%, sans le moindre effort.


Autres lieux, autres moeurs. En attendant que les couples français puissent, dès 2010, voir la loi modifiée et pouvoir faire faillite en étant propriétaire (cette mesure est destinée à ne pas déstabiliser le marché immobilier), faisons l’état des lieux.

Le taux d’épargne est fort, dit-on. Il a atteint 17,1% des revenus. En réalité, la situation n’est pas florissante du tout. Reprenons l’INSEE, et les résultats de 2008, les seuls disponibles.

Le taux d’épargne atteint 15,3% et se décompose en 9,4% d’investissements immobiliers, 4,5% d’épargne financière et 1% d’épargne des entrepreneurs individuels.

9,4%, ce sont les remboursement d’emprunts et les apports personnels, et 4,5% correspond grosso modo, simplement, aux intérêts des placements DEJA effectués. « L’épargne fraîche » est symbolique.


Le grippage du crédit IMPLIQUE une montée des remboursements immobiliers, et si on dit que l’encours des crédits immobiliers monte encore (de 3,7%), il y a une explication simple. C’est l’effet d’inertie, considérable en immobilier.

Explications. Acheter implique des prêts qui vont de 7 à 30 ans. Il y a dix ans, on ne partait pas sur plus de 15 ans. 2009 – 15 = 1994. Les prêts qui meurent, les plus anciens, concernent une période de dépression immobilière (voir taux d’épargne en logements, année 2000), alors que les prêts les moins matures (comprenant plus d’intérêts que d’amortissements, les remboursements), sont récents et concernent la période de bulle immobilière, surtout 2002-2008 qui n’est pas si lointaine.

Sans un rebond équivalent aux années de bulles, soit 150 milliards de prêts par an, le taux d’épargne ne pourra que flamber ces prochaines années.

Les terriblement limités, intellectuellement parlant, soi-disant « experts », vous diront que « les ménages se sentent moins riches et reconstituent leur épargne ». Il leur aurait fallu écouter en classe de seconde, notamment la définition de base de l’épargne.

En réalité, cette situation est loin d’être saine. Le taux augmente fortement (à 17,1%), alors que les rendements s’effondrent (les taux réglementés notamment) et que la flambée de la Bourse n’est pas, non plus, saine.

La vérité est autre : l’encours de crédits ne progresse, globalement, que de façon modérée, de 1% au total (+ 3.7% pour les crédits immobiliers), alors que les remboursements d’emprunts dépasseront sans doute les 10% des revenus des ménages.

En outre, il faut voir l’évolution sur un an : la progression des crédits passe de 10% à ce tout petit 1%.

La conséquence logique, c’est la disparition de la monnaie, attestée par la Banque de France. Depuis 1973, nous sommes dans le cycle de la monnaie-dette : tout remboursement détruit de la monnaie, et remboursements et intérêts doivent être compensés par des prêts nouveaux (schéma de Ponzi type).

A 1%, ce n’est plus le cas, et la crise s’aggrave.

La « croissance » sur trois mois de la masse monétaire est négative (j’adore ce terme de croissance négative) :
- moins 5% en septembre,
- moins 8,6% en octobre,
- moins 10,4% en novembre.

En outre, il ne faut pas oublier que ce 1% est lui-même partiel : il n’est obtenu qu’en faisant abstraction des prêts aux sociétés financières. Si on en tient compte, la « progression » devient négative elle-même


Conclusion : les ménages sont les derniers de la chaîne à craquer. Avec quelques bonbons, genre primes à la casse, PTZ (prêts à taux zéro) doublés, loi Scellier, etc., on arrive même à faire progresser – un peu – l’endettement. C’est au prix d’effets pervers absolus, dont nous nous apercevrons rapidement.

 

photo : celui qui a tout compris à l'épargne, Charles Ponzi.

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A
<br /> Merci pour ce rappel salutaire !<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Au niveau des USA, c'est un peu le revers de la médaille pour les banques et tel est pris qui croyant prendre comme on pourait dire. Chez eux c'est en effet très pratique de pouvoir rendre les clés<br /> de la maison et d'effacer ainsi l'emprunt. Ici en Belgique et à mon avis en cela doit être plus ou moins pareille dans le reste de l'europe; si je ne paye pas mon crédit hypothécaire, la banque<br /> saisi la maison, la revend et si la totalité de l'emprunt n'est pas remboursé, le reliquat devra être payé par l'emprunteur !<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Il est intéressant de voir le blog de eco-france<br /> <br /> l'encours et la production de crédits à l'habitat : il représente près de 80% de l'encours des crédits des ménages.<br /> <br /> l'encours progresse encore aujourd'hui, mais à un rythme plus faible mois après mois.<br /> <br /> la production de crédits se stabilise au niveau de début 2004, autour de 80 milliards d'euros par an (précisément 82,3 milliards en octobre). On avait atteint les 156 milliards en novembre 2006, ce<br /> qui représente une chute de presque moité par rapport au sommet.<br /> <br /> Voir la suite sur l'excellent blog http://eco-france.over-blog.com/<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Il ne faut pas oublier que la faillite n'est interessante que pour les personnes aillant emprunter a 100%, dans se cas elle ne perdent rien. Le problème devient beaucoup plus compliqué lorsque les<br /> personnes ont apporté un apport. m'enfin il est parfois preferable de perdre son apport plutot que de rembourser un bien qui ne vaut plus que la moitié de sa valeur. Et surtout cela permet de<br /> pouvoir passer ses 20 prochaine années beaucoup plus détendu. Car comme tu le dis trés bien patrick, Payer 500 de location plutot que 2000 de credit, cela represente tout de même une épargne de<br /> 1500*12. De quoi acheter comptant dans les 10 anéées qui viennent.<br /> <br /> Juste un petit post pour aider les personnes qui devront prendre se genre de décisions.<br /> <br /> <br />
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