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Le pari fou...

30 Décembre 2011 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #transport terrestre

Un article qui reléve de la psychiatrie : "9 septembre 2004 : Logan, le pari fou de Renault ".
Où on nous explique, doctement, qu'il était fou de vouloir vendre une voiture pas chère, et gagner de l'argent dessus, contrairement, sans doute, à la doxa en cours à l'époque chez les constructeurs, vendre de grosses voitures gadgetisées à mort (y compris l'enlève tampax-automatique, vital comme on le sait quand on conduit), grosses consommatrices, et dont les gadgets et les moteurs justifiaient des hausses incessantes de prix.

Mais, contrairement à ce qu'avait dit un dirigeant de GM (General motors, pas Gros Mickey), les gens ne se foutent pas de ce qu'ils mettent dans leur réservoir, et se foutent, encore moins encore, du coût d'achat et d'entretien de leur automobile.

 

D'ailleurs, s'il y a une chose qui n'est que peu ou pas précisé, c'est le prix d'une automobile au sortir usine.

Vulgairement parlant, c'est que dalle.

( La preuve, c'est que les clios vendues même avec de grosses remises, même fabriquées en France, étaient rentables. )

 

Après, bien sûr, viennent les ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ forts nombreux, qui font exploser les prix.
D'ailleurs, ce que les journaleux ne disent jamais, c'est le coût, pour un constructeur, du licenciement d'un salarié.
Explications. Tous les salariés de l'automobile, bénéficient d'un prix de vente avantageux, pour un véhicule tous les X mois (je ne me rappelle plus exactement), plus le nombre de salariés existant est important, plus les ventes sont automatiques et faciles. Les ventes aux collaborateurs ont représenté jusqu'à 1/3 des ventes en France.

 

Or, ce sont de belles ventes pour le constructeur, c'est à dire, sans aucun frais annexes, campagnes de pub, marketing (tong ?), et autres bondieuseries, encore plus coûteuses que la voiture elle-même.

 

On peut dire que, même avec - 20 % sur le prix catalogue, la voiture vendue au collaborateur est vendue par le constructeur deux, voir trois fois plus chère, au sortir usine.

A chaque licenciement, ou suppression d'emploi, il y a un non-dit, la non prise en compte de la perte de cette clientèle captive,  qui, pour prix d'une remise somme toute réduite, prenait en charge quelque chose de très lourd pour l'entreprise, les frais de commercialisations.

 

Il ne faut donc pas s'étonner que la part des constructeurs nationaux dans le marché décroisse, avec la décroissance des effectifs. On disait que quand les usines Peugeot de Sochaux avaient leurs 30 000 salariés, il n'y avait pas un concessionnaire automobile en Franche-Comté.

 

En outre, il y a une chose qui a été très mal comprise par tous les constructeurs, ce sont les rendements décroissants, qui affectent aussi l'innovation technologique des modèles. 

Si certaines améliorations sont les bienvenues, d'autres sont du genre "pif-gadget", amusantes une fois, c'est tout.

 

Mais, ce qui a tué tous les constructeurs en difficulté, c'est de vouloir gagner et de raisonner par argent gagné par véhicule vendu.

On a donc privilégié le haut de gamme, sans voir que ce qui fait tourner les usines, ce sont les commandes, et les bons de commandes.

 

La désolvabilisation des populations, la paupérisation, entraîne la paupérisation des ventes automobiles, et le fait, depuis bien des années, que les constructeurs gagnent plus d'argent avec les prêts automobiles, qu'avec les modèles, n'a pas aidé à la compréhension du phénomène, par des décideurs trop bien payés, et vivant dans des ghettos pour assujettis à l'ISF, pour percevoir les problèmes budgétaires de monsieur tout le monde.

Bon, visiblement, certains journaleux de La Tribune doivent aussi être très bien payés, et vivre dans des réserves de riches, pour avoir parlé de "pari fou".

Enfin, dernier exemple d'aberration psychiatrique, les "Big Three", qui se félicitent du rebond du marché US, et du rebond des ventes de leurs camions pour particuliers obèses, à l'égo hypertrophié et surdimensionné, en même temps que leur horizon indépassable apparaît comme la distribution trimestrielle d'un dividende important.  

 

Bref, paupérisation de la population et choc pétrolier ne semblent pas venir à l'idée des dirigeants et journaleux...

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A
Michel Drac, dont on trouve les vidéos sur Scriptoblog a bien compris, je trouve, le phénomène dont vous vous inquiétez.<br /> <br /> Les élites ne considèrent plus les activités économiques en tant que telles, mais s'intéressent à la valeur qu'elles peuvent en tirer sous la forme d'un signe monétaire, signe dont la valeur,<br /> justement, est complètement virtuelle si les activités qui sous-tendent son extraction sont détruites par celle-ci.<br /> L'exemple typique est le rachat par effet levier et le dépeçage de l'entreprise subséquent dans le but d'extraire le plus rapidement possible ce signe. On peut le résumé par l'expression : "<br /> prendre le paquet et se casser et après moi le déluge".<br /> La possession de ce signe monétaire permettant l'application du principe hédoniste et individualiste, pouvoir/hôtel/pute/champagne.<br /> Tant que le phénomène est limité, cela n'a aucune conséquence, c'est du simple parasitisme. S'il est généralisé à l'échelle de la planète, on aboutit au paradoxe suivant : plus la masse des signes<br /> monétaires augmentent, plus la richesse réelle diminuent. Normalement, ce genre de déséquilibre est résolue par des crises de destruction monétaire.<br /> Hors, ces fameuses élites, en s'accaparant l'appareil d'Etat, s'accaparent l'appareil de production des normes. C'est à dire, qu'elles empêchent par la loi, par le sauvetage des banques, la réalité<br /> de les rattraper. La crise continue mais les élites voient la masse de leur signe monétaire augmenter.<br /> Inutile de dire que ceci n'est que temporaire...
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A
Il y a quelque chose qui m´échappe...les grosse boites comme Ford sont endettés.<br /> <br /> 12,7 milliards de dollars de dettes pour Ford .<br /> <br /> Pourquoi versent ils un dividende si pendant 5 ans , ils étaient au fond du trou ?<br /> <br /> Après la faillite de Chrysler et General Motors, personne ne s´intéressent à ces boites...<br /> <br /> Ford a failli mourir, et lorsqu ´ils renouent avec les bénéfices, ils versent des dividendes au lieu de se désendettés complètement.<br /> <br /> Vraiment , je ne capte pas ….
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