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Le point de collapsus...

15 Septembre 2010 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie

... ou le "il vaut mieux négocier avant la bataille qu'après : c'est toujours moins coûteux" (Louis XI).


Désormais, on en est là. Après la triste pantomine des retraites, on va avoir la pantomine du chômage. Le MEDEF veut la réduction des cotisations...

Et les chômeurs ? Ils se débrouillent. Bien entendu, il ne vient pas à l'oreille du MEDEF, que des gens sans emplois, sans revenus, ou au minimum deviennent TRES dangereux.

 

Aujourd'hui, c'est le FMI qui sonne le branlebas : "Le FMI constate que de plus en plus de personnes ne parviennent pas à trouver d'emploi durable, ce qui affaiblit la cohésion sociale et accentue les risques de désordres qui pourraient menacer certaines démocraties."

 

Premièrement, on peut s'inscrire en faux contre cette affirmation, il y a bien longtemps que la démocratie n'est plus qu'une façade.

 

Mais le FMI est lui même pris au piège des salades qu'il déversait sur le monde. Si lui même avoue que l'équilibre des finances publiques n'était qu'une bêtise sans nom, le problème est qu'il y a des gens pour le croire ou le prêcher, dans un contexte évident de lutte des classes...

 

Donc, en France, on veut reculer l'âge de la retraite : 60 à 62 ans : total, plus d'un million de chômeurs en plus...

Grande Bretagne, on s'aperçoit que plus de 7 millions de personnes de - de 65 ans vivent dans des foyers où personne ne travaille et où même la notion de travail ne s'est appliqué qu'à un lointain ancêtre. On veut donc remettre tout ce monde au boulot (pour économiser des sous), sans même se rendre compte qu'il faudrait des dizaines d'années pour créer le nombre de postes de travail suffisants, et on reconnaît, implicitement l'inanité d'une "politique" de l'immigration...

En même temps, on avoue un taux de chômage délirant (en plus du taux officiel bidon), allant de 14.2 % à 24.3 %...

1.35 millions d'emplois dans le secteur privé ont disparus, et le gouvernement britannique s'apprête à en détruire 842 000 dans le secteur public.

On se demande donc où tous ces gens vont ils pouvoir aller travailler, ou la vraie problématique ne serait elle pas de leur dénier tous moyens d'existence ?

 

Enfin, le FMI enfonce le clou : "La sévérité de la crise incite le FMI à défendre le principe de la prolongation de l'indemnisation du chômage, afin de soutenir à la fois la demande et le moral des personnes concernées, tout en accordant des primes aux entreprises qui privilégient la réduction du temps de travail et des salaires au détriment des suppressions de postes. " 

 

Sinon, la punition des abandons des capacités régulatrices des états, est clairement avouée : c'est la guerre.

A l'image des pays africains et latino-américains, ces guerres seraient sans doute plus civiles, et de basse intensité, qu'étrangères.

 

En effet, pour faire les guerres étrangères, il faut une cohérence sociale. Pour ce qui est de la relance, il faudra que les chinois (gagnant 100 euros par mois), fassent fort et même très fort pour sauver la croissance planétaire...

 

Dans un contexte pareil, le but de l'empire, simplement se maintenir avec des moyens softs, devient irréaliste, comme un reich de 1000 ans, mais, faut il l'avouer, aucun empire, jamais,  n'a cru sa chute possible...

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S

L'Etat...? Que peut-il faire? Sinon devenir une tyrannie dans le sens originel du terme. Dire Messieurs les investisseurs, vous êtes priés de d'abord avoir une pensée nationale et patriotique avant
d'essayer d'obtenir un rendement à deux chiffres dans les pays émergents. Nous allons interdire votre cupidité..! N'est pas le Général qui veut.


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J

Et bien sûr, on en a l'habitude, la réalité des causes passe à la trappe, et la main bien visible et bien réelle de de l'interventionnisme étatique, responsable factuellement de la crise actuelle,
on n'en parle pas, on la nie...
On n'est pas sauvé !


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S

Bien entendu que cela va s'aggraver. C'est inexorable, graver dans le marbre. Dès lors que l'on détruit une production industrielle qui seule capable d'absorber toute la pyramide des capacités
professionnelles depuis le manoeuvre jusqu'à l'ingénieur. C'est un fausse bonne réponse que celle de dire que nous vivrons de notre recherche et de nos labos. Combien d'échecs scolaires, combien
c.a.p, combien de bacs techniques pour un ingénieur de recherche pure? Alors, on y va pas dans le mur?


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S

Bien sur que tout vas rentrer dans l’ordre ; la main invisible (l’esprit saint ?) du marché réglera tout ; dans le même ordre d’idées les ivrognes se soigneront d’une façon très originale
d’automédication : ils crèveront de cirrhose.
Mais en gros je suis d’accord avec les Madelins tout s’autorégule en fin de compte.


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N

Merci monsieur Reymond pour votre blog !

C'est que nos têtes cassées de dirigeants (pour reprendre votre expression) sont de plus en plus dans le cosmos :

- Déjà un fait acquis pour eux c'est la fin de la recession qui bien sur fait place à la reprise ...

- Que la pire des crises serait une crise de pessimisme, ahhhh et moi qui croyait bêtement que la pire des choses, dans une "économie" de consomation frénétique, serait la propagation galopante de
la précarité et de la pauvreté, qui en plus de stopper la sainte croissance, nous mènerait à terme au scénario envisagé dans votre article : la guerre civile.

- Et que dire du dogme de la croissance infinie dans un univers fini ? Univers qui se contractera avec la raréfaction du pétrole.

Mais étrangement lorsqu'on parle de ces problématiques (entre autre) la réponse ne se fait guère attendre :
vous n'avez aucune culture économique, vous ne pouvez pas comprendre.

Et oui nous autres on comprend rien, en plus au final ce sont les populations qui coutent cher le vrai problème : c'est pas comme si c'était l'immense majorité des travailleurs des pays dit
developpés qui font la richesse des multinationales, nan les produits fabriqués par les esclaves des pays pauvres on les vend dans une autre dimension.

Il parait clair que les années à venir ne s'annoncent pas très riantes.

Mais il est vrai que j'ai un biais négatif; tout va rentrer dans l'ordre grâce, n'en doutons pas, à la main invisible du Marché.


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