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Le retour à la normale...

5 Avril 2010 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Immobilier

retour à la normale.

Voilà ou nous en sommes en immobilier, à la phase de "return to normal". Dans certains villages, comme le dit un internaute parisien, ça rebondit, sans doute dans le midi aussi.

Chez moi, quelques constructions neuves sortent de terre, malgré un prix du terrain devenu gargantuesque.

Certains propriétaires sacralisent un droit de propriété élargi, c'est à dire le droit à la propriété, d'une propriété dont la valeur augmente sans cesse, le cochon de client se devant de monnayer toujours plus le droit de le remplacer dans le statut.

 

Hors, si j'ai bien entendu les accusations de communisme à mon égard (mais il y a d'autres variantes : secte, extrême droite, nationaliste, anti-vaccin, etc...), c'est la preuve qu'ils ne connaissent rien au régime de la propriété et de sa gestion au long cours.

 

Sur terre, la propriété privée n'existe pas forcément comme en occident, c'est même une forme assez rare.

En Russie, la propriété privé de la terre n'a pratiquement jamais existé. Elle est toujours l'exception et non la règle. Seul le droit d'usage compte finalement, et le droit au foncier et à la parcelle pour sa maison est quasi générique. Bien sûr, les 20 dernières années ont vu se créer un semblant de propriété à l'occidental, mais ce n'est qu'un semblant.

En effet, pour qu'il y ait propriété effective, il faut qu'il y ait marché, et justement, il n'y a pas de marché. Pas d'acheteurs, pour cause de faiblesse de densité.

C'est encore pire en Sibérie. Si la propriété privé est la règle depuis le 16° siècle, c'est une règle qui piége plus qu'elle n'accorde un statut. En effet, comme la densité y est encore inférieure à celle de la Russie, c'est un droit tout théorique, avec une contre-partie non négligeable : celle du droit de payer les impôts.

A l'opposé de l'échiquier politique, les USA. Là aussi, le droit théorique de propriété existe, mais la plupart des terrains sont la propriété de l'état. En effet, le privé a la fâcheuse habitude d'abandonner ses biens pour ne pas payer les taxes.

Ce phénomène, longtemps contenu aux zones rurales, s'est étendu aux zones urbaines, notamment les 50 villes de la "manufacturing belt" en déshérence.

 

Donc, on le voit, le droit de propriété est, dans certaines conditions, un concept. Les personnes n'y sont pas cramponnés et peuvent l'abandonner brutalement.

Autre endroit, l' Amérique hispanique.

Là, on a souvent parlé des partageux, dont le plus célèbre et dernier en date, Hugo Chavez, fait sentir les relents de communisme à certains.

Là aussi, il est beaucoup plus classique qu'il n'y parait. Il revient simplement au droit de la couronne d'Espagne.

Celle-ci accordait un simple droit d'usage, et non un droit de propriété complet.

Là aussi, dans un continent vide, des lieux pouvaient se retrouver déserts très vite.

 

Dans le Vénézuela moderne, cela s'est traduit par des confiscations de grandes propriétés. En effet, les détenteurs avaient oublié que leur possession était liée à l'exploitation. Que sans l'une, l'autre était caduque.

 

Les monarques espagnols et leurs gouverneurs et intendants locaux, ont appliqué sans faiblesse cette règle. C'étaient, bien sûr, des marxistes léninistes notoires.

 

La règle, c'est qu'au long cours, la propriété est aussi néfaste qu'avantageuse. Quelquefois elle avantage, quelquefois, c'est un boulet. Ce n'est pas la possession qui apporte l'aisance, c'est l'aisance qui permet d'être propriétaire.

C'est vraiment visible dans les zones de basse densité, mais le régime féodal de la Grande Bretagne montre que le droit de propriété est quelquefois beaucoup moins absolu qu'il n'y parait. 

Le président Jefferson, ruiné, dû obtenir le droit de vendre Monticello, sa propriété par parcelles. Il habitait la Virginie. 

 

Le 14° siècle en occident vit se produire un retournement de grande envergure. La propriété, devint un fardeau, sans revenu. En effet, avec une brusque baisse de la population, le prix du foncier devint théorique, les rentes urbaines s'effondrèrent, seuls les salaires bondirent.

 

Tout ceci pour dire que suivant les phases, le foncier, l'immobilier, n'ont jamais, en aucun lieu, obéit à une linéarité de comportements.

La phase actuelle de retour à la normale, devra donc se poursuivre par une phase d'effondrement. Les thurifaires du système actuel, friands dans leur manque d'imagination d'immobilier et d'assurance vie, pourront aisément s'apercevoir, que dans les deux cas, ils ont acquis un gros rien du tout, une bulle. Seul n'aura pas été déçu celui qui ne se sera pas vu riche. L'immobilier est un bien d'usage, c'est tout.

 

A la base de cette folie, la débauche de cadeaux fait aux classes supérieures. Comme ces gens sont beaucoup moins intelligents qu'ils ne le prétendent, ils sont on ne peut plus classique sur le placement de ce surplus. Immobilier et fonds d'états.

 

On en revient à ce que disait Braudel. Dans un état qui impose peu et mal les riches, où les 15 % de rentabilité sont la règle, le système va de crises en crises, pour anéantir une valeur qui n'est pas taxée.

Comme depuis 1987 et le krach boursier, on n'a pas remédié à la situation, mais qu'on l'a aggravé, on a crée, à chaque fois, les conditions d'une explosion pire que la précédente.

Jusqu'à la chute finale.


 A la fin du T4 2008, nous disposons d'éléments de comparaison d'un point de vue du coût en emplois par rapport aux autres crises survenues depuis 1970. (crise du siècle).

 

Premier choc pétrolier Du T3 1974 au T3 1975 4 1 747 000
Second choc pétrolier Du T2 1981 au T2 1982 4 1 092 000
Crise des années 90 Du T1 1990 au T3 1991 7 1 454 000
Crise des dot com Du T1 2001 au T2 2002 5 1 619 000
Crise actuelle Du T4 2007 au T1 2010 * 10 8 655 000

graphique-chomage-usa.jpg

Bien sûr, on ne tient pas compte de toutes les peccadilles des crises du tiers monde...

 

Qui peut prétendre, honnêtement, que l'immobilier peut se remettre d'une telle purge ?

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A
<br /> Horrible,horrible nouvelle immobiliere en provenance des USA, c´est degeulasse,les creanciers ont mis Nicolas Cage dehors! on ne respecte plus les stars<br /> <br /> http://www.courrierinternational.com/article/2010/04/09/les-superriches-pleurent-aussi<br /> <br /> <br />
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B
<br /> La Grèce va se déclarer en défaut de paiement.<br /> <br /> Peut-être même beaucoup plus tôt que prévu.<br /> <br /> A 18H00, le taux de l'obligation d'Etat grecque à 10 ans était à 6,976 %, contre 6,529 % jeudi soir. Il est passé au-dessus des 7 % en cours de séance. Le différentiel entre l'emprunt grec et le<br /> Bund 10 ans, l'emprunt allemand qui est la référence sur le marché obligataire européen, a atteint 391 points de base, soit un plus haut depuis fin janvier.<br /> <br /> http://www.romandie.com/infos/News2/201004061830051AWP.asp<br /> <br /> Lundi 29 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,289 %.<br /> Mardi 30 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,434 %.<br /> Mercredi 31 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,522 %.<br /> Jeudi 1er avril : l'obligation grecque à 10 ans était à 6,529 %.<br /> Mardi 6 avril : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,976 %.<br /> <br /> <br />
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N
<br /> "Seule la valeur d'usage compte". Autrement, seul ce qui est rentable AUJOUR'HUI compte (>6% net tout compris: charges, crédit, taxe foncière, loyer économisé).<br /> <br /> C'est casse geule de raisonner rentabilité "pour dans 10 ans".<br /> <br /> Bien évidement, plus rien n'est à 6% net à l'heure actuelle, grace à cette fameuse politique de quantitative easing (sauf pour ceux qui ont assez remboursés pour avoir un crédit inférieur à 1/4 de<br /> la valeur du bien).<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Et l'effondrement de la Grèce ?<br /> <br /> L'effondrement de la Grèce s'accélère.<br /> <br /> Lisez cet article :<br /> <br /> La Grèce lancera un emprunt obligataire de plusieurs milliards de dollars aux Etats-Unis ce mois-ci, alors que la demande se fait hésitante en Europe, rapporte le Financial Times.<br /> <br /> Aux Etats-Unis, la Grèce cherche à lever cinq à dix milliards de dollars auprès des investisseurs américains dans le cadre de la couverture de ses besoins d'emprunt de mai.<br /> <br /> Le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou, effectuera une tournée aux Etats-Unis après le 20 avril, mais contrairement à ce qui était prévu au début de l'année, il ne se rendra pas en<br /> Asie, écrit le Financial Times en citant une source anonyme.<br /> <br /> "La Grèce cherche à diversifier sa base d'investisseurs avec cette émission, ce qui signifie attirer des fonds des marchés émergents ainsi que d'autres investisseurs", a déclaré cette source au<br /> FT.<br /> <br /> Par ailleurs, selon le Daily Telegraph, les banques grecques voient leurs gros clients, particuliers comme entreprises, déplacer leurs fonds vers des banques internationales ou à l'étranger en<br /> raison de la crise de la dette.<br /> <br /> http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE63501Q20100406<br /> <br /> <br />
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K
<br /> @bibi:<br /> Pas forcément malheureux en tout cas. C'est bien un problème de travaille / chomage et capital disponible.<br /> locataire au chomage ça peut se gérer à court ou moyen terme, un loyer est en générale moins important qu'un crédit et on peut avoir de petites économies.<br /> par contre acheter impose d'y passer toutes ses économies (plus de matelat) et d'être au taquet de remboursement.<br /> En cas de chomage c'est vite tendu voir ingérable.<br /> <br /> conclusion: quand les prix sont trop haut par rapport au salaires et économies, surtout dans un marché du travaille difficile, il est suicidaire de vouloir à tout prix acheter.<br /> <br /> donc oui, heureux locataire, et plus tranquille surtout.<br /> <br /> (après je dis pas, dans un contexte différent de travaille, prix des biens etc... je revoie mon raisonnement)<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Cette courbe ferait peur à un propriétaire-bailleur.<br /> <br /> Pour celui possédant sa résidence principale vendre et acheter à n'importe quelle phase revient quasiment au même (tout dépend du logement, cf vos remarques sur la consommation énergétique)<br /> <br /> Il reste malgré tout un capital en cas de perte d'emploi, contre un peu plus de taxes (mais payables, quand on a un emploi)<br /> <br /> Quand les taxes ne seront plus payables, si ça arrive, nous serons en guerre, et ça n'aura plus d'importance. Reste les titres de propriété, qui survivent à toutes les guerres.<br /> <br /> Je ne suis toujours pas convaincu de la "situation panacée" du locataire et je ne vois pas ce que ça change.<br /> <br /> Après tout, louez vos voitures, obtenez dessus un droit d'usage. Mais si plus personne n'achète rien, plus de locataires (ils dormiront dans le ruisseau ? ;)<br /> <br /> Heureux les non-taxés ?<br /> <br /> <br />
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L
<br /> @ Christophe<br /> <br /> Très juste votre remarque « positive » sur le syndrome du ghetto. On en revient à ce que j’ai toujours soutenu. Plus que maintenir les tensions sur le marché du travail au profit des possédants,<br /> l’immigration « portes ouvertes » sert à soutenir celles du marché immobilier. Le géographe Christophe Guilly évoquait d’ailleurs vos ghettos avec le terme plus approprié de « quartier de transit<br /> », pour mieux souligner que l’obsession première des gens qui y vivent, est de fuir vers d’autres espaces moins mal famés. Bien sûr que ce manège est absurde dans la mesure où il contribue toujours<br /> plus à enfoncer les finances publiques sous les mers dans un contexte de dépression général. Mais cela importe peu à nos crânes d’œuf. L’essentiel est de garder d’abord le débit maximal du robinet<br /> du bain. Pour la fuite dans la cuve, ils verront plus tard.<br /> <br /> <br />
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L
<br /> en cas de troubles graves, liés à des désordres économiques, il sera dur de s'enfuir avec sa maison sous le bras ....mieux vaut acheter de l'or tant qu'il est temps ( en ayant un oeil sur les cours<br /> pour ne pas se faire arnaquer et pour acheter au bon moment...)<br /> <br /> <br />
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A
<br /> @Christophe<br /> <br /> Acheter un bien à prix d'or ?<br /> <br /> Pour l'informatique, environ 50 % de l'emploi en France est à Paris ou dans les Hauts de Seine. Donc il vaut mieux acheter ou louer sur ces 2 zones pour ces salariés.<br /> <br /> Mais tu as 2 risques qui montent :<br /> <br /> * la délocalisation de ton emploi en province (en "nearshore) dans un centre de service (par exemple a Beauvais ou Orléans) ou à l'étranger en Inde.<br /> <br /> * le transfert des locaux de ta société dans des zones où les locaux sont pas chers mais avec des transports en communs long ou defaillant à cause de la charge (exemple RER A qui déverse ces<br /> usagers à La Défense ou à Chatelet/Les Halles ). EXemple Atos Origin qui veut délocaliser de la Défense à Bezons. Et à Bezons tout le monde doit passer le pont. Bref c'est la galère. Le tramway<br /> n'est pas avant 2012, je crois. But inavoué de la direction qui sais, faire que les salariés démissionnent, çà ne coute pas d'indemnités et ils pourront embaucher plus en Inde. objectif inavoué de<br /> Mr Thierry Breton PDG d'Atos Origin dépasser qui sait Cap Gemini avec ces 50% d'employés en Inde. Celà permettra de valoriser au maximum ces stock options. Sinon en pays francophone, il y a la<br /> Roumanie mais on m'a rapporté qu'il y a eu des cas d'épuisements au travail dans un centre de service informatique de ce pays.<br /> <br /> Mais acheter ou louer dans les "bonnes villes ou quartiers" peut se comprendre si on a des enfants.<br /> Les règles d'affectation ont changés le domicile compte plus que les résultats scolaires désormais.<br /> <br /> Lycées parisiens : le critère de proximité aura plus de poids pour l'affectation des élèves<br /> http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/04/02/lycees-parisiens-le-critere-de-proximite-aura-plus-de-poids-pour-l-affectation-des-eleves_1328169_3224.html<br /> <br /> Choisir son lycée à Paris ? Oui. Mais près de chez soi et "dans la limite des places disponibles"<br /> http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/04/03/choisir-son-lycee-a-paris-oui-mais-pres-de-chez-soi-et-dans-la-limite-des-places-disponibles_1328306_3224.htm<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Mais siiiiiii Paaaatriiick... car "cette fois c'est différent" !<br /> <br /> Les russes, ma grand-mère, les anglais, les kosovars, E.T, que sais-je encore.<br /> <br /> Nouveau paradigme. C'est di-ffé-rent. Voilà tout. Ce que j'ai acheté 11 000 m2, vaudra 22 000 dans le futur. Pourquoi ? Parce que, je le vaux bien. Comme l'Oréal.<br /> ;-)<br /> <br /> Brillant votre papier, comme d'hab.<br /> <br /> Pour revenir au "cette fois c'est différent", je vois un seul (petit) facteur objectif, mais centré sur Paris et IDF : le syndrome du ghetto.<br /> <br /> Beaucoup de familles vendraient leurs parents, les bijoux et la voiture pour... échapper à la banlieue. Et pour s'offrir, même à prix d'or, un taudis dans la citadelle (assiégée) pour bobos<br /> appeurés qu'est devenue Paris. Pour se protéger.<br /> <br /> Donc là, oui, pression objective sur la demande.<br /> <br /> <br />
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H
<br /> Quel beau sujet l'immobilier ; et c'est fou comme les 'propriétaires' manquent d'humour lorsqu'on aborde le sujet à notre époque...<br /> Comme cela est peu visible à l'échelle de la vie humaine ; on n'apprécie pleinement les effets du code Napoléon qu'a travers le temps. Les domaines, peu à peu s'effondrent à cause de l'obligation<br /> de vendre les parcelles génératrices de revenus qui soutenaient financièrement l'entretien de la gentilhommière.<br /> Parions que le déclassement et le recul économique du monde occidental aura à terme le même effet. La pierre ne générère que des coûts ; une immobilisation de capital qui génère de l'impôt. Utile<br /> pour dormir au sec mais encore faut il en avoir les moyens...<br /> Cynthia nous apporte d'ailleurs une révélation ; un prix moyen de 150 000 euros le samsufi. Il reste à attendre...<br /> <br /> <br />
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