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le seuil de densité 40.

12 Novembre 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie

A l'heure actuelle, la probabilité annoncée par Braudel, la reconstitution d'un plafond, est sans doute une donne qui est de plus en plus probable.
Cette donne, elle a été pendant plusieurs siècles, certainement du XII° au XVIII° siècle (ça c'est plus sûr), un seuil de densité qu'on n'a pas pu dépassé sans être ramené en dessous, illico par la mortalité et ce, assez brutalement.
La remontée de la population vers ce seuil, étant moins rapide.
C'est le niveau de subsistance qui le dicte, et ce niveau était assez peu élastique.

Olivier de Serres (1539-1619) dans son livre "
Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs " (un best seller que Henri IV se faisait lire tous les jours) a préparé une mutation agricole, longue à venir à maturité (tout ce qu'il décrit ne sera pas effectif avant 1830) mais sensible dès le règne de Louis XV : le niveau de population monte, et atteint 50, sans que les vieilles compagnes de l'humanité reviennent : disettes, famines et pandémies.

Aux progrès agricoles, souvent imposés et combattues (d'origine nobiliaire), se rajoutent les progrès de l'état : on ne désobéit pas à Louis XIV et les directives, qui restaient lettres mortes sont appliquées, notamment tout ce qui concerne l'hygiène et la réglementation dans les villes, et bien entendu, le soin sourcilleux des approvisionnements et la taxation (fixation des prix).
Les autorités locales cessent de s'enfuir quand apparaissent les périls.
Et miracle, ce sont les périls qui disparaissent. 
La révolution colbertienne apporte des ressources neuves aux campagnes. Une industrie décentralisée apporte des ressources et fait décoller le commerce.

La carte des chemins de fer du XX° siècle à son apogée est édifiante : c'est un maillage complet. Si le pays a commencé a se différencier au niveau de la densité, il n'y a pas de "zones noires". Aujourd'hui, on abandonne de larges bandes de terres, sans intérêt. 

Les villes antérieures au XVIII° siècle étaient petites, seuls échappaient à la règle, celles bénéficiant de transports efficaces : les ports, qu'ils soient fluviaux (Paris, Lyon) ou maritimes, tels Marseille et Nantes.
En effet, en cas de manque, l'importation est toujours possible. Pour le reste du pays, il n'y a plus qu'à mourir.
Les hommes se déplacent plus que les marchandises (ce sont de rudes marcheurs), à moins qu'elle ne soit de grande valeur.
Il ne faut pas voir les hommes cloisonnés dans leur village. Les travaux des champs n'occupent pas toute l'année, les gens de langue d'oc vont en Espagne travailler (ils comprennent la langue et le pays paie bien), Paris attire aussi, dans un cercle de plus en plus large.
Au Puy en Velay, on peut voir des vierges noires : c'est un très vieux culte, celui d'Isis, venu par la route d'orient, et christianisé par la suite.

Aujourd'hui, on pose plusieurs questions fondamentales : la perdurabilité des villes, sans énergie fossile, ou simplement, avec moins d'énergie fossile.
On peut dire, qu'elle est impossible.
Les villes, il en subsistera, c'est certains, mais ne seront pas capables de garder les masses de populations qu'elles ont.
Paris est éloquent : un million de personnes sans fossile, 5 millions avec le charbon et 10 avec le pétrole. Mais, si la pantomine en faveur du transport collectif se continue, c'est oublier simplement, que le déplacement individuel n'est pas tout.
Il faut nourrir, vêtir, habiller, chauffer cette masse.
Cela nécessite des transports et infrastructures importantes, et c'est là que se situe le problème. les haricots du Kenya prennent l'avion et les flottes de camions approvisionnent les produits d'une agriculture industrielle accro au pétrole.

La crise financière n'est pas en reste. Atlanta voit pulluler les rats : Sabrage de budgets et pauvreté. Comme en Ukraine. Patience : on n'a qu'à attendre, et on verra un emmerdemment maximum arriver via les rats, tôt ou tard, de préférence dans des milieux de gens qui n'arriveront à l'hopital qu'à l'article de la mort.  
Atlanta est aussi un symbole, elle est un noeud de communication, né du fossile. D'abord, ville vitale du sud des USA pendant le 19° siécle (elle le paiera par sa destruction quasi totale), elle est passée du charbon et des chemins de fer, à l'aviation.

Ahmadinedjab a aussi donné son avis sur le système : un milliard de personne souffrant de la faim et 3 milliards de pauvres, c'est à dire sans réserve d'aucune sorte.
La stabilité, ou l'instabilité, c'est le basculement de ces 3 milliards de personnes pauvres dans la catégorie des personnes souffrant de la faim.
Elles ont souffert de la faim il y a peu. Elles étaient simplement incapable d'affonter la montée des prix.
Les chiffres donnés d'augmentation de la faim, sont simplement ceux de personnes souffrant de malnutrition sévère et chronique.

En réalité, 4 milliards de personnes ont souffert. Et juste au dessus d'eux, beaucoup, pas pauvres, ont vu toutes leurs réserves d'épargne ou physiques siphonnées par la montée des prix. Ils ont tenu une fois, ils vont mettre longtemps à s'en remettre financièrement.

Résumons : plafonnement des ressources + relâchement des structures, on a le cocktail idéal pour subir des crises de mortalités à l'ancienne, qui raménera de palliers en palliers, la population vers un chiffre inférieur.
Les pays européens de l'est ont vécu ce phénomène, une surmortalité.

la mauvaise organisation du modèle économique, l'abandon de l'économie proche, pour des approvisionnements lointains, fait aussi partie du problème : on a oublié, en Europe, les deux  guerres mondiales, où l'approvisionnement s'est soudain réduit brusquement à l'univers proche.

Plus de blé argentin ou russe, plus de viande urugayenne. D'ailleurs, on n'en avait plus les moyens.
Les autorités réagirent comme des pays du tiers monde souvent le font actuellement : distribution de semences, lopins de terres attribués (comme aujourd'hui en Lettonie).

Le fossile a fait oublier une règle d'or : la terre n'est pas sans limite  (mais elles ont été beaucoup reportées).
Aujourd'hui, dans un monde devenu addict au pétrole sous toute ses formes, et où le marché, sacralisé, à détruit tout localité dans l'approvisionnement, le monde ne peut simplement pas fonctionner avec une énergie qui ne soit pas en quantité croissante, et certainement pas avec une raréfaction.

Mais, si certains pensent à la dépopulation, quasi comme un dogme (en pensant faire partie des survivants) , il faut voir aussi, qu'une autre sortie est possible, c'est de l'organisation de l'espace, de l'exploitation de ressources d'une manière ordonnée.
Exit donc la mégalopole et les gros chiffres. Ce qui compte et comptera, c'est l'acceptation de la définition d'un "bon pays" au 16° siècle (l'équivalent d'un département actuel) : un pays le plus autonome possible, le plus radin possible. 

On va certainement avoir un problème, il est sans doute grave, mais pas insoluble. A condition, bien sûr d'abandonner l'idéologie. Vu l'étendu du massacre en Europe de l'est, (perte de 12 années d'espérance de vie) on peut dire qu'ils ont souffert du timing.

A titre d'exemple, on peut comparer le maillage du territoire français par le chemin de fer entre 1921 et 2009. On voit que de larges zones ont été abandonnées purement et simplement abandonnées, au profit de liaisons entre mégalopoles.
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F
<br /> Bonjour à tous,<br /> <br /> Sans rapport direct avec l'article: si vous voulez faire un trajet ferroviaire un peu "compliqué" en France (j'entends différent de Paris-Lyon, Paris-Marseille ou Paris-Bordeaux), utilisez le site<br /> des chemins de fer suisse:<br /> www.cff.ch<br /> <br /> l'interface est très sobre mais très efficace. Ce site propose bien souvent des trajets (même en France intra muros) plus courts (en Km) mais souvent équivalents en temps que le site de la SNCF en<br /> coupant par des petites lignes. De plus, les fonctionnalités sont nombreuses et très pratiques<br /> <br /> A la suisse de vous faire préférer le train en France.<br /> <br /> Fabien<br /> <br /> <br />
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M
<br /> à Vincent<br /> <br /> Merci<br /> <br /> <br />
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V
<br /> @ Mon nom : sur le site Paris-skyscrapers, http://www.paris-skyscrapers.fr/index.html<br /> <br /> sur le forum "La France en général" sujet "L'urbanisation et le territoir", un texte écrit le 06/05/2009<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Très bon article.<br /> <br /> En regardant la carte actuelle du réseau français j'ai eu la curiosité de chercher si la SCNF faisait des bus entre Mont de Marsan et Auch (distant de 108 km, selon ViaMichelin) vu qu'il n'y a<br /> aucune liaison ferroviaire.<br /> Il y a un par jour pour 54,70€ (aller) ! Super...<br /> <br /> Le Sud Ouest (Aquitaine-Midi Pyrénées) a un réseau ferroviaire extrêmement incomplet et ce n'est pas les ruineux projets de LGV qui vont y changer quoi que ce soit.<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Hier, mon voisin m’interpelle. Il a un gros souci :<br /> <br /> Le concessionnaire parisien ,de marque allemande, lui a dit qu’il fallait attendre 6 mois avant de se voir livrer le dernier modèle de 4X4.<br /> <br /> Sachant que je parle allemand et que j’y suis souvent, il me demande s’il n’était pas possible de l’acheter, pour un délai plus court, directement en Allemagne.<br /> <br /> Il ne souhaite pas attendre car dans six mois, le véhicule risque de passer de mode.<br /> <br /> Je lui ai dit que cela serait possible, et à ce moment, il me donne une longue liste d’options qu’il souhaite incorporer.<br /> <br /> Je lui répondu qu’il aurait un souci pour utiliser le nouveau tunnel de l’A86 ,bas en hauteur, qui commence près du château de la Malmaison jusqu’à Versailles.<br /> <br /> http://www.bakchich.info/Autoroute-A-86-Vinci-veut-enterrer,08355.html<br /> <br /> Voyez-vous, ici, on enterre les nuisances sonores.<br /> <br /> A86 qui vous amène jusqu’aux pieds de la nouvelle troisième tour de la Société Générale, près du chantier de la nouvelle salle de marché de cette même banque qui accueillera jusqu'à 3500 employés<br /> dont 600 traders.<br /> <br /> http://www.defense-92.fr/graniteindex.html<br /> http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/societe-generale-c-est-parti-pour-la-salle-des-marches-28-07-2008-102764.php<br /> <br /> A deux pas de là, nous pouvons voir la "fac Pasqua" ou pôle Leonard de Vinci.<br /> <br /> Voyez-vous, notre ancien parrain, M.Pasqua, voulait une Université privée high tech pour nos enfants. C’est pour cela que le département la financée. Les étudiants ne peuvent se plaindre !<br /> <br /> http://www.mon92.com/2007/02/luniversit_priv.html<br /> <br /> http://www.hauts-de-seine.net/education-jeunesse/formation-professionnelle/centre-information-orientation/pole-leonard-de-vinci<br /> <br /> De l’Université, on peut observer les travaux du prolongement du Tramway T2 qui a reçu de nouvelles rames. Bientôt, l’arrivée du TGV nous permettra de faire les courses à Soho (Londres) .<br /> <br /> Pendant ce temps, la tour AXA fait peau neuve :<br /> <br /> http://www.lemoniteur.fr/139-entreprises-de-btp/article/actualite/690196-la-defense-300-sans-papiers-occupent-le-chantier-de-la-tour-axa<br /> <br /> Manque plus que le jeune blond<br /> <br /> <br />
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M
<br /> à Vincent<br /> <br /> Sur quel site d'architecture avez-vous écrit ?<br /> <br /> <br />
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N
<br /> @BA<br /> j'habite aussi en dordogne , la ligne de chemin de fer qui reliait perigueux-riberac a été démantelée en 1956 ( des anciens du village s'en rappellent encore ).<br /> ils m'ont raconté que le chemin de fer permettait aux paysans d'aller a la capitale régionale ( perigueux ) avec veaux , vache , cochon et légumes pour les vendre .<br /> avec les bus vieillots actuel de transport ça va être dur .<br /> <br /> @triton<br /> <br /> environ 3000 châteaux en France , 1500 en dordogne<br /> <br /> <br />
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T
<br /> en dordogne, le département aux mille châteaux, je me souviens aussi de Rocamadour : bon coin<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Réponse à Constantin :<br /> <br /> J'habite en Dordogne. Depuis des années, tous les gouvernements ne pensent qu'à une chose : fermer des gares SNCF, fermer des lignes ferroviaires.<br /> <br /> Je te laisse imaginer la désertification de la Dordogne qui en résulte.<br /> <br /> <br />
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V
<br /> Pour le ferroviaire, la bêtise d'avoir transformé toutes les petites lignes en routes cyclistes ou promenandes champêtres finira par apparaître. Pas irratrapable, car les tracés existent, mais faut<br /> changer de paradigme économique. Or, paradoxalement, le retour du maillage ne sera une priorité qu'en dernier lieu, mais pas de nos zélites actuelles : elles sont pourries pas la modernité<br /> "Beaubourg" : moche, cher et inutile. Bref, génération sacrifiée.<br /> <br /> Quant aux villes, j'avais écrit il y a plusieurs mois sur un site d'architecture "Un peti essai de prospective à 25/50ans.<br /> <br /> Il est difficile, au regard de ces chiffres, de se faire une idée des agglomérations les mieux armées pour faire face aux bouleversements sociétaux qui vont arriver d'ici une génération, dûs à la<br /> raréfaction de l'énergie bon marché et sans limite, qui était (est toujours, pardon) le credo d'une société occidentale, on le voit seulement maintenant, basée sur le pillage de ressources<br /> naturelles, ressources marchandisées au profit d'une minorité, aux dépens du plus grand nombre, et de la ressource elle-même bien entendu. La faillite se fait jour actuellement.<br /> <br /> La fin de l'énergie bon marché et sans limite (pétrole, gaz et fioul essentiellement)se traduira par la fin du tout automobile, de manière drastique (imaginer le remplacement de l'équivalent actuel<br /> du parc par des autos électriques est idiot : pour équiper 20 millions d'autos électriques, il faudrait construire 20 centrales nucléaires sup en France, et l'uranium n'est pas illimité non plus,<br /> une fois le reclassement de l'uranium militaire effectué, on sera en pénurie (environ 2013-2015). Les énergies renouvelables sont une utopie, une reflexion qui donne bonne conscience: Intéressant<br /> pour équiper sa maison, un immeuble de rapport ou des petits hameaux isolés mais sans aucune viabilité économique à l'échelle des besoins énormes d'un pays comme la France dans le cadre d'une<br /> totale reconversion (Un parc éolien doit être gigantesque (plusieurs centaines)en terme d'espace pour seulement un 1:10è de l'énergie produite par du nucléaire, sans compter les 30% de non<br /> utilisation pour cause de trop/pas assez de vent) etc etc...<br /> <br /> Et donc, des agglomérations trop étendues ne seront pas viables, car le coût de déplacement urbain (densification du réseau)trop énorme. Sans compte les temps de déplacement sonnant ainsi la fin du<br /> paradigme de la "rurbanité".<br /> A l'inverse, des agglomérations trop denses et trop peuplées, gonflées par le "siffonage" de leur espace vital seront difficilement approvisionnées sans une armée de camions, et une logistique<br /> lourde et dépendante de cette énergie illimitée et bon marché, et les problèmes de nourriture (entre autre) se poseront (l'étalement des banlieues ont chassé les zones de maraîchage, qui étaient<br /> indispensables à des populations urbaines ne pouvant se nourrir par elles-mêmes par l'entretien d'un potager, comme à la campagne. Noter également que les réseaux ferrés régioanaux, indispensables<br /> à cette logistique ont quasiment disparu...<br /> <br /> Se reposera donc, il ne faut pas se leurrer, les équations historiques, un peu vite oubliées, de l'équilibre économique des agglomérations et de leur arrière-pays/zone d'influence/espace vital. Il<br /> est évident que dans cette optique, des villes sont trop peuplées, et des campagnes trop désertées. Il se fera à nouveau un rééquilibrage, indispensable pour éviter des conflits sociaux<br /> futures.<br /> <br /> Il suffit de jeter un coup d'oeil à des pays voisins pour voir que nous ne sommes pas les plus mal lotis dans ce cadre.<br /> <br /> La France avait trouvé un équilibre savant entre villes de province pas trop grosses et campagnes peuplées, il va sans doute falloir désaprendre (et vite) à croire que la modernité se traduit par<br /> des villes gigantesques et des campagnes réduites à des parc naturels....<br /> <br /> Vous me trouvez trop pessimiste? Je pense que je suis réaliste."<br /> <br /> Ce qui recoupe ce qu'écrit Patrick.<br /> <br /> Dans cette optique citadine, les chinois vont avoir un problème à résoudre.....<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Tout à fait d'accord sur le maillage ferroviaire. J'ai eu une révélation chez mes beaux-parents, installés dans le fond de la Dordogne (bagnole obligatoire pour acheter le pain) : je suis tombé sur<br /> un vieil indicateur des chemins de fer, datant des années 30. Etonnement : TOUS les bleds de cette partie du Périgord, même les plus improbables, étaient desservis, jusqu'à Bergerac et même<br /> Bordeaux. La fréquence des lignes était comparable à celle d'un RER...<br /> <br /> <br />
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B
<br /> En Haute-Loire ? Mais Patrick est en train de vendre sa maison en Haute-Loire pour aller s'installer dans un studio à Nice, avec vue sur la Promenade des Anglais ! ! !<br /> <br /> <br />
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T
<br /> un blog plein de bonnes idées, et de recherches fouillées que l'on ne trouve nulle part, étonnant !<br /> J'espère que ce blog te donnes du plaisir, comme quoi, maintenant on est universel, même en Haute-Loire.<br /> <br /> <br />
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