Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Note d'actualité : le pastis de Marseille...

8 Août 2011 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Actualités

l'actualité est riche, et des événements en apparence, disjoints, et aux 4 coins du monde, sont en réalité étroitements convergents.
D'abord, le débat engendré sur Marseille. Il faut, comme dans toutes choses, éviter la caricature et les clichés.

 

Comme l'a dit un internaute, Marseille, c'est complexe. Mais pour faire mon petit Braudel, Marseille est une ville simple à définir. C'est un bon port, mais qui restera simplement un bon port, pour différentes raisons.

Marseille a un arrière pays difficile, qu'il n'a jamais véritablement réussi à dominer, ni politiquement, ni économiquement.Toute la géographie joue contre elle, et contre les métropoles régionales, d'ailleurs.

 

Le pouvoir politique n'y a jamais été, mais à Aix, et le vrai port, capitale économique de la vallée du Rhône, c'est Lyon, et non Marseille.

Lyon qui a réussi à attirer raffinerie et chimie, dans un fameux couloir, alors que le terminus normal de livraison du port pétrolier, c'était Marseille.

 

Lyon a été longtemps capitale des gaules, et même sous les rois, a fait longtemps figure de capitale, et encore plus longtemps, de capitale financière et économique. Marseille n'a pas eu ces avantages.

 

Comme tous les ports, il y a des activités "interlopes", beau nom pour dire, un peu en marge de la loi.

Mais là, les plus "interlopes", ce sont les plus gros. Les petits n'ont que des miettes. Et quand certaines corporations, comme les dockers, arrivent à grappiller -un peu- du gâteau, les pleureuses du MEDEF s'en donnent à coeur joie.

 

Là aussi, c'est la théorie des cercles qui s'applique. Plus on s'éloigne du centre, moins bien c'est.

On dit couramment en Italie des entrepreneurs, qu'il vaut mieux être dans le nord que dans le sud, et en France qu'en Italie. 

Beaucoup de milieux d'affaires du nord de la France évitent de traiter avec "ce qu'il y a en dessous d'Avignon". Preuve qu'on est encore dans un autre cercle. Mais le réléguer dans le tiers monde est excessif.

 

Le problème d'ailleurs du tiers monde est l'afflux démographique dans les villes, qui contrarie tout, et en même temps, fait tout résilier.

 

Mais on ne me fera jamais gober, que faire un parking, faire payer une taxe royale, c'est autre chose que de la rente et le parasitisme.

Simplement, les officiels sont plus gourmands que les voyous, plus au fait des disponibilités financières de leurs "clients". Car, en effet, "l'investissement" de départ, au vu des tarifs, est amorti à la vitesse "V".

Bien entendu aussi, la reprise en main, à grand coups de CRS et de gardiennage, sera certainement aussi une occasion de remise en cause de la dîme servie à la communauté...

C'est simplement un niveau supplémentaire de coquinage-copinage-banditisme de grand chemin, qui vient prendre "SA" part.

 

Il reste - mais je me trompe peut-être- que l'impensable se produit. Le "sans risque", se révéle, finalement risqué.

En effet, le parking, dans un quartier populaire pas fameux et pas attractif était il simplement rentable, dans une phase de crise pétrolière ? Sans doute pas. La crise agit par tâches, certains endroits, plus fragiles, cédent en premier, les centres résistent plus longtemps.

 

Les voyous, dimiers, ont compris en premier. C'était trop cher. Ils ont simplement changé l'ordre des bénéficiaires. Le parking, à 5 euros, tarif unique, devenait une manne pour le quartier. Inconcevable. Ils auraient même été fichus de baisser les prix, s'ils en avaient vu la nécessité...

 

" la communauté urbaine touchait chaque année 100.000 euros grâce à ce parc de stationnement. Vinci Park n'a pas souhaité s'exprimer sur le manque à gagner occasionné par cette situation. "

Je serais curieux de connaitre le montant de l'investissement initial, et les bénéfices et de la communauté urbaine, et de la société, avant que celle-ci ne jette l'éponge.

 

Le retrait de l'état est ancien, il date d'il y a une trentaine d'année. Mais on s'en fout quand cela touche des gens modestes. On leur donne un procés verbal de leur dépôt de plainte "pour leur assurance", quand ce n'est pas simplement une copie d'écran (ça fait baisser d'autant les stats).

La police n'enquête que pour les grosses affaires, donc pour les riches, les autres ne méritent pas leur attention.

La conclusion logique est que l'état n'existe déjà plus (quand on appel, ils ne viennent jamais), et qu'ils vous orientent vers... La compagnie des indes (la compagnie d'assurance).

L'état est là, non pour vous dire où vous faire -mal- rembourser, mais pour éviter que certaines choses arrivent.

Le fait que la compagnie d'assurance existe et qu'elle soit invoquée pour justifier sa propre inaction est le VRAI scandale. le scandale continue, quand le procureur classe "sans suite", des tonnes de plaintes. Vous vous rendez compte, il aurait fallu troubler, pause-café, pause-apéro, pauses diverses des services de polices et le pédalage dans la semoule des services de justice...

 

Mais, contrairement à ce qu'à dit le maire, personne ne s'armera pour payer moins cher que chez Trucmuche. Tout le monde sautera sur l'occasion. C'est la loi du marché.

 

Petite constatation : quand l'empire s'effondre, les pouvoirs locaux réapparaissent et s'emparent de ce qui reste et des dépouilles. Comme la bande est le dernier pouvoir qui n'ait pas abandonné certains quartiers, cela leur reviendra naturellement dans les mains.

 

En nouvelle Calédonie, autre signe de stress causé par la crise pétrolière. 4 morts et plus de 20 blessés dans des affrontements dans les îles loyautés, affrontement causé par le prix des billets d'avion, en augmentation, par une compagnie publique, en lourd déficit.

Pour résoudre le problème, l'état, toujours aux abonnés absents, demande... une médiation religieuse, à grand coups de gri-gris, fétiches et véroteries... Là aussi, on a affaire à une belle bande de jean-foutre...

"Chaque week-end, à cause de l'alcool, il y a des bagarres, des viols, des violences plus ou moins graves. " Faudrait peut être mettre FF au courant ??? Peut être même, les services de police ???

Dans un "état de droit", on commence d'abord par enquêter sur les circonstances des événements, et mettre les responsables au gnouff. Là, on parle de "médiation" ? Parce que la bande est celle des gens au pouvoir ?

 

Que reproche t'on finalement aux voyous marseillais ? De ne pas rester à leur place ?

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
<br /> Penser "riche" = penser à court terme : la collectivité finance la construction du parking mais c'est le privé qui empoche les bénéfices (cool coco), on s'arrange ensuite pour ne pas payer d'impôts<br /> (excellent coco !). Mais... moins d'impôts = moins d'état = démerdez vous les pauvres (dommage coco)... Sauf que qui financera la construction du prochain parking ? Qui en assurera la sécurité<br /> publique ? Qui donnera du boulot à ces jeunes qui n'ont que les trafics pour vivre ? Ben pas le privé qui ferme le parking...<br /> Penser riche = penser à court terme = faillite assurée...<br /> C'est pas pour rien que toutes les religions du monde mettent en garde contre le veau d'or...<br /> La solution = démocratie = prendre en compte les intérêts de tous à long terme.<br /> <br /> <br />
Répondre
S
<br /> http://provence-alpes.france3.fr/info/marseille-le-cloaque-de-la-porte-d-aix-69896345.html<br /> <br /> C'est la vision de La Provence, pas de Rivarol ;-)<br /> <br /> <br />
Répondre
P
<br /> C'est pas à Marseille mais juste à coté :-)<br /> <br /> http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/08/09/braquage-avorte-pres-d-aubagne_1557552_3224.html<br /> <br /> <br />
Répondre