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Nouvelle bombe démographique IV

28 Janvier 2010 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie

Il me reste à étudier le cas africain, pour faire le tour démographique du monde.
C'est surtout le cas "afrique noire" qui est à disséquer, car, comme je l'ai déjà dit, pour l'Afrique du nord, l'évolution est quasiment arrivée à son terme.
Ni les hommes, ni les femmes ne veulent plus, sauf exception, de grandes familles. Le but, c'est 2 ou 3 enfants, corrigé par les infertilités et le refus d'en avoir pour d'autres, ce qui fait tomber la descendance finale à 1.7 enfants par femme.

L'Afrique noire apparaît comme l'attardé de la classe, et pourtant, en la matière ses progrès sont phénoménaux et à rapprocher avec l'explosion démographique des années 1950.
Continent techniquement dans les choux, le progrès technique importé avait permis l'effondrement de la mortalité, et le progrès technique importé, permet l'effondrement aujourd'hui de la natalité.

En moyenne, le plus gros indice synthétique de fécondité constaté en Afrique était de 8 enfants par femme, il n'a été dépassé que par certaines populations blanches, vivant dans des continents moins malsains.

Aujourd'hui, partout, il s'affiche à la baisse, parfois de manière très conséquente, et sans doute, cette tendance va s'accélérer et s'amplifier dans la décennie 2010. Comme je l'ai déjà dit, le progrès technique importé, d'un coup, permet un alignement drastique pour des femmes dont le désir d'enfants se réduit à la moyenne mondiale, c'est à dire 2 ou 3, spécialement dans les villes, les côtes, tout ce qui est le plus touché par l'extérieur.
On peut aussi citer, particulièrement au Nigéria, l'explosion du modèle familial. Il y a des enfants mendiants, qui vivent seuls, hérésie pour l'Afrique noire où la famille étendue prenait en charge les individus de tous âges.

En prenant; pays par pays, tout le continent a entamé son évolution, sauf, mais au niveau statistique seulement, les pays pour lesquels les données sont incertaines, états faillis, en guerre, aux infrastructures administratives trop déplorables.

Commençons l'analyse :

- Pour le cône sur, l'afrique du sud, en gros, jusqu'au Zambéze, l'ancienne sphère d'influence de l'Apartheid, l'évolution se rapproche de l'Afrique du nord :
+ Afrique du sud, indice de fécondité revenu de 6.4 (1960) à 2.7 (2007). On s'attend à 2.1 en 2010. Le poids de la communauté blanche (10 à 15 % de la population) est trop réduit pour porter, à elle seule, cet ajustement.
Cet ajustement a commencé des les années 1960, et les émeutes de Soweto en 1976, sont sans doute UNE CONSEQUENCE de l'évolution de la démographie noire (l'Afrique du sud importait déjà beaucoup de main d'oeuvre d'autres pays africains).
On peut citer, dans cette évolution, le poids du sida, qui conduit à deux choses : la mort des mères (qui ne procréent plus, donc) et la généralisation du préservatif.
+ Dans ce groupe, le Zimbabwé (3.5 enfants), dont la chute dans la période 1977-2007, apparaît particulièrement importante (venant de 7.4), qui représente une évolution de -0.13 enfant par an. Ce n'est pas l'évolution algérienne (-0.17), mais, on voit l'importance de l'évolution.
+ le Botswana est à 2.9 (2007), le Lesotho est à 3.4 (2007)
+ Swaziland et Namibie sont à 3.6 (2007), mais les dernières extrapolations à 2010, indiquent aussi une chute très rapide.
+ le dernier pays, en deça de la ligne du Zambèze, le Mozambique est à 5.1 (2007).

Là aussi, les baisses sur la périodes 2007-2010 sont sous estimées : on prend simplement les derniers ajustements observés et on les reporte en avant. En réalité, ces ajustements sont souvent beaucoup plus rapides qu'escomptés au départ.

Remontons au nord, et abordons le cas de l'Afrique du sud du Congo : les évolutions entre 2007 et le maximum observé se situent ainsi :
+ Kenya : de 6.6 à 5 (4.4 probable en 2010),
+ Ouganda : de 7 à 6.4,
+ Tanzanie : de 6.8 à 5.6,
+ Rwanda : de 8.2 à 5.4,
+ Burundi : de 6.8 à 4.7, le Burundi est aussi intéressant pour la violence du phénomène de baisse extrapolé en 2007-2010, on escompte en effet, un ajustement de -0.15 enfant par an,
+ Malawi : de 7.6 à 5.6,
+ Zambie : de 7.4 à 5.9,
+ Angola : de 7 à 5.8, avec là aussi, une évolution très violente de -0.15 enfants de 2007 à 2010 (ISF ramené à 5.3)
+ Congo (république démocratique) : étal de 6.5 à 6.2, le cas congolais n'échappe sans doute pas à la rêgle, mais la guerre, la désorganisation de l'état, les millions de morts empêche statistqiuement de voir l'évolution. Elle n'est sans doute pas différente de son environnement immédiat, et on peut penser que l'ISF se situe véritablement aux alentours de 5.

On passe à la corne de l'Afrique :
+ Ethiopie : de 6.6 à 5.4 (2007) pour 2007-2010, une baisse escomptée de 0.1 enfant par an,
+ Somalie : de 7.2 à 6, état failli aussi, les données sont absentes, et sans doute, la natalité est elle aussi surévaluée.
+ Erythrée : de 6.9 à 5 (2007), en baisse de 0.1 enfant par an de 2007 à 2010,
+ djibouti : de 7.8 à 3.9 (2007), en baisse de 0.12 enfant par an pour la période 2007-2010,
+ Soudan : de 6.2 à 4.2 (2007), évolution rapide aussi.

L'ancienne AEF (Afrique équatoriale française) auquel on rajoute la guinée équatoriale :
+ le Gabon, passé de 5.2 à 3.4 (2007),
+ le Cameroun, de 6.4 à 4.3 (2007),
+ le Congo, de 6.4 à 4.4 (2007),
+ la Guinée équatoriale, de 5.9 à 5.4 (2007),
+ la république centrafricaine, de 5.5 à 4.6 (2007).
Ce bloc aussi, est en évolution rapide.

Le bloc occidental :
+ Le Sénégal est passé de 7.5 à 5 enfants par femme de 1977 à 2007, mais les baisses extrapolées sont en deça pour 2007-2010, de ce qui a été observé,
+ Guinée, de 6.5 à 5.5,
+ Gambie, de 6.4 à 5,
+ Libéria, de 7.4 à 5.1,
+ Côte d'Ivoire, de 7.9 à 4.6,
+ Ghana, de 7 à 4.3,
+ Bénin, de 7 à 5.5,
+ Nigéria, de 6.9 à 5.3, encore que sa qualité de géant démographique et sa désorganisation masque sans doute l'étendue de la baisse. Seul le recensement de 1997 (ou 1999, je ne me souviens plus), avait mis en évidence un manque de plusieurs dizaines de millions d'habitants sur les extrapolations.
+ Togo : de 7.3 (1977) à 4.3 (2007).

Les pays les plus en retard, sont ceux de la barrière sahélienne, cependant, là aussi, on peut se demander si ce retard est réel ou statistique.
+ Niger : de 8.1 à 7,
+ Mali : de 7.6 à 6.5,
+ Burkina Faso : de 7.8 à 6,
+ Mauritanie : de 6.6 à 4.4,
+ Tchad : de 6.8 à 6.2.

Donc, que conclure pour L'Afrique noire en générale ? Que l'évolution démographique dans le sens d'une baisse rapide de la natalité est en marche.
Ces mouvements peuvent être d'une rapidité époustouflante, qui va mal avec les prévisions démographiques prudentes, et les prévisions encore plus prudentes des administrations internationales, qui ne veulent froisser personne, et dont les responsables ne veulent pas perdre leur place (c'est chauffé).
Le fait est, qu'en Afrique, ce mouvement échappe totalement à toute impulsion étatique, parce que les états y sont faibles, échappe largement aux évaluations, échappe largement aux modéles antérieurs.

En effet, comme je l'ai dit, la baisse de la natalité est une question, aussi, de progrès technique. Il est certain que plus le mouvement est retardé, comme on l'a vu dans l'explosion démographique des années 1950, plus il est violent. La fécondité africaine dans 10 ans, sera sans doute méconnaissable, car le plus dur, c'est de commencer l'évolution.
La femme en Afrique noire fait 5 enfants à l'heure actuelle. En 2030 au pire, et en 2020 au mieux, elle en fera deux.
Les immigrationnistes ont déjà des problèmes existentiels : sur qui l'Afrique peut compter, à l'heure actuelle, pour rééquilibrer sa pyramide des âges, déjà atteinte par le vieillissement ?
Ce continent se modernise dans ses habitudes, ses mentalités, et dans un contexte peu facile, sans aide et sans considération.
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N

Aie, je n'ai pas envie de la France se transforme en seine-saint-denis géante!


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T

à force de généraliser on se plante toujours... en fait je pensais plutôt au Vatican! il serait intéressant de voir l'influence éventuelle des évangélistes dans ce mouvement, à moins que le message
de chasteté et de fidélité ait été intégrée (humour)


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B

Salut Patrick,
Bon, tu nous a démontré chiffres à l'appui que le natalité baissait partout et qu'il n'y avait donc pas de bombe demographique.
Maintenant que tu as fait du macro en regardant cela au niveau pays et continent, peut etre pourrait tu te pencher sur la bombe demographique au niveau micro.
Il y a des regions du monde ou la natalité progresse tres fortement et ou cel apose des problemes (maternité, medecins, ecoles, budgets et finances locales..).
Commencons par un accroissement important
1999 : 2.16 enfants/ femme
2006 : 2.40 !
Lieu : France, seine st denis.
Les statistiques plus récentes manquent mais l'ordre des medecins du departement table sur 2.60 pour 2012...
Idem à Mayotte, quelles que soient les raisons que nous connaissons tous, la natalité a repris sa progression.
Cette exemple vaux pour de multiples micro territoires et , si il n'y aura pas de bombe H demographique, il y aura de nombreuses mini-nukes aussi devastatrices pour la vie des collectivités
concernées.


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T

Ce qui est rassurant c'est que les discours religieux contre la contraception ne semble plus avoir de prise sur les populations


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P

Erreur là aussi : le clergé chiite en Iran a clairement agi dans ce sens là, dès 1979...