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Obsolescence programmée... Ou pas...

26 Juillet 2012 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie

Un article intéressant de Courrier international, sur l'obsolescence dans le transport aérien. (Merci à Abdel).

Les appareils les plus anciens ne sont plus envoyés dans les poubelles du tiers monde, où ils continuaient à voler jusqu'à plus soif, mais démantelés, pour être revendus en piéces détachées, avec un bénéfice restreint désormais (500 000 $ pour un achat de 1 100 000 $).
"de nombreuses compagnies des pays émergents n’en veulent simplement plus, incapables d’en payer le plein ".
On était dans une logique soviétique, les appareils duraient longtemps, mais la consommation restait celle de l'année de production de l'appareil.
Une fois amorti, les 10 millions de $ nécessaires à une grande révision apparaissent inutiles, et on préfère les appareils moins gourmands.

La logique en cours avec l'automobile se met en place dans l'aviation. Des appareils encore en état de voler sont détruits, pour faire place au neuf, dont le principal mérite est ici d'être moins vorace.

Kérosène, entretien et salaires s'équilibraient il y a peu, le kérosène fait la moitié du total désormais.
Et le peu d'économie qu'on peut faire sur les salaires seront fait, mais la démolition permet d'économiser sur la maintenance, et sur le carburant, ce sont les deux postes principaux de coût à l'avenir.

Les "coûts pilotables" d'Air France seront réduits, mais la prochaine fois, ils ne pourront pas servir de volant d'ajustement, ayant été supprimé, et la concurrence elle même n'est pas dans un état très brillant...

 

Les compagnies aériennes vont donc, logiquement, réduire leur flotte, les moderniser, et il y a peu de chances désormais que le parc double d'ici 2030, mais les mises en faillite révèlent un aspect intéressant, plus personne ne veut des appareils mis en liquidation, à part le ferrailleur.

 

On peut faire une autre remarque, c'est qu'hier, la cannibalisation était une activité fort rentable, mais les prix indiqués montre aussi un effondrement du prix des pièces. Il y a fort à parier que certaines ne sont ré-employables que sur du matériel obsolète, dont plus personne ne veut, et qu'ils n'ont de valeur intrinsèque que la ferraille.

On retombe ici, sur la grande loi du capitalisme, qui est l'obsolescence, non pas programmée, car ça, ce n'est, ni plus, ni moins, que du sabotage, mais l'obsolescence pure, celle qui correspond à la définition de "non emploi d'un bien, techniquement dépassé", l'emblème de l'obsolescence étant les appareils photos, dont même les premiers modèles sont encore en état de marche. Mais pour la surconsommation est la règle pour les anciens appareils.

La non application de l'obsolescence est  la raison principale, à mon avis, des problèmes de l'empire britannique à la fin du XIX° siècle, et de l'effondrement de l'URSS, bien plus que des fadaises sur la supériorité d'un modèle sur un autre. D'ailleurs, l'Angleterre du XIX° siècle était tout à fait libérale et capitaliste, mais ça ne l'empêchait pas de reculer à grande allure.

 

Dès le début du XIX° siècle (c'est visible et acté dès 1820), on s'aperçoit que les changements de techniques économisent des sommes folles en ressources énergétiques et naturelles, et le second et troisième décollages économiques, les français et allemands seront 60 % moins voraces en énergie que le britannique, les industriels britanniques, eux, négocierons les prix avec les charbonniers, reportant, un temps, les faillites, faute de modernisations.

 

Nos grands esprits, en matière énergétique, sont des esprits faux. En effet, parier sur une augmentation de 50 % du prix de l'électricité, c'est parier sur un modèle ancien, celui d'une rente, mais l'ampleur même de la hausse provoquera un choc en retour, entraînant un effondrement de la consommation.

Si les mesures d'économies que font certains ménages, et qu'on nous montre à la télé sont de l'ordre du risible (s'éclairer à la bougie, faute de mieux), on ne montre pas tous les postes, aisément supprimables, qui allégeraient la facture...

 

En réalité, dans la consommation électrique, comme dans le transport aérien, il y a une impossibilité technique, celle de continuer "comme avant", impossibilité technique dont les décideurs n'ont pas encore pris acte...

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A
500 000 emplois minimum vont etre perdus dans le secteur automobile en Europe. Ce la va permettre aux Etats de financer leurs dettes ;-)<br /> <br /> http://www.leblogauto.com/2012/08/automobile-en-europe-500-000-emplois-menaces.html
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A
Merci BA pour le sketch de Pierre Dac & Francis Blanche remis au goût du jour.<br /> A se pisser de rire.
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S
Programmé, pardi ; programmé même pour l’alliance atlantique : http://www.voltairenet.org/Thierry-Meyssan-bilan-de-la<br /> Mon ami Christophe ainsi que le Lecteur (alias le parachutiste – plongeur du mess des officiers) vont particulièrement apprécier.
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B
- Mario Draghi, la BCE peut-elle régler le problème de la zone euro ?<br /> <br /> - Euh … oui …<br /> <br /> - La BCE peut-elle régler le problème de la zone euro ?<br /> <br /> - Oui.<br /> <br /> - La BCE peut le faire ?<br /> <br /> - Oui.<br /> <br /> - Elle peut le faire ?<br /> <br /> - Oui, elle peut le faire.<br /> <br /> - Bravo, Mario Draghi. Bravo, la BCE. Mesdames, messieurs, applaudissez Mario Draghi.<br /> <br /> Tous les téléspectateurs applaudissent Mario Draghi. Le problème de la zone euro est réglé. Tout est bien qui finit bien.<br /> <br /> Regardez la vidéo :<br /> <br /> http://www.youtube.com/watch?v=0hmfXMt_pNI
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S
J’aime le petit Patrick ;<br /> Il me fait penser au communistes – commissaires du peuple – qui dégageaient le même enthousiasme de croyants dans leur discours enflammés : « avenir radieux, rasage gratis, pipes gratuites, bonheur<br /> pour tous… Et la montagne idéologique qui accouche d’un pet de souris.<br /> Et on recommence.
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L
@christophe,<br /> <br /> qui va acheter les produits si il n'y a plus que les robots qui ravaillent ? peut être les robots :) :) :)
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S
Batman a encore frappé : http://french.ruvr.ru/2012_07_26/new-york-basketball-fusillade/
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P
Un article ULTRA-IMPORTANT pour comprendre... !<br /> <br /> http://la-chronique-agora.com/heartland-robotics-revolutionner-production-industrielle/<br /> <br /> Bientôt, la fabrication de vêtements et d’autres produits textiles ne sera plus simplement assistée par des robots chargés de la découpe et de la couture, mais bien totalement automatisée.<br /> <br /> Comme le souligne Dickerson, la fabrication de vêtements entièrement automatisée sera moins chère et de meilleure qualité que les produits de fabrication humaine, même dans les pays en voie de<br /> développement.<br /> <br /> Lorsque la fabrication est robotisée, c’est l’énergie, et non le travail, qui devient la principale composante coût de tout produit.<br /> <br /> Comme je l’ai déjà expliqué, l’Amérique du Nord a ouvert de larges stocks de pétrole et de gaz naturel, grâce à la technologie d’hydrofracturation (ou hydrofracking). Nous sommes la nouvelle Arabie<br /> Saoudite des carburants fossiles.<br /> <br /> Et l’impact n’est pas limité à l’alimentation des infrastructures de production : il affecte aussi le coût de nombreuses matières premières, comme les tissus naturels ou synthétiques.<br /> <br /> Je pense que vous voyez où je veux en venir. L’avantage en termes de coûts que les pays en développement ont par rapport aux pays développés ne va pas tarder à disparaître avec l’arrivée imminente<br /> de la robotique omniprésente.<br /> <br /> Les gens réfléchissent selon leurs petites habitudes, et supposent par conséquent souvent que l’Amérique, le Canada et les pays développés ont un handicap permanent en termes de production par<br /> rapport aux pays en voie de développement — simplement parce que les choses sont ainsi depuis quelques temps.<br /> <br /> Mais tout cela ne va pas tarder à changer, à changer rapidement, et les profits disponibles pour les investisseurs capables de sentir le vent tourner seront énormes.
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E
Notre société se place dans la situation tragique où le shutdown s'avère plus intéressant que la substitution. Une option serait de détruire des pans entiers d'activités (et prendre les devants de<br /> ce qui est condamné à disparaître à moyen-long terme) pour réinvestir ailleurs ... Mais on est collectivement bien trop stupide que pour donner du sens !
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