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Plus de jus.

31 Octobre 2012 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie

Il parait que 42 % des  français ont commencé à restreindre leur consommation d'énergie. C'est une remarque pitoyable. Il y a belle lurette qu'ils essaient, sans y parvenir, de le faire. Surtout chez les pauvres.
Mais, en réalité, rien n'a commencé.
En effet, la consommation d'énergie chutera vraiment quand :

 - on se contentera de 15°, voir 12° dans le logement, en enfilant pulls sur pulls, (- 7 % de conso par degré en moins), on fera aussi des économies d'eau :  à 12°, la douche apparaîtra finalement comme pas indispensable du tout,

- on retournera chez sa maman pour économiser le coût d'un logement.

ça, ça sera de la vraie économie d'énergie, parce qu'un appartement consomme moins que deux, et que la montée du taux d'occupation, réduit mécaniquement la consommation.

 

Donc, il se passe ce que j'avais prévu. Les riches investissent pour réduire leurs conso, les pauvres se la pêlent, en attendant de réduire les éléments "incompressibles" de leur train de vie.
Dans la crise de l'immobilier des années 2000-2010, il y avait aussi un changement de "besoins", le mode de vie des années 1950-1960, n'était plus "acceptable", et il fallait une chambre par enfant, même chez les plus démunis.

Il y a peu, une chambre pour les garçons, et une autre pour les filles, ça ne choquait personne, et on a vu détruit des logements "mal conçus", des années 1950.
En réalité, ils n'étaient pas mal conçus, ils étaient simplement pas conçus pour une société de grande abondance énergétique.

 

En réalité, là aussi, on verra le caractère répugnant du "choc de compétitivité" tant réclamé par MEDEF et consorts.
Les Talibans de ces organisations ne s'aperçoivent même pas qu'ils vont précipiter la crise, et qu'il risque d'y avoir des surprises profondes.

Avec un taux élevé de dépenses contraintes, les ménages n'auront plus le choix, que de réduire leur consommation, en attaquant ces dépenses contraintes, à savoir, logement, énergie, et les grands compagnies énergétiques qui se gobergent actuellement, en se goinfrant sur le pétrole, gaz et électricité, pourraient avoir de grosses surprises.

 

Raisonnant sur un "marché captif", ils approchent dangereusement du point où ils entraîneront l'effondrement dudit marché captif, par une crise économique majeure, et seront dans le même bateau que les compagnies fermières d'autoroutes, qui ne valent quelque chose que tant qu'il y a des voitures qui passent dessus...

 

Quand à "changer d'opérateur", comme fournisseur d'énergie, c'est absurde. En effet, la marge de manoeuvre est homéopathique, sinon infinitésimale, et ce qui fait le prix, c'est la même pour tous les opérateurs.

 

On voit désormais bien l'échec de l'éclatement de la SNCF et de RFF, qui devraient être réunis de nouveau sous la même bannière, ou presque.
Si la SNCF a réussi à présenter des comptes à peu près équilibrés, c'est simplement une argutie comptable, pendant que RFF ploie sous ses dettes, et sous estime donc ses redevances.
Quand à la concurrence, sensée faire baisser les prix ferroviaires, elle ne concernerait que les lignes rentables, c'est à dire une toute petite fraction du réseau, pour de rares créneaux, donc réalisables que si RFF continue à sous facturer ses prix, et comme on dit vulgairement, le petit client paie plein pot en économie de marché, alors que le gros, la SNCF, a les moyens de négocier, encore que, négocier des prix avec un interlocuteur unique, ça fait partie de la masturbation intellectuelle.

 

Mais les importants ne s'aperçoivent des évolutions que quand elles les touchent, eux. Rappelons leur le métier en or, qu'était celui de pompiste dans les années 1970.

A leur compte ou salariés, c'étaient de "belles places".

Je me rappelle de certains fils de pompistes, de vrais talibans néo-libéraux, possédant bien avant tout le monde, bagnoles et autres accessoires bling-bling.

Mais, comme il y a eu une justice, les papas se sont tous retrouvés en slip lors de leur dépôt de bilan, ou quand la compagnie a décidé la fermeture de la station.

 

En septembre 2012, la consommation de carburant a baissé de 6.4 %. Du jamais vu, et loin des inflexions légères déjà constatées.

Il reste que malgré des prix pantagruéliques de l'énergie, la production suit de plus en plus mal, et si le déclin des gisements, souvent bien engagé, semble être ralenti par suite des perfectionnements de la récupération, il n'en reste pas moins que le "dynamisme", de la "croissance", exige des gisements donnant vite et bien, et pas des trucs poussifs, certes faisant mieux que prévu, mais à un rythme très ralenti (c'est d'ailleurs pour ça que le déclin se fait moins poussé).

 

Bref, comme l'a prouvé Sandy, le problème sur la terre, c'est l'homme, qui ne tient pas compte de la nature de sa planète, de ses ressources, qui se réduisent, et cela; allié à une politique de profits à court terme, qui apportera encore plus vite les problèmes.

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B
La Gaule, merci pour vos deux premiers liens, très intéressants.
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L
@ L’indien.<br /> <br /> Ce site là aussi est très instructif (et il ne concerne que l’Europe !). Fait par un ingénieur météo lambda de mon coin qui fait simplement son boulot.<br /> <br /> http://www.meteo-grenoble.com/chronique<br /> <br /> Cliquez sur la décennie 1850-1859 vous serez tout de suite dans le ton, mais visiter toutes les cases se fait relativement vite.<br /> L’ouvrage qui suit aussi est très édifiant, parmi bien d’autres encore.<br /> <br /> http://www.amazon.fr/Les-d%C3%A9rangements-temps-chaud-Europe/dp/2259208983<br /> <br /> Amusez-vous bien, et ne vous emballez pas trop vite, Joe. Le vent a soufflé et soufflera encore.<br /> <br /> http://www.youtube.com/watch?v=pJ-xxgDTasM
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A
Immobilier :<br /> <br /> 1) La semaine dernière la Federation bretonne de l'immobilier a payé une page entière dans le journal du "Telegramme de brest" pour lancer un SOS en disant qu'ils ont perdus 8000 emplois depuis<br /> 2007.<br /> Or il semble que la Régmentation technique 2012 ou RT2012 applicable au 1/1/2013 pour toute construction risque de faire un carnage avec une hausse du cout de la construction de 30 à 40 % par<br /> rapport à la RT2005 d'apres un éléctricien que j'ai rencontré.<br /> Mais les maçons bretons visent le marché de la rénovation pour s'en sortir : 750 000 logements en Bretagne sont à rénover d'urgence , voir video ici :<br /> http://www.armortv.fr/emission/actualites,8,3143.html .<br /> Or sauf dans les grandes villes et la cote, l'immobilier breton vaut une bouchée de pain (carte prix bien immo breton par canton):<br /> http://www.letelegramme.com/ig/generales/economie/immobilier-breton-tassement-general-des-prix-05-10-2012-1861026.php.<br /> Dans ce lien, ils disent que les résidences secondaires de la cote sud sont finis à cause réforme des plus values immo.<br /> Dans le centre bretagne, avec le vieillissement de la population, il y a plein de maisons à vendre qui finiront en ruines faute d'acheteurs et d'emplois à coté.
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J
Hello !<br /> un passage et un petit coucou pour te signaler que suite à l'ouragan Sandy,<br /> et les debâts sur les conséquences du réchauffement climatique<br /> j'ai fait une carte des catastrophes naturelles dans le monde depuis 2008,<br /> très instructif sur certains points !<br /> @+
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J
Part de l'Etat dans le PIB français: > 50% aux dernieres nouvelles. Meme si ce calcul est parait-il faux, il n'y a qu'à lever les yeux pour voir un etat omnipresent dans tous les secteurs clefs<br /> de l'economie, que ce soit en investissement direct ou par la foule des regulations qu'il a pondu en croyant pouvoir ordonner à la nature.<br /> <br /> Vous avez raison, la France s'en tire très bien grâce à l'Etat...<br /> <br /> Quand vous comprendrez que l'Etat c'est VOUS, VOTRE PROPRE FINANCEMENT... L'etat n'existe pas sans vous... d'ailleurs les financiers ne nous sanctionnent pas encore car il croient au pouvoir de<br /> taxation de la france pour pouvoir rembourser la dette.<br /> <br /> Et puis l'etat c'est le copain des banques, des lobbys et autres, je vous met au defi de denier ce fait accompli.<br /> <br /> Liberation des prix: vous me faites rigoler!
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Y
Je tiens à préciser que le rêve fait par ce petit pompiste peut s'appliquer aux chefs des petites entreprises qui gueulent contre l'Etat, les charges, les syndicats, etc, etc.<br /> Ils s'imaginent pouvoir jouer dans la cour des grands alors qu'en fait, ils sont beaucoup plus proches du prolétaire qu'ils ne le pensent, dans leur précarité. Ils sont les idiots utiles du<br /> capitalisme comme les enseignants ont été les idiots utiles du communisme.<br /> Le jour où les puissants décideront de broyer leur petite entreprise ils feront "pschitt" avant même de s'en être rendu compte.<br /> Mais comme il s'agit de monter les groupes les uns contre les autres au profit de ceux qui tiennent les fils des marionnettes, tout continue comme avant.
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Y
"Je me rappelle de certains fils de pompistes ......."<br /> <br /> Je me rappelle aussi un petit pompiste de mon quartier qui gueulait contre le blocage des prix du carburant par le gouvernement, quand j'étais gamin. Il s'imaginait que la libération des prix le<br /> rendrait riche.<br /> Mon père, qui travaillait pour une compagnie pétrolière, lui disait de se méfier de cela, qu'il y avait des concurrents aux reins solides qui auraient tôt fait de le bouffer.<br /> Un jour, les prix ont été libérés. Moins d'un an après, ce pompiste avait mis la clé sous la porte.
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A
Encore un excellent article de fond.<br /> Merci.
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B
Mercredi 31 octobre 2012 :<br /> <br /> La Grèce enregistrera en 2013 un déficit budgétaire, une récession et une dette plus lourds que ce qui était prévu il y a seulement un mois, illustrant les difficultés de redémarrage du pays<br /> contraint à de lourdes économies, selon le projet de budget présenté mercredi au parlement.<br /> <br /> En 2013, la dette du pays devrait exploser, selon le texte, à 189,1% du PIB, soit 346,2 milliards d'euros, contre 175,6% attendu en 2012.<br /> <br /> http://www.romandie.com/news/n/_Budget_2013_la_Grece_prevoit_une_reprise_plus_lente_que_prevu88311020121230.asp<br /> <br /> Dette publique de la Grèce :<br /> <br /> 2007 : dette publique de 107,4 % du PIB.<br /> 2008 : dette publique de 112,6 % du PIB.<br /> 2009 : dette publique de 129 % du PIB.<br /> 2010 : dette publique de 144,5 % du PIB.<br /> 2011 : dette publique de 170,6 % du PIB.<br /> 2012 : dette publique de 175,6 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec. La dette augmente, augmente encore, augmente toujours, alors que le premier défaut de paiement de la Grèce a effacé<br /> 107 milliards d'euros de dettes.<br /> <br /> 2013 : dette publique de 189,1 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.<br /> <br /> La question n'est plus de savoir si le deuxième défaut de paiement de la Grèce va avoir lieu.<br /> <br /> La question est de savoir quand le deuxième défaut de paiement de la Grèce aura lieu.
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