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Ré-émergence...

4 Novembre 2013 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie

Ici et là, on contredit la baisse de la natalité, en disant qu'elle est moins rapide que prévue, surtout sur le continent noir. Il paraît qu'on sera bien 10 milliards, en 2100 (enfin, moi j'y serais plus, comme mes lecteurs, sauf si comme Brassens le disait, je me démerde pour pas mourir du tout).

 

Mais, comme je le disais, c'est bien les démographes. ça ne reconnaît jamais leurs erreurs, et se fier sur les statistiques de bien des pays d'Afrique noire, c'est quand même un peu croquignol.

Les pays d'Afrique suivent, en évolution, le reste du monde. Même si c'est difficile à voir.

 

Il reste que la question qui fâche est peu abordée. Celle du lebensraum. Il est vrai que celui qui en parlait est un peu contreversé.

Mais, le piétinement de la production pétrolière, la norme qu'est devenu son prix, à 100 $ le baril, hier inimaginable, n'a pas changé l'hypothèse.

Pourtant :

- à l'heure actuelle, la bouffe, c'est du pétrole et du gaz,

- le transport dans un mondialisme n'est plus aussi bon marché.

Il faut voir le coup de semonce qu'ont été les révolutions arabes, celles, simplement, de gens aux salaires bloqués, et aux prix de denrées de survies, qui montent, qui montent, et les émeutes de la faim ont été légion.

La baston bretonne a aussi concerné une région agricole, et d'industrie agro-alimentaire, qui a vu les normes européennes monter, les coups de l'alimentation animale aussi.

 

Mon ex-confrère du blog énergie, qui ne croit pas au pic pétrolier, mais voit un doublement des prix du pétrole, il faut voir comme un hic quelque part...

On va d'autant plus rire, que, contrairement à il y a 70 ans, il n'y a pas plus d'une dizaine de personnes sachant labourer avec autre chose qu'un tracteur en France...

Et une population tertiarisée ne sait pas, finalement, survivre sans le système, même si celui-ci est à bout de souffle.

Donc, il y aura guerre, et la guerre, elle revêt certaines formes nouvelles. On me parlait des roms, qui allait dans leur association cherchait de la nourriture, prenant les transports en commun, bien sûr, sans payer, et verbalisés, comme il se doit.

Mais, comme ils étaient insolvables, ces amendes sont virtuelles, mais pas virtuelles pour celui qui aurait simplement oublié de poinçonner son titre.

On est tolérant, et accueillant, quand le réfrigérateur est plein, après, l'association se fera piller, non pas par sa clientèle habituelle, mais par ceux qui étaient un peu au dessus.

En plus, se rejoue le vieux jeu, des maladies déclinantes, et émergeantes. Le SIDA reste d'actualité, il a moissonné et moissonne sa ration de mort, mais est désormais sous contrôle.

Dans la dégradation générale, et l'entassement de la population, les départs d'épidémies encore sous contrôle, un jour, ne seront pas arrêtés.

 

Combien de temps, pris dans l'étau de la dégradation générale du système de santé, la raréfaction de la nourriture, va t'on durer, "à l'ancienne" ?

Difficile à dire, mais pas éternellement.

 

Qu'est ce que 10, 20, 30 ou 50 ans pour la peste ? Elle a perdu en virulence, reste une maladie chronique dans bien des endroits, mais, tôt ou tard, l'utilisation trop grande des antibiotiques, une autre mutation, lui rendront, à elle ou a d'autres, mais celle-là à ma préférence par son mode de survie, ses lettres de noblesses, son actualité, et sa moisson de mort.

Si nous sommes tous, par nos ancêtres, partiellement immunisés parce que nous sommes des survivants, il est clair que la prochaine mutation nous prendra génétiquement de court.

Surtout que le stock d'humains aura eu le temps de gonfler, de se malnutrire, et de pourrir dans ses cités.

 

Pendant ce temps là, débarrassé de ses humains en trop, on verra, comme au 14° siècle, une poussée technique impressionnante.

Toute épreuve, réelle ou légale, est une invitation au progrès technique, dont on se félicité après.

La peste noire a, en occident été le détonateur de sa croissance économique. Il fallait remplacer la main d'oeuvre disparu, et on ne pensait pas à l'immigration. Et on l'aurait prise où, d'ailleurs ?

 

Il reste, que, faire des prévisions à long terme est toujours stupide. j'aimerais bien avoir les prédictions pour l'an 2000, réalisées en 1913...

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L
LA PESTE 3<br /> <br /> Il est un autre aspect du pessimisme de Spicer et Naphy qu’il faut évoquer, la relation qu’ils font de la dernière grande « vague » pesteuse de cette longue séquence de quatre siècles, celle qui<br /> frappa Marseille en 1720.<br /> <br /> Les deux hommes mettent en parallèle les progrès considérables que l’on avait déjà opérés dans la lutte contre ce type d’épidémie et les piètres résultats qui en ont découlé.<br /> <br /> Comme dans toutes les épidémies urbaines virulentes qui avaient précédées, le nombre de victimes total se situaient entre la moitié et les deux tiers de la population (soit environ pour Marseille<br /> entre cinquante et soixante mille victimes pour une population de cent mille habitants).<br /> <br /> Et pourtant les moyens mis en œuvre auraient du être déjà beaucoup plus efficaces ! Destruction des rongeurs (quoique ignorants de toute notion microbienne les médecins de l’époque pressentaient<br /> qu’il « y avait quelque chose » à ce niveau) et des animaux à poil en général.<br /> Quadrillage de la ville en zones d’infections plus ou moins sensibles avec surveillance d’une sorte de no man ‘s land sanitaire tout autour des murs extérieurs.<br /> Mise en quarantaine des édifices affectés avec désinfection systématique dès le départ des occupants (mort ou évacués). Les techniques alors employées ne manquaient pas non plus d’efficacité sur<br /> les rongeurs en cause (traitement à la chaux vive des murs et enfumage à la poudre noire).<br /> Enfin création d’une véritable armée sanitaire avec ses brigades spécialisées de ravitailleurs, de nettoyeurs et de fossoyeurs, mais aussi de soignants.<br /> Cependant rien n’y fit, et la maladie s’estompa lentement d’elle-même par sélection des plus résistants, comme elle l’avait fait par le passé…<br /> <br /> Spicer et Naphy font aussi rappeler que le plus gros du mal avait été commis au départ de la maladie, par le retard criminel qu’avaient pris les autorités de la ville pour la déclarer en état<br /> d’alerte sanitaire générale.<br /> Tout le monde connaît les raisons de cette erreur monstrueuse. Des raisons économiques qui faisaient craindre aux armateurs et aux négociants des pertes sèches, tant sur la cargaison du navire<br /> vecteur de la maladie que sur l’activité portuaire en général.<br /> <br /> Les deux historiens font remarquer qu’il n’est pas certain que de telles raisons ne manqueraient pas de jouer encore à plein aujourd’hui en cas d’épidémie.<br /> Nous naviguons en effet entre l’excès de prudence (exemple la grotesque et hystérique affaire de la vaccination contre le H1N1) et la négligence caractérisée (affaire du sang contaminé, du Viox ou<br /> du Médiator).<br /> <br /> Dans les deux cas se sont des considérations liées aux nouveaux dogmes de la déesse économie qui guident l’action sanitaire, au détriment de toutes les autres.
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L
LA PESTE 2<br /> <br /> Quelles conclusions Spicer et Naphy ont donc tiré de leurs objections ? Deux hypothèses tout aussi intéressantes l’une que l’autre.<br /> <br /> La première, que je nommerai « optimiste » (vous verrez pourquoi à propos de la seconde) est que la fameuse « peste noire » aurait été une forme de peste radicalement différente de celles que nous<br /> connaissons de nos jours (je rappelle qu’il y en a cinq ; la bubonique, la pneumonique, une forme atypique fulminante –très rare, une forme tuberculoïde, et enfin une forme de gastro-entérite assez<br /> proche d’un virus de type Ebola).<br /> De virulence extrême et de propagation presque obligatoirement pluri-vectorielle, Cette forme aurait fini par disparaître, car elle aurait tellement frappé aux quatre coins de la planète que<br /> l’humanité entière se serait en quelque sorte vaccinée contre elle.<br /> Elle aurait laissé en revanche des souches secondaires –celles que nous connaissons aujourd’hui- pour l’instant beaucoup moins virulentes.<br /> <br /> La deuxième hypothèse, beaucoup plus sombre, est qu’il ne s’agirait pas de la peste, mais d’une sorte d’anthrax, lequel frapperait l’humanité à intervalle régulier de sept à huit siècles.<br /> L’épidémie précédent celle du Moyen-âge serait donc intervenue entre la fin de l’empire romain et la fin des temps mérovingiens, période très mal connue durant laquelle l’hypothèse purement<br /> économique n’explique que très imparfaitement les effondrement spectaculaires de population en Europe.<br /> <br /> L’un des arguments le plus avancé par les deux historiens tient dans le tableau clinique de la maladie, dont une observation étrange se retrouve dans toutes les descriptions faites à l’époque.<br /> Outre les « bubons », il est toujours fait mention de « tâches rouges » importantes sur le corps des malades, ce qui ne cadre pas du tout avec les pestes actuelles, mais évoque plutôt ce que nous<br /> pouvons appréhender du choléra ou du typhus.<br /> <br /> De sept à huit siècles…
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L
A propos de la peste, un grand livre sur lequel méditer, et qui rejoint les préoccupations de Patrick Reymond sur le sujet :<br /> <br /> http://www.amazon.fr/La-Peste-Noire-William-Naphy/dp/toc/274670398X<br /> <br /> L’ouvrage de Spicer et Naphy est passionnant dans le sens où ces deux historiens sont très circonspects sur la nature réelle de cette maladie, qui a ravagé le monde et l’Europe depuis la seconde<br /> moitié du treizième siècle jusqu’au milieu du dix-huitième (au-delà nous sommes sûrs qu’il s’agit de la même maladie que nous connaissons aujourd’hui).<br /> <br /> Ce qui frappe d’abord est la vitesse à laquelle la maladie s’est répandue en Europe. Partie du port de Kafa sur la mer noire en 1348, elle a fait le tour complet du continent pour revenir à son<br /> point de départ moins de quatre années plus tard, fauchant au passage une masse humaine estimée EN MOYENNE au tiers de la population du continent, ce qui signifie que certaines régions ont été ni<br /> plus ni moins transformées en désert (étudiant les effets de la maladie en basse Normandie, l’historien Guy Bois avait fini par nommer sa thèse de doctorat « Hiroshima sur Seine »).<br /> <br /> Spicer et Naphy font remarquer d’abord que cette vitesse est incompatible avec ce que nous connaissons de l’épidémiologie de cette maladie aujourd’hui.<br /> <br /> En effet, dans le cas de la forme bubonique –la plus courante- le temps écoulé entre l’incubation et l’issue fatale (environ un tiers des cas) est environ de huit jours maximum. De plus, le vecteur<br /> de la puce ne « passe » à l’homme que lorsque l’hôte primitif de la maladie –le rat- ne peut plus rien donner, c’est-à-dire lorsqu’il meurt. L’épidémie est donc forcément précédée d’une épizootie,<br /> et l’observation de Camus au début de son ouvrage « la Peste » est techniquement juste.<br /> Ces deux observations donneraient donc à penser que d’immenses cohortes de malades pesteux se sont répandues au pas de charge à travers l’Europe à partir de 1348, traînant dans leur sillage des<br /> armadas de rats marathoniens chargés de puces ! (On sait au contraire que la vitesse de propagation des rats est relativement lente).<br /> <br /> Outre que cette hypothèse heurte le simple bon sens, elle ne cadre pas plus avec ce que l’on sait de la manière dont les populations du temps ont réagi face à la propagation de la maladie, le plus<br /> souvent par la méfiance et l’ostracisme extrême vis-à-vis de tout ce qui venait « de l’étranger », c’est-à-dire de la simple ligne de l’horizon.<br /> <br /> La théorie classique (je me souviens que l’on me l’avait servie sur les bancs du lycée) élude cette question en établissant que la maladie, depuis sa forme bubonique, se serait systématiquement<br /> transformée en peste pneumonique durant les hivers, forme beaucoup plus virulente puisqu’elle implique la transmission directe d’homme à homme par les gouttelettes de crachat.<br /> <br /> Le problème est qu’il s’agit d’une séduisante hypothèse de médecin mais pas d’historien. On dispose en effet de nombreux documents écrits sur le fléau, rédigés par une strate sociale directement<br /> concernée par le phénomène, ceux que l’on appelait les clercs -les religieux- et très peu d’éléments finalement vienne valider cette thèse.<br /> Il est certain que des affections respiratoires ont frappé en bloc certaines villes ou régions européenne durant ces hivers tragiques, mais rarement dans les descriptions données est donné la<br /> certitude qu’il s’agissait de la peste pneumonique.<br /> <br /> Il pouvait tout aussi bien s’agir de formes virulentes de grippes, frappant des populations fragilisées tant sur le plan physique (que l’on songe aux famines que la maladie a pu engendrer) que<br /> psychologique.
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S
Si les autochtones sont partiellement immunisés, cela veut dire que la peste sera, je n'ose le dire... raciste (!!!) avec les nouveaux français, en particulier ceux riches en mélanine (et dont les<br /> ancêtres exotiques n'ont pas connu la peste) ?<br /> La peste sera-t-elle condamnée par les associations ?<br /> Les autochtones européens pauvres en mélanine et possesseurs de prépuce devront-ils (encore une fois) culpabiliser, se repentir et payer des réparations pour cette discrimination nauséabonde ?<br /> Je n'ose imaginer une Europe dans laquelle toute cette nouvelle population si enrichissante ait disparue, emportée par la peste.<br /> Quelle tragédie !<br /> En matière de tragédie on arriverait presque à autant de souffrance que les "six millions" des HLPSDNH...
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