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Réforme du Rail...

29 Mai 2013 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie

Le rail pose des problèmes de rentabilité, dirons nous, depuis sa création.

La patrie du rail, la Grande Bretagne disposait de trois atouts majeurs, c'est à dire, une faible superficie, une grande densité de population, et une production énorme de charbon.

 

Car, le rail, pour être rentable, a besoin de régularité de trafic, qu'en gros, seul le charbon peut lui donner.

Si, d'ailleurs, Le rail US est encore en bonne forme, c'est qu'il le transporte et fait 40 % de son volume.

 

Mais, dans la plupart des pays, ce fut un gouffre financier, sauf, en gros, pour l'Allemagne, qui disposait des mêmes atouts que la Grande Bretagne, densité de population, surface limitée, houille.

Pour la France, ce sera la débandade, par ce que la surface est un peu plus grande, la population plus clairsemée, la houille, quasiment inexistante.

 

En France, pourtant, le chemin de fer commença plutôt bien, pour des raisons autres. On parle, dans le Forez, depuis le 16° siècle d'un canal Loire Rhône, car géographiquement, les deux sont très proches, et une partie fut réalisée, et pompeusement baptisé "canal des deux mers". Mais si à vol d'oiseau, la distance était courte, en vérité, le dénivelé est très important, et c'est une montagne qu'il aurait fallu tailler.

 

Donc, quand il y eût la possibilité, et dans l'optique du temps, on compléta le réseau fluvial par une voie ferré, Saint Etienne Andrézieux, puis Saint Etienne Lyon. Puis, comme Andrézieux donnait sur un fleuve très sauvage et très difficilement navigable, on continua jusqu'à Roanne.

 

A Paris, ensuite, on fit quelques voies ferrés, mais dont le talon d'Achille se révéla vite : le manque de rentabilité. Car le CDF est intéressant pour se déplacer, et il n'y avait guère de motif, sauf, la ballade bourgeoise du Dimanche.

 

Puis, le drainage des ressources s'organisa, mais dès que le réseau de CDF français fut terminé, il était clair que lui aussi, n'était pas rentable, globalement.

Si la houille de Saint Etienne lui donnait un trafic régulier et constant, base de rentabilité, si les mines du nord faisaient le même office, si le PLM (Paris Lyon, Méditerranée), appuyé sur un axe dynamique le fut aussi, pour le reste, de "rares pointes", demandait un matériel sur-dimensionné et peu utilisé. 

 

En gros, c'est toujours le problème du réseau de CDF français, qui, entre temps, s'est reconverti en bétaillère, et ne transporte plus guère que le quidam, sur les lignes TGV, et sur les lignes de grandes métropoles.

 

Vous pouvez donc "réformer" tant que vous voudrez, vous ne changerez pas cette équation. La SNCF dégage une rentabilité bidon, ne couvrant même pas les subventions accordés à RFF ? Pas grave, il faut de la concurrence, bien suprême, qui elle, se contente de faire rouler quelques voitures toujours bien remplies, seulement aux bonnes heures.

 

En gros, ils peuvent prendre quelques clients aux bonnes heures rentables, et laisser le reste.

 

Là aussi, dans le CDF, la question de rentabilité se pose aussi en Chine, et dans le développement de son réseau. S'il est clair que la production chinoise de houille de 3.7 milliards de tonnes assure un volume correct d'activité aux CDF et au transport fluvial là où c'est possible, il est clair que les lignes TGV ne bénéficient pas du même avantage. Si les lignes actuelles peuvent être regardées comme cohérentes, et amenées à être rentables, c'est qu'elles touchent les régions côtières, où s'entasse la population, à savoir la ligne Pékin, Shanghaï, Hong Kong, et certaines intérieures, (Chong King- Cheng Du), le reste prévu, à savoir les grandes lignes intérieures, conduisent dans le vide, un vide où les aéroports, tout aussi vides, ne manquent pas.

 

Donc, l'investissement "facile", est terminé, commence, l'investissement politique, et ne correspondant plus à des motifs économiques.

En Chine, le réseau est déjà considérable, et devrait être très agrandi par les lignes vers l'intérieur. Et c'est pour cela que le Bât blesse. Les TGV a venir ne seront jamais rentables. A commencer par savoir si ceux déjà bâtis, le sont.

 

Il est clair que le "modèle", français, n'est pas guère profitable, non plus, même dans la région où il est triomphant, à savoir la région parisienne, ou RATP sont chroniquement déficitaires, et la SNCF fait souvent figure de "RATP élargie".

Ou alors, il faudrait augmenter de manière drastique le billet, et là, se poserait la question de la simple existence de la région.

 

C'est typiquement le cas de mauvais investissement, qui a conduit à un entassement, dont les nuisances et leur gestion font figure de "richesse".

 

Il reste que, pour la Chine, les questions qui vont se poser sont multiples. D'abord, par le débit de Houille. A l'allure où les réserves sont extraites, elles ne dureront pas longtemps, et pic charbonnier et pic du transport seront sans doute très proche, déclassant une bonne partie du parc classique.
Ensuite, la natalité chinoise fait qu'il y aura aussi, un "pic des chinois". la population, quand elle baissera, aura sans doute beaucoup moins besoin de voyager.

Ensuite, et enfin, l'ouverture économique a surtout fait profiter ses régions côtières, toujours motrices en matière économique, elle abandonne, là aussi, la partie facile, pour la partie ingrate et difficile, dépensière, gourmande en énergie, pour des résultats incertains.

 

Là aussi, on prend, comme dans bien des cas, une recette qui a fonctionné à un endroit, sans se préoccuper de savoir si cela fonctionnera à un autre, ou si cela contribuera à ruiner l'économie de l'endroit.

 

Les bonnes communications détruisent souvent les équilibres existants en un lieu. Le problème chinois le plus menaçant est finalement un problème capitaliste classique ; celui du surinvestissement, et des rendements décroissants. c'est peut être, à court terme, le plus menaçant.

Une charge à un moment n'est bonne que si elle attire un retour. Pas si elle amène d'autres charges, sans retour, celles-ci.

Comme les éternelles subventions RATP, ou RFF.

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L
par contre l'emploie a vie des fonctionnaires et a supprimer, il doivent pouvoir être viré comme dans le privé. Là ont aura peut être des fonctionnaires un peut plus motivé a travailler ...
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L
assé d'accord sur se point. privatiser n'est jamais la meilleur des solutions. ont la vue avec les banques :) :)
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R
Ooops<br /> <br /> il fallait lire "le PRIVE réclame des indemnités à l'état" et non "le public réclame des indemnités à l'état."<br /> <br /> Ou encore face tu perds pile je gagne...
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R
@huet<br /> <br /> On est bien d'accord ! La SNCF est un service public, mais peu de gens savent aujourd'hui ce que signifie service public...<br /> <br /> A nous faire croire que le privé est la solution, nombre de crétins pensent que tous les services publics coûtent cher !<br /> <br /> Et quand ils sont privatisés, ces mêmes services coûtent encore plus cher et rendent moins de services... Cf Thatcher.<br /> <br /> Vivent le Kapital et les actionnaires ! A bas nos bons vieux services : EDF, France Telecom, Poste, Autoroutes que nous avons payés et qu'aucune entreprise privée n'aurait pu mettre en place.<br /> <br /> Ce sont nos impôts qui ont permis toutes ces grandes entreprises nationales, et ce sont nos impôts qui ont été volés lors des privatisations.<br /> <br /> Le nec plus ultra étant le PPP, Partenariat Public Privé, entendez plutôt : l'état paie un loyer et si le retour sur investissment n'est pas à la hauteur, le public réclame des indemnités à<br /> l'état.<br /> <br /> Voir à ce sujet la superbe autoroute A65 :<br /> <br /> "Pierre Recarte, membre actif de la CADE, qui regroupe les associations de défense de l'environnement, conteste la politique de la Région, Alain Rousset en tête. « Il fustige les partenariat<br /> public/privé au motif que ce sont des bombes à retardement pour les finances publiques. Mais la Région utilise ces mêmes mécaniques d'endettements qui profitent aux majors des constructeurs pour<br /> financer hier l'A65, aujourd'hui la LGV. »<br /> <br /> http://www.aqui.fr/economies/les-mauvais-resultats-d-alienor-concessionnaire-de-l-a65-inquietent,7535.html
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H
bonjour, je suis cheminot, régulateur sous station à saint lazare,je ne sais pas si la sncf est rentable ou pas, mais elle transporte des millions de travailleur matin et soir qui eux le sont plus<br /> ou moins. Ce que je veux dire c'est que la sncf à un rôle économique indispensable pour Paris, difficilement calculable.
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B
Le lobby du gaz de schiste s’offre un ministre roumain.<br /> <br /> Quand on connait la généralisation de la corruption dans ce pays, on se doute qu’il n’a pas été payé bien cher. Limite contre-productif. A noter que le même ministre était opposé au gaz de schiste<br /> quand il était dans l’opposition et qu’il n’avait donc pas accès aux largesses du lobby. Ça fait quand même un peu minable d’acheter des ministres roumains premier prix alors qu’on peut avoir du<br /> haut de gamme Deutsche Qualität. Les chinois, eux, sont moins radins et savent à qui s’adresser pour préserver leurs intérêts et casser l’industrie du photovoltaïque en Europe.<br /> Il n’y a pas de doute, les roumains, les allemands, les chypriotes etc que des amis et vive l’Europe !<br /> <br /> http://www.romandie.com/news/n/_Le_Premier_ministre_roumain_refuse_d_etre_influence_par_les_campagnes_contre_les_gaz_de_schiste73290520131604.asp?
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P
Alain Soral / Conseils de Lecture Mai 2013<br /> <br /> http://www.egaliteetreconciliation.fr/Video-du-mois-conseils-de-lecture-18293.html
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B
Pardon pour l'erreur de placement de mon poste, je l'avais préparé pour:"rumeurs multiples de craquement"
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Y
Pour résumer ces épisodes météorologiques: le climat change (comme d'innombrables fois depuis la création de la Terre) mais personne ne peut prédire l'évolution ("faire des prévisions, c'est très<br /> difficile surtout en ce qui concerne l'avenir" dit Woody Allen).
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B
Heureusement il y a le modèle américain avec sa formidable reprise saluée par tous les économistes cooptés sur écran plat. Charles Dereeper ne les accompagne pas. Ses statistiques affichent 10<br /> millions d’exclus et une perte de PIB estimée à 230 milliards par an.<br /> http://www.objectifeco.com/economie/politiques-economiques/demographie/la-decrue-de-la-population-active-aux-usa-se-poursuit.html<br /> Bravo l’Amérique !<br /> Heureusement il reste le gaz de schiste.<br /> II est indéniable que de la même manière qu’il y a de l’eau dans le béton, il y a du gaz dans le schiste. Il est quand-même plus facile de puiser l’eau dans un lac, fut il souterrain, que de<br /> s’abreuver avec un burin et un marteau.<br /> Il est à craindre avec le gaz de schiste le même syndrome qu’avec Notre Dame des Landes. Les intéressés au sens le plus vénal du terme poussent avec une extrême violence à agir dans l’urgence, le<br /> temps jouant contre eux. Plus on avance dans l’extraction du gaz plus on prouve son inefficacité de la même manière que plus on attend à construire NDL plus on se rend compte de son inutilité. D’où<br /> cette agitation frénétique des lobbies pour écourter le temps de la réflexion et empêcher la pleine analyse des résultats que eux savent d’ors et déjà négatifs.<br /> Le gaz de schiste ne va pas s’enfuir et, dans le cas très improbable où il s’avérerait rentable de l’extraire, laissons les générations futur en tirer profit dans une trentaine d’année. D’ici là on<br /> saura avec quasi-certitude… pas avant.<br /> Quant à NDL on sait déjà qu’il est plus urgent d’y construire une piste cyclable de préférence pour vtt, ça évite le béton et tant pis pour les subvention à Ryan Air et les rétro-commissions aux<br /> élus.
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P
"Pour comprendre à quel point la neige de ce week end est inhabituelle, il faut remonter à la fameuse "année sans été " de 1816 aprés l'éruption du volcan Tambora (1815) entrainant des chutes de<br /> neige en Juin dans l'est des USA et du Canada.<br /> Depuis cette époque, les états unis n'avaient jamais connu de telles chutes de neige à cette période l'année."
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R
"Le froid qui sévit dans le nord de la France depuis le début du mois de janvier et qui devrait encore se prolonger pendant plusieurs jours est-il lié au réchauffement climatique?"<br /> <br /> "La météo de l'Europe de l'Ouest est beaucoup plus chaotique que celle de la Russie, par exemple, avec son climat continental"... Voir les 38° ces derniers temps en Ukraine aolors que l'Euope de<br /> l'ouest grelottait.<br /> <br /> Un flocon ne fait pas l'hiver et une hirondelle ne fait pas le printemps.<br /> <br /> http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/03/28/01008-20130328ARTFIG00737-hiver-froid-la-faute-a-la-banquise-arctique.php
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P
Ca chauffe, ca chauffe !!!<br /> <br /> "Ce fut un week-end du Memorial Day placé sous le signe de la neige dans certaines régions des États-Unis. Sur la montagne de Whiteface dans l'État de New York, il tomba au moins 80 centimètres de<br /> neige.<br /> <br /> Selon Weather Underground, 2 autres sommets des montagnes du Vermont ont reçu 18 centimètres de neige, tandis que certaines villes situées à des altitudes plus élevées ont recu environ 7<br /> centimètres de neige ce week-end.<br /> <br /> Pour comprendre à quel point la neige de ce week end est inhabituelle, il faut remonter à la fameuse "année sans été " de 1816 aprés l'éruption du volcan Tambora (1815) entrainant des chutes de<br /> neige en Juin dans l'est des USA et du Canada.<br /> Depuis cette époque, les états unis n'avaient jamais connu de telles chutes de neige à cette période l'année."<br /> <br /> <br /> <br /> "Froid inhabituel à Paris, neige dans les Vosges, la météo déprime. Polaires, cirés, bottes et parapluies. Voilà les accessoire indispensables de ce printemps aux airs d'hiver. Froid inhabituel à<br /> Paris, neige dans les Vosges et pluies diluviennes marquent ce mois de mai, habituellement plus favorable aux robes légères et aux lunettes de soleil.<br /> <br /> Paris frigorifié. 10° prévus à Paris vendredi, soit près de 20° en moins par rapport à l'an dernier et 10° en dessous des normales de saison. Beaucoup de Parisiens ont ressorti du placard les<br /> manteaux d'hiver et rallumé le chauffage. D'après le Figaro, "jamais Paris n'avait eu aussi froid pour un mois de mai depuis 1987".<br /> <br /> <br /> De la neige aux sommets. Depuis deux semaines au col de la Schlucht, à 1.136 mètres d'altitude, dans les Vosges, on se croirait en plein hiver. Les sommets sont recouverts de 4 à 5 cm de neige<br /> fraiche et le Ballon d'Alsace, tout proche, est immaculé. De mémoire d'habitant de la vallée, on n'avait rarement vu de la neige en mai.<br /> <br /> <br /> Un temps de novembre. Du Nord au Sud, des précipitations record ont été relevées. Dans les Landes, il est tombé 200 millimètres d'eau par endroit en trois semaines, soit le double de la moyenne<br /> pour le mois de mai dans la région, note Sud Ouest. Mâcon, en Saône-et-Loire, désespère de revoir un jour le soleil. Alors que la moyenne pour le mois de mai est de 221 heures d'ensoleillement, les<br /> Mâconnais n'ont vu briller le soleil que 80 petites heures depuis le début du mois."
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