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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 15:44
Tout arrive, même C. L'Hagarde se met à dire des choses intelligentes. Moi aussi ça m'a fait un choc, mais le point de vue n'est pas idiot.
La création de l'euro est un truc mal préparé, mal fagoté, destiné à l'explosion.
L'Allemagne, débarrassé des dévaluations compétitives de ses voisins, a fortement comprimé ses coûts salariaux, exporté chez ses voisins, et leur a fait la morale parce qu'ils étaient déstabilisés par cette politique.
En effet, cette déstabilisation se lit dans leurs déficits budgétaires autant qu'extérieurs.

Bien entendu, nos gouvernants regardent d'un air envieux cette politique de compression des salaires et essaient même de l'implanter en Grêce. Le seul problème, c'est que même les flics, eux-mêmes touchés dans ces compressions, se mettent en grève et mettent un zéle tout relatif à tabasser les manifestants.
(c'est le syndrome du cosaque de 1917).

La crise économique est aussi l'occasion d'être une crise de la dictature de l'euro, masque de l'ancien DM. Simplement, les convergences entre économies très différentes mettent des dizaines d'années à s'accomplir, et l'euro était une maladie mentale des castes dirigeantes.

En effet, Berlin jette le masque et menace la Grêce d'expulsion de la zone euro. En réalité rien ne permet, dans les textes, à Berlin de parler ainsi. Encore moins de menacer, sinon furor teutonicus de sinistre mémoire.
Quand à l'Allemagne comme le Japon, leur modèle économique s'épuise, pour deux raisons : la désolvabilisation de leurs clients, notamment en OCDE, ensuite la montée en gamme, des pays émergents, notamment la Chine, capables et de plus en plus, de les concurrencer aussi sur leurs niches économiques respectives.

Le racisme est un tabou, sauf en économie, car c'était bien connu que les chinois ne feraient jamais aussi bien que les occidentaux en matière de dix-ânes, d'aéronautiques, de machines outils, de recherche, de développement, etc...
En réalité, pendant 5000 ans d'histoire, la Chine a fait la course en tête et elle met un temps très court à retrouver un rôle de leader. Mais 20 ou 30 ans, à l'échelle historique, c'est très court, et c'est le laps de temps nécessaire pour constituer certaines industries.

Donc, entre cette concurrence naissante et les injonctions à ses partenaires colonies européennes sur le déficit des dépenses publiques, et donc de la réduction des commandes passées à l'Allemagne, ce pays va donc vivre des heures difficiles, causées là aussi, par l'idéologie et le manque de sens commun de ses dirigeants.
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Published by Patrick REYMOND - dans Economie
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 11:26
Ce qui est frappant dans ce premier tour, c'est la calotte.
Les partis "de gouvernement" sont littéralement tous les trois, assassinés (UMP, PS, EE), par l'abstention et le vote blanc.
53.65 % pour l'abstention, contre 39.2 en 2004, 42.3 en 1998, 31.4 en 1992 et 22.1 en 1986. Le résultat est sans appel.
Contre les partis de gouvernement, les pavés.
A cela s'ajoute le vote blanc, dont nous n'avons aucune idée à l'heure actuelle, mais qui corse la sauce, la victoire de certaines grandes gueules, G. Frêche, baron de Languedoc, qui écrase toutes les brindilles qui voulaient s'opposer à lui, et renouvellant la quasi-sécession de Montmorency-Damville de 1574-1576.
On peut aussi citer, en Auvergne Chassaigne, en Picardie Gremetz,  en Aquitaine Lassalle et partout le FN (grand spécialiste des grandes gueules), mais aussi la quasi pestiférée au PS, Ségolène.

Pour les résultats globaux :
- 30 % pour le PS,
- 27 % pour l'UMP, (vraiment "parti unique" et unique parti de la "majorité"),
- 12.5 % pour EE (Europe écologie),
- 12 % pour le FN,
- 6.2 % pour le front de gauche,
- 4 % pour le Modem,
- 1.3 % pour le NPA...

Donc, le résultat est clair : tous sont battus, l'UMP est étrillée : pour le score réel dans l'opinion, il faut diviser par 2.2.
Le PS est devenue un candidat à l'alternance, mais visiblement pas une alternative.

Une seule indication indubitable, le seul parti défendant la politique actuelle, le parti fusionné UMP, a vu sa stratégie échouer complétement : 1 + 1 = 1. 27 % pour un parti unique de la majorité, c'est misérable, rapporté au nombre d'électeur, c'est aux alentours de 12 %, soit un adulte sur huit.
L'UMP, donc, a réussi son OPA : elle ne rassemble plus que la moitié de la réelle "classe moyenne" française. Le reste l'a abandonné.

53 % d'absentions + 24 % pour la gauche + 10 % pour les protestataires de tous poils (FN, DLR, Dissidents, Modem), ça ne fait plus beaucoup pour défendre la politique économique menée.

"Insensiblement, petit à petit, les gens se détournent du régime" (Guy Chaussinand Nogaret dans "la vie quotidienne sous Louis XV), mais visiblement, là on approche du point de collapsus, le détournement se fait de plus en plus rapide...
Parmi les battus, les uns peu moins battus sont les protestataires, et notamment le FN. Bien que son score soit médiocre, il a réussi à survivre, ce qui n'est déjà pas une mince performance (regardez le Modem, et même les verts) et se pose en arbitre...schtroumpf 01

Personnellement, j'ai voté pour un rebelle : j'ai mis un bulletin "Moi, je vote pour le grand schtroumph".
je me demande si je vais appeler à voter pour lui au second tour, ou si je mettrais le schtroumph grognon disant "moi, j'aime pas les candidats !"
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Published by Patrick REYMOND - dans Politique
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 17:34
J'ai beaucoup évolué sur l'Union Soviétique. Je ne faisais pas franchement partie de ses amis en 1990, mais elle est tellement attaquée par une certaine presse, 20 ans après sa mort, que j'ai fini par me dire qu'elle ne pouvait pas être tout à fait mauvaise.
J. Ferrat vient de mourir, et je viens d'apprendre que "Potemkine" était une chanson antisoviétique. Si effectivement, en URSS le sujet a toujours été délicat, ce que chantait Ferrat, c'était la révolution de 1905, et pas le fait qu'elle ait largement été menée par Trotsky.
Le dit J. Ferrat se verra bientôt récupéré comme ennemi de toujours de l'URSS et du communisme.
En 1965, date de la chanson, J. Ferrat n'était pas particulièrement fâché avec le communisme et encore moins avec le PCF. piece-etat-francais.jpg
Cela me rappelle la campagne de désinformation, quand J. Chirac "
Le 16 juillet 1995, il avait été le premier président français à reconnaître la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des Juifs."
Le seul "hic" dans l'affirmation, c'est que "l'état français", c'est, devant l'histoire, l'appellation officielle de ce qu'on connaît sous le nom de "régime de Vichy".
Dans les faits, J. Chirac a seulement dit ce qu'avait dit tous les présidents avant : c'est la faute à Vichy, "état de fait" dans la terminologie gaulliste.
On a donc affaire à l'utilisation d'une homonymie dans un but tout à fait malhonnête, et à terme, contre-productif.
A force de ressasser, on arrive au stade du syndrome de "l'ancien combattant de 14-18", où, quand l'un d'eux prenait la parole :
- on priait pour qu'il n'en parle pas (des tranchées),
- quand inévitablement il en parlait, on lui disait (malpoliment) de se taire, car c'était la 3500 ° fois qu'il la racontait...

Un peu de patience, et quand l'empire US se sera effondré, on ne verra plus que des ennemis de toujours de cet empire. Des floppés de gens qui ne "s'en laissaient pas compter" et qui disait "franchement les choses".

Image : pièce de 50 centimes de 1940-1945 (a circulé beaucoup plus longtemps), on y reconnaît la Francisque, l'emblème du Maréchal, et on voit l'appellation "Etat français" en opposition avec "république française", dont il se voulait la rupture et la négation...
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Published by Patrick REYMOND - dans Politique
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 16:23
...de l'industrie nous dit on. C'est bizarre, avec les chiffres de croissance annoncés, on aurait pu penser à autre chose que de la "stabilisation", et même prudemment, on parle de "reprise".
C'est donc une manière polie et prudente de dire que les statistiques chinoises sont bidons.

La sous évaluation de la monnaie lui a permis d'attirer l'industrie du monde entier.
Mais c'est au prix de la désolvabilisation du monde entier.
On y reconnait d'ailleurs le caractère très fragile de l'économie chinoise :
- 50 % investissements,
- 30 % exportations,
- 20 % consommations...

Sans appel. Si tout le monde fait la même chose, c'est la fin...
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Published by Patrick REYMOND - dans Economie
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 15:21
La production industrielle a fortement augmenté en Europe en janvier ( + 1.7 %), mais, comment dire, en janvier il fait froid. Et la production d'énergie est tirée vers le haut : + 2 .6 %.

A quoi tiennent les choses, paf, une vague de froid importante et après un point bas atteint en avril 2009, on a un rebond, qui masque une stagnation profonde et de longue durée.
En France l'industrie manufacturière est effectivement en hausse de 0.8 %, mais "industries extractives, énergie, eau" augmente de 5.6 %. Avec bien sûr, une industrie extractive désormais inexistante ou tellement symbolique qu'on se demande ce qu'elle fait ici, et l'eau en train de voir sa valeur s'éroder à cause de la remise en cause des concessions aux grands du secteur.

Les hausses les plus époustouflantes ont lieu dans les pays confettis. (Irlande, Malte) et j'espère qu'on ne va pas nous refaire le coup du "tigre celtique".
Il reste que la mutation à long terme du parc automobile va infléchir durablement à la baisse le poste énergie dans nos sociétés.

Les consommations moyennes s'effondrent, passant de 8 et 7 litres/cent (essence et gazole) à respectivement 6.2 et 5.5 pour les modèles neufs.
Pour un parc total de 230 millions de véhicules, renouvelés par tranche de 14.5 millions (ventes cette année).
En tenant compte de l'augmentation du parc de véhicules, le remplacement des véhicules les plus gourmands par des plus sobres, on peut estimer la baisse tendancielle des consommations en Europe causé par le renouvellement à une fourchette située entre 1.2 % et 2 %.
En effet, clairement, les plus gros véhicules sont remplacés prioritairement par de plus petits. Un propriétaire de véhicule ancien essence consommant 6.5 litres peut aisément reporter un achat,  par contre,  un propriétaire d'un gouffre à 10 litres aux cent se sentira beaucoup plus motivé pour changer.
Plus que jamais aussi, la différence entre consommation moyenne des modèles diesels et essence est palpable au profit du diesel.

Clairement, là aussi, les hommes politiques ont engagés une politique durable de récession, en investissant sur un seul créneau (le nombre de véhicules vendus), alors qu'une gamme beaucoup plus large de paramètres aurait dû être utilisés pour créer un regain réel d'activité.

Ce regain était facile à enclencher, et par des techniques maints fois utilisées par le passé : normes de construction (obligation par exemple, à l'espagnole, du chauffe-eau solaire sur les nouvelles constructions et les renouvellements), interdiction pure et simple de réparer certains produits (règles consciencieusement appliquées par les chauffagistes) et qui n'auraient pas coûté un rond à l'état...
Ce surcroit d'activité aurait compensé largement les baisses de consommations énergétiques.


La vraie cause de la crise économique prolongée est ailleurs : "
Or licencier ne paie pas. Et pour cause ! Dans Responsible Restructuring  Wayne Cascio, professeur à l’université du Colorado, liste les coûts directs et indirects des licenciements : indemnités de départ, frais de reclassement, augmentation des cotisations à l’assurance-chômage, frais d’embauche lorsque l’activité reprend, démoralisation et refus de la prise de risque chez les salariés restants, risques de procès, de sabotages, voire de violences sur le lieu de travail de la part de salariés mécontents en poste ou renvoyés, perte de la mémoire et du savoir de l’entreprise, perte de confiance dans l’encadrement, baisse de la productivité.

Divers mythes se sont enracinés pour justi­fier le goût immodéré des dirigeants pour le plan social, mais ils n’ont pas grand-chose à voir avec la réalité. Ainsi, contrairement à une opinion répandue, les sociétés annonçant des licenciements ne voient pas grimper leur cours en Bourse – ni dans l’immédiat ni à long terme. Les licenciements n’augmentent pas non plus la productivité de l’entreprise. Autre mythe : licencier doperait les bénéfices. Selon une étude effectuée sur 122 sociétés, les restructurations font en fait baisser la rentabilité, surtout dans les secteurs reposant largement sur la recherche-développement et dans les entreprises enregistrant une progression de leur chiffre d’affaires.

Selon la même étude de l’AMA, 88 % des entreprises ayant licencié ont constaté une baisse du moral au sein de leurs équipes, ce qui a un coût immédiat et à long terme. Chaque fois qu’une société témoigne du peu de valeur qu’elle accorde à ses collaborateurs, cela se traduit, d’après les consultants en ressources humaines, par une démotivation des salariés, qui ne font plus confiance à leur encadrement. Certains cadres comparent le licenciement à une amputation : il faut parfois couper un membre pour sauver le reste du corps. La métaphore est particulièrement peu pertinente. Les licenciements sont plutôt des saignées qui affaiblissent l’organisme tout entier. Car un cercle vicieux se met généralemen
t en place.
"

La logique économique n'est pas rationnelle, elle est à la fois de lutte des classes et pour faire comme tout le monde, parce que c'est la doxa du moment.
Au lieu de ça il faut "
payer ses commerciaux à la commission, offrir des stock-options à ses cadres dirigeants et réduire les généreux avantages... "

L'alternative est simple, entre "faire ce qu'on apprend depuis 40 ans" et une politique réelle d'équipements, industriels, de logements, d'infrastructures.
La stagnation économique prouve que cette politique ancienne est un échec complet.
Comme le disent certains, pour justifier les licenciements "nous sommes sur le même bateau"; mais "être sur le même bateau" signifie aussi autre chose : une politique de régression finit par casser la baraque, c'est le cas des pays OCDE.

Les USA replongent dans la récession, pour une bonne raison, c' est la faillite des autorités locales que le gouvernement fédéral refusent d'aider, "parce qu'il faudrait aider tout le monde"...
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 20:47
waterboxx-copie-1.jpgJ'avais déjà parlé de cette invention, la Waterboxx groasis.
C'est une boite de trois sous réutilisable qui protége les plantations d'arbres en zones arides.
Elles captent l'humidité de l'air, et les résultats sont sans appel.
Près de 90 % (88.2 exactement) ont survécus au bout de 4 ans.

C'est une révolution dans le sens Braudelien. Une technologie mondialiste, au vrai sens du terme, appelé à se répandre sur la planète, pour une bonne raison : elle est capable de valoriser des zones qui ne valent rien.

Elle capte l'humidité de l'air, et irrigue la plante. Une fois suffisamment robuste, elle peut survivre seule, engendrant un cycle vertueux.

Bien entendu, je ne partage pas l'optimisme de l'auteur de l'article. 200 ans pour que cette invention se généralise, c'est bien plus réaliste que 40.
Mais, quelque soit l'endroit, la technologie est intéressante. La plantation d'arbre, en effet est largement une activité à temps perdu : l'écrasante majorité des arbres plantés meurent vite, encore plus en zone désertique. Un mieux en la matière fait du bien à l'humanité avec un démultiplié important.
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 14:26
henri-IV.jpgMouscron respire un parfum de vert-galant. La poule au pot est dans l'air, ou plutôt les oeufs sont dans l'air (pour le moment) et la poule au pot, devient logiquement, l'aboutissement de la vie de ces poules.
C'est pour réduire les déchets, avec un collatéral, la production d'oeuf.
Le déchet permet aussi de produire le cochon, et celui-ci était un élément important de l'approvisionnement carné de l'occident, contrairement au monde arabe, où il est banni par les musulmans.
On peut sans doute y voir un élément non négligeable de la divergence économique des deux blocs, occidentaux et arabes, l'un privilégiant le mouton et la chèvre, désertificateurs par excellence, l'autre leur réservant un rôle plus restreint (la laine), et encore, le privilégiant dans un endroit très humide, la Grande Bretagne.
Avec une production de 0.74 oeufs par poule et par jour, l'impact financier est aussi non négligeable.
Il règne aussi un parfum de 1914-1918, à l'époque, les municipalités avaient joué un rôle non négligeable dans l'autosuffisance des ménages, justement par des actions très ciblées autour des jardins, des semences et par là, du non effondrement du moral de l'intérieur à cause des privations. 

Dans beaucoup de cas, ce qui est en cause c'est l'éloignement du producteur et du consommateur. Le produit bio est intéressant dans le sens qu'il remet en relation directement le producteur et le consommateur.
Même sans être bio, il n'est pas inintéressant aussi, économiquement parlant, pour l'agriculteur de garder ce lien.
Il y a quelques temps (1987), un ancien agriculteur me disait que malgré les problèmes il n'avait jamais voulu quitter le centre du village (ses enfants plus tard, bâtirent un superbe ensemble très cher en dehors), parce que cette localisation lui permettait de vendre à bon prix une part significative de sa production, au moins en terme de valeur.

Ces divers "à côté" lui donnaient 80 % de son revenu... 
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Published by Patrick REYMOND - dans Energie
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 19:28
La baisse des rendements locatifs devrait atteindre 25 % d'ici 2013, et les prix des logements avaient "beaucoup de marges pour baisser".
Le premier propos vient du président de l'UNPI et l'autre, du FMI.
On rajoute une couche (j'aurais du faire breveter il y a 3 ans) : "
si "à court terme les prix des logements dévient, souvent très fortement", à cause des bulles et des dépressions, à long terme ils "ne peuvent pas trop s'éloigner de la capacité des personnes à se les offrir, à savoir de leurs revenus".
Précision Patrickienne : pour qu'il y ait revenus, il faut qu'il y ait industrie. Le cas des capitales est à part. Elles oscillent entre parasitismes et rentes de situations.

La conclusion prédit une aggravation de la crise de l'immobilier : "
la correction jusqu'ici n'a pas effacé tous les excès ".
Manière polie de dire qu'il faut que ça baisse encore fortement.

Pour les bailleurs, le schéma est simple : hausse des taxes, hausse de la vacance, stagnation des loyers, dans le meilleur cas, baisse forte dans le pire.
En effet, pour l'UNPI, on reste encore très convenu et politiquement correct : 15 jours de vide, c'est 5 % de perte de rendement.

Chez moi, la vacance est passée de 0 en 2000 à 8 mois en 2010. En 2000, "c'était les prix", en 2010, il n'y a plus de durs, seulement des ramollos, et quand on a un locataire, on ne va pas le laisser partir pour des questions d'argent (augmentation du loyer).
Entretemps, les ramollos du cerveau ont été impressionnant : je me souviens d'une rue d'immeubles anciens en 2008, où la totalité des bâtiments étaient en rénovation.
Ils y ont engloutis leur épargne et se sont endettés pour le faire. Bien sûr, inutile de dire que l'étude de marché était égale à zéro, et qu'en 2007 je passais pour ET en annonçant la baisse de l'immobilier.
Circonstance aggravante : ne buvant même pas, je n'avais même pas l'excuse d'être un ivrogne parlant trop...

Par contre, on atteint le sommet de la bouffonnerie : "
On nous dit aujourd’hui que les loyers sont trop chers mais cela est faux. C’est le pouvoir d’achat qui ne suit pas, en grande partie en raison de la hausse des prélèvements sociaux. " Pour rajouter :
"
LaVieImmo.com : Comment réagissez-vous à la demande par la Confédération nationale du logement  d’un gel de tous les secteurs locatifs ?

Jean Perrin : C’est l’idiotie habituelle de certains syndicats de locataires... Le seul effet de demander le gel des loyers ou les réquisitions de logement vide serait de décourager les propriétaires... Nous préférons de notre côté appeler les propriétaires à une modération des loyers, en les incitant à ne pas nécessairement appliquer l’indice de révision des loyers, afin de ne pas risquer de perdre de locataire."


Là, on a la crétinerie extrémiste du syndicat de propriétaire. En effet, un gel aurait préservé les prix. Mais les prix ne se transmettent pas d'un locataire à l'autre. Etant donné qu'il y a des millions de logements vides en France, la loi du marché va s'appliquer inexorablement.

J'entends encore parler de logements HLM et de leurs bas coût. C'est oublier que dans beaucoup d'endroits en France, leurs loyers sont supérieurs à ceux du secteur libre, situation encore aggravée par Raffarin, qui fit 1.5 milliards d'économie sur les aides au logement dans le privé.

Il faut désormais que le propriétaire compense cette disparition.

Sur toute la Haute Loire, les propriétaires privés parlent d'une baisse judicieuse de 50 euros des loyers, par rapport aux barèmes.


Le marché immobilier aurait dû logiquement s'effondrer sous le poids de 5 millions de logements vides. En réalité, un comportement économique non rationnel est vivace. La vacance engloutie la richesse, mais insensiblement, et c'est au moment seulement des succession qu'on s'aperçoit de la casse, du défaut d'investissement, du vieillissement, etc...


En plus, on rentre en collision avec le phénomène que j'ai déjà décrit : la reconstitution des lignées. Pour contrarier ce phénomène, les loyers devraient baisser drastiquement. On en est loin. Mais les phénomènes que j'ai décrit déjà pour les petits villages deviennent de plus en plus fréquent. Il n'y a plus, tout bonnement, de marché.

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Published by Patrick REYMOND - dans Immobilier
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 10:31
La question énergétique est têtue. On croit l'oublier, elle est toujours là.
Et elle va se poser pour la question immobilière, avec une prégnance dont les gens n'ont même pas idée.
Pendant des siècles, je l'ai dit, la France n'a pu dépasser physiquement le seuil de densité 40. C'était jusqu'au début XVIII° le seuil où la mortalité et l'absence de subsistance ramenait la population en dessous.
Tout ce qui était cultivé était cultivé, le reste servait à faire paitre les bêtes, gardées par les enfants.
Au XVIII°siècle, les petits bergers commencent à lire dans les pâturages les livres populaires. "
Littérature de colportage (XVIIe - XIXe siècles): Bibliothèque bleue, almanachs, gravures, occasionnels."
Note : en réalité, la littérature de colportage est attestée au XVI° siécle (Pierre Miquel, les Guerres de Religion).
On garde en groupe, et on garde jeune. Dès qu'on est en âge de travailler plus dur, on abandonne le gardiennage.
Le gardiennage n'est pas exempt de risques. Les troupeaux de moutons, nourrissent les loups. La disparition des espèces médiévales (destinées à la laine) au XIX° siècle tuera les loups, le troupeau passe de 30 à 6 millions de têtes.
Dans ce contexte là, l'énergie est rare. Le mouton et la chêvre rasent tout.
Aussi, un kilomètre carré, c'est très peu de maisons. Une seule abrite plus de 10 personnes.
Pas question à l'époque, comme aujourd'hui, de vivre à 2.4 habitants par foyer, pas question d'avoir une piéce à soi, la question est la survie physique.
On se concentre pour avoir chaud, et à passer l'hiver.

Ce n'est pas si lointain : la génération des années 1930 ne connaissait pas les chambres chauffées, il gelait dedans, couettes épaisses, briques assurait l'essentiel. Frères et soeurs dormaient dans les mêmes lits. 3 générations sous le même toit n'était pas une situation anormale.
D'abord, l'indépendance coûtait cher, et il n'y avait pas de logements disponibles.

La France produit une part importante de son énergie en biomasse : 10 millions de TEP, c'est bien plus qu'au XVIII° siècle et 7 autres millions de TEP (tonnes équivalents pétrole) seraient exploitables. On voit la limite du concept. Aujourd'hui, on consomme 280 millions de TEP en France, dont la moitié pour le logement.
Il y aura donc un ciseau : la moindre consommation du parc restant, et sa réduction en taille.

Aujourd'hui, dans l'émission "je retourne vivre chez mes parents", on semble découvrir quelque chose d'extraordinaire.
Loin de la sempiternelle rengaine "le besoin structurel de logements..." on assiste à un phénomène économique puissant.
Les générations s'entraident, et la meilleure manière d'entraider, c'est de partager les frais de structures : le logement.
On voit aussi qu'ils ne manquent guère, mais qu'ils coûtent. Les personnes âgées vivant seules dans de grandes maisons peu ou mal entretenues, ce n'est pas rare.

Elles sont REELLEMENT PROPRIETAIRES souvent, c'est à dire sans dettes, ce que personne ne peut réellement dire en dessous de 60 ans.
C'est la détresse économique qui conduit au rapprochement.
Et on s'aperçoit que les types anthropologiques constituent les freins les plus puissants. "ça ne se fait pas", "je ne supporte pas" ou au contraire, "ça se fait" et "c'est normal".
Dans certains endroits, l'individu isolé, ça n'existe pas.

Le culte hédoniste de l'individu souffre notablement du manque de revenu. Il présuppose justement l'existence de moyens financiers suffisants. Ce qui n'est plus le cas.
Le Fil rouge est le chômage pour beaucoup, la baisse d'activité pour les autres, et la maladie pour certains cas.
En effet, même dans la bonne bourgeoisie, il est dur de payer une pension pour une personne atteinte d'Alzheimer. En général tout y passe. Il est donc logique que certains choisissent la garde familiale : la mise au chômage de la personne gardienne y entre souvent en ligne de compte.
Ce qui était "impossible" et "inacceptable" devient subitement plus correct. En réalité, ce mouvement a déjà une bonne vingtaine d'année. Des lignées ouvrières en étaient déjà réduites à garder leurs parents et à vivre sur leurs petites pensions, en échange de la garde et des soins.
On en fait des émissions, quand le phénomène remonte dans l'échelle sociale. Sans doute ces faits sont ils arrivés à des voisins de la présentatrice surpayée de l'émission. L'architecte sans travail, l'antiquaire qui travaille moins, les parisiens expatriés, qui ne se sont pas aperçus que 700 euros pour une maison, même superbe, c'est beaucoup trop dans certains endroits, et que globalement, 40 000 euros de loyers en 4 ans, c'est exorbitant.

Précision importante : le chômage de beaucoup de personnes est causé par le prix de l'énergie. La société mue sous nos yeux.
Pour tenter d'en préserver l'essentiel, on appuye sur les leviers existants. On essaie de comprimer encore les prix agricoles.
Une statistique intéressante est venue des USA. L'énergie + la nourriture représentait 7 % des dépenses des ménages en 2000 et 21 % aujourd'hui.

Comme la marge de manoeuvre des dits ménages est soit inexistante, soit beaucoup plus basse (seuls les 20 % du haut de l'échelle sociale ont pu faire face), la crise immobilière semble une sortie logique.
On taille dans tout ce qu'on peut, et puis on renonce à l'indépendance, en ravalant sa fierté et en mettant son mouchoir dessus.

Les mieux armés pour le changement qui s'ensuit sont donc les propriétaires, mais les VRAIS propriétaires, sans dettes. Leur coût de logement est bas, 10 % des revenus, et ils peuvent investir dans l'amélioration et/ou payer le coût croissant du logement.
On peut donc voir la justesse du concept de lutte des classes.
37.5 % de la population est épargnée par la crise du logement, à contrario, 62.5 % en souffre.
Bien entendu, en économie, il existe toujours les limbes. La situation du propriétaire endetté est aussi variable : celui qui doit 100 euros par mois pendant encore 4 ans peut être plus optimiste que celui grevé de 1000 euros pour 25 ans.

La situation sociale des parents aussi est aussi importante. Celui dont les parents sont nés, peut bénéficier d'une aide plus conséquente. Il n'y a pas de comparaison possible entre l'architecte seul qui va vivre chez sa mère qui possède une très grande maison, le couple avec enfant qui va vivre dans une maison déjà plus étriquée, et celui qui reste chez ses parents en HLM.

Le film "Tanguy" était marrant, mais Tanguy, c'était un choix ou plutôt une impossibilité de partir, même avec des revenus importants.
Pour la majeure partie des gens, c'est l'absence de revenus qui entre en ligne de compte, ou l'absence de revenus réguliers.

Le point de vue parisianiste m'apparait particulièrement imbécile. 425 euros ? C'est pas cher, dit on !!! ça l'est, et c'est bien trop, pour une ville saturée de logements vides !!! Où est donc la bienveillante main du marché ??? Où est la régulation ??? Et ce genre de propos est savoureux pour quelqu'un qui n'a pas de revenu...

Conclusion : la cohabitation des générations, qui semblait en voie d'extinction, semble, au contraire, une solution d'avenir.
Bien sûr, il ne faut pas l'embellir, c'est dur. Mais dans une société qui se gargarise du mot "solidarité", la première s'applique à sa famille. Et si on ne le fait pas pour elle, pour qui le fait t'on ?
Ensuite, c'est qu'aujourd'hui, toutes les générations semblent touchées par le phénomène. Récemment, elle n'atteignait que des jeunes, en attente d'insertion professionnelle.
Elle est un partage, sinon de la misère, du moins des temps de dureté économique. Cela, je ne pense pas que nos hommes politiques, férus de politiques anti-sociales et que l'idée d'équilibre des budgets démange, l'aient compris.
400 000 personnes qui retournent en cohabitation, ça fait du bruit, mais ce n'est qu'un début. Si le chiffre passe à 800 000, 2, 3, 4 ou 6 millions de personnes, on passe dans une autre société, avec un effondrement de l'immobilier en prime.
Ce passage me semble, pour des raisons énergétiques, inévitable. Mais tout est dans la manière d'assurer la transition...
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Published by Patrick REYMOND - dans Energie
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 10:29
charles_quint.jpgL'union Européenne vient de s'offusquer du choix du Pentagone pour l'avion ravitailleur Boeing, plutôt que celui d'EADS, qui avait déjà gagné un premier appel d'offre, annulé par la suite.
Mais, il n'y a rien d'autre à faire qu'à s'offusquer, puisque, de toute façon, le libre échange c'est génial.
Français et Européens ne peuvent donc réagir, c'est contre le dogme.
Donc, il n'y aura pas de sanctions, ça ferait tâche dans le caractère génial. Insensiblement, par des rapports de forces internes, les USA s'éloignent du modèle, et de toute façon, la contraction de son déficit l'éloigne de la matrice.
En effet, le poids du lobby libre échangiste, de part la diminution des échanges, diminue aussi.

Mais que se passe t'il ailleurs ? Une chose très classique, le substitut d'importation, et contrairement à ce que disent Natixis par exemple, le renouveau de l'industrie peut être très rapide.
Le cas argentin, même si les produits sont médiocres est significatif. le rebond quantitatif depuis 2000 est important, la qualité reste en deça.
Les bons produits nécessitent une main d'oeuvre bien formée et de longue expérience.

Le commerce extérieur chinois bondit, le commerce extérieur allemand subit un trou d'air. Tout simplement cela provient de la spécialisation.
Le monde est saturé de machines outils inutilisées, particulièrement la Chine, où la proportion atteint dans  certains secteurs, 90 %.

Plus que jamais, l'Union européenne, bâtie sur un modèle désormais obsolète n'a plus qu'une issue, le sabordage. Les pourtours craquent, d'abord les extérieurs, Islande et Suisse, mais la grève générale grecque est fortement suivie. Il faut dire, est ce que les grecs ont le choix ? Pas vraiment, sinon de mourir de misère ou en combattant. La baisse de revenu serait de 30 % pour la fonction publique et de 10 % pour le privé, avec la disparition de toute garantie d'emploi.

Le pied du néolibéral quoi. Ils vont pouvoir comparer leurs amusements. Tous précaires contre fricassé de connards. (sauce 1794).
Les allemands appellent à l'adhésion de la Russie dans l'Otan, avec la ribambelle de casseroles obligatoires : "
le respect des droits de l'homme, le pluralisme politique, l'économie de marché."
Economie de marché dont on voit, de manière éclatante la déconfiture, le respect des droits de l'homme à l'irakienne et le pluralisme politique à l'européenne (t'es pas d'accord ? cause toujours !).

Les européens auront donc renoués avec leur vieille habitude : les empires universels qui durent 1000 ans, et qui se fracassent aussi vite qu'ils ont été vite construits.
Et il parait qu'on tient compte des erreurs de l'histoire ? Oui, pour commettre de plus grosses erreurs encore...
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Published by Patrick REYMOND - dans Economie
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