RIP Peabody
13 Avril 2016 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie
La firme Peabody, plus gros producteur de charbon au monde, s'est placée sous protection du chapitre 11 des faillites.
La firme, fondée il y a 133 ans par Francis S. Peabody, avec un capital de 100 $ deux mules et une remorque, est lessivée.
En cause, le marché de l'électricité, qui consomme moins de charbon et déclasse les centrales, mais surtout, la consommation de charbon sidérurgique, en nette chute, et qui révèle une crise aigu du secteur de l'acier, crise qui ne demande qu'à s'aggraver, quand les chinois réduiront la surproduction de leur acier.
Il y a eu, d'autre part, l'impossibilité de vendre quelques actifs que ce soit : personne n'en veut. Là, une clause écologique répandue : le devoir de réhabilitation des sites. Et comme personne ne sait combien de temps et si les mines vont continuer à être exploitées, il faut se rendre à l'évidence : ça ne vaut plus rien, c'est une valeur négative.
Tombée à 801 millions de tonnes (short tons de 907 kilos), la consommation de charbon devrait encore décroitre à 752. A mon avis, pas du tout humble, c'est encore très optimiste. Quand la production mensuelle tombe à 50 millions de tonnes, et que les stocks sont pleins, il n'y a pas d'intérêt à produire. Quand à une "remontée", en 2017 à 778 millions de tonnes, cela relève de la masturbation de méninges.
Les centrales thermiques fermées ne rouvriront pas.
L'erreur manifeste de gestion a été commise en 2011, quand Peabody a racheté pour 5.1 milliards, des mines australiennes (Macarthur), fournissant du charbon métallurgique à la Chine).
Comme pour EDF, le mirage de la mondialisation leur a coûté cher.
Ils n'ont pas retenu la leçon de Rockfeller. S'il avait réussi à prendre le contrôle total du marché du pétrole, c'est en rachetant à coup d'actions de la standard oil, pas en sortant des liquidités.
Mais, autre nouvelle, le feu de paille du pétrole de schiste se termine.
La production de pétrole devrait passer, selon l'agence de l'énergie US, de 9.4 millions de baril en 2015, à 8.6 en 2016, et 8 en 2017.
"U.S. crude oil production averaged an estimated 9.4 million barrels per day (b/d) in 2015. It is forecast to average 8.6 million b/d in 2016 and 8.0 million b/d in 2017, which are both 0.1 million b/d lower than forecast in last month's report. EIA estimates that crude oil production in March 2016 averaged 9.0 million b/d, 90,000 b/d below the February 2016 level. "
On peut donc admirer, la performance de la FED et de son quantitative easing, qui a réussi à foutre un bordel monstrueux dans le marché de l'énergie, à couler tout le monde, y compris ses copains, et accélérer notablement la crise de dislocation du système.
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