LA REPUBLIQUE BOURGEOISE, LE BUDGET MILITAIRE... ET LE BUDGET...
La France a un problème avec le budget des armées, et ceux, depuis plus d'un siècle. Ou l'on veut économiser, et dans ce cas, on abandonne toute ambition, et reste chez soi, ou on y met les moyens.
Exemple diverses, lors des deux guerres mondiales...
Le 75 est superbe. Il n'y aura donc pas d'artillerie lourde en 1914, et quand le comité de l'artillerie fait trop de foin, le dit comité de l'artillerie est dissous. Pour faire face aux 4000 pièces d'artillerie lourde allemande, on mettra quand même la main au portefeuille, en sortant de leurs forteresses et en les modernisant, 300 pièces d'artillerie lourde, modèle de Bange, modèle d'une certaine vétusté en 1913, et de performances bien inférieure à celle de l'armée allemande. Economie, économie. Aussi, en 1914, la France part elle en guerre avec 6 millions d'obus de 75, et 3 millions d'obus d'artillerie lourde, contre 20 millions à l'Allemagne. Le jour le plus meurtrier de la guerre, est surtout le jour où l'attaque française est brisée le 22 août par les "gros noirs", ou pilonnage. Vulgairement, le piou-piou en a pris plein la gueule.
Pierre Ragon de Bange meurt en juillet 1914, quasiment le jour où les enc...s de députés, votent -enfin-, le plan d'extrême urgence "artillerie lourde", de mémoire le 15 juillet 1914.
De même, la mitrailleuse APX 1905 a été mis dans les forteresses (ce sont des nanards constamment en panne), l'APX 1907, un peu meilleur, est concurrencé par la Hotchkiss, bien meilleur, mais qui ne sort pas des arsenaux, et dont on limite le nombre, par souci d'économie.
Le casque Adrian, lui, n'est choisi que fin juillet 1914, de même que le nouvel uniforme, bleu horizon. Là aussi, les soucis d'économies ont pesés lourds.
Les députés économes de la république bourgeoise, ont donc décimé la population française et sont responsables des 300 000 tués de la première année de guerre, chose qui finalement, va coûter beaucoup plus cher que les dépenses qu'on n'a pas voulu engager.

1940, tout le monde connait l'histoire, la ligne Maginot s'arrête bien trop tôt. On a visiblement oublié la leçon de 1914. Les allemands n'avaient même pas essayé d'attaquer la ligne défensive fortifiée, qui allait du Luxembourg à Nice (et qui couvrait aussi la frontière espagnole), dite ligne "Séré de Rivière". Bien entendu, on n'avait pas jugé utile de fortifier la frontière belge, avant 1914, pour cause de neutralité garantie de la dite Belgique, avant 1939, parce que la Belgique était alliée, puis, quand elle ne le fut plus "les allemands n'étaient pas assez bêtes pour se mettre sur le dos une dizaine de divisions supplémentaires", et puis, c'était aux Belges de protéger leurs frontières. Les Forteresses existantes, notamment Maubeuge, Lille, Dunkerque, n'ont pas été modernisées. Logiquement, elles ne tiendront pas le choc.
La trouée de Sedan n'a été une trouée, que parce qu'on a pas jugé utile d'y dépenser de l'argent... Ces cons d'allemands sont passés par une porte qu'on avait complaisamment laissée ouverte. Faut il être bête...
Rappelons aussi, que dans un souci d'équilibre budgétaire jamais atteint, les économies faites sur le budget militaire des années 1930...
Rappelons aussi qu'en 1914, les fusils lebel étaient largement démodés, et qu'en 1939, ce sont leurs successeurs Berthier qui l'étaient. Le Mas 1936 était à l'état d'échantillon, et on avait seulement commencé à équiper les troupes de manière massive du FM 1924-1929.
D'une manière générale, le retard de modernisation était criant tant en 1914 qu'en 1939. ça coûtait des sous.
Les choses ne changent, en France, qu'en 1916, moment où l'on se décide d'arrêter de sacrifier les soldats pour épargner l'argent, mais de dépenser l'argent pour épargner les soldats. A ce moment, l'ascendant qualitatif et quantitatif est pris sur l'ennemi allemand.
Donc, not'bon président, fier de la tradition qui est de sacrifier les soldats, vient de continuer sur sa lancée.
Son offensive généralisée décrite ainsi : " En ce mois de juillet - sans doute le plus intrépide de la Ve République d'après De Gaulle - il a donc entamé la concertation qui mènera à l’adoption, dès septembre, d’ordonnances assouplissant le code du travail, programmé 4,5 milliards d’euros d’économie budgétaires supplémentaires en 2017 et 20 milliards en 2018, entamé une profonde réforme de la fiscalité locale et jeté les bases d’une réforme institutionnelle visant à réduire le nombre des élus et à instiller une bonne dose de proportionnelle dans les futures législatives. Rien que ça. " Ce n'est pas de l'audace. C'est de la bêtise à l'état pur.
Un Jour, Foch, demanda à un officier ce qu'il ferait dans tel cas. Celui-ci répondit "j'attaque". Il était dans le dogme du moment. Alors Foch grommela "Attaquons, attaquons. Comme la Lune".
Simplet, à l'Elysée, n'a pas compris qu'il n'était pas en 1958. En 1958, il y avait 6 % de croissance et 6 % d'inflation. De quoi calmer bien des grognes. Et on n'attaquait pas la vie des gens.
S'attaquer, de plus, aux politiciens professionnels n'est pas très malin. Ils sont capables de retrouver la foi, et on voit un Mélenchon très en forme. Baiser le populo, les politiciens savaient faire. Mais la prise directe de pouvoir par le représentant des milliardaires les court-circuitent, et les fait douter de leur propre avenir.
Les gens qui ont le pouvoir, donne toujours des douceurs à ceux qui les ont servis. La maladresse la plus grave, selon moi, c'est d'avoir envoyé Laurence Haïm sur les roses. Elle demandait un poste d'ambassadeur. Naïve, elle se croyait encore sous Giscard, Chirac ou Mitterrand (+ les deux boursouflés), qui ne laissaient jamais tomber leur clientèle politique. Il les reclassait. Même dans des postes modestes (mais à 5 000 euros le mois).
Le message envoyé est très mauvais. Il va susciter de la crainte, mais surtout de la haine et des rancoeurs, comme il la suscite en voulant taper sur les fiefs, par le biais de la suppression de la taxe d'habitation, ou mieux, de la réduction du nombre de fiefs. Là, à mon avis, il joue un jeu très dangereux. Les politiciens sont des gens très dangereux.
P. Jovanovic disait que Hollande ne finirait pas son quinquennat. Il a largement eu raison. Les 6 derniers mois, il n'a fait que se survivre, il est devenu insignifiant. Il est mort politiquement parlant, et quand il veut parler, il parait ridicule. Comme Sarkozy, qui semble désormais sorti de son cercueil.
En attaquant la gamelle des importants (en plus du budget des armées), sur ordre de ses potes les milliardaires, il prend un risque, y compris personnel, criant. Les couteaux risquent de s'aiguiser. Et pas qu'au sens figuré. Ces gens qui n'ont jamais travaillé, ne savent rien faire et n'ont aucune utilité, ont par contre un ego, et une rancune surdimensionnée. Des psychopathes, graines de tueurs en série.
Ils forment une partie de ce qu'on appelle, l'état profond. Et dans un état profond, on sait très bien "qu'il suffit d'un pion, pour mater le roi."
A mon avis, en affrontant la classe politique traditionnelle, en abandonnant la pratique des sinécures automatiques, le risque est beaucoup plus grand qu'en attaquant les militaires.
Le risque principal, pour le pouvoir, et le simplet assis sur le trône. Les gens qui connaissent les dédales du pouvoir, peuvent être des serpents. Le plus drôle, dans l'histoire, c'est encore Hollande, qui attendait certainement une récompense, une douceur, une sucette, pour avoir savonné les pas de Fillon. Ne voyant rien venir, il doit être furax, le jocrisse dans un corps rond.
Simplet n'a pas compris que ces gens là sont simplement, très dangereux, comme ils l'ont prouvé avec l'affaire Fillon. Dans d'autres pays, à certaines époques, ils arrivent à faire éliminer le président, de manière soft, ou moins soft, si nécessaire. Et de manière si souterraine, que même 50 ans après, on ne sait pas ce qui s'est réellement passé, et qu'on a donné quelques têtes au peuple, pour satisfaire sa curiosité...
J'exagère ? Même pas. Regarder, par exemple, le cas Kurde. Les leaders politiques Kurdes, à la limite, ne veulent ni unité, ni indépendance d'un Kurdistan. Bien avant cela, ils veulent simplement, être le chef, dans LEUR Kurdistan, même si cela leur fait accepter de n'être que le chef d'un Kurdistan autonome.
Comme disait César, ils voulaient être le chef de leur petit village.
Ce pauvre président me fait pitié. Il n'a même pas vu, petit narcisse perdu dans sa propre contemplation, du nombre d'ennemis qu'il vient de se faire.
Il se croit en Amérique. "You are fired", fait il, et il croit qu'ils vont aller dans le privé trouver un autre emploi...Et qu'ils tourneront la page. Mais le problème, c'est qu'à part la politique, je ne sais même pas s'ils savent se torcher seuls...