LE MANQUE D'ECOUTE II
20 Novembre 2017 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie
La modernisation de l'agriculture au XVIII° siècle est bien une histoire de noblesse, même si elle est récente.
L'aboutissement à l'état de noblesse est pour la bourgeoisie de l'époque, le modèle social. La terre noble est l'aboutissement de l'enrichissement. Mais il en est ainsi depuis au moins le XII° siècle.
La révolution agricole doit beaucoup à Olivier de Serres, et il est clair qu'à la fois le roi (Henri IV), et son ministre Rosny (Sully), y prêtent déjà une grande importance. Henri IV se fait lire de longs passages du "théâtre d'agriculture et ménage des champs", chaque soir. (25 éditions de 1600 à 2001).
Les landlords britanniques, bien que très nobles, mettent en application la révolution agricole en Grande Bretagne, et au vu des liens entre noblesse du nord de la France, et celle d'Angleterre (Londres est déjà à l'époque une ville très française), il n'y a rien d'étonnant à ce que le comportement des uns déteignent sur les autres.
En outre, 20 000 nobles seulement (la noblesse de cour), est totalement hors sol. Le reste, 380 000 vit dans les campagnes, et cherche à améliorer ses revenus. Comme les carrières militaires sont médiocres (atteindre le grade de capitaine est compliqué pour la petite noblesse) pendant que certains sont colonels au berceau, nobles et bourgeois remettent en cause les usages, par la révolution fourragère qui s'opère ou tente de s'opérer, au détriment de la vaine pâture.
Pendant le même temps, la révolution nobiliaire tente le retour à une féodalité mythique, mais qui exaspère et qui fait qu'on connait très bien une apparence de la féodalité, celle des années 1780, alors qu'on connait plus mal, faute d'archives, celle antérieure à 1450.
Louis XVI, le jardin du roi, promeuvent les nouveautés, lentes à s'implanter. Le roi fait, par exemple, garder ses champs de pommes de terre le jour, pour qu'on lui les vole la nuit.
Pomme de terre qui est lente à s'imposer (sauf sur les frontières, qui saute sur l'occasion d'avoir une culture qui ne soit ni pillée -trop fatigant- ou détruites par les troupes de passage).
Comme le dit Jared Diamond, les sociétés qui évitent l'effondrement causé par la déforestation, l'érosion et la chute des rendements, c'est parce que les efforts du bas de la société, se conjuguent avec les réglementations du haut.
Mais cette approche, quand on voit Macron, Hollande, Sarkozy, ou Chirac, qui veulent notre bien, à l'insu de notre propre gré, n'est pas forcément d'actualité, surtout si certains veulent confisquer à leur avantage, tous les gains.
On a souvent cité, chez les libéraux, le proverbe chinois : "quand les gros commencent à maigrir, les maigres sont déjà morts". Mais ce qui a été observé aussi bien dans l'écroulement de la société Groenlandaise, maya, ou rwandaise en 1994, c'est que les gros continuent à grossir, pendant que les petits sont déjà en train de mourir de faim. Dans des endroits où il n'y avait pas de tutsi en 1994, ceux qui ont été tués, c'étaient ceux qui pouvaient payer des chaussures à leurs enfants pour aller à l'école. Ceux qui les tuaient, c'est ceux qui marchaient pieds nus. Et qui avaient du vendre leurs lopins (aux porteurs de chaussures), pour survivre un peu plus longtemps.
Les sociétés qui n'arrivent pas à coaguler en un pouvoir unifié, mais restent dans une gestion nobiliaire et accaparatrice, disparaissent.
On s'est aperçu que la nouvelle Guinée montagneuse, avait développé une agriculture très ancienne (7000 ans avant jc), qui s'est maintenu depuis, alors que le croissant fertile a largement disparu sous le désert. Dans la culture de ce pays, la guerre, à l'état endémique, permet de contrôler la population, comme la guerre fleurie des aztèques.
On nous présente la construction européenne comme le summum de la civilisation. Des civilisations très élaborées utilisaient la guerre généralisée, comme moyen de perdurer. Montezuma proposa à la cité ennemie de Tlaxcala, non pas un traité de paix, mais un traité de guerre... On reconnut son habileté politique, quand il leur proposa de se joindre à la guerre fleurie.
Les néo-guinéens, partis faire des études, sont incapables d'acquérir le savoir faire -considérable- nécessaire à l'entretien des jardins...
Et la start up dans tout ça ?
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