RIONS GAY-MENT...
On m'a demandé mon avis sur un article paru dans contre-point... "12 raisons pour laisser tomber les énergies renouvelables."
D'abord, visiblement, l'auteur est un propagandiste acharné : " Citoyen ordinaire, abonné EDF et contribuable, Michel Gay a été pilote de chasse dans une vie antérieure. Il est l'auteur du livre "Vive le nucléaire heureux" et anime le site internet http://www.vive-le-nucleaire-heureux.com. Il a reçu en décembre 2016 le prix Yves Chelet décerné par la Société Française d'Energie Nucléaire (SFEN / PACA). "
On peut l'appeler aussi lobbyste, et ses affirmations sont parfois cocasses. Et parfois totalement stupides :
" Bientôt 25000 socles de béton armé pesant chacun 1500 tonnes enterrés à perpétuité dans nos champs. Les parcs naturels, les forêts, les zones protégées et les lieux de mémoire sont violés. La faune aviaire est hachée par des pales tournant parfois à plus 300 km/h. Une atteinte à la biodiversité catastrophique. "
Là, je dirais que ce sont des neurones qui ont été hachés. Des éoliennes ne tournent pas à 300 km/h : " La vitesse minimale du vent pour faire fonctionner une éolienne est d'environ 4 m/s, soit 14.5 km/h. L'éolienne s'arrête automatiquement à partir de vents soufflant à plus de 25 m/s, soit 90 km/h. La vitesse optimale du vent pour l'éolienne est d'environ 12 m/s, soit 43 km/h. "
300 km/h, ça s'appelle un ouragan, et si je ne m'abuse, on ne s'entend même plus crier avec des vents d'une telle violence.
" Betz a prouvé par la loi qui porte son nom que les éoliennes ne peuvent transformer que 60 % de l'énergie totale du vent en énergie mécanique au maximum. Actuellement, les éoliennes arrivent à transformer plus de 55 % de l'énergie du vent pour les plus modernes. On se rapproche donc des limites. "
Pour la loi de Betz on parle de 57 % pour être plus précis. A 300 Km/h, on couche les éoliennes. Et même avant ça.
Pour le béton, il n'y a aucun problème. il n'est jamais éternel, et se délitera tout seul sous l'effet des bactéries. Le fer quand à lui, a toujours été récupéré par les hommes. Même sans provisions bancaires. Le béton fera 200 ans, pas plus.
"Le patrimoine et les paysages sont dégradés partout en France. Des moins-values de 20 à 40% sont estimées pour les maisons particulières dans un rayon de plusieurs kilomètres."
Alors qu'une centrale nucléaire, c'est tellement beau, que c'en est bandant. J'ai bon, là ? Et que le mitage, c'est bandant aussi ? Pour ce qui est des sous, et de la perte de valeur, là je ris. Le quidam n'est même pas au courant des prix locaux... Et il est tellement bas, dans des endroits, qu'il est difficile de descendre encore en dessous. ça va être la fôte à l'éolienne, si j'arrive pas à vendre une bouse 200 000 euros, mais que je dois me contenter de 60 000 ?
Et dégradation est relatif. Dans les endroits où les gens sont nés avec les éoliennes, ils monteront des associations de défense des éoliennes. Sans compter, les paysages varient beaucoup. Des endroits dévorés par les forêts ne sont pas forcément beaux. On n'y voit plus rien.
Nouvelle ânerie, en rapport avec mon article d'hier : "95% de notre électricité n’émet pas de gaz à effet de serre (record des pays industrialisés). Il est difficile de faire mieux. Au contraire, l’intermittence des renouvelables augmente ces émissions à cause du soutien obligatoire de centrales thermiques à gaz et à charbon comme en Allemagne."
95 % de notre électricité émet autant de gaz à effet de serre, sinon deux fois plus. En effet, jusqu'à preuve du contraire, concasser une tonne de roche d'uranium pour obtenir un kilo utilisable, ça ne se fait pas avec de petits bras musclés. Quand aux mines canadiennes, elles sont congelées. A la fois pour bloquer la radio-activité, et pour bloquer les inondations. Sans compter la filière du yellow cake, pas particulièrement économe en énergie.
Il est douteux que l'énergie nucléaire soit autre chose que changer 1 voir 2 de fossile, en 1 d'électricité. Il n'y a pas eu d'augmentation de la part du charbon à la suite de la sortie du nucléaire allemand, sauf brièvement. Quand à l'état des centrales à gaz et au charbon, leur sous-utilisation est chronique. Tous les opérateurs électricité allemand veulent en sortir. Ils se bousculent au portillon pour déclasser les centrales.
Visiblement, l'existence des STEP même pas mentionnées est inconnue. Et là je préfère le point de vue de François Lempérière sur le sujet. Ce qui répond à l'affirmation suivante. Le stockage de l'électricité par STEP est connu depuis 1890.
" NON ! Leur disponibilité fantaisiste ne permet pas de compter sur les renouvelables (jours sans vent et sans soleil = pas d’électricité, car cette dernière n’est pas stockable à l’échelle d’un pays). "
C'est une vue de l'esprit de penser à un jour sans vent ni soleil. On n'est plus dans l'univers ni sur terre ?
Mais il est clair que, si on se mettait à construire des STEP, en France, EDF pourrait déclasser une bonne partie de son parc nucléaire. même avec 0 % de renouvelable.
D'ailleurs, il me semble qu'une énergie renouvelable est oubliée dans le réquisitoire de Torquemada, pardon, de l'auteur, c'est l'hydro-électricité.
Pour ce qui est du coût, il n'y a qu'à voir la débandade planétaire du nucléaire. Et la sous estimation systématique du démantèlement, et la situation financière d'EDF.
Là où le fumage de moquette atteint des sommets, c'est le : " Nous serions « en retard sur l’Allemagne » alors que nous avons débuté la transition énergétique il y a quarante ans avec le développement de l’énergie nucléaire. "
Comme je l'ai dit, le nucléaire dépend totalement du pétrole pour l'extraction.
"Parce ces promoteurs cachent le coût du démantèlement futur des éoliennes. Provisionné officiellement à 50.000 € par éolienne, ce coût est en réalité de plus de 400.000 €."
Là, franchement, il faut être gonflé, pour parler de la sous estimation du démantèlement de l'éolien, quand on promeut l'énergie nucléaire.
"En cas de défaillance (probable) de l’exploitant, le propriétaire du terrain devra payer la différence, soit plus que le revenu engrangé pendant les 20 ans de son bail. À défaut, ce sera la collectivité (commune ou communauté de commune) qui paiera (donc, encore le contribuable). Mais le socle, lui, restera à perpétuité."
Les sites gâchés à perpétuité, c'est le nucléaire. La collectivité qui paiera sans limite, c'est le nucléaire. Le socle, lui, sera bouffé par les bactéries, démoli par l'eau et le gel.
Si l'auteur avait la moindre notion sur le béton, il saurait que c'est pour 200 ans maximum, et la ferraille, il y aura toujours quelqu'un pour la récupérer. Comme le métal des statues géantes de l'antiquité.
Sans compter, ce qui n'est pas dit : à l'étranger, c'est tous des cons pour n'avoir pas choisi le nucléaire. Parce que, visiblement, toute le reste de la planète a opté pour le renouvelable.