COURRIER DE LECTEUR 02/03/2025
"Franchement Pat',
Vous m'avez convaincu, sans le vouloir, que la cible prioritaire de cette guerre n'était pas la Russie, mais l'Ukraine.
Il n'y a aucune erreur !
L'Ukraine a été sciemment envoyée au casse pipe alors que l'on savait parfaitement qu'elle n'avait aucune chance de remporter le moindre succès. C'était su et connu, c'est obligé !
En 2022 la Russie était déjà gonflée à bloc avec une armée équipée d'un matériel dernier cri, tandis que l'Ukraine en était restée à l'Union Soviétique.
Vous-même, Patrick, disiez qu'aucun pays européen n'avait (et n'a), la capacité industrielle pour soutenir une guerre qui réclamerait au moins 100.000 obus par jours, des milliers de drones, des millions de cartouches, des centaines de milliers d'hommes, etc... Et c'était vrai de le dire, alors croyez-moi que les experts militaires de l'OTAN le savaient aussi !
La vérité, selon moi, est que l'Ukraine a été sommée d'aller se battre, armée de pistolets à bouchons (chars Abrams, canons César, ...) qui lui ont coûtés des milliards de dollars, et qu'elle paiera une fois la paix revenue en cédant ses terres, ses minerais, ses ports et infrastructures. Ce pays va se faire dépecer vif parce que c'était une proie bien plus facile que la Russie, qui n'était qu'un prétexte, et qui aura d'ailleurs sa part.
Les peuples européens sont des frères ennemis, et je crois bien que l'Ukraine, en petit dernier de la famille, va l'apprendre à ses dépends."
En fait, je crois qu'il faut apporter quelques précisions. Il y a dans tous les empires des évolutions dans l'appareil militaire.
Pour exemple, dans l'armée allemande de 1940, les notions de divisions d'infanterie, de divisions blindées ont notablement évolué au cours du conflit, mais pas les mentalités et les conceptions des hommes qui la dirigeait, avec, en premier lieu celle de l'état major et d'Hitler même.
Au départ de la guerre, une division d'infanterie, c'est 20 000 hommes formées, ce que j'appellerais une division pleine. puis on crée de nouvelles divisions, en réapprovisionnant les anciennes par des nouvelles levées. Jusqu'à ce que le réservoir de recrues devienne insuffisant. Je dis ça pour l'armée allemande de 1940, mais c'est valable aussi pour les armées romaines, impériales sous Napoléon, ou suédoises sous Charles XII.
Comme ces unités montent en qualité pendant qu'elles sont en campagne et pas encore décimées, on s'aperçoit que finalement, pour en disposer plus, on peut réduire les effectifs. Celles des divisions d'infanterie allemandes passent à officiellement 10 000 (on supprime un régiment), et en réalité beaucoup moins. de nombreux soldats sont en caserne, en classes, beaucoup sont dans les hôpitaux, et en 1944, une division d'infanterie, c'est rarement plus de 3 000 hommes, mieux armés qu'en 1940, mais le renforcement de l'armement ne compense pas la maigreur des effectifs. Pour les romains, la légion passe de 3000 légionnaires + 3000 auxiliaires + les valets, soit, souvent plus de 10 000 hommes sous César, à 1000 sous le bas empire. Pour Napoléon les effectifs s'amenuisent aussi, sans que les appellations pompeuses "d'armées", de "corps d'armées", de "divisions", aient une réalité. Pendant la retraite de Russie, Ney, à l'arrière garde est avec quelques hommes, ce qui est appelé "armée"... Qui n'en est plus une, au mieux, une bande encore fermement commandée. Charles XII, roi de Suède parle aussi de régiment, pour une garnison d'une centaine d'hommes, des très jeunes garçons, saupoudrés de quelques vieillards.
Mais le mot désignant les troupes fait encore illusion dans la petite tête des généraux. Un général romain commandant 4 légions au IV° siècle, se verra dans la peau d'un César de la guerre des Gaules. Lui aussi, avait au départ 4 légions, mais 12 000 légionnaires autant d'auxiliaires, plus les valets. Soit pas loin de 40 000 hommes, contre 4000 pour le général du IV° siècle. Sans doute, le caractère guerrier du soldat du bas empire n'est il même pas critiquable, mais il n'est plus assez nombreux.
Pour les divisions de blindés, celles de 1940 étaient à 320 chars, ramené l'année suivante à 220, mais ne diminua plus, enfin officiellement, mais en réalité, celle-ci atteignaient rarement ce chiffre, plus souvent son potentiel était réduit à 100 voir moins, quelquefois, une dizaine. Mais dans les compte-rendus de l'état major, ce fait apparaissait pas ou peu. Là aussi, la montée en gamme du matériel permet de masquer partiellement et un temps, l'amenuisement des moyens.
Dans tous les cas, que ce soit Allemagne nazie, France sous Napoléon ou empire romain, les généraux, copieusement achetés, ont une furieuse tendance à ne pas vouloir voir ou voir, la décroissance de l'outil militaire.
Pareillement, un général OTAN est rémunéré comme un général US, c'est à dire 4 fois plus qu'un général français, une certaine incitation à laisser son sens critique au vestiaire... Au départ, aussi, on répète ce que les supérieurs et le voisinage veulent entendre, puis, on finit par y croire.
Ensuite, l'habitude prise ces 40 dernières années, en fait, depuis la guerre du Viet Nam, de n'avoir plus que des adversaires faibles et facilement vaincus ont eu une tendance à formater les esprits... Les guerres, l'occident finissait toujours par les perdre, mais conquérir un pays en bombardant assidument, était facile et rapide. Ce qui posait problème, c'était de se maintenir sur le long terme et d'exterminer l'adversaire, tâche toujours impossible.
Enfin, il restait à l'OTAN, encore beaucoup de matériel, certes usagé et obsolète, mais dont la destruction par les russes pris un peu de temps. Sans compter les stocks de matériel soviétique à l'est de l'Europe.
Pire, les militaires ont sans doute, cru les affirmations que les sanctions pourraient... Le mythe de l'expert Bruno le ... a pu aussi les influencer.
Bref, les intervenants se sont ils auto intoxiqués longuement par leur propre propagande. Pourtant, en se renseignant sur l'état des armées sur une simple fiche wikipedia, on pouvait s'apercevoir des capacités militaires réduites... Et puis, comme la corruption règne dans les rangs militaires, ceux qui réussissent, sont les plus pourris, ce sont les courtisans qui avancent, pas les gens compétents, Cf, le règne de Louis XV.
En fin de course, l'empire ne se voit plus comme il est devenu. Il se croit toujours dans sa prime jeunesse, sans voir sa décrépitude, ses rides, ses rhumatismes, sa goutte et son cancer.
Pareillement, les dirigeants européens proposent un "plan de paix", totalement irréaliste, ne prenant simplement pas en considération le fait que les russes ne vont pas l'accepter.
Je pense que l'explication la plus réaliste, c'est que, n'ayant pas réussi à détruire et piller la Russie, ils veulent se faire un lot de consolation avec l'Ukraine.