INCENDIES, INONDATIONS, DESERTIFICATIONS...
5 Août 2025 , Rédigé par Patrick REYMOND
Il y a une donne souvent oubliée dans les aménagements du territoire. La population, son activité -ou pas- son implication -ou pas- dans le milieu naturel.
La désertification et la famine dans le sahel des années 1970 étaient causées par le surpâturage, lui même causé, par la fin de la colonisation. En effet, en AOF et en AEF, les colonisateurs français géraient le désert et pendant toute cette période, il avait reculé. Passé le temps béni des colonies, les nouvelles administrations locales laissèrent faire. Les troupeaux mal nourris, mais instrument de puissance et de prestige ravageaient tout.
Et l'Afrique était mal partie pour réellement s'équiper, parce que simplement, quand il y a peu de population, les zones les plus ingrates sont simplement abandonnées.
Aujourd'hui, changement de paradigme. La population africaine a beaucoup augmenté, et les grands travaux peuvent commencer.
Le Tchad a reçu 3 millions et plus de réfugiés et... leur a donné des terres. Pas par bonté d'âme rassurez vous, malgré ce que certains en disent. Les terres qu'ils leur ont donné, c'était au mieux du semi désertique ou du désertique, qu'il fallait travailler, donc, que personne ne voulait, sauf pour faire pâturer quelques chèvres.
Des demis lunes rapprochées ont été creusées, et elles se remplissent d'eau pendant la saison des pluies, même courte. L'eau s'infiltre au lieu de ruisseler et d'emporter les terres.
En Ethiopie, les arbres abattus n'étaient pas morts, puissant par leurs racines l'eau profondément, mais ils ne pouvaient pas repousser, les nouvelles pousses étaient dévorées par un bétail étique.
Le point commun ? pour creuser ces demis lunes il faut énormément de main d'oeuvre peu ou pas payée. Pour protéger les arbres en Ethiopie, il faut les protéger du bétail. Là aussi, beaucoup de main d'oeuvre.
Les chinois ont creusé le canal du fleuve Jaune au fleuve bleu, grâce aussi, à une main d'oeuvre abondante et un état fort, comme le canal de la Loire et le canal des deux mers.
Quel rapport avec les incendies actuels en France ? C'est qu'il n'y a pas de populations rurales en France. Il n'y en a plus, donc, plus rien n'est entretenu. La biomasse s'accumule, grâce aussi aux décisions de justice (il est défendu désormais de ramasser le bois tombé).
On a décrété désormais, le retour de la corvée : vous devez débroussailler jusqu'à 50 mètres de votre habitation, même si ce n'est pas chez vous, mais vous n'avez pas le droit de ramasser le fruit de vos efforts, quand au propriétaire absentéiste, rien n'est prévu pour le contraindre.
Donc, cette biomasse accumulée finit par flamber. C'est logique.
Contrairement au tiers monde où on commence à creuser des trous pour contrarier l'écoulement trop rapide des eaux et favoriser sa pénétration dans le sol, notre agriculture mécanisée et sans main d'oeuvre déteste franchement les trous, a détruit les haies et subit les alternances de trop de précipitations et de manque d'eau.
Mieux, quand les agriculteurs ont des problèmes d'abondance d'eau, ils creusent encore plus les fossés. On manque en France de trous d'eau, de mares et de barrages. En un mot, d'aménagements, qui auraient une certaine tendance à contrarier notre agriculture industrielle et qui nécessiterait de la main d'oeuvre.
Tirez en la moralité que vous voulez.
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