ALLONS NOUS FAIRE CUIRE UN OEUF...
12 Septembre 2025 , Rédigé par Patrick REYMOND
"Faut sortir un peu. 3150€, c'est un salaire de clochard . Faut pas s'étonner que les us attirent. Vivement la révolution".
Puisqu'il faut parler des USA, voilà un article paru chez Snyder pour une famille de 4 personnes :
- épicerie 996 $ (minimum selon l'article en réalité, une fourchette de 996 à 1603 $),
- assurance maladie 1437 $,
- crédit automobile 745 $,
- hypothèque 2259 $. Donc, total : 5437 $ à 6044 $.
On comprend donc deux choses en voyant cela. Le dollar, comme je l'avais indiqué il y a longtemps est devenu un torche cul du 1/3 monde. Et la différence de niveau de vie entre France ou Europe et USA n'est causé que par des prix beaucoup plus élevés aux USA. Ici, on n'en est pas encore au même niveau. Une personne seul avec 3150 euros peut vivre très bien et faire des excédents tous les mois. Sans se priver.
Bien entendu, on voit que dans ce budget, il n'y a pas de place ni pour les imprévus, ni pour les autres dépenses comme s'habiller, par exemple, non plus, pas de places pour les abonnements divers de choses aussi superflues que l'eau, le gaz, l'électricité. Ne parlons pas même du téléphone et de netflix.
Le luxe, ça s'apparente à la douzaine d'oeufs qui atteignait selon Snyder à une époque, 12 $. Aller se faire cuire un oeuf aux USA est une activité ruineuse.
Quand un ingénieur de l'éolien dit qu'à 3200 euros mensuels il est trop payé, c'est simplement l'honnêteté de reconnaitre que son travail ne vaut pas cela, sans doute est il nettement en dessous de son potentiel. Et que la stupidité ne lui a pas grillé le cerveau. D'autres très bien payés pensent que ce qu'ils font est totalement inutile. Inutile de dire, aussi, que seul ce salaire élevé les fait rester. Mais là aussi, l'honnêteté intellectuelle prévaut.
Snyder a écrit un autre article : "Super faux : de faux chiffres provenant de faux bureaucrates ont amené les gens à croire en une fausse prospérité économique qui n’a jamais existé".
Aux USA, d'ailleurs, les grandes zones urbaines et les grandes villes perdent leur population à grande allure, pas seulement au profit des zones environnantes, mais au profit des petites villes, moins chères. Les retraités n'ont finalement aucun intérêt à rester dans des zones les plus onéreuses, les noirs fuient leurs "frères" de couleurs, qui ont une tendance certaine à en être resté à Caïn et Abel, pour un sud, où on peut plus facilement survivre.
"Entre 2010 et 2020, les banlieues des grandes zones métropolitaines ont gagné 2 millions de migrants nationaux nets, tandis que les comtés du noyau urbain en ont perdu 2.7 millions".
"Au cours des quatre premières années de cette décennie, les comtés du noyau urbain des principales régions métropolitaines (plus de 1 000 000 d’habitants) ont perdu 3 259 000 migrants intérieurs nets, soit trois fois le taux de perte de la dernière décennie. En revanche, 2,3 millions de migrants nationaux nets se sont déplacés en dehors des grandes métropoles".
Historiquement aussi, les villes ne se maintiennent que par un afflux constant, leur natalité ne renouvelant que 80 % du "stock".
Criminalité, immigration, coût de la vie incite au départ, et aussi, tant qu'il existe un marché immobilier porteur, réalisation des bénéfices. En effet, on peut vendre dans une zone urbaine chère et acheter bien mieux, bien plus grand, bien moins cher ailleurs. En France, l'écart entre grandes villes n'est pas loin de 1 à 10. Le rural et les petites villes attirent aussi assez peu les migrants. Si le coût de la vie y est moins onéreux, il faut aussi souvent acheter l'immobilier, disposer de moyens de transports et le marché du travail y est différent et uniquement fait par connaissances.
On peut y ajouter aussi certaines opportunités. En effet, quand la douzaine d'oeufs vaut 12 dollars, il est rentable d'avoir des poules. Cela résout le problème des poulaillers géants, en décentralisant la production.
Bon, je sais, je vais me faire cuire un oeuf.
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